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Publié : 11 avr. 2008, 09:41
par Mirumoto Ohmi
Qu'ils aillent se faire foutre...
Un millier de Tchèques ont manifesté, mardi 8 avril à Ostrava, pour protester contre la pollution causée principalement par les aciéries d'Arcelor-Mittal, sises dans la banlieue sud de la ville.
Ostrava, au coeur d'un bassin minier et sidérurgique, est l'une des agglomérations des plus polluées d'Europe, avec Nowa Huta-Katowice (Pologne) et Milan (Italie). Organisée par une association d'habitants du quartier de Radvanice qui jouxte l'usine, bâtie au début des années 1950 et vendue en 2002 au président du groupe numéro un mondial de l'acier, Lakshmi Mittal, cette manifestation est la première du genre dans la ville.
"Beaucoup d'habitants estiment qu'Ostrava a toujours été polluée, et, la situation s'étant à première vue améliorée depuis la chute du communisme, la dégradation de l'environnement ne les émeut plus", explique Radim Chrapek, porte-parole de l'association Air. "Mais si aujourd'hui on ne voit plus ses pas dans la poussière noire qui se déposait partout dans les années 1950 et 1960, les microparticules sont bien là, précise le fondateur d'Air, Vladimir Burda. Elles s'incrustent dans les façades, les arbres, la terre, et surtout dans nos poumons."
Pour la pédiatre Eva Schallerova, "la situation est alarmante". Installée depuis vingt-cinq ans à Radvanice, elle se bat depuis de nombreuses années pour que les autorités sanitaires et publiques prennent conscience de l'impact désastreux de la pollution sur la santé : "Je soigne aujourd'hui la troisième génération de personnes exposées aux retombées de la production des aciéries et je n'ai jamais vu autant d'enfants malades."
"Presque 40 % de mes jeunes patients souffrent d'allergie, essentiellement d'asthme", souligne-t-elle. "Parmi les nouveau-nés, ce sont ceux conçus en décembre-janvier qui souffrent le plus de maladies liées à la pollution (eczéma, asthme, immunité affaiblie...)", ajoute Mme Schallerova. A certaines périodes de l'hiver, les taux de concentration de microparticules et autres toxines peuvent dépasser dix fois les normes environnementales.
En 2007, les limites (50 microgrammes par mètre cube) ont été dépassées 216 jours. Le seuil de tolérance est de 35 jours par an. Pour 2008, le "crédit a déjà été épuisé" à la mi-février, indique Ivana Michalkova, adjointe au maire de l'arrondissement de Radvanice. Une étude de l'Institut de santé a établi que les sols et les eaux étaient contaminés en métaux lourds et en hydrocarbures polyaromatiques. En particulier, les doses de benzo (a)pyrène, hautement cancérigène, dépassent 90 fois la limite sanitaire.
MODERNISATION PROMISE
Face à ces chiffres et à la pression grandissante des élus, le nouveau directeur général d'ArcelorMittal Ostrava, Sangay Samaddar, a promis, lundi, lors d'une conférence de presse à l'Université technique d'Ostrava, d'investir plus de 3 milliards de couronnes (140 millions d'euros) dans la modernisation des installations et dans le traitement des émissions. C'est plus que les investissements réalisés au cours des cinq dernières années.
"La priorité était de mettre la technologie à niveau pour produire efficacement, sauver l'entreprise que nous avions reprise au bord de la faillite, et payer les emprunts", a reconnu M. Samaddar.
Estimant que l'image de l'entreprise est mauvaise, il a tenu à associer des chercheurs et des universitaires, "pour trouver les meilleures solutions techniques" et pour servir de garants à la promesse de réduire de moitié les émissions de microparticules d'ici à 2010.
Arcelor-Mittal devrait signer prochainement un accord-cadre avec les autorités de la ville et de la région pour sceller ses engagements en faveur d'un assainissement de ses installations.
Quand on voit le dessous de ce qui se passe à Gandrange où ils ont un site qui était rentable mais dans lequel ils n'ont pas investi un rond, ne comptez pas sur moi pour pleurer sur le sort de cette société si d'aventure il lui arrive des bricoles.
Publié : 11 avr. 2008, 10:00
par Ding On
Entre les Roumains et les Tchèques, nos tiers-mondistes européens n'ont finalement pas mis si longtemps que ça à gueuler contre leur honteuse exploitation...
Bon tt ce qu'ils vont y gagner, c'est la délocalisation de leurs emplois mais le geste est noble.
Publié : 11 avr. 2008, 10:04
par Kõjiro
Schneidermann est en forme je trouve aujourd'hui :
Les aventures de Monmari.
J'aime particulièrement :
Indignez-vous ! Mobilisez-vous ! Compatissez ! nous enjoint soir après soir un 20 heures en roue libre qui, depuis que les sondages présidentiels sont en berne, cherche le Nord en tournant sur lui-même, pour ne pas perdre trop de spectateurs. Et sous la triple icône lumineuse de la sainte Trinité du mois (Ingrid Betancourt, le dalaï-lama et Dany Boon), silence, comme d’habitude, sur la mort d’un sans-papiers qui s’est jeté dans la Marne alors qu’il était poursuivi par la police, silence sur l’échec de la politique d’encouragement aux heures supplémentaires du «paquet fiscal» révélé par un rapport parlementaire, silence sur les caisses vides, silence sur la fin de la carte famille nombreuse (à l’heure où ces lignes sont écrites, l’opération étouffoir semble pourtant avoir échoué, et l’embrasement menace), silence sur les repas sautés, silence sur l’impuissance, silence sur le crissement sinistre du rabot à économies, partout à l’œuvre.
Et un autre coup de gueule que je partage pas mal (même si je serais plus nuancé sur la question de l'ADN - parfois il n'y a pas que le coté pragmatique à prendre en compte)
Retour sur les tests ADN et sur les restrictions à la régularisation des travailleurs sans papiers
Publié : 11 avr. 2008, 10:30
par Pénombre
Mirumoto Ohmi a écrit :Qu'ils aillent se faire foutre...
Un millier de Tchèques ont manifesté, mardi 8 avril à Ostrava, pour protester contre la pollution causée principalement par les aciéries d'Arcelor-Mittal, sises dans la banlieue sud de la ville.
Ostrava, au coeur d'un bassin minier et sidérurgique, est l'une des agglomérations des plus polluées d'Europe, avec Nowa Huta-Katowice (Pologne) et Milan (Italie). Organisée par une association d'habitants du quartier de Radvanice qui jouxte l'usine, bâtie au début des années 1950 et vendue en 2002 au président du groupe numéro un mondial de l'acier, Lakshmi Mittal, cette manifestation est la première du genre dans la ville.
"Beaucoup d'habitants estiment qu'Ostrava a toujours été polluée, et, la situation s'étant à première vue améliorée depuis la chute du communisme, la dégradation de l'environnement ne les émeut plus", explique Radim Chrapek, porte-parole de l'association Air. "Mais si aujourd'hui on ne voit plus ses pas dans la poussière noire qui se déposait partout dans les années 1950 et 1960, les microparticules sont bien là, précise le fondateur d'Air, Vladimir Burda. Elles s'incrustent dans les façades, les arbres, la terre, et surtout dans nos poumons."
Pour la pédiatre Eva Schallerova, "la situation est alarmante". Installée depuis vingt-cinq ans à Radvanice, elle se bat depuis de nombreuses années pour que les autorités sanitaires et publiques prennent conscience de l'impact désastreux de la pollution sur la santé : "Je soigne aujourd'hui la troisième génération de personnes exposées aux retombées de la production des aciéries et je n'ai jamais vu autant d'enfants malades."
"Presque 40 % de mes jeunes patients souffrent d'allergie, essentiellement d'asthme", souligne-t-elle. "Parmi les nouveau-nés, ce sont ceux conçus en décembre-janvier qui souffrent le plus de maladies liées à la pollution (eczéma, asthme, immunité affaiblie...)", ajoute Mme Schallerova. A certaines périodes de l'hiver, les taux de concentration de microparticules et autres toxines peuvent dépasser dix fois les normes environnementales.
En 2007, les limites (50 microgrammes par mètre cube) ont été dépassées 216 jours. Le seuil de tolérance est de 35 jours par an. Pour 2008, le "crédit a déjà été épuisé" à la mi-février, indique Ivana Michalkova, adjointe au maire de l'arrondissement de Radvanice. Une étude de l'Institut de santé a établi que les sols et les eaux étaient contaminés en métaux lourds et en hydrocarbures polyaromatiques. En particulier, les doses de benzo (a)pyrène, hautement cancérigène, dépassent 90 fois la limite sanitaire.
MODERNISATION PROMISE
Face à ces chiffres et à la pression grandissante des élus, le nouveau directeur général d'ArcelorMittal Ostrava, Sangay Samaddar, a promis, lundi, lors d'une conférence de presse à l'Université technique d'Ostrava, d'investir plus de 3 milliards de couronnes (140 millions d'euros) dans la modernisation des installations et dans le traitement des émissions. C'est plus que les investissements réalisés au cours des cinq dernières années.
"La priorité était de mettre la technologie à niveau pour produire efficacement, sauver l'entreprise que nous avions reprise au bord de la faillite, et payer les emprunts", a reconnu M. Samaddar.
Estimant que l'image de l'entreprise est mauvaise, il a tenu à associer des chercheurs et des universitaires, "pour trouver les meilleures solutions techniques" et pour servir de garants à la promesse de réduire de moitié les émissions de microparticules d'ici à 2010.
Arcelor-Mittal devrait signer prochainement un accord-cadre avec les autorités de la ville et de la région pour sceller ses engagements en faveur d'un assainissement de ses installations.
Quand on voit le dessous de ce qui se passe à Gandrange où ils ont un site qui était rentable mais dans lequel ils n'ont pas investi un rond, ne comptez pas sur moi pour pleurer sur le sort de cette société si d'aventure il lui arrive des bricoles.
On ne va pas te demander de pleurer, le cas échéant on te demandera juste de mettre la main au portefeuille
Publié : 11 avr. 2008, 10:36
par Ding On
On a justement jamais trouvé meilleur moyen de faire pleurer qqu'un.
Publié : 11 avr. 2008, 11:00
par Mirumoto Ohmi
Vous allez me faire pleurer...
Publié : 11 avr. 2008, 11:22
par Mirumoto Ohmi
L'Espagne a régularisé massivement les immigrés sans papiers disposant d'un emploi et la mesure a abouti à la régularisation de plusieurs centaines de milliers de travailleurs. Il en irait de même en France où probablement 200 000 travailleurs sont condamnés à la clandestinité et à la crainte d'une expulsion.
Je trouve que c'est un point important à noter...
Publié : 11 avr. 2008, 11:34
par Mirumoto Ohmi
Après la vision française d'une grande surface "luttant contre la vie chère"
Des violentes manifestations contre la vie chère se sont étendues, mardi 8 avril, dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où des casques bleus brésiliens ont déployé des blindés légers pour protéger le palais présidentiel. Une quinzaine de personnes ont été blessées par balles, un véhicule de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) a été incendié et plusieurs commerces ont été pillés.
L'Afrique risque un "tsunami économique" selon l'UELa flambée du prix des produits de première nécessité fait courir à l'Afrique un risque de "vrai tsunami économique et humanitaire", a mis en garde, mardi 8 avril, Louis Michel, commissaire de l'Union européenne chargé du développement, après une entrevue avec le président de la commission de l'Union africaine, Jean Ping. Ce dernier a parlé d'un "défi majeur" et appelé la communauté internationale à se mobiliser pour réinvestir dans l'agriculture en Afrique, selon le communiqué de la commission.
Au Burkina Faso, une grève de deux jours a ainsi été lancée par les syndicats, mardi, pour protester contre la hausse des prix. La première journée de grève a été moyennement suivie. Le mouvement a été déclenché pour exiger notamment du gouvernement une réduction "significative et effective" des prix des produits de base tels que le riz, le mil, le maïs, le haricot, l'huile, le sel, le sucre et le lait. Les syndicats demandent également la réduction de plusieurs taxes, dont celle sur les produits pétroliers. - (AFP.)
Depuis le début des "émeutes de la faim", le 3 avril dans la ville méridionale des Cayes, cinq personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées lors de violents affrontements avec la police haïtienne appuyée par les casques bleus. Les prix des denrées de base, le riz, le maïs et le sucre, se sont envolés ces dernières semaines.
Mardi, des groupes de manifestants très excités ont tenté d'enfoncer, à l'aide de poubelles, les grilles de l'imposant palais présidentiel, au centre de Port-au-Prince. Un photographe, Jean-Jacques Augustin, et un cameraman, Leblanc Makenzy, ont été blessés par des balles en caoutchouc tirées par les soldats onusiens pour disperser les manifestants.
Des groupes de casseurs ont endommagé de nombreux véhicules et attaqué à coup de pierres les locaux du quotidien Le Matin, dans la banlieue résidentielle de Pétionville. Des barrages de pneus enflammés ont interrompu la circulation dans les quartiers populaires de Martissant, de Fontamara et de Cité Soleil, où des manifestants réclamaient la démission du président René Préval.
Le secrétaire d'Etat à la sécurité publique, Eucher-Luc Joseph, a lancé une sévère mise en garde aux casseurs. "Nous ne tolérerons pas que la vie des gens soit menacée, les forces de sécurité agiront avec vigueur", a-t-il lancé à la télévision. Le 4 avril, le premier ministre, Jacques Edouard Alexis, a accusé les trafiquants de drogue et les contrebandiers, très actifs dans le sud du pays, "de manipuler" les manifestants.
A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé son appui au gouvernement haïtien et à la Minustah. Le chef de cette mission, le Tunisien Hedi Annabi, a souligné "l'extrême fragilité" des progrès accomplis pour "stabiliser" Haïti, où l'ONU a envoyé 9 000 militaires et policiers, pour la plupart latino-américains.
Le premier ministre vient d'annoncer le rapide déblocage de 1,6 milliard de gourdes (27 millions d'euros) pour la création d'emplois, l'ouverture de restaurants communautaires et l'octroi de microcrédits. Des mesures bien tardives pour les dizaines de milliers de manifestants dont le cri de ralliement est "Nou grangou" - "Nous avons faim", en créole.
Publié : 11 avr. 2008, 11:45
par Mirumoto Ohmi
...et feu!
En apparence, le moment n'est pas le plus opportun pour la visite au Japon du premier ministre, François Fillon - la première en dix ans d'un chef de gouvernement français. Son homologue Yasuo Fukuda est paralysé, sa popularité au plus bas et le moral des entrepreneurs décline. La morosité de la situation de la seconde puissance économique du monde a été récemment épinglée par The Economist avec un titre, "Japain", stigmatisant un "Japon qui ne s'en sort pas". Au-delà de la conjoncture difficile de l'Archipel, la visite que M. Fillon devait commencer jeudi 10 avril peut être le signe que le charme des visites d'hommes politiques à Pékin s'épuise et qu'il convient de se réintéresser à des "valeurs sûres" : le Japon ou la Corée du Sud (9e économie du monde).
Certes, ce sont là des économies arrivées à maturité avec lesquelles on ne peut guère espérer des contrats à la volée. Les échanges s'inscrivent dans la durée. Mais ce sont aussi des économies stables, innovantes et disposant d'un pouvoir d'achat élevé. L'économie du Japon "pèse" à elle seule plus que celles de la Chine et de l'Inde réunies. Il finance une bonne partie du déficit américain et il dispose encore des deuxièmes réserves de change du monde. La célébration, cette année, du 150e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et le Japon, la présidence de l'Union européenne par la première et celle du G8 en juillet en Hokkaido par le second, favorisent un renforcement des liens entre les deux pays.
La marque d'intérêt que manifeste Paris par cette visite est d'autant plus appréciée à Tokyo que les Japonais étaient marris de la préférence de la France pour la Chine depuis la fin du mandat de Jacques Chirac, l'homme d'Etat français qui a le plus d'affinités avec l'Archipel.
Prêchant pour leur paroisse, les Japonais ne manqueront pas de souligner auprès de leurs interlocuteurs français les incertitudes qui pèsent sur l'expansion de leur grand voisin : l'intoxication de trois mille Japonais par des raviolis fabriqués en Chine a fait des ravages dans l'opinion, et, en mars, les importations de produits alimentaires en provenance du continent ont chuté de 28 %. Il n'y a pas que les consommateurs à être échaudés : selon une enquête de l'hebdomadaire économique Toyo Keizai, les entrepreneurs nippons implantés en Chine s'inquiètent de la qualité des produits et de l'augmentation des coûts de production. C'est le cas aussi d'entrepreneurs sud-coréens, taïwanais ou hongkongais.
Ces réserves sur la Chine, au moment où l'on peut s'interroger, à quatre mois de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, sur sa conception du respect des droits de l'homme, justifient-elles ce regain d'intérêt de Paris pour un Japon qui paraît, lui, carrément en panne et auquel les tenants du néolibéralisme n'épargnent pas leurs doctes leçons comme à un enfant en crise de croissance ?
Outre que le Japon rapporte plus à la France que la Chine et qu'il s'inscrit dans une perspective de stabilité à bien plus long terme - quels que soient ses problèmes : endettement public faramineux, vieillissement rapide -, ce pays, qui a toujours une machine productive très performante, est appelé longtemps encore à indiquer le cap technologique dans la région. Il est aussi en mutation. L'impasse politique actuelle contribue paradoxalement à clarifier les enjeux : quel modèle socio-économique les Japonais souhaitent-ils ?
UN REMÈDE MIRACLE
La coexistence à la Diète de deux majorités - celle du parti gouvernemental, libéral-démocrate (PLD), à la Chambre basse, et celle de l'opposition (PDJ) à la Chambre haute - indique qu'entre 2005, avec le raz de marée du PLD à l'Assemblée nationale, et juillet 2007, avec la victoire du PDJ au Sénat, les électeurs japonais ont " changé leur fusil d'épaule". En 2005, lors de la vague populiste en faveur du premier ministre Junichiro Koizumi, adulé des milieux d'affaires, les électeurs pensaient qu'un petit gouvernement et les "réformes" brandies comme un remède miracle résoudraient leurs problèmes. Deux ans plus tard, ils n'ont plus les mêmes espoirs : les disparités sociales se sont accrues et le niveau de vie de beaucoup, comme le fonctionnement des services publics, s'est détérioré. Un sondage réalisé en décembre par deux politologues indique que l'appréciation des Japonais sur l'état de leur société est négative et que 70 % d'entre eux sont inquiets pour leur avenir personnel.
Que souhaitent-ils ? Selon le même sondage, pour les deux tiers, un modèle social de type scandinave avec un système de protection sociale publique, et, dans une moindre proportion, le retour à la société de type traditionnelle valorisant le travail. Moins de 7 % sont en faveur d'un modèle social à l'américaine mettant l'accent sur la compétition et l'efficacité. Les Japonais paraissent favorables à un capitalisme caractérisé par son efficacité, mais aussi une contribution positive à des objectifs sociaux. Ce sondage, certes indicatif, est révélateur du clivage qui se dessine. Mais celui-ci est encore loin d'être fonction des appartenances partisanes : ni le PLD ni le PDJ ne présentent une vision unifiée en matière de politique socio-économique. Il suppose donc un réalignement des forces politiques. Le premier ministre Fukuda a compris la demande de l'opinion et il a choisi de recentrer les questions internes. Mais il est contré par une opposition qui s'arroge la "priorité aux conditions de vie" et entend bien faire "dérailler" le gouvernement, et il est paralysé par les luttes internes au sein de son propre parti.
La transition politique qui se dessine ne se réduit pas à une simple alternance au pouvoir ou à la traditionnelle bataille entre réformistes et "vieille garde". La question qui se pose au Japon revient à inventer, avec un héritage historique et socioculturel différent de celui de l'Occident, un fonctionnement du capitalisme adapté à la mondialisation à la fois par son efficience et par une contribution positive à la protection sociale. Une quête commune à d'autres pays de la région que pointe Daniel Bell dans Beyond Liberal Democracy, Political Thinking for East Asian Context (Princeton University Press, 2006). Au Japon, la partie est loin d'être gagnée, mais elle paraît engagée. Et le regain d'intérêt de Paris pour l'Archipel est d'autant plus souhaitable que la crise du capitalisme américain incite les milieux politiques à s'interroger sur un renforcement des mécanismes de gouvernance mondiale.
Publié : 11 avr. 2008, 13:48
par Doji Satori
Ding On a écrit :C'est peut être parce que tu n'as jamais eu de cours d'économie ? (sans chercher à provoquer hein Rom)
Peut-être.
Mais le choix d'un modèle économique peut-il réellement se dissocier du choix de la société dans laquelle il va s'exercer ? Je pose la question sérieusement. D'autant que j'ai souvent l'impression que ceux qui ont justement étudié cette matière (ou en font leur métier) manquent de recul et d'objectivité.
Justement, faire un choix économique c'est aller au delà de l'explication simple (ce qui est le but d'une vulgarisation économique).
Pour moi, dans tout domaine, il est paradoxal de dire que ceux qui ont la connaissance manquent de recul et d'objectivité.
Par contre, si tu veux dire que les économistes de tout poil sont très forts pour discuter du pourquoi et du comment de l'échec de telle politique économique de "l'autre" mais qu'ils sont infichus de mettre en place des mesures économiques qui tiennent la route selon leurs critères, je suis d'accord. ;-)
Publié : 11 avr. 2008, 14:24
par Doji Satori
Kõjiro a écrit :Après, pour le reste, je suis aussi d'accord avec Satori sur le fait que l'article d'Agora Vox est un article idéologique et partial. Cela dit, et moi j'ai un troisième cycle comprenant de l'économie, je pense aussi que la dissociation est difficile dès lors qu'on aborde les choses autrement que sous l'angle de la description d'un phénomène. D'abord, parce que l'économie n'a rien d'une science exacte, c'est une science humaine. Le fait qu'on y modélise fréquemment ne rend pas spécialement les phénomènes dont elle rend compte plus "naturellement" prédictibles. Ensuite, parce que les phénomènes en question sont très complexes et que dérouler le fils des causes-conséquences et autres effets croisés est strictement impossible. Que ce soit parce que le système est trop complexe pour être appréhendé ou bien parce qu'on ne dispose pas de données suffisamment précises, nombreuses et régulièrement mises à jour pour éliminer le bruit (c'est à dire ce que l'on n'explique pas) lors d'estimations. Donc on fonctionne nécessairement à un moment ou un autre selon des systèmes de croyances plus ou moins étayés. On peut aussi fonctionner sur la base d'exemples récents ou par comparaison mais en assumant le risque d'erreur inhérent à cette pratique.
Tout à fait sur la même longueur d'onde.
Publié : 11 avr. 2008, 16:18
par Ding On
Oué en gros, c'est aussi le fait que ts les économistes gd-public sont qd même de foutus idéologues. Chaque fois que j'entend parler Jacques Marseille, j'ai du mal à me dire que ce gars là est objectif...
Pour les gens qui connaissent le sujet et manqueraient de recul... Je me souviens, il y a qques mois sur un forum autre que tu fréquentes aussi et dont je suis banni, avoir lu les post d'un trader en train de nous expliquer le monde merveilleux des bisounours du libéralisme. Et avoir lu des trucs hallucinants du genre que personne n'était responsable de la crise des subprimes, que c'était un phénomène purement mécanique et inévitable et qu'aucun méchant monsieur n'avait joué avec le feu...
Il suffit aussi de voir la façon dont les journalistes font bloc qd on les titille avec des accusations de collusion avec le pouvoir politique...
Publié : 11 avr. 2008, 16:25
par Kakita Inigin
Comment t'as fait pour te faire bannir ? et d'où ?

Publié : 11 avr. 2008, 16:57
par Ding On
J'étais trop à gauche pour Casus NO.
Publié : 14 avr. 2008, 08:32
par Mirumoto Ohmi
Confrontée à la flambée mondiale du coût de la nourriture, l'ONU se prépare au pire. "Une des inquiétudes majeures est la possibilité que l'ensemble du système d'aide alimentaire d'urgence soit incapable de faire face", prévient une note interne de l'ONU dont Le Monde a obtenu une copie. Elle recommande la mise sur pied de "plans d'urgence spécifiques pour répondre aux besoins des populations urbaines", jusque-là peu touchées par la malnutrition.
D'après ce document de travail, la hausse des prix, qui pourrait se révéler non pas passagère mais "structurelle", risque de plonger dans l'"insécurité alimentaire" des millions de personnes. Et la communauté humanitaire manquera de moyens et d'expertise pour leur porter secours.
Selon le "mémo" de neuf pages produit par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l'ONU devra répondre aux besoins de "nouveaux groupes de population" à un moment où il y aura "moins de nourriture à distribuer". Pour cause d'augmentation des prix des aliments et de l'énergie, les agences humanitaires reçoivent moins de dons en nature et doivent dépenser plus pour acheter de la nourriture et la distribuer.
Parmi les défis qui attendent l'ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le durcissement de crises locales causé par des "émeutes de la faim", comme celles qui ont secoué l'Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie...
Ces troubles pourraient imposer "des interventions humanitaires hautement délicates" notamment en termes "de ciblage et de distribution", dans des périodes d'agitation et d'instabilité.
La réflexion onusienne s'appuie notamment sur des données du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l'ONU selon laquelle, pour chaque augmentation de 1 % du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l'insécurité alimentaire. Cela "signifie que 1,2 milliard d'êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici à 2025 ; 600 millions de plus que précédemment anticipé", prévient le document. Parmi les pays en première ligne : l'Erythrée, la Sierra Leone, Madagascar, Haïti, la Géorgie, le Burundi ou le Zimbabwe.
Selon cette analyse, bien que la flambée des prix alimentaires soit en partie due à des facteurs temporaires, la concomitance de "prix records de la nourriture" et de "productions agricoles record" est "une indication forte" que les prix resteront durablement élevés. D'autant plus que les facteurs de long terme, tels que l'augmentation de la population mondiale, la richesse croissante de pays tels que l'Inde, la Chine ou le Brésil (où l'on consomme plus de viande, et donc de grains pour le bétail), ainsi que la pénurie des ressources naturelles suggèrent "la possibilité d'un changement structurel, plutôt que simplement cyclique".
Bien que les groupes les plus vulnérables se trouvent traditionnellement dans des zones rurales, la nouvelle crise risque, selon l'OCHA, "d'avoir un impact important sur les pauvres en milieu urbain".
Le phénomène a commencé au Pakistan, où plus d'un tiers des 56 millions de citadins sont considérés comme vivant dans une situation "d'insécurité alimentaire". Selon la note, le défi, pour les organisations d'aide alimentaire, sera de s'adapter à "la nature mouvante des mécanismes de débrouille en milieu urbain", alors qu'elles n'ont qu'une "expérience limitée" dans cet environnement.
Pour faire face, l'ONU devra aussi, selon l'étude de l'OCHA, envisager "des interventions alternatives", telles que la distribution d'argent liquide, de bons alimentaires, ou la mise en place de "filets de secours sociaux".
Le déblocage de fonds d'urgence pour l'achat de bétail, de semences ou d'outils agricoles pourrait aussi se révéler indispensable. Mais les Nations unies disposent d'une expertise toute relative dans ces domaines, ce qui est, selon la note, une "source de vulnérabilité majeure".
Jusqu'à présent, les modèles d'analyse de l'ONU se sont rarement appliqués à "des situations où il y a de la nourriture, mais où les gens n'ont pas de quoi se la payer", relève le document. Le bureau de la coordination de l'aide humanitaire envisage donc d'encourager l'étude des effets du fonctionnement des marchés mondiaux sur la malnutrition.
L'ONU pourrait par ailleurs aider les gouvernements touchés à trouver "les bonnes réponses". Cela pourrait passer par l'adoption d'une posture claire sur la question de la reconversion de terres agricoles pour produire des biocarburants. Cette tendance nouvelle a été qualifiée de "crime contre l'humanité", en octobre 2007, par Jean Ziegler, alors rapporteur des Nations unies sur le droit à l'alimentation, mais ni l'ONU ni ses agences humanitaires ou environnementales n'ont adopté de position définitive sur la question.
Ben génial!... C'est vraiment formidable: un de ces quatre, on se battra pour un sac de blé...
Bon, en ce qui me concerne, ce sera pour un sac de patates, j'aime mieux.
