Publié : 23 avr. 2007, 08:56
2007 :
- l'extrème droite officielle totalise 5.061.044 voix (FN, + Villiers + Nihous) = 13.90 %
- l'UMP 11.323.599 = 31.11 %
- l'UDF 6.750.006 = 18.55 %
- le PS 9.402.797 = 25.83 %
- les Verts 570.240 = 1.57 %
- l'extrème gauche (Besancenot, Laguillier, Shivardi, Buffet, Bovet) 3.290.858 voix = 9.05 %
par rapport à 2002, si on compte les voix plus que les pourcentages :
- 4 candidats de moins au premier tour
- l'extrème droite officielle se prend une claque car en nombre absolu de votants, elle perd depuis le dernier scrutin alors que la participation a augmentée... on sait au profit de qui
- effritement des petites candidatures à gauche comme à droite, les deux gros partis PS et UMP faisant plus que doubler tous les deux leur nombre de voix
- essor attendu de Bayrou en tant que troisième homme, il n'est pas loin de tripler son score de 2002
- l'extrème gauche sort perdante et n'atteint même pas le nombre total de voix qu'elle fit en 2002 (ils perdent à peu près 20% de votants et n'ont absolument pas profité du "sursaut citoyen")
- idem pour les verts qui dépassent à peine le tiers des voix qu'ils firent à l'époque
le "sursaut citoyen" a profité essentiellement au PS et à l'UDF ainsi que dans une moindre mesure à l'UMP qui bénéficie d'un moindre éclatement des candidatures divers droites qu'en 2002 et rafle aussi quelques centaines de milliers de voix à l'extrème droite
l'UDF rassemble pas mal de centristes officiels, de "socialistes et divers gauches modérés mais pas inféodés au PS" et surtout d'indécis qui veulent tout sauf un second tour Sarko/Le Pen. C'est un électorat qui peut lui faire le même coup que celui des Verts quand ils faisaient 14% = disparaitre dés les prochaines élections si d'autres discours le séduisent ou le rassurent en partie. Je serais Bayrou, je ferais preuve d'un triomphalisme mesuré vu que je dois mon essor bien plus aux carences et insuffisances des autres partis qu'à mes propres atouts. Le troisième homme de 2007 peut être celui de 2012 mais c'est pas encore acquis pour lui.
Le Pen n'apparait plus comme l'homme providentiel, c'est pour une partie de son électorat, les "réactionnaires/contestataires" un certain Nicolas S. qui joue ce rôle. On appréciera au passage cette impasse sémantique propre à cet électorat qui a toujours "contesté" le système en votant pour ceux qui l'incarnent le mieux mais prétendent jouer contre...
les candidatures d'extrème gauche ont clairement montré qu'à force d'imploser elle perdait du monde au passage, qui a du se réfugier dans le vote PS à la fois pour "voter utile" et d'autant plus facilement que les chamailleries et les criailleries de l'extrème gauche n'ont rassuré absolument personne sur son potentiel. Merci aux habituels adeptes de la théorie du chaos et de l'entrisme hégémonique, ils se reconnaitront
Besancenot est le seul à tirer un peu son épingle en récupérant une partie des voix d'extrème gauche que perdent ses camarades mais globalement, il ne peut que se réjouir d'être le premier parmi les derniers et il ne conquiert absolument personne, il se contente de survivre perfusé par des voix déjà acquises à cette couleur politique.
les Verts ont fini d'arriver au bout de ce paradoxe suprème : leurs idées n'ont jamais été autant présentes dans le quotidien des gens (même quand ils firent 14%, en partie parce qu'ils jouèrent un peu le rôle de Bayrou à l'heure actuelle) et personne ne croit en leur candidature. Il faut leur souhaiter de rebondir mais vers quoi...
ce qui me semble certain :
- on vit dans un pays ou les valeurs humanistes et écologistes sont encore bien présentes mais déconnectées des partis qui les brandissent à tour de bras et à la fois "diluées" et intégrées dans le consensus global
- en réaction à ce consensus qui est présenté délibérément comme "la pensée unique" par une certaine droite, celle-ci peut apparaitre comme une alternative à la fois "ferme et modérée". On appréciera au passage cette ironie : un parti au pouvoir depuis 5 ans (et à la présidence depuis 12 ans) parvient encore à séduire alors que son bilan ne compte absolument aucun point positif mais en prétendant instaurer une stratégie de rupture de sa propre politique qu'il est parvenu à imputer à ses adversaires... des fois, je me demande si c'est bien moi et pas un certain nombre de mes concitoyens qui ne vit pas toujours dans sa propre tête...
- on est arrivé à faire en sorte qu'avoir des idées progressistes soit perçu comme cautionner la déliquescence de notre société et de faire preuve de laxisme. C'est à dire qu'on attend donc bien une "reprise en main" des choses, une "république de l'action" mais que le champ sémantique de ce discours est suffisamment vague pour qu'on y trouve les socialistes (dans leurs élans patriotiques), l'UDF et l'UMP
le PS et l'UMP sont perçus comme capables d'y parvenir mais quand on souhaite ce genre d'évolution tout en les jugeant responsables de la situation actuelle, le report se fait soit vers le FN, soit vers l'UDF pour ceux qui veulent une certaine paix civile mais pas forcément des uniformes, des karchers et des charters...
notez que j'ai parlé de paix civile mais pas de sécurité, j'aurai pu parler de paix sociale car il y a l'idée sous-jacente que si le pays se "stabilise" et "renoue avec ses valeurs", les conflits sociaux s'atténueront et seront mieux gérés. De manière moins conflictuelle et plus consensuelle. Ca, c'est pour tous les modérés et les gens de gauche "douce".
Reste à savoir, pour leurs petits copains qui ont voté Sarkozy, jusqu'à quand ils le laisseront faire s'il est élu vu que remettre de l'ordre dans le pays, ç'est un discours qui ne veut pas dire la même chose quand il est entendu par un bourgeois républicain ou un capté du FN.
- l'extrème droite officielle totalise 5.061.044 voix (FN, + Villiers + Nihous) = 13.90 %
- l'UMP 11.323.599 = 31.11 %
- l'UDF 6.750.006 = 18.55 %
- le PS 9.402.797 = 25.83 %
- les Verts 570.240 = 1.57 %
- l'extrème gauche (Besancenot, Laguillier, Shivardi, Buffet, Bovet) 3.290.858 voix = 9.05 %
par rapport à 2002, si on compte les voix plus que les pourcentages :
- 4 candidats de moins au premier tour
- l'extrème droite officielle se prend une claque car en nombre absolu de votants, elle perd depuis le dernier scrutin alors que la participation a augmentée... on sait au profit de qui
- effritement des petites candidatures à gauche comme à droite, les deux gros partis PS et UMP faisant plus que doubler tous les deux leur nombre de voix
- essor attendu de Bayrou en tant que troisième homme, il n'est pas loin de tripler son score de 2002
- l'extrème gauche sort perdante et n'atteint même pas le nombre total de voix qu'elle fit en 2002 (ils perdent à peu près 20% de votants et n'ont absolument pas profité du "sursaut citoyen")
- idem pour les verts qui dépassent à peine le tiers des voix qu'ils firent à l'époque
le "sursaut citoyen" a profité essentiellement au PS et à l'UDF ainsi que dans une moindre mesure à l'UMP qui bénéficie d'un moindre éclatement des candidatures divers droites qu'en 2002 et rafle aussi quelques centaines de milliers de voix à l'extrème droite
l'UDF rassemble pas mal de centristes officiels, de "socialistes et divers gauches modérés mais pas inféodés au PS" et surtout d'indécis qui veulent tout sauf un second tour Sarko/Le Pen. C'est un électorat qui peut lui faire le même coup que celui des Verts quand ils faisaient 14% = disparaitre dés les prochaines élections si d'autres discours le séduisent ou le rassurent en partie. Je serais Bayrou, je ferais preuve d'un triomphalisme mesuré vu que je dois mon essor bien plus aux carences et insuffisances des autres partis qu'à mes propres atouts. Le troisième homme de 2007 peut être celui de 2012 mais c'est pas encore acquis pour lui.
Le Pen n'apparait plus comme l'homme providentiel, c'est pour une partie de son électorat, les "réactionnaires/contestataires" un certain Nicolas S. qui joue ce rôle. On appréciera au passage cette impasse sémantique propre à cet électorat qui a toujours "contesté" le système en votant pour ceux qui l'incarnent le mieux mais prétendent jouer contre...
les candidatures d'extrème gauche ont clairement montré qu'à force d'imploser elle perdait du monde au passage, qui a du se réfugier dans le vote PS à la fois pour "voter utile" et d'autant plus facilement que les chamailleries et les criailleries de l'extrème gauche n'ont rassuré absolument personne sur son potentiel. Merci aux habituels adeptes de la théorie du chaos et de l'entrisme hégémonique, ils se reconnaitront

les Verts ont fini d'arriver au bout de ce paradoxe suprème : leurs idées n'ont jamais été autant présentes dans le quotidien des gens (même quand ils firent 14%, en partie parce qu'ils jouèrent un peu le rôle de Bayrou à l'heure actuelle) et personne ne croit en leur candidature. Il faut leur souhaiter de rebondir mais vers quoi...
ce qui me semble certain :
- on vit dans un pays ou les valeurs humanistes et écologistes sont encore bien présentes mais déconnectées des partis qui les brandissent à tour de bras et à la fois "diluées" et intégrées dans le consensus global
- en réaction à ce consensus qui est présenté délibérément comme "la pensée unique" par une certaine droite, celle-ci peut apparaitre comme une alternative à la fois "ferme et modérée". On appréciera au passage cette ironie : un parti au pouvoir depuis 5 ans (et à la présidence depuis 12 ans) parvient encore à séduire alors que son bilan ne compte absolument aucun point positif mais en prétendant instaurer une stratégie de rupture de sa propre politique qu'il est parvenu à imputer à ses adversaires... des fois, je me demande si c'est bien moi et pas un certain nombre de mes concitoyens qui ne vit pas toujours dans sa propre tête...
- on est arrivé à faire en sorte qu'avoir des idées progressistes soit perçu comme cautionner la déliquescence de notre société et de faire preuve de laxisme. C'est à dire qu'on attend donc bien une "reprise en main" des choses, une "république de l'action" mais que le champ sémantique de ce discours est suffisamment vague pour qu'on y trouve les socialistes (dans leurs élans patriotiques), l'UDF et l'UMP
le PS et l'UMP sont perçus comme capables d'y parvenir mais quand on souhaite ce genre d'évolution tout en les jugeant responsables de la situation actuelle, le report se fait soit vers le FN, soit vers l'UDF pour ceux qui veulent une certaine paix civile mais pas forcément des uniformes, des karchers et des charters...
notez que j'ai parlé de paix civile mais pas de sécurité, j'aurai pu parler de paix sociale car il y a l'idée sous-jacente que si le pays se "stabilise" et "renoue avec ses valeurs", les conflits sociaux s'atténueront et seront mieux gérés. De manière moins conflictuelle et plus consensuelle. Ca, c'est pour tous les modérés et les gens de gauche "douce".
Reste à savoir, pour leurs petits copains qui ont voté Sarkozy, jusqu'à quand ils le laisseront faire s'il est élu vu que remettre de l'ordre dans le pays, ç'est un discours qui ne veut pas dire la même chose quand il est entendu par un bourgeois républicain ou un capté du FN.