Assez d'accord avec le principe du vote contestataire idiot tel que l'évoques Kaze.
Cependant, ça ne rend pas le vote de soutien systématique moins con et si la majorité du moment à tendance à décrier le vote contestataire pour ce qu'il vaut, parce qu'il lui est antagoniste d'ailleurs, on n'entend plus rarement les moutons être traités de crétins par l'opposition... des fois qu'un jour on repasse aux affaires et qu'on ait besoin des mêmes...
Dire Non à tout bout de champ, c'est pas très fut-fut, mais dire amen alors qu'on s'en prend plein la gueule, c'est pas non plus la preuve d'une intelligence au tranchant irrésistible... et c'est quand même le vote le plus fréquemment rencontré dans toutes les analyses statistiques de toutes les élections de tous les pays de la planète ou on vote dans des conditions relativement démocratiques (entendez : pas comme en Russie...). Faudrait pas non plus stigmatiser la connerie seulement dans le sens du vent, hein
Par ailleurs, le coup du maire UMP compétent éjecté au profit d'un incapable ou d'un arriviste, j'y crois moyen, Kaze. En matière de politique locale, on assiste le plus souvent, comme tu le rappelles toi-même dans le post suivant, soit justement à un maintien en place malgré l'étiquette
parce que le gars fait la preuve de sa compétence, soit à du clientèlisme avéré. D'ailleurs, quand une mairie bascule et que les premiers temps elle s'avère plus compétente que la précédente, même dans un coin traditionnellement hostile à son étiquette mais qui a sanctionné la précédente municipalité, elle demeure en place un certain temps... et dés qu'elle fait la preuve de son incompétence, elle est dégagée encore plus vite par l'électorat qui reprend ses anciennes habitudes... des mairies de gôche pendant 40 ans qui passent à droite pour une durée équivalente (ou inversement), j'ai pas l'impression que ça soit un cas de figure majoritaire. Par contre, le vote sanction qui mèle un mécontentement local et un mécontentement national, oui, ça, ça joue indéniablement. L'effet girouette en somme.
- si on prend le cas d'un certain Alain Juppé qui a perdu les législatives l'an dernier alors qu'il devait devenir super-ministre, il est encore crédité de 55% d'intentions de vote dés le premier tour en tant que maire sortant de Bordeaux aux municipales et 60% des sondés annoncent leur intention de voter Juppé au second tour s'il n'était pas réélu au premier. Je doute que ça soit par rapport aux affaires de loyers de son fiston, pour ses anciens exploits de premier ministre, pour son soutien actif au président, pour son ancien poste de chef de l'UMP et ce genre de choses là que la majeure partie des électeurs bordelais se prononcent... mais peut-être plus simplement parce que malgré tout, ils sont satisfaits de lui en tant que maire. Après, est ce qu'ils ont des raisons objectives de l'être, ça, je peux pas dire. A Nice, on réélit bien des voleurs patentés et quand ils vont se planquer en amérique du sud avec la caisse, on est encore capable de venir en masse à l'enterrement pour les comparer au christ...
- à une exception près, toutes les régions sont à gauche. Si cette "vague rose" dont on entend parler ce concrétise, l'image du gouvernement et du président "des français" va en prendre un coup alors que la majorité des élus locaux du pays seront du bord opposé et que pour la plupart, ça ne sera pas dù à l'échec de leurs prédécesseurs mais bien le résultat d'un mécontentement plus global. Ca n'est pas de la cohabitation au sens politique du terme mais dans le genre "on a pas trop l'air de cons à la tête du pays", ça le fait quand même.
Après, il est clair que ça n'empèchera pas l'UMP et un certain nombre de connards tourne-casaques de continuer à soutenir l'omniprésident par leurs votes à l'assemblée nationale, mais ça freinera peut-être une ou deux vocations de transformistes politiques... et ça permettra peut-être à un ou deux députés-maires de perdre un mandat en raison de leur vote par ailleurs.
Ca ne vole pas très haut mais là encore, curieusement, une majorité de gens voient ça surtout dans la perspective de savoir qui est au pouvoir. J'en connais quelques uns qui aiguisent leurs couteaux en ce moment alors que quand ce type de vote risquait de sanctionner leur famille politique, je pataugeais allègrement dans leurs déclarations pleines d'un civisme de circonstances...
on a pas fini d'avoir du spectacle je crois