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Publié : 03 mars 2008, 08:32
par Kakita Inigin
Ce qui est magnifique avec l'avis des """Sages""" c'est qu'il est bordélique. Mais au moins il y a des journalistes courageux (enfin j'apelle ça le service minimum du journaliste = Pas de conclusion, les faits, rien que les faits).
NouvelObs.com a écrit :Société
La loi sur la rétention de sûreté "est bien rétroactive d'application immédiate", affirme Dati
AP | 02.03.2008 | 21:25
La loi sur la rétention de sûreté "est bien rétroactive d'application immédiate", a interprété dimanche soir la ministre de la Justice Rachida Dati, arguant que le Conseil constitutionnel, en présentant le placement de criminels dangereux en centres fermés comme une mesure de sûreté et non une peine, ne s'était "pas posé la question de la rétroactivité".
"Le Conseil constitutionnel a dit que ce n'était pas une peine, c'était une mesure de sûreté (...) pour protéger les Français. Donc, le problème de la rétroactivité ne s'est pas posé. Donc la loi est bien rétroactive d'application immédiate", a assuré le garde des Sceaux sur France-2.
Si la décision des sages du 21 février note bien que la rétention de sûreté n'est pas une peine, elle ajoute néanmoins qu'elle ne peut être rétroactive: "Eu égard à sa nature privative de liberté, à la durée de cette privation, à son caractère renouvelable sans limite et au fait qu'elle est prononcée après une condamnation par une juridiction, (la rétention) ne saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication de la loi ou faisant l'objet d'une condamnation postérieure à cette date pour des faits commis antérieurement".
La rétention pourra en revanche s'appliquer, dès la promulgation de la loi, aux personnes condamnées à des peines égales ou supérieures à 15 ans de réclusion pour les crimes très graves prévus par les législateurs quand elles sortiront de prison. Mais le Conseil définit auparavant "diverses obligations", notamment le placement sous surveillance électronique mobile ou l'injonction de soins.
Ce n'est que "si l'intéressé méconnaît les obligations qui lui sont imposées dans le cadre de cette surveillance de sûreté" qu'il "pourra, en urgence, être placé en rétention de sûreté s'il fait apparaître qu'il présente à nouveau une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de commettre à nouveau l'une des infractions très graves inclues dans le champ de la loi", ajoutent les sages.
Assurant que le gouvernement était "respectueux des institutions" et de la décision du Conseil constitutionnel, Mme Dati a jugé pour sa part que les sages avaient "juste" encadré une disposition. Le Conseil "a souhaité que pour ceux (qui ont été) condamnés avant l'entrée en vigueur de la loi, il y aura des mesures adaptées", a-t-elle nuancé. "C'est la mission de Vincent Lamanda (Premier président de la Cour de cassation, NDLR) de nous faire des propositions sur cet ajustement".
Nicolas Sarkozy, qui a affirmé sa volonté de "ne pas céder" sur le principe de rétention au nom de la protection de la population, évoquera cette question avec des représentants des associations de victimes qu'il recevra lundi matin à l'Elysée. AP
"je ne cèderai pas, je n'appliquerai pas la Constitution" comme si le CC était un groupe de pression.
Publié : 03 mars 2008, 08:33
par Soshi Yabu
http://fr.youtube.com/watch?v=6ccirjJDbyo
Je ne sais pas si vous l'aviez mis en avant, mais voilà comment la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme considère les SDF.
Publié : 03 mars 2008, 08:36
par Kakita Inigin
(Elle s'est rétractée) (mais elle l'a dit) (Yade, hop, grillée)
Bon, pour sortir de la politique de marigot :
Société
François Hollande demande une hausse du SMIC dès le mois de mars
AP | 02.03.2008 | 19:02
François Hollande a demandé dimanche au gouvernement d'avancer au mois de mars "la revalorisation du SMIC qui est inévitable compte tenu du dérapage des prix".
"Je demande que l'augmentation du SMIC, qui est théoriquement prévue pour le mois de juin ou juillet, soit immédiatement faite au mois de mars", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste lors du Grand Rendez-vous Europe-1/TV5Monde/"Le Parisien/Aujourd'hui en France".
"Je demande qu'on anticipe de plusieurs mois la revalorisation du SMIC qui est inévitable, compte tenu du dérapage des prix", a-t-il insisté.
M. Hollande a aussi demandé l'organisation, "au lendemain des élections" municipales et cantonales "d'une conférence salariale où la question des salaires puisse être discutée branche par branche". AP
Petite note : pour l'instant, on mesure l'ampleur de la folie qui s'empare du gouvernement et de l'Elysée. mais il faut bien penser que la situation est jugulée par l'imminence des municipales.
Après ... rien ne s'opposera aux mesures dures (j'entends par là, la mise en coupe réglée du pays par un quarteron de politichiens et de financiers).
On n'a pas fini de pleurer ... on a déjà enterré la dignité du président de la républiqe, reste à fossoyer la morale, le civisme, la république ...
Publié : 03 mars 2008, 08:38
par Soshi Yabu
Ce n'est pas tant le délai, qui est important, que le montant de la revalorisation. Toujours à côté de la plaque François Hollande. TOut cela parce qu'il n'a pas le courage politique d'assumer une hausse des salaires.
Publié : 03 mars 2008, 08:43
par Kakita Inigin
Yabu a écrit :Tout cela parce qu'il n'a pas de courage politique
+1. Y'a qu'à voir comment il a laissé passer royal et comment il ne lui a pas imposé la ligne du PS au lieu de la laisser faire n'importe quoi.
Publié : 03 mars 2008, 08:46
par Kakita Inigin
Pour l alibération d'Ingrid, il va falloir attendre encore un peu ... mis Chavez pourrait bien y arriver.
Société
Tensions entre le Venezuela et la Colombie: la France appelle les parties "à la retenue"
AP | 02.03.2008 | 21:38
Face à l'annonce du président Hugo Chavez d'un déploiement de troupes vénézuéliennes sur la frontière avec la Colombie, la France a appelé dimanche tous les acteurs de la région "à la retenue".
"Face à la montée des tensions dans la région andine, particulièrement entre le Venezuela, la Colombie et l'Equateur, le ministère de Affaires étrangères et européennes lance un appel à la retenue", pouvait-on lire dans un communiqué du Quai d'Orsay diffusé dimanche soir.
Hugo Chavez a annoncé que le Venezuela déploierait dix bataillons vers la frontière avec la Colombie, en réaction à l'opération de l'armée colombienne en territoire équatorien samedi, qui s'est soldée par la mort du N°2 des FARC, Raul Reyes. Qualifiant la Colombie d'"Etat terroriste", M. Chavez a averti que les opérations colombiennes risquaient de provoquer une guerre dans la région.
Par ailleurs, le Venezuela et l'Equateur ont décidé de rappeler leur ambassadeur en Colombie, M. Chavez précisant pour sa part qu'il s'agissait de l'ensemble du personnel diplomatique.
La diplomatie française a estimé dimanche que "cette situation montre à quel point il est urgent de trouver une solution négociée qui passe nécessairement par le règlement de la douloureuse question des otages détenus par les FARC" (Forces armées révolutionnaires de Colombie).
"Dans cette perspective, le ministère des Affaires étrangères et européennes confirme sa proposition de constituer sans attendre un groupe de pays amis en liaison avec l'Organisation des Etats Américains", a ajouté le Quai d'Orsay. AP
En fait, c'est pas le gouvernement colombien qu'il faut soutenir contre les FARC, c'est les FARC contre le gouvernement colombien ...
Wikipedia a écrit :Raul Reyes, commandant des FARC, justifie que les FARC n'aient pas déposé les armes par les répressions[6] s'étant abattues après les accords de 1984 autorisant la création de l'Union Patriotique, et par les difficultés de parvenir à un accord avec le président Uribe. En effet, de 1985 à 1994, 4 000 membres ou sympathisants de l'UP ont été assassinés[réf. nécessaire], notamment les candidats aux présidentielles Jaime Pardo Leal (1987) et Bernardo Jaramillo Ossa (1990), ainsi que 9 autres parlementaires de la même formation de gauche. Raul Reyes exprime néanmoins ses espoirs à propos d'un éventuel accord futur avec le Pôle démocratique Alternatif (PDA), parti de gauche
... Betancourt a eu de la chance de tomber entre les mains des FARC et pas de l'armée régulière ...
edit : un lien sympa
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossi ... ?id=500853
Publié : 03 mars 2008, 08:53
par Kyorou
Kakita Inigin a écrit :pour l'instant, on mesure l'ampleur de la folie qui s'empare du gouvernement et de l'Elysée. mais il faut bien penser que la situation est jugulée par l'imminence des municipales.
Après ... rien ne s'opposera aux mesures dures
A voir. Si l'UMP est sévèrement sanctionnée aux municipales pour les délires de la bande à Sarko, on peut s'attendre à ce que d'aucuns à droite lâchent le Prés' et ses petits copains, histoire de se ménager une bonne place dans la course. Aussi tôt dans le mandat d'un président, ce serait une première, ceci dit (mais Nicolas veut
tellement être novateur...)
Publié : 03 mars 2008, 08:56
par Goju Kaze
Euh, la hausse du SMIC n'est elle pas obligatoire en cas de hausse de l'inflation, il me semble avoir entendu parlé de ça.
Sinon, augmenter les bas salaires, c'est très intelligent, ça va juste augmenter les coûts de ce qui est produit en France, et bien sur, avec un dollar dans les choux, augmenter encore le prix de ce qui est fait en France va certainement nous aider...
Pour mémoire ce qui est important ce n'est pas COMBIEN on gagne, c'est ce qu'on peut faire de ce qu'on gagne.

Publié : 03 mars 2008, 08:57
par Moto Shikizu
comme il dit si la police le fait pourquoi pas les autres.
Le « Wanted » du « roi des forains »
« La police le fait, alors pourquoi pas moi ? » C'est, en substance, le raisonnement tenu par Marcel Campion. « Le roi des forains », célèbre pour avoir érigé sa grande roue place de la Concorde, à Paris, promet une récompense de 50 000 euros « à qui pourra donner un renseignement » en vue de l'arrestation des agresseurs de son frère. André Campion, 69 ans, a été frappé puis dépouillé dans sa maison, dans l'Oise, au cours de la nuit du 24 au 25 février. Pour se justifier, le forain cite en exemple les primes offertes par l'Etat à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) pour retrouver les auteurs de violences contre des policiers.
Sans surprise, cette initiative est fraîchement accueillie par les syndicats de policiers. Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance, est à deux doigts de s'étrangler : « On n'est pas au Far West ici ! Imaginez le nombre de gens qui risquent de jouer aux chasseurs de primes ! En plus, c'est une vraie justice de riches. » Bref, selon Lagache, « c'est à l'Etat de décider, et seulement pour des affaires très graves, s'il convient de proposer une prime. »
Pour transmettre l'argent, Marcel Campion a indiqué samedi qu'il passerait par « un détective privé ». Selon nos informations, aucun n'avait hier accepté le contrat. « Ça ne m'étonne pas, assure un enquêteur privé du Sud. Je trouve ce procédé dangereux. Et juridiquement, ça me semble très flou. »
Contacté hier, le porte-parole du ministère de l'Intérieur se montre prudent : « Sous réserve de la légalité » de cette initiative, pas encore confirmée par le ministère, « c'est une affaire privée, nous n'avons pas à réagir ».
Publié : 03 mars 2008, 09:03
par Kakita Inigin
Kaze-kun je suis d'accord avec toi la solution c'est le contrôle étatique des prix.
mais la revalorisation du Smic est plus facile à obtenir qu'une politique dirigiste qui serait, pour le coup, révolutionnaire (notamment parce que le contrôle des prix, on n'a pas vu ça depuis la Révolution Française - où ça n'a pas marché, je préviens la remarque, parce que de toute façon les quantités de pain étaient insuffisantes, pas parce que la mesure est mauvaise en soi)
edit : une carte de la Colombie par Courrier international. Notez que tout ce qui se trouve à l'est et au sud du rond fac le plus au sud est ... c'est de la forêt vierge amazonienne.
=> Farc/ELN = un bon tiers du pays, un peu moins de 50% du pays habitable.
Alors, Ingrid Betancourt, retenue dans la jungle ? J'ai un doute.
reédit : j'aurais pu le mettre dans just for the fun mais bon
http://tempsreel.nouvelobs.com/dossiers ... rkozy.html
-> les vidéos !!!
Publié : 03 mars 2008, 09:33
par Goju Kaze
Kakita Inigin a écrit :Kaze-kun je suis d'accord avec toi la solution c'est le contrôle étatique des prix.
C'est encore plus absurde. Comment controler des prix quand il y a libre circulation des biens et des hommes?
Ou alors on fait des Kolkoz? Le Gouvernement créé un Wall Mart à la française?
Le controle étatique des prix, ça existe en matière de livre, ça ne rend pas les livres moins cher, ça permet juste aux libraires indépendants de subsister.
La problématique c'est que le Gouvernement (et d'autres) tente de régler une problématique mondiale en applicant le petit bout de la lorgnette.

Publié : 03 mars 2008, 09:41
par Kakita Inigin
Mon cher, soit :
- il y a une solution qui passe par le contrôle, par la fixation des prix par l'Etat
- le même contrôle est effectué par le salariés dans un économie collectivisée
- il n'y a pas de solution.
Je préfère les deux premières options à la politique de l'autruche.
Inigin, qui n'a rien contre les kolkhozes, utilisés avec succès par les Israeliens en Palestine, du moins sur le principe. Ni contre les coopératives, bien au contraire.
"Prenons les mesures nécessaires pour résoudre les problèmes"
"Ce n'est pas viable dans l'économie actuelle ? Changeons l'économie"
"La politique est subordonnée à l'économie, autrement dit, la volonté du plus grand nombre est subordonnée à l'intérêt de la fraction ? Subordonnons l'économie à la politique"
Publié : 03 mars 2008, 09:49
par Goju Kaze
Sauf que comment tu fixes les prix en France ?
Il est temps de se rendre compte que depuis très longtemps déjà le pouvoir de la politique sur la sphère économique est du domaine du négligeable. De un parce que les sociétés sont multinationales et peuvent bouger à loisirs, et de deux parce que les gens qui arrive au pouvoir le sont dans la majeure partie des cas grâce au soutien des grands groupes, qui usent et abusent des lobby.
A moins que le mouvement soit mondiale, il n'y a aucun moyen réaliste pour changer la nature de l'économie, à moins de fermer les frontières et de vivre en autarcie.

Publié : 03 mars 2008, 10:19
par Kõjiro
C'est plus du just for fun :
*ENTRETIEN AVEC VICTOR HUGO*
/Vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française./
/Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?/
*Victor Hugo* : Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
/Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?/
*Victor Hugo* : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier… On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.
/Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?/
*Victor Hugo* : Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme… C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie.
/Et la liberté de la presse dans tout çà ?/
*Victor Hugo* (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu'en dire ? N'est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
(*Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage " Napoléon le Petit ", le pamphlet républicain contre Napoléon III.
Publié : 03 mars 2008, 10:44
par Pénombre
le "a moins que" s'avère nécessaire il me semble.
il y a dix ans, on disait "anti-mondialistes". Maintenant, on dit "alter-mondialistes".
Bien qu'il s'agisse d'épiphénomènes et que se greffent dessus pas mal de démarches opportunistes à peine masquées des gros acteurs économiques, des choses comme le commerce équitable par exemple ont un certain poids.
D'ailleurs, s'ils n'en avaient pas et s'ils ne risquaient pas d'en gagner encore, les gros industriels de l'agro-alimentaire et de la grande distribution n'auraient pas créé des gammes de ce genre en plus de leurs circuits traditionnels. Ca n'est pas tant un moyen de faire plus de pognon qu'un investissement afin de ne pas en perdre beaucoup qui les motive et ils ne s'en cachent même pas.
les gros acteurs économiques seront toujours à l'affut mais ça ne rend pas moins utile de leur foutre la bride au cou de temps en temps.
Par ailleurs, nous savons très bien que l'évolution des prix ne dépend pas que du marché, ni du coùt. On l'a très bien vu avec le passage à l'euro ou lorsque la TVA est passée de 20.6 à 19.6.
Il n'y a pas un seul pays au monde ou l'état n'exerce pas un certain droit de regard sur les prix. Pas un seul. Par contre, la manière dont ce droit de regard s'exprime, quels prix il concerne, qui assure le contrôle et la possibilité plus ou moins ouverte qu'ont les lobbies privés de remettre cela en question varie beaucoup d'un état à l'autre.
Les politiques ont tendance, il est vrai, à naviguer au vu de leurs intérets personnels, qui peuvent n'être que politiques, ou pas seulement (on l'avait très bien vu sous Balladur, quand il plaçait les potes dans les CA des grosses boites et que mine de rien, il constituait des minorités de blocages - les fameux "noyaux durs" - qui donnaient à un petit groupe de politiques un poids considérable dans les décisions de grands groupes...). Ce que les politiques acceptent de déléguer d'un côté, ils comptent bien le récupérer par ailleurs. Et non, il ne s'agit pas que de gros sous... les politiques marchent bien plus au pouvoir qu'au pognon et il y a bien des manières d'obtenir plus de pouvoir dans le jeu du donnant/donnant.
Nous n'avons pas la possibilité de choisir les dirigeants des entreprises mais nous pouvons encore, pour l'instant, choisir une partie des dirigeants nationaux et transnationaux. La classe politique le sait et pour conserver sa légitimité, elle doit de temps en temps lacher du lest. Quand on voit comment les pouvoirs du parlement européen se sont renforcés depuis Maastricht, c'est un signe assez parlant par exemple. Ca ne remet pas en cause le pouvoir considérable de la Commission, mais pour conserver sa légitimité, le politique est à un moment ou un autre obligé de faire semblant de rendre des comptes.
qu'on ne s'y trompe pas, la chute dans les sondages d'un certain président tient également du fait qu'il a commis une erreur stratégique majeure : celle de montrer qu'il se foutait de l'électeur. Son prédécesseur n'était pas plus voué à nos intérets mais il avait le bon gout au moins de jouer le jeu.
C'est surtout pour donner l'impression qu'ils jouent le jeu que les politiques ne tentèrent pas de faire annuler un certain référundum sur une constitution européenne, et là, il y avait pourtant une belle collusion de la majeure partie de la classe politique, notamment des deux premiers partis du pays...
quand un président décide de remettre ça sur le tapis mais montre clairement qu'il ne compte pas mieux expliquer ou mieux persuader l'électeur que ses prédécesseurs et va se passer de lui demander son avis, préférant jouer sur cette même collusion, cela ne peut que le desservir par exemple.
c'est avec des petits coups comme ça qu'on en arrive pour la première fois dans l'histoire de la cinquième république à parler du fait que chez nous, il n'y a pas de procédure d'impeachment... moins d'un an après une élection présidentielle...
alors oui, nous les électeurs, nous sommes des girouettes. Oui, nous les citoyens nous sommes souvent aveugles et oui, la bande des copains à un pouvoir considérable
maintenant, il n'y a pas trente-six solutions :
- soit on fait avec, en sachant qu'il n'y a aucune raison que ça aille vers un mieux à un moment ou un autre.
- soit on tente de lutter selon la règle du jeu fixée, en sachant que le pouvoir des urnes est faible mais qu'il faiblit encore plus quand on ne s'en sert pas
- soit on attend "le grand soir" en espérant couper quelques têtes au passage et vider les caves de Versaille que nos impôts ont bien remplies....
En attendant que la révolution mondiale arrive au coin de la rue, il nous faudrait peut-être ne pas oublier ce qui se passe chaque jour. Par ailleurs, l'essor des nationalismes et des régionalismes (avec des revendications "culturelles" qui sont le plus souvent historiquement et sociologiquement totalement invraisemblables en prime...) montrent bien que pas mal de citoyens veulent avoir le sentiment de peser sur quelque chose. A l'heure actuelle, perdus dans cette logique du "trop grand, trop gros, trop vaste", la tendance s'exprime naturellement vers "moi et les miens d'abord" mais elle ne traduit pas que la connerie et l'égoisme. Ce sont les mêmes citoyens qui votent parfois ultra-nationalisme et social-démocrate... les mêmes.
tout est à faire, mais il y a quelque chose à faire et ça me fendrait le coeur de laisser le terrain de l'expression démocratique à trois mous du bide qui jouent l'alternance et deux adeptes du jusqu'auboutisme sauce apocalyptique qui misent tout sur les peurs imbéciles ou les rêves d'utopies inatteignables.
La classe politique en est tout à fait consciente, elle. De même que les acteurs économiques. S'ils parlent deux fois plus qu'il y a dix ans de "l'avis du consommateur" ou "la participation civique", ça n'est pas pour dépenser du fric en com' à la noix. C'est pour capter les forces sous-jacentes et les dévoyer avant qu'elles ne parviennent à s'exprimer avec toute leur force.