Publié : 27 mars 2007, 07:57
Le souci n'est pas tant de savoir qui dirige mais dans quelles perspectives
le problème des entreprises publiques (et des services publics en général) est qu'elles font preuve d'un certain immobilisme bureaucratique, en tous cas c'est ainsi qu'on perçoit ça à la base ou en tant qu'usager : grande structures dé-responsabilisantes, lourdes et ancrées dans des habitudes de fonctionnement parfois totalement démentes
c'est pas faux mais ça n'a pas grand chose à voir avec certains trucs comme la politique tarifaire de GDF ou le scandale de la Lyonnaise de Banque en son temps
ce genre de décisions là n'est pas prise par des fonctionnaires dans des bureaux anonymes mais par des grands décideurs : hauts fonctionnaires ou copains politiques parachutés dans les fauteuils présidentiels.
Le genre de gens qui ont toujours une place quelque part et qui ont des à-côtés en plus de salaires conséquents. Comme par hasard, on en retrouve une belle quantité comme membres honoraires des conseils d'administration de groupes privés ou même comme membres tous courts de tels organes.
En son temps, l'ami Balladur l'avait très bien compris : il plaçait ses potes dans les CA des grands groupes plutôt chiraquiens afin d'y créer des minorités de blocages qui lui donnaient un pouvoir d'influence considérable sur les hautes sphères politico-financières. Ces types là ont toujours plusieurs casquettes : titulaires de diplomes prestigieux, passage dans des préfectures ou dans des secrétariats d'états affiliés à de gros ministère, présidence d'organes de contrôle ou de commissions publiques etc...
il y a un réel pouvoir de "caste" qui entremèle fonction publique et intérets particuliers au plus haut niveau des entreprises publiques mais aussi des grands groupes nationaux
Dans les années 80, nos amis américains eurent l'idée d'une nouvelle donne, principalement parce que Reagan et ses potes voulaient plomber les grandes dynasties financières et industrielles de Boston et Dallas. C'est comme ça qu'on a encouragé la créations des fonds de pension et autres structures plus anonymes avec un actionnariat plus "distribué". Le gag, c'est que dans le système capitaliste on en revient toujours à un simple principe "celui qui a l'argent achète ce qu'il veut et l'autre fait comme il peut avec ce qui reste".
ainsi, bien que les fonds de pension des retraités américains et l'actionnariat salarié aient acquis un poids apparent en termes de % dans la sphère économique, dans la pratique ce sont les mêmes qu'il y a 20 ans qui tiennent encore les rènes à coups de minorités de blocages et d'actionnariat croisé. Pire que tout, cette redistribution de l'actionnariat à contribué à figer la stratégie de beaucoup de groupes dans des recettes emblématiques et appliquées bètement, le plus bel exemple étant les fonds de pension qui attendent chaque année des rendements totalement déconnectés des réalités économiques.
résultat : on a réussi à créer une bureaucratie du privé, figée elle aussi dans des recettes toutes faites sur comment réduire les coùts du travail, que faire des gens qu'on rachète, qu'est ce qui est porteur sur le marché spéculatif et ainsi de suite
on reproche au public de ne pas être assez réactif car il n'a pas à justifier sa rentabilité et on crée dans le même temps des structures qui à part être rentables pour ceux qui les possèdent fonctionnent avec de moins en moins de retours sur le reste de la sphère économique en dehors de la spéculation et de la redistribution des dividendes.
je pense sincèrement qu'il faudrait qu'on se rappelle que l'énergie ou l'eau ne sont pas des marchés comme celui des fringues ou des téléphones portables mais des nécessités vitales.
Je pense sincèrement qu'avec l'épuisement à venir des énergies fossiles et les problèmes d'eau mondiaux qui nous attendent, c'est bien de stratégies globales au service des populations et d'une gestion plus harmonieuse de ces ressources que nous avons besoin.
je crois que le privé, dont la fonction essentielle est tout de même de générer du bénéfice financier, n'est pas apte et n'a pas pour vocation d'oeuvrer dans ce sens. Il peut et devrait y participer mais ça n'est pas sa fonction et ça n'est pas ce que les gens qui le mènent souhaitent, quoi qu'ils racontent par ailleurs.
maintenant, quant à savoir si une structure étatique (ou internationale) est à même de jouer son rôle et capable à la fois de gouvernance et de réactivité, ça ramène aux enjeux de savoir qui pèse sur les pouvoirs publics et dans quelle mesure les citoyens sont vraiment en mesure de jouer leur rôle à la fois en terme de pouvoir et d'appréhension de la situation
mais ça, ça demanderait qu'on déboulonne un tas de pseudo-experts de leurs fauteuils et qu'on cesse de créer des méta-langages bidons qui visent simplement à persuader les pauvres mortels que nous sommes que de toute manière c'est trop grand et trop compliqué pour nous.
c'est bien beau de dire que les gens ne sont plus que des assistés irresponsables mais on fait quoi pour les responsabiliser à part multiplier les néologismes à la con et les amener à s'investir dans de l'associatif ou dans du bénévolat pendant que le pouvoir politique et économique est de plus en plus ouvertement géré par des gens que personne n'a élu ?
le problème des entreprises publiques (et des services publics en général) est qu'elles font preuve d'un certain immobilisme bureaucratique, en tous cas c'est ainsi qu'on perçoit ça à la base ou en tant qu'usager : grande structures dé-responsabilisantes, lourdes et ancrées dans des habitudes de fonctionnement parfois totalement démentes
c'est pas faux mais ça n'a pas grand chose à voir avec certains trucs comme la politique tarifaire de GDF ou le scandale de la Lyonnaise de Banque en son temps
ce genre de décisions là n'est pas prise par des fonctionnaires dans des bureaux anonymes mais par des grands décideurs : hauts fonctionnaires ou copains politiques parachutés dans les fauteuils présidentiels.
Le genre de gens qui ont toujours une place quelque part et qui ont des à-côtés en plus de salaires conséquents. Comme par hasard, on en retrouve une belle quantité comme membres honoraires des conseils d'administration de groupes privés ou même comme membres tous courts de tels organes.
En son temps, l'ami Balladur l'avait très bien compris : il plaçait ses potes dans les CA des grands groupes plutôt chiraquiens afin d'y créer des minorités de blocages qui lui donnaient un pouvoir d'influence considérable sur les hautes sphères politico-financières. Ces types là ont toujours plusieurs casquettes : titulaires de diplomes prestigieux, passage dans des préfectures ou dans des secrétariats d'états affiliés à de gros ministère, présidence d'organes de contrôle ou de commissions publiques etc...
il y a un réel pouvoir de "caste" qui entremèle fonction publique et intérets particuliers au plus haut niveau des entreprises publiques mais aussi des grands groupes nationaux
Dans les années 80, nos amis américains eurent l'idée d'une nouvelle donne, principalement parce que Reagan et ses potes voulaient plomber les grandes dynasties financières et industrielles de Boston et Dallas. C'est comme ça qu'on a encouragé la créations des fonds de pension et autres structures plus anonymes avec un actionnariat plus "distribué". Le gag, c'est que dans le système capitaliste on en revient toujours à un simple principe "celui qui a l'argent achète ce qu'il veut et l'autre fait comme il peut avec ce qui reste".
ainsi, bien que les fonds de pension des retraités américains et l'actionnariat salarié aient acquis un poids apparent en termes de % dans la sphère économique, dans la pratique ce sont les mêmes qu'il y a 20 ans qui tiennent encore les rènes à coups de minorités de blocages et d'actionnariat croisé. Pire que tout, cette redistribution de l'actionnariat à contribué à figer la stratégie de beaucoup de groupes dans des recettes emblématiques et appliquées bètement, le plus bel exemple étant les fonds de pension qui attendent chaque année des rendements totalement déconnectés des réalités économiques.
résultat : on a réussi à créer une bureaucratie du privé, figée elle aussi dans des recettes toutes faites sur comment réduire les coùts du travail, que faire des gens qu'on rachète, qu'est ce qui est porteur sur le marché spéculatif et ainsi de suite
on reproche au public de ne pas être assez réactif car il n'a pas à justifier sa rentabilité et on crée dans le même temps des structures qui à part être rentables pour ceux qui les possèdent fonctionnent avec de moins en moins de retours sur le reste de la sphère économique en dehors de la spéculation et de la redistribution des dividendes.
je pense sincèrement qu'il faudrait qu'on se rappelle que l'énergie ou l'eau ne sont pas des marchés comme celui des fringues ou des téléphones portables mais des nécessités vitales.
Je pense sincèrement qu'avec l'épuisement à venir des énergies fossiles et les problèmes d'eau mondiaux qui nous attendent, c'est bien de stratégies globales au service des populations et d'une gestion plus harmonieuse de ces ressources que nous avons besoin.
je crois que le privé, dont la fonction essentielle est tout de même de générer du bénéfice financier, n'est pas apte et n'a pas pour vocation d'oeuvrer dans ce sens. Il peut et devrait y participer mais ça n'est pas sa fonction et ça n'est pas ce que les gens qui le mènent souhaitent, quoi qu'ils racontent par ailleurs.
maintenant, quant à savoir si une structure étatique (ou internationale) est à même de jouer son rôle et capable à la fois de gouvernance et de réactivité, ça ramène aux enjeux de savoir qui pèse sur les pouvoirs publics et dans quelle mesure les citoyens sont vraiment en mesure de jouer leur rôle à la fois en terme de pouvoir et d'appréhension de la situation
mais ça, ça demanderait qu'on déboulonne un tas de pseudo-experts de leurs fauteuils et qu'on cesse de créer des méta-langages bidons qui visent simplement à persuader les pauvres mortels que nous sommes que de toute manière c'est trop grand et trop compliqué pour nous.
c'est bien beau de dire que les gens ne sont plus que des assistés irresponsables mais on fait quoi pour les responsabiliser à part multiplier les néologismes à la con et les amener à s'investir dans de l'associatif ou dans du bénévolat pendant que le pouvoir politique et économique est de plus en plus ouvertement géré par des gens que personne n'a élu ?