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Publié : 25 avr. 2009, 14:07
par Pénombre
ce qui est dommage, c'est que Besson passe à la télé, et qu'Eolas n'est lu que par une minorité de gens... parce que là, dans le genre "ça y est, tu me fais signe quand tu en as marre que je te piétine en m'essuyant les chaussures", il est le paillasson de l'année, Besson.

en même temps, quand on voit le parcours de l'homme, et en particulier ses positions assez acrobatiques dans leurs revirements sur Nicolas Sarkozy, il est pas à une contorsion ridicule près.

Publié : 26 avr. 2009, 10:56
par Ioum
Besson est un vieux routier de la politique. Il était dans les favoris pour un portefeuille si Jospin passait.

Si tu fais allusion au livre sur Sarkozy immédiatement suivi du livre sur Royal, je pense que ses convictions n'ont pas grand chose à voir là dedans. Il mets son savoir-faire au service de la politique qu'il soutient.

Sinon, pour son revirement, je pense que l'étiquette "traître" est un peu excessive. Ses positions n'ont pas vraiment changées ; il a toujours fait partie de l'aile droite du PS, et sur les questions d'immigrations il était très proche de Chevènement. En fait, si l'on se penche un peu sur son parcours, on peut voir les choses suivantes :

- Il entre au PS en 1993, c'est à dire à une époque où le Parti n'a plus une once d'idéologie fédératrice ( moins que maintenant, c'est dire ^^ ).

- A la fin de ses études ( IEP et concours raté à l'ENA ) il travaille dans le privé, chez Renaut, puis à la tête de la rédaction de Challenge.

- C'est un économiste pur libéral. Pendant la présidentielle, il avait chiffré le coùt des promesses de Royal.

- une petite citation de sa fille pour finir : " la gauche c'est l'égalité, la droite c'est la liberté ".


Bref, en fait il fait partie de cette génération de quadras ( à l'époque ^^ ) du privé qui sont entrés au PS dans les années 90 parcequ'ils étaient brillants. Il s'occupait surtout d'économie en son sein ( c'était l'époque de la fascination des socialistes pour le modèle Blair ), et s'est vu servir en échange une circonscription sur un plateau.

Bref, c'est un type intelligent, mais ce n'est pas un traître. Ses convictions ont toujours été, me semble-t-il, les mêmes qu'aujourd'hui. Il a quitté le PS lorsque Royal s'est orientée vers un retour de l'Etat dans l'économie.

Ce qu'il faudrait se demander plutôt, c'est pourquoi le Parti l'a laissé entrer =)

Publié : 26 avr. 2009, 11:34
par Goju Kaze
Ioum a écrit :je pense que ses convictions n'ont pas grand chose à voir là dedans. Il mets son savoir-faire au service de la politique qu'il soutient.
Oui, j'imagine bien qu'après avoir écrit ça, ses convictions sont à géométrie variable, girouette alignée sur le vent de son ambition personnelle...

Juste le sommaire pour bien appuyer :
Eric Besson en 2007, L’inquiétante « rupture tranquille » de Monsieur Sarkozy a écrit : CHAPITRE 1 : NICOLAS SARKOZY OU L’APOLOGISTE DU MODELE COMMUNAUTARISTE RELIGIEUX
Son projet : réguler la société par les religions
Une stratégie de marketing politico-religieuse
Un projet de société d’inspiration américaine
Le retour des religions dans la vie publique française
Les religions comme solution aux problèmes des banlieues
Les religions comme légitimation du retour de l’ordre moral
Les religions comme substitut à l’État-providence
Les religions comme garant de la bonne éducation des jeunes
Les dérives de cet activisme communautariste
La remise en cause de la loi de 1905
La remise en cause du modèle laïque français
Le risque de promotion des sectes
La promotion des intégristes musulmans français
Première erreur d’analyse : l’UOIF serait représentative des musulmans de France
Deuxième erreur d’analyse : l’UOIF serait seulement fondamentaliste mais pas intégriste
Troisième erreur d’analyse : l’UOIF se modérerait au sein du CFCM
La rupture avec le modèle français républicain

CHAPITRE 2 : NICOLAS SARKOZY OU LE SÉCURITAIRE DANGEREUX ET INEFFICACE
Sa pensée : une conception manichéenne de la sécurité
La sécurité au dessus des libertés ou la crispation sécuritaire
Le tout répressif ou la prévention abandonnée
Le tout carcéral ou le choix de la solution américaine
Le tout policier ou le pouvoir judiciaire inféodé au ministère de l’intérieur
Son action : un activisme législatif pour rassurer…
La loi sur la sécurité intérieure ou de nouveaux délits censés régler l’insécurité
Le délit de stationnement dans les halls d’immeubles ou la stigmatisation des jeunes
Le racolage passif ou la transformation des prostituées en délinquantes
Le délit de mendicité ou le retour aux solutions du 19ème siècle
Les lois sur l’immigration ou la production assurée de clandestins
La loi du 26 novembre 2003 ou un échec reconnu à demi-mot
La loi du 24 juillet 2006 ou le faux alibi de l’immigration choisie
Le projet de peine automatique pour les multirécidivistes ou la volonté de toujours copier les États-Unis
Ses résultats : des échecs derrière une communication triomphaliste
Le succès de la lutte contre l’insécurité ou l’illusion médiatique de l’efficacité
La lutte conte le terrorisme ou le succès de la spécificité française
Le renseignement ou la myopie face aux crises de notre société
La baisse de la délinquance ou le discours mystificateur
La réalité cachée ou les échecs derrière la communication triomphaliste
Les violences contre les personnes : + 27 %
Les infractions aux stupéfiants : + 58 %
Sangatte ou l’embourbement après la fermeture
La crise de la canicule pendant l’été 2003 ou un ministre de l’intérieur miraculeusement épargné par les médias

CHAPITRE 3 : NICOLAS SARKOZY OU LE VRAI LIBERAL SOUS COUVERT D’UN FAUX PRAGMATIQUE
Un piètre bilan économique et social
Un libéral pur et dur camouflé derrière un pragmatisme de façade
Derrière une impression tenace d’improvisation…
…des convictions empruntant au libéralisme le plus débridé
Une France volontairement décriée, prélude à une thérapie de choc
Les dangers d’une révolution libérale – le volet économique
Orchestrer l’effacement de l’État
Permettre aux riches de s’enrichir davantage
Réhabiliter le travail ? Le précariser plutôt !
Les dangers d’une révolution libérale – le volet social
Gommer les mécanismes de redistribution verticale
Aider davantage les familles et les classes moyennes aux dépens des plus pauvres
Placer les plus démunis sous surveillance et les aides auxquels ils prétendent sous conditions
L’élection de Sarkozy, une menace pour la sécurité économique des personnes

CHAPITRE 4 : NICOLAS SARKOZY OU LE CLONE DE BUSH
Le rêve américain et le rêve européen
Le reniement du modèle européen
L’adhésion au modèle américain
Un modèle aux fondements fragilisés
Un modèle aux performances contestables
Un ascenseur social bloqué
Un marché du travail artificiellement efficace
Une intégration faussement performante
Une société malade
Un système social réduit aux acquêts
L’adhésion au conservatisme de Bush
Nicolas Sarkozy, l’américain
Nicolas Sarkozy, l’atlantiste convaincu – le soutien inconditionnel à la guerre en Irak
Nicolas Sarkozy, le conservateur
Un même style
Un même discours moral d’essence essentiellement religieuse
Une même tentative de redéfinition du crédo-conservateur
C'est donc ce même Besson qui entre moins de 6 mois plus tard dans le gouvernement Sarkozy, ya pas à dire, c'est vraiment parce que Nicolas partage ses convictions profondes...

:kaze:

Publié : 26 avr. 2009, 12:48
par Pénombre
Ou alors, il a pas lu ce qu'avait écrit son nègre avant de signer ?

Publié : 26 avr. 2009, 13:31
par Soshi Yabu
Il me semble qu'il a plus ou moins théorisé quelque chose dans ce goût là.
Enfin, qu'il avait écrit des choses pour le PS qui ne tenaient pas compte de ses propres positions, et qui en étaient éloignées.

C'est un traître (quand on change de camp, c'est une traîtrise, même si on ne croyait pas en son camp initial), mais surtout un opportuniste. Il va là où la soupe est bonne.

Publié : 26 avr. 2009, 14:14
par Ioum
Encore une fois, vous vous focalisez sur ces deux livres..

Ecrit en pleine campagne éléctorale pour le premier.

Ecrit en réaction à un lâchage du Parti le concernant pour le deuxième.

Ca montre en effet qu'il sait manier la communication pour se battre en politique. Ce que ça dit sur ses convictions... Eh bien je pense que c'est moins pertinent que son parcours. Résumer l'orientation politique d'un homme à un an de sa vie c'est un peu léger =).

En ce qui concerne la trahison, oui, changer de camp est une trahison. Y'a-t-il cependant jamais eu divergence d'opinion entre l'aile droite du PS des années 90 ( encore une fois, je vous renvoie au parcours de Besson qui a été le "Monsieur Economie" du Parti à partir de 97 ) et le système sarkozyste ?

En fait, quant on y regarde de plus près, les idées promues par Besson ont toujours été plus proches de celles de Sarkozy que de celles de Royal. Après, que s'est-t-il passé en 2007 ? Besson a fait son job pour la candidate de son Parti ( candidate qu'il ne soutenait pas lors des primaires, rappelons le, alors que suivant votre idée, s'il avait été opportuniste il l'aurait suivie dès le début ) pendant la campagne. Le staff de Royal l'a écarté ( divergences de caractère, divergence d'opinion et aussi un peu calcul politique, Besson ne raflant pas vraiment les voix de gauche ), ça l'a vexé il s'est cassé.

Remettons dans le contexte. Besson est comme beaucoup de gens de sa génération, entré au PS pour faire avancer ses idées ( le Parti racolant à l'époque cheza les libéraux ). Il les fait avancer, on lui promets un portefeuille en 2002, il compte pour le Parti sous Jospin. Le résultat de 2002 conduit les socialiste à rougir leur discours ; les gens comme lui ne sont plus bienvenus. Il essaye encore un peu de peser, ça ne marche pas. Il écrit donc un bouquin pour désavouer Royal, sans doute pour s'offrir un ticket pour le gouvernement.


====> pour faire avancer ses idées, parcequ'il en a. ( preuve son action au Parlement ; il n'a pas été un député fantoche, loin de là ).

Le traître opportuniste, c'est facile, et ça dédouane un Parti Socialiste qui, lui, a viré de bord plusieures fois ces 10 dernières années. Pas de la faute de Besson si, en étant à droite, il s'est retrouvé tour à tour dans les sphères d'intérêt de nos deux partis de pouvoir.

Publié : 26 avr. 2009, 14:28
par Goju Kaze
Donc en gros, sortir un brulôt anti Sarkozy ou il explique par le menu ou ce dernier se trompe selon M Besson, et comment lui comme président serait une catastrophe pour la France, c'est juste une erreur de com.

genre ça :
L’élection de Sarkozy, une menace pour la sécurité économique des personnes

C'est juste parce que bon, il faut mentir pour aider "son" camp du moment... A un moment ou a un autre, il faut assumer ses propos.

Ca aussi : Sangatte ou l’embourbement après la fermeture
C'est surement un prélude à la fermeture de "la jungle" avec un traitement bien différent...

Bref, si il écrit et signe il assume, ou alors il avoue que c'est un menteur éhonté qui ne sert que lui même.

:kaze:

Publié : 26 avr. 2009, 15:41
par Ioum
C'est juste parce que bon, il faut mentir pour aider "son" camp du moment
Tu peux le déplorer, c'est cependant une réalité. L'écriture de bouquins polémiques au cours d'une campagne fait partie de la conquête du pouvoir. Il s'agit de quelquechose d'important, on essaye d'améliorer la vie de 60 millions de bouzoufs. Alors oui c'est un peu sale mais Besson n'est ni le premier ni le dernier à utiliser ce genre de ficelles. Le débat entre les deux tours relève de la même logique ( le mitterrand/giscard de 81 ou le chirac/jospin de 95 sont tous les deux édifiants de ce point de vue ).
Bref, si il écrit et signe il assume, ou alors il avoue que c'est un menteur éhonté qui ne sert que lui même
J'ai l'impression que tu n'as pas lu mon post, ni les précédents. Déjà, il a avoué avoir menti ( remarque on s'en fout, mais puisque tu as l'air de trouver ça important, je le reprécise ). Il a précisé que le bouquin sur sarko, il n'en pensait pas un traître mot.

" Qui ne sert que lui même ", encore une fois ça me paraît simpliste. Je l'ai expliqué tout à l'heure ; j'aurais les mêmes idées que Besson, dès le tournant de Royal j'aurais fait la même chose que lui. Au contraire même, je trouves ça plus cohérent de quitter le Parti lorsque celui ci cesse de promouvoir tes valeurs ( libérales dans le cas de besson ) que d'y rester afin de protéger ta place.

Publié : 26 avr. 2009, 15:50
par Hida Uruku
Si tu es libéral, tu ne te caches pas derrière quelques idées sociales en allant au PS sauf si tu sais qu'il y a là bas une place que tu n'auras pas à l'UMP. Et rien que pour ça, c'est un bon gros opportuniste et un traitre puisqu'il n'hésite pas à lacher son monde quand il trouve que l'eau est plus bleu ailleurs.

Oui, le PS a tenté une ouverture vers le socio libéralisme ( ça veut dire qqchose ? ), oui, il a trouvé ça interessant, mais si il avait regardé là où il allait, il aurait constaté que cette volonté de changement au sein du PS était largement minoritaire.

Mais je le vois pas comme le diable, je le mets dans le même paquet qu'un Lang, Strauss khan etc etc . des gens qui sont en politique pour eux mais pas pour nous. ( et ils sont nombreux ).

Boujou

Publié : 26 avr. 2009, 16:42
par Goju Kaze
Ioum a écrit :" Qui ne sert que lui même ", encore une fois ça me paraît simpliste. Je l'ai expliqué tout à l'heure ; j'aurais les mêmes idées que Besson, dès le tournant de Royal j'aurais fait la même chose que lui. Au contraire même, je trouves ça plus cohérent de quitter le Parti lorsque celui ci cesse de promouvoir tes valeurs ( libérales dans le cas de besson ) que d'y rester afin de protéger ta place.
Le souci, c'est qu'il ne sert que son ambition personnelle (mais, tristement, c'est loin d'être une exception, plutôt la norme), et retourne sa veste quand ça lui chante. Qu'il ait des convictions politiques, tant mieux pour lui, mais débiter mensonge après mensonge ne le rend pas crédible pour un sou. Et se servir d'une médiatisation basée sur ses actes discutables pour raconter encore plus de mensonges et des contres vérités...

Bref, il est un parfait exemple d'une génération dont les dents rayent le plancher jusqu'aux fondations. Et contrairement aux générations d'arrivistes précédents ils n'ont pas en plus de leur ambition un vision de la France (qu'on y adhère ou pas, il y avait une vision), mais un vision de leur nombril.

:kaze:

Publié : 27 avr. 2009, 00:25
par Pénombre
C'est un lieu commun qui s'appuie sur un tas d'exemples que les hommes politiques ont très fréquemment un sens de l'opportunisme assez net.

ca n'empèche pas, quoi qu'en pensent un certain nombre de politologues de comptoir et autres variantes, que la plupart sont assez reconnaissables dans une certaine constance de leurs affiliations politiques et des idées qu'ils défendent.

Qu'ils le fassent avec sincérité ou pas, c'est une autre affaire, mais la plupart des hommes politiques ne changent pas d'idées et de parti.

Notamment, la plupart des hommes politiques ne rédigent pas un ouvrage très engagé sur un certain personnage (enfin, contre sa politique et son vécu de membre d'un gouvernement) pour moins de six mois après non seulement passer dans son parti mais surtout commencer à le glorifier en public et finir quelques mois plus tard par être ministre dans son gouvernement précisément pour appliquer la politique immigratoire dénoncée en long, en large et en travers dans son bouquin

Qu'on parle des vilains hommes politiques, ma foi, d'accord, mais faut quand même pas mettre tout le monde dans le même bourbier d'opportunisme veule, qui n'a pas de figure et qui sait à la fois cracher à la gueule de quelqu'un pour mieux se vendre ensuite et appliquer précisément - dans la forme comme dans le fond idéologique - ce qu'on dénoncait virulemment deux ans plus tôt. Et on ne parle pas d'une politique fiscale mais bien d'une politique de "gestion" de l'immigration dont tous les analystes, tous les experts et tous les acteurs qui ne sont pas aux ordres reconnaissent qu'elle est couteuse, inefficace et ne fait que créer des drames humains plus ou moins visibles et lourds.

N'étant pas proche du PS, je me fiche pas mal de leur sentiment à eux en la matière, mais moi, oui, j'appelle ça de la trahison. Pas de la trahison de parti, de la trahison de sa propre image, de ses propres propos, de sa propre probité d'homme politique et d'individu.

Après, j'attends le remaniement ministériel pour savoir si dans le genre transfuge opportuniste on aura Claude Allègre, ci-devant secrétaire d'état à l'enseignement supérieur au début des années 90 (et instaurateur avec le ministre Jospin de la casse sociale étudiante, des prémices de l'actuelle autonomie financière des universités et de la multiplication des diplômes payants non reconnus nationalement...), cet homme remarquable lui aussi par son hypocrisie (sur l'absentéisme des enseignants, véritable campagne dans le genre "comment devenir un martyr en faisant tout ce qu'il faut pour ne pas régler un problème en laissant croire qu'on a reçu des claques qu'on a pas demandé exprès".

On a pas fini de rigoler avec les porte-flingues pseudo-socialistes qui ont toujours été des libéraux mous du bide et qui n'avaient pas assez de couilles pour le revendiquer. Ces gens là seraient tous disparus dans les limbes si Sarkozy n'avait pas mis en avant sa stratégie de diviser la gauche en allant lui piquer du monde (et des citations de Jaurès ...) et si demain cette stratégie est abandonnée, ils seront les premiers à être bazardés par leurs copains porte-flingues de l'UMP

et moi, ils ne me manqueront pas du tout :) reconnaissons quand même que la majorité des hommes politiques ne sont pas des girouettes aussi pitoyables, tigres à férocité variable que l'on peut acheter pour un strapontin quand bien même on serait celui sur lequel ils crachaient à qui mieux mieux quelques mois auparavant

désolé, même si je n'ai guère de respect pour la classe politique en général, la majorité de ses représentants - même les plus idiots - sont d'un autre niveau de probité par rapport à ces Tartuffe en soldes.

Publié : 27 avr. 2009, 09:53
par Kõjiro
Hello Ioum :)

Bienvenue sur ce forum (pense à te présenter dans le who's who à l'occasion si tu le souhaite) et bienvenue sur ce sujet en particulier. C'est pas forcément évident de se lancer dans la fosse aux lions qu'est un sujet politique sur un forum surtout quand on est newbie ;)

Sur le cas Besson, pour ma part, à la limite je m'en fiche un peu de le caractériser traitre ou pas opportuniste ou non, carriériste ou pas etc... Seuls compte ses actes et là je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai déjà dit sur lui. Sa dernière sortir sur le Gitsi est le meilleur révélateur de sa médiocrité.

Néanmoins il y a un truc qui m'a gêné dans ton argumentaire. En gros tu nous dis que finalement Besson est resté fidèle à lui même et à sa ligne "politique" notamment en terme de positionnement sur la politique économique. Ca se discute. Mais implicitement dans ton raisonnement il y a un truc qui me fait tiquer.

D'une part tu dis que finalement ce n'est pas Besson qui a changé sur la dizaine d'années qui vient de s'écouler mais le PS. Lequel aurait d'abord convenu au profil économique d'un Besson puis n'aurait plus été adapté... Et là j'ai quand même du mal. Le PS n'a pas franchement bougé, sa ligne politique n'a guère évolué depuis 2002 en tout cas pas au point de justifier que Besson y aurait été bien et n'y trouverais plus son compte pour des raisons idéologiques. C'est plus ses opportunités de carrière indépendamment de la question idéologique qui ont évoluées au sein du PS pour Besson. Qu'il cherche à faire passer sa volonté d'aller vers de meilleurs cieux d'un point de vue professionnel pour une question d'idées est de bonne guerre mais je n'y crois pas vraiment. Après il peut s'agir d'une porosité suffisante entre les deux grands partis sur les questions économiques qui autorise un individu à passer de l'un à l'autre pour "défendre et porter ses idées là où c'est le plus efficace" (même si moi j'en doute pour pas mal de raisons et qu'en outre je ne vois pas où Besson fait avancer "ses" idées vu qu'il ne bosse pas sur des questions économiques et qu'il est en général bien silencieux d'ailleurs sur les mesures de son gouvernement en matière économique et notamment fiscale). Mais ce ne sont pas d'éventuels soubresauts idéologiques du PS qui expliquent les changements d'appartenance.

D'autre part, le pendant est que l'UMP n'aurait pas convenu à Besson (pour des question d'idéologie politique) alors qu'aujourd'hui le Sarkozysme serait Besson-compatible (si on reste dans une optique Besson va là où ses idées sont respectées). Or en matière économique le Sarkozysme ne se différencie guère des années Chirac. On est toujours dans le même type de dynamique, le Sarkozysme se manifestant surtout de manière criante sur d'autres aspects (sécurité, immigration). En matière de politique fiscale par exemple il ne fait qu'accélérer le train de réformes partis en 2002 sous Chirac. Par ailleurs il faudrait supposer (toujours dans cette optique, ce n'est pas Besson qui a changé mais les partis) que le PS de l'époque où Besson en était correspondrait donc à ce qu'est la politique de l'UMP aujourd'hui puisque Besson n'ayant pas évolué et s'étant toujours situé là où ses idées étaient elles doivent être aujourd'hui à l'UMP comme elle étaient hier au PS.

Publié : 27 avr. 2009, 10:22
par Toshi
Kõjiro a écrit :Hello Ioum :)
C'est pas forcément évident de se lancer dans la fosse aux lions qu'est un sujet politique sur un forum surtout quand on est newbie ;)
Certains auraient dit sur un vieux forum de "gauchos" têtus mais sinon oui l'idée est là :lol:

Publié : 27 avr. 2009, 10:39
par Kakita Inigin
reconnaissons quand même que la majorité des hommes politiques ne sont pas des girouettes aussi pitoyables, tigres à férocité variable que l'on peut acheter pour un strapontin quand bien même on serait celui sur lequel ils crachaient à qui mieux mieux quelques mois auparavant
il y en a même qui quittent leur strapontin.
ex : méluche.

Publié : 27 avr. 2009, 10:45
par Kõjiro
Muhahahahahahahaha :

Le nouveau fiasco à 5 milliards de la Société générale.
Des milliards de pertes, un service qui spécule sans contrôle, des responsables écartés... Et le tout cela qui se déroule à la Société générale. Cela ne vous rappelle rien? Et bien, une affaire du même acabit que l'affaire Kerviel s'est produite dans la banque de ce cher Monsieur Bouton. Et, en plus, à la même période. Seulement, personne ne s'en est rendu compte, obnubilé par les pertes du jeune trader.

Tout était pourtant écrit dans les comptes de la banque. Certes pas de manière visible, puisqu'il fallait aller chercher dans les annexes pour faire une estimation de l'ampleur des dégâts. Mais ce qu'on y découvre est impressionnant. La banque reconnait un autre fiasco de quelque 5 milliards, qui pourrait même grimper jusqu'à 10 milliards.

Responsable cette fois-ci, non pas un trader, mais les responsables du département de la filiale de gestion alternative d'actifs, Société Générale Asset Management Alternative Investments (Sgam AI). Sgam AI a été laissé libre de spéculer grâce à une direction soit complice, soit défaillante. Résultat, aujourd'hui, ce département doit être fermé, ses anciens dirigeants ont été discrètement écartés, enfin, la filiale dont il dépend (Sgam), qui rassemble l'ensemble de la gestion d'actifs de la banque, va être vendu au Crédit agricole. Ce qui devrait conduire à la suppression de centaines de postes.

Je n'en dis pas plus. Et je vous incite à lire l'enquête que je publie demain dans Libération. La une, ainsi que quatre pages, sont consacrés à ce nouveau scandale au coeur de la Société générale.
L'article c'est le lien que j'ai donné plus haut.

Vous pouvez également accéder à des développements via le blog du journaliste : http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/