Page 25 sur 100

Publié : 27 févr. 2007, 21:56
par Kõjiro
Goju Kaze a écrit :2 poids, 2 mesures...

http://dinan22.canalblog.com/archives/2 ... 39141.html

:kaze:
Tellement logique tout ça...

Dans le même genre (et je vous promet que la lecture vaut le coup) le procès de la rumeur (un groupe de rap à l'opposé du bling bling avec un vrai cerveau et des p'tain de textes) :

http://www.acontresens.com/contrepoints/societe/29.html
Jeudi 11 mai 2006. Dans la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris se tient le procès en appel de Hamé et du directeur de publication du magazine La Rumeur pour « diffamation publique envers la police nationale ». A la tribune sont assis le président du tribunal, deux conseillers (« rapporteurs »), et l’avocate générale représentant le ministère public (ou « parquet »). Face aux juges se tient l’accusé, Hamé. Derrière l’accusé, son avocat Dominique Tricaud, ainsi que l’avocate du directeur de publication. Deux témoins, déjà entendus lors du premier procès, ont été conviés par la défense pour soutenir Hamé : Fabien Jobard, sociologue, et Ekoué de La Rumeur. Après un rappel du jugement rendu en première instance, les juges, l’avocate générale et D. Tricaud poseront tour à tour des questions à Hamé, avant l’audition des témoins, le réquisitoire de l’avocate générale, et les plaidoiries finales des avocats.


Rappel des phrases incriminées et du jugement rendu le 17 décembre 2004

« Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété. »

« (…) au travers d’organisations comme SOS racisme, crée de toutes pièces par le pouvoir PS de l’époque pour contribuer à désamorcer le radicalisme des revendications de la Marche des beurs : l’égalité des droits devient l’égalité devant l’entrée des boîtes de nuit. La justice pour les jeunes assassinés par la police disparaît sous le colosse slogan médiatique "Touche pas à mon pote !" ou "Vive le métissage des couleurs !", etc. »

« Aux humiliés l’humilité et la honte, aux puissants le soin de bâtir des grilles de lecture. A l’exacte opposée des manipulations affleure la dure réalité. Et elle a le cuir épais. La réalité est que vivre aujourd’hui dans nos quartiers c’est avoir plus de chance de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l’embauche, de précarité du logement, d’humiliations policières régulières, d’instruction bâclée, d’expérience carcérale, d’absence d’horizon, de repli individualiste cadenassé, de tentation à la débrouille illicite… c’est se rapprocher de la prison ou de la mort un peu plus vite que les autres… »

Hamé, « Insécurité sous la plume d’un barbare », in La Rumeur Magazine numéro 1 (29 avril 2002)

Le procès en première instance avait eu lieu le 12 novembre 2004 au Tribunal de Grande Instance de Paris. Fort d’une défense remarquable et d’une demande implicite de relaxe par le parquet, Hamé avait pu attendre sereinement le verdict. Ce dernier fut rendu le 17 décembre 2004. Le tribunal y estimait que les critiques formulées contre la police étaient « [générales] » et qu’il n'y avait « pas de faits précis imputables » à une personne ou un groupe de personne – ce qui détruisait l’accusation de diffamation. Il affirmait également que « replacés dans leur contexte, ces propos ne constituent qu'une critique des comportements abusifs, susceptibles d'être reprochés sur les cinquante dernières années aux forces de police à l'occasion d'événements pris dans leur globalité ». Enfin, il jugeait que tenir ces propos relevait de « la liberté d'expression ».


De la plainte à la relaxe, de la relaxe à l’appel : enjeux corporatistes et politiciens

Fabien Jobard (en tant que témoin) et Dominique Tricaud (dans sa plaidoirie) reviendront tous deux lors de ce procès en appel sur les enjeux de la plainte déposée à l’encontre de Hamé. Rappelons-les brièvement. En mai 2002, Nicolas Sarkozy est nommé ministre de l’Intérieur pour la première fois. F. Jobard évoque la « gestion néo-corporatiste de l’Etat », qui veut qu’un ministre, surtout nouveau venu, donne des gages à ses fonctionnaires ; or, des syndicats de police sont demandeurs de plaintes à l’encontre de propos qu’ils jugent insultants ou diffamants, notamment venant de groupes de rap. En juillet 2002, N. Sarkozy dépose ainsi une plainte contre La Rumeur. Mais en novembre 2004, quand le procès en première instance a lieu, N. Sarkozy a été remplacé par Dominique de Villepin au ministère de l’Intérieur ; or, le parquet « indivisible » est très mesuré dans son réquisitoire, et se désolidarise quasi-explicitement de la plainte déposée par le ministère, alors qu’il est partie prenante et est censé le représenter. En avril 2005, le ministère (toujours dirigé par Villepin) fait pourtant appel par le biais du procureur de la République. On frise alors le « ridicule », et on se trouve ainsi selon les termes de F. Jobard face à un véritable « marchandage entre les syndicats de police et leur ministre ». Or, « la justice doit-elle rendre son avis sur ce type de tractations ? Je n’en suis pas sûr », déclare le sociologue, tandis que D. Tricaud interpelle les juges : « sachez que votre décision sera politique… plutôt sarkozyste, ou plutôt villepiniste ».


Retour sur les circonstances de l’écriture de l’article

La première chose que demande la juge rapporteur à Hamé est de préciser à nouveau les conditions d’écriture et de publication de l’article. La même question sera posée à Ekoué lors de son audition. Les deux hommes reviennent donc sur ce « climat » du début de l’année 2002, brillamment dénoncé dans l’article de Hamé, écrit quelques temps avant le 21 avril 2002 : un climat politique et médiatique d’ « hystérie sécuritaire » (selon les termes d’Ekoué), où l’insécurité est imposée au centre des débats de l’élection présidentielle. Hamé évoque ainsi son article comme une « réaction à ce climat, pour donner [sa] définition de l’insécurité, une insécurité plus dévastatrice et touchant de plein fouet les quartiers populaires », dont les habitants « ne sont pas dangereux, mais en danger » : emploi, logement, « éducation poubelle dans des écoles poubelles », manque d’avenir aboutissant parfois à de tragiques « replis sur soi » et « logiques d’autodestruction ». Il rappelle que dans l’article, les « brutalités policières illégitimes et les abus policiers » étaient évoqués comme un « surplus d’insécurité » touchant ces mêmes personnes.


Quand le débat dérive… La Rumeur et les « émeutes urbaines » : incitation ou prophétie ?

Lors de la première instance, le débat avait porté sur les termes de l’article, sur les faits décrits, pour déterminer si, oui ou non, il y avait « diffamation ». La plainte demeurant bien entendu la même en appel, le débat aurait dû soulever les mêmes questions. Mais très vite, la juge rapporteur puis l’avocate générale font dévier le débat, sortant d’ailleurs lamentablement du fond de la question posée par le procès et les phrases de Hamé. Il fallait s’y attendre : novembre 2005 et François Grosdidier sont passés par là…

Dès sa seconde question, la juge rapporteur mène donc Hamé sur un autre terrain, labouré par l’actualité récente et ses faux débats polluants. Voici l’enchaînement des questions, qui parle de lui-même :
- « Les paroles de vos chansons correspondent-elles à ce que vous avez écrit dans l’article ? »
- « Comment définiriez-vous votre public ? »
- « Vous vous posez quand même bien la question du destinataire de vos textes ?... »
- « Le jeune qui lit votre article, que va-t-il penser de la police, quelle image va-t-il en avoir ? »

Hamé répondra que les chansons qu’il écrit se veulent « un constat, par le filtre de [sa] sensibilité, animé d’une volonté de remettre en cause les injustices » ; qu’il parle avant tout pour lui-même et n’a « pas la prétention » de parler au nom des « jeunes de banlieue » ; et surtout que s’il « [spéculait] sur les mille et une manières que [son] texte a d’être reçu », il n’écrirait plus : « quand on chante une chanson devant 500 personnes, on écrit 500 chansons, chacun retenant ce qu’il veut retenir » – le public de La Rumeur étant d’ailleurs particulièrement « hétérogène » et pas seulement « jeune », comme voudrait le lui faire dire la juge, qui évoque la violence à laquelle des textes de rap (et l’article de Hamé) pourraient inciter.

« Ce n’est pas l’art qui fait l’histoire. (…) Ce qui est générateur de violence, ce n’est pas mon article : la violence existe ». La violence existe, tout comme les rapports avec la police, à propos desquels Hamé livre un brillant exposé, en évoquant ces « trois ou quatre générations » que chacun a l’occasion de côtoyer dans les quartiers populaires, et qui toutes portent leur « lot d’histoires individuelles et collectives sur [leurs] rapports avec la police » : « grands-pères, pères, grands frères, petits frères », depuis les ratonnades des années 1960 (avec pour paroxysme le 17 octobre 1961), jusqu’au 27 octobre 2005, en passant par les « étés meurtriers » du début des années 1980. « Nous sommes dépositaires, héritiers involontaires de ce rapport avec la police, qui ensanglante l’imaginaire des quartiers ».

Face aux sous-entendus des questions de la tribune, l’avocat de Hamé brandit la une de Libération du 14 novembre 2005, pendant les émeutes des quartiers populaires, avec La Rumeur en couverture et titrant «Banlieues : la prophétie rap ». Il interroge Hamé sur ce titre. « Peut-être ont-ils écrit cela car ils considèrent qu’on a su capter, flairer quelque chose » ; « peut-être est-ce pour dire que la réalité rattrape notre rap ». D. Tricaud évoquera plus tard dans sa plaidoirie le rap engagé comme ce « thermomètre » qu’il serait scandaleux de « casser » en préférant ne « pas s’attaquer aux vérités » mais « condamner ceux qui les professent ». Il parlera également de la « tradition de liberté de ton et d’expression des artistes engagés, caisses de résonance de la société », tandis qu’Ekoué soulignera que l’article de son ami, au « ton pamphlétaire et ironique », s’inscrit dans « le prolongement » des chansons de La Rumeur, et que son contenu, celui d’un « billet d’humeur », est « lié à l’esprit de création ».

Les « frères » et les « assassins »

« Qui appelez-vous vos "frères", qui semblent se faire trucider en toute impunité ? »

Le procès donna tout de même lieu à un débat sur les termes employés par Hamé dans son article. Celui de « frères » semble avoir particulièrement gêné la juge rapporteur, qui osa poser aussi trivialement sa question. Hamé l’évoqua comme un « terme usuel », à forte « charge affective », désignant une « fratrie avec laquelle on peut se trouver des cicatrices et des espoirs en commun », au-delà de toute distinction de couleur de peau ou de religion.

« Vous avez fait des études, vous connaissez le sens des mots… »

Plus important était le débat sur l’emploi dans l’article du terme d’ « assassins » pour désigner les policiers ayant tué. Là est même une des questions fondamentales pour déterminer s’il y a « diffamation » ou non. Juridiquement, un assassinat désigne en effet un homicide volontaire avec préméditation. Là encore, Hamé affirme qu’il employait ce terme dans son « sens usuel », comme « synonyme de meurtre », ignorant sa signification juridique jusqu’à ce que la plainte soit déposée et étayée en juillet 2002. Son avocat signalera d'ailleurs - et l'intervention du grand historien Maurice Rajsfus en première instance l'avait rappelé - que dans le cas du 17 octobre 1961, il y a de manière avérée homicides volontaires avec préméditation.

« Nous ne sommes pas seuls dans le box des accusés »

Le procès en première instance avait permis d’affirmer, grâce à ses nombreux témoins, une profonde solidarité autour des propos de Hamé. La dimension collective y était évidente. D. Tricaud revient sur cette dimension, déclarant n’avoir « pas le sentiment de soutenir une thèse marginale », et convoque non seulement des propos de Saïd Bouamama et Pierre Tévanian (tous deux témoins en première instance), mais aussi la Commission nationale consultative des Droits de l’homme, Amnesty International, une circulaire d’un préfet de police, et encore d’autres textes où figurent substantiellement les mêmes propos que ceux incriminés. « Que fait le parquet ? Il faut les punir ! Nous ne sommes pas seuls dans le box des accusés ! », assène-t-il ironiquement. D’ailleurs, juste derrière le box des accusés, parmi le public, le Mouvement de l’Immigration et des Banlieues, le collectif « Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires », ou encore le collectif « A toutes les victimes des révoltes de novembre 2005 » sont présents.

A la barre, Fabien Jobard signale que ce qui lui est demandé implicitement dans ce tribunal en tant que sociologue – comparer les propos de Hamé aux faits, pour dire s’ils sont justes – est difficile. Car s’il est évident que les morts sont nombreux et les affaires judiciaires mettant en cause des policiers difficiles à mener, il faut rappeler que « la police est caractérisée par l’opacité et le secret » ; que cette opacité est génératrice d’un « déni », et qu’à ce déni s’oppose nécessairement une « outrance ». Or, il juge « déplacé de faire porter sur tel ou tel propos outrancier une culpabilité ». La vraie question est donc selon lui celle du déni et de l’opacité de l’institution – l’avocate d’EMI le rejoindra sur ce point dans sa plaidoirie finale, en se solidarisant clairement aux propos de Hamé qu’elle juge « pas gratuits » et résultant d’une « véritable analyse fondée sur des faits objectifs ».

La prétendue diffamation

La question des faits énoncés dans l’article de Hamé ne fut donc pas au cœur des débats. Il faut dire qu’elle avait été amplement traitée en première instance, et c’est ce qui permet à D. Tricaud de déclarer à l’avocate générale, représentante du ministère public : « j’attendais autre chose de cet appel. On ne voit pas ce qui est apporté de plus par l’accusation ». De fait, aucun argument convaincant n’est apporté par le réquisitoire de l’avocate générale, qui se contente de critiquer le jugement du 17 décembre 2004 en contestant chacun de ses points, sans pour autant étayer sa contestation : elle maintient qu’il s’agit d’une « attaque dirigée contre la police nationale portant sur des faits précis », une « imputation grave, visant l’ensemble de l’administration, d’avoir commis et de commettre des assassinats en toute impunité ». Elle réclame « une sanction qui ait valeur d’exemple », pour punir ce texte « qui peut conduire à radicaliser les jeunes face à la police ».

Dans sa brillante plaidoirie, D. Tricaud remet en cause la plainte déposée par le ministère de l’Intérieur, en revenant sur chacune des phrases incriminées – et signale au passage que la délimitation des passages soulignés et jugés diffamatoires dans la seconde et surtout la troisième phrase pose problème. Il apparaît au final que seul le terme d’ « assassin » est lourd de questions – le jugement du 17 décembre 2004 avait à ce propos souligné la « bonne foi » de Hamé. Mais D. Tricaud souhaite aller plus loin.

« La Justice est en cause »

En argumentant autour des phrases incriminées, D. Tricaud affirme en effet que dans les propos de Hamé, ni la police ni le ministère de l’Intérieur ne sont visés, mais bien la Justice : « la Justice est en cause ». En effet, Hamé condamne dans son article la Justice qui n’ « inquiète » pas, et qui « disparaît » : « on ne peut pas reprocher aux policiers de ne pas se condamner eux-mêmes ! », dit l’avocat.

Toute la question est donc celle de l’indépendance de la Justice, et sur ce point, l’avocat dénonce sous forme de questions : d’une part, « le parquet a-t-il pour vocation d’être l’avocat du ministère de l’Intérieur ou de la police nationale ? », « pourquoi le parquet s’autoproclame-t-il avocat d’une des parties » quand la police est en cause ? Et d’autre part, pourquoi le degré de preuves demandé dans des affaires mettant en cause des policiers est-il « sans commune mesure » avec les autres affaires ? Pourquoi la Justice défend-elle si bien la police, alors qu’elle s’abat lourdement par exemple sur les révoltés de novembre ?

Une question évidente découle logiquement des propos de l’avocat : est-ce « diffamer » que de dénoncer la non application de fondements de la République, en l’occurrence la séparation des pouvoirs et l’égalité devant la Justice ?

Voici les cadavres que la police ne veut pas voir…

Dans les premières minutes du procès, quand ce fut au tour de D. Tricaud de poser des questions à son client, il interrogea Hamé : « pouvez-vous nous donner des exemples de personnes tuées par la police ? ».

Dans le silence de la 11e chambre, à la fenêtre de laquelle flottaient deux grands drapeaux tricolores dominant l’île de la Cité, Hamé, dont le nom de famille fut systématiquement écorché par l’avocate générale et la juge rapporteur, prononça d’une voix blanche, droit, face aux juges :

« Malik Oussekine ; Makomé ; Abdelkader Bouziane … »

Comme dans ces hommages funéraires où les morts sont invoqués pour les convier parmi les vivants, une vingtaine de noms furent prononcés. Des noms de morts victimes de meurtres jugés sans importance. Des noms de morts, pour quelques instants ressurgis de l’opacité, de l’oubli, des dénis policiers et judiciaires – car ils sont morts, et ceux qui ont tué sont libres.

Espérons que le 22 juin 2006, la Justice reconnaîtra le droit de s’en souvenir et de le dénoncer.
Et d'autres interviews pour les courageux :

http://www.acontresens.com/musique/interviews/25.html
http://www.acontresens.com/musique/interviews/17.html

Publié : 01 mars 2007, 09:27
par Kõjiro
Je suis en train de lire les articles de Marianne consacrés au programme Sarkozyste.

Il était temps quand même qu'un journal/magazine/émission radio ou tv/un média grand public quoi (au moins UN !) prenne le temps de décortiquer ses propositions.

Marrant, il sont encore plus radicaux que moi sur les conséquences néfastes du programme en question...

Mais bon Marianne c'est bien connu, ils sont stalino-marxisto-cubano-chilio-bolivio-communo-fascistes... et ils pendent tous les 2 jours un patron avec ses boyaux tous en dégustant un enfant cuit à l'étouffée...

Publié : 01 mars 2007, 09:52
par Pénombre
et ils pendent tous les 2 jours un patron avec ses boyaux tous en dégustant un enfant cuit à l'étouffée...
_________________
du tout

il parait que quand on nourrit des rêves un peu utopiques tendance latéralisée très à gauche, on salive à l'idée de pendre un patron avec des boyaus de curé ;)

Publié : 01 mars 2007, 10:03
par Kõjiro
Ah oui, j'oublie tout le temps la composante anti-curé des communistes...

Laquelle a trouvé en "réaction" une église alliée aux fascistes d'ailleurs...

Formidable tout ces anathèmes... :lol:

Publié : 01 mars 2007, 12:42
par Marumoto
Goju Kaze a écrit :2 poids, 2 mesures...

http://dinan22.canalblog.com/archives/2 ... 39141.html

:kaze:
Je tenais juste à rebondir là-dessus.

Pas réellement sur ce sujet-là (bien qu'il en soit la terre fondamentale), mais plutôt sur le procédé honteux du copier/coller cher à nos amis journalistes (ou pseudo-journaliste).

Quel ne fut pas mon étonnement ce matin en lisant Lille Plus (un quotidien gratuit genre 20 minutes. Oui c'est nul mais c'est toujours mieux que de devoir regarder les poils de nez de son voisin pendant tout le trajet) d'y trouver un texte y faisant référence. Chouette me dis-je, d'autres infos j'espére. Et bien non. L' "auteur" (le copiteur plutôt) n'a fait que copier la lettre de Placid en changeant quelques mots de çi de là. (que vous pouvez trouver ici: http://www.lilleplus.com/fr/telecharger ... e=20070301 en bas à droite.)

Je trouve ça pathétique. Si au moins il avait eu plutôt le bon goût de citer la lettre plutôt que de la copier. :vomir:

Publié : 01 mars 2007, 12:47
par Kõjiro
Oui c'est clair que c'est juste une mise à la troisième personne avec quelques rares éléments de contextualisation...

Bon en même temps il en parle c'est déjà un pas... Reste maintenant à apprendre à écrire par lui même...

Publié : 01 mars 2007, 12:49
par Marumoto
Kõjiro a écrit : Reste maintenant à apprendre à écrire par lui même...
:lol: Tres bon, je vais lui mettre ça en commentaire. "File en CM1 apprendre à rédiger une rédaction, NANMEHO!"

;)

Publié : 01 mars 2007, 13:57
par Kõjiro
Redevenons sérieux (double sens ;) )

http://www.liberation.fr/rebonds/234540.FR.php
Impossible promesse fiscale

Par Thomas PIKETTY

QUOTIDIEN : lundi 12 février 2007

Thomas Piketty est directeur d'études à l'Ehess.

Parmi les éléments les moins crédibles du programme de Nicolas Sarkozy, la palme revient sans conteste à la promesse de réduire de 4 points de PIB (produit intérieur brut) le taux de prélèvements obligatoires. Pour tous ceux qui n'ont pas la chance rare de patauger quotidiennement dans ce type de statistiques, l'objectif peut sembler abstrait et difficile à évaluer. Après tout, avec un taux global de prélèvements obligatoires en France d'environ 44 % du PIB (sous forme d'impôts, cotisations et diverses taxes), pourquoi ne serait-il pas possible d'envisager une réduction de 4 points ? Pour aider à se faire une idée et comprendre à quel point un tel objectif n'a aucune chance de se réaliser au cours de la prochaine législature, il est utile de rappeler quelques ordres de grandeur.

Quatre points de PIB, cela représente, par exemple, davantage que toutes les recettes cumulées de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur les successions et de l'impôt de solidarité sur la fortune. Si Sarkozy envisage de supprimer ces trois impôts d'un geste auguste, qu'il l'annonce ! A titre de comparaison, Chirac est parvenu en 2002-2007 à réduire de moins de 20 % l'impôt sur le revenu. Surtout, cette baisse a été plus que compensée par les multiples hausses de taxes et de cotisations, si bien que le taux global de prélèvements obligatoires, stabilisé autour de 42-44 points en France depuis 1985, a en réalité progressé de près de 1,5 point entre 2002 et 2007, en particulier quand l'actuel candidat UMP était en charge de Bercy... Car, pour réduire de 4 points de PIB les prélèvements tout en réduisant les déficits, il faudrait être capable de réduire de 4 points les dépenses publiques et indiquer précisément lesquelles.

Or, 4 points de PIB, cela représente, par exemple, quatre fois le budget de l'Enseignement supérieur et de la recherche, ou bien une réduction de plus de 50 % des dépenses de santé. Comment Sarkozy compte-t-il s'y prendre pour faire de telles économies ? A ce jour, les seules économies vaguement mentionnées concernent les habituels percepteurs et supposées gabegies de Bercy, gisement considérable... inférieur à 0,1 point de PIB, et qui ­ vu la mollesse avec laquelle notre audacieux candidat évoque le prélèvement à la source ­ a peu de chances d'être exploité. La vérité est que, compte tenu de la hausse structurelle des dépenses de santé et de retraites (qui ne pourront être stabilisées que par une régulation patiente, novatrice et courageuse), et compte tenu des nouveaux besoins (formation, recherche...), il n'est ni possible ni souhaitable de promettre des réductions de dépense aussi massives. Quant à l'idée absurde selon laquelle la croissance permettrait mécaniquement de réduire la part de l'Etat dans le PIB, elle révèle une étonnante incompréhension des mécanismes économiques élémentaires : sauf à supposer un fort décrochage des salaires du public (perspective peu souhaitable pour un Etat qui se veut efficace), l'Etat devra toujours consommer peu ou prou la même part du PIB pour offrir les mêmes services de santé, formation, retraites, etc. Si la croissance avait pour effet magique de réduire massivement le taux de prélèvements, cela se serait vu, en France comme à l'étranger.

De fait, la meilleure façon d'apprécier l'absence totale de crédibilité de la promesse sarkozienne est de jeter un coup d'oeil aux expériences internationales. La vérité toute simple est que jamais aucun pays développé n'a abaissé de 4 points son taux de prélèvements obligatoires. Au moment où la révolution thatcherienne a produit ses effets les plus forts, de 1985 à 1995, les prélèvements n'ont baissé au total que d'à peine 2 points de PIB au Royaume-Uni (avant que Blair ne les réaugmente de 2 points, retrouvant ainsi aujourd'hui le taux d'environ 37-38 points de 1985). Nicolas Sarkozy envisage-t-il de faire des coupes deux fois plus lourdes que Margaret Thatcher dans une période de temps deux fois plus courte ? Si l'on examine les autres pays, dont on vante habituellement l'expérience modernisatrice, on constate au mieux une stabilisation des prélèvements obligatoires, en aucun cas des baisses de 4 points de PIB : la Suède a stabilisé ses prélèvements autour de 50-52 points de PIB depuis 1990, le Danemark autour de 49-50 points, etc. En France, pas davantage que dans tous les autres pays, aucun gouvernement dans un avenir prévisible ne baissera de 4 points de PIB en quelques années.

En se lançant dans de telles promesses, sans même prendre la peine d'expliquer le début du commencement de la méthode envisagée (et pour cause), Nicolas Sarkozy révèle une fois encore sa vraie nature. Loin du parler vrai et de la transition douce du gaullisme vers le libéralisme social et moderne, le candidat UMP incarne une sorte de gaullo-bushisme autoritaire et populiste. Comme Bush, qui stigmatisait ceux qui osaient dénoncer les conséquences ultra-inégalitaires de ses baisses d'impôts («fuzzy Washington math»), il affiche son mépris pour les statistiques et les analyses qui le contredisent. Comme son modèle, sa foi messianique dans son intuition intime de ce que veut le «peuple» (en vérité quelques groupes de pression croisés ici et là) le rend capable de tous les excès.

Publié : 01 mars 2007, 14:21
par Pénombre
Surtout, cette baisse a été plus que compensée par les multiples hausses de taxes et de cotisations, si bien que le taux global de prélèvements obligatoires, stabilisé autour de 42-44 points en France depuis 1985, a en réalité progressé de près de 1,5 point entre 2002 et 2007, en particulier quand l'actuel candidat UMP était en charge de Bercy...
ça, j'aurai tellement aimé qu'on le dise plus souvent...

Publié : 01 mars 2007, 15:59
par Kõjiro
Moi aussi...

Autre élément qu'on répète à l'envie en ce moment : la gauche a plus privatisé que la droite. C'est vrai. Mais en tout cas eux ils ne les ont pas vendu au rabais les entreprises... ;)

Bon sinon, autre sujet :

http://blog.mondediplo.net/2007-02-22-La-carte-scolaire
La carte scolaire

lundi 26 février 2007

En France, la carte scolaire, qui attribue aux élèves un établissement public en fonction du lieu où ils habitent, est contestée. Elle a fait l’objet d’une attention spectaculaire lors de la rentrée de septembre 2006. Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, en campagne présidentielle, a prôné sa suppression. Candidate du Parti socialiste, Mme Ségolène Royal a proposé pour sa part de laisser « le choix entre deux ou trois établissements ». La vingt-sixième mesure de son programme présenté le 11 février 2007 spécifie sans autre précision la nécessité de « réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire ». Le premier ministre Dominique de Villepin a lancé une concertation en vue d’« aménager » cette carte, car sa suppression « conduirait inévitablement tous les parents à vouloir inscrire leurs enfants dans les mêmes établissements », provoquerait « plus d’injustice » et « un formidable dérèglement de l’organisation scolaire ».

Lorsqu’elle est créée dans les années 1960, la carte scolaire constitue est un outil administratif de répartition des moyens qui vise d’abord à faire face à l’accroissement du nombre des élèves, lié aux politiques d’allongement des scolarités, et à assurer un maximum d’hétérogénéité sociale interne aux établissements. Pour l’Education nationale, elle permet de « promouvoir la mixité sociale » et l’« intégration », en contraignant chaque élève à fréquenter un établissement précis en fonction de l’adresse où il réside (en principe, cette contrainte s’exerce uniformément sur tous les individus). Creuset d’intégration sociale, l’école dite républicaine doit permettre la socialisation commune d’élèves d’origines sociales diverses.
Les détracteurs de la carte scolaire postulent que le découpage empêcherait les familles de choisir l’établissement de leurs enfants alors que, selon eux, le jeu de la concurrence permettrait d’atténuer les inégalités. Ses partisans font valoir qu’un assouplissement de la sectorisation conduirait à une augmentation des inégalités de niveau entre établissements et que la liberté de choix ne profiterait qu’à une minorité. Ils préconisent un assouplissement limité uniquement destiné à permettre la mobilité ascendante des élèves défavorisés.

Mais au fond, ce débat n’est-il pas un rideau de fumée occultant la principale injustice, qui réside d’abord dans la distribution sociale des lieux de résidence ?

C’est ce qu’argumentent, dans le numéro de mars du Monde diplomatique, Jean-Christophe François et Frank Poupeau.
Mon commentaire :

La "vraie" solution est évidemment contenue dans l'interrogation finale. Travailler à une meilleure répartition socio-culturelle spatiale des ménages est le moyen le plus efficace pour lutter contre les inégalités. C'est un objectif ambitieux mais indispensable. Dès lors que celui ci serait atteint la carte scolaire pourrait remplir plus efficacement son rôle. J'ajouterais que cette mixité urbaine doit se faire à une échelle fine, infra-communale, faute de quoi on ne ferait que déplacer le problème. On notera d'ailleurs que, déjà aujourd'hui, plus on observe des territoires fins plus les inégalités sont fortes : en d'autres termes, les différences entre collèges et lycées sont plus fortes à l'intérieur d'une même commune qu'entre deux communes, entre deux communes qu'entre deux départements etc... Toutefois il faut aussi convenir que l'objectif d'une mixité socio-culturelle spatiale satisfaisante est un objectif de long terme. Alors que faire ? L'urgence sociale, qui s'est notamment manifestée au travers de la grave crise de novembre 2005, impose d'agir au plus vite pour combler un fossé de plus en plus infranchissable. Déjà engager les moyens pour que ce chantier indispensable soit mis en oeuvre. Ces moyens sont financier mais également politiques. Il faut contraindre les communes à aller dans ce sens de manière déterminée et efficace. En gros il faut une loi SRU aménagée et surtout renforcée avec des moyens de contrainte sur les maires et autres élus récalcitrant (le plus souvent pour des question de satisfaction de leur électorat soit de respect d'une volonté communautariste venue d'"en haut"). Il faut également et simultanément réfléchir à une adaptation de la carte scolaire pour qu'elle remplisse mieux ce rôle qu'on souhaite lui attribuer de produire de la mixité sociale (je parle de mixité sociale, socio-culturelle, mais il est évident qu'il faut aussi prendre en compte la dimension "ethnique" même si cette dernière est relativement bien "re-couverte" par la dimension sociale).

Comment faire ? C'est une question à laquelle je n'ai pas de réponse toute faite. Je pense qu'il faut revoir le découpage à la lumière des inégalités pré-existantes. Quitte à ce que ce découpage soit moins efficace sur la question de la proximité de l'établissement par rapport au domicile. Quitte à organiser des services de transports collectifs pour les élèves. Quitte à améliorer la question de l'après-classe avec des travaux dirigés en "étude". Quitte à inventer des solutions nouvelles...

Ensuite je pense aussi qu'il faut lutter contre les différentes formes d'évitement scolaire. Ces stratégies d'évitement minent le rôle de la carte scolaire. Il est légitime de vouloir le meilleur pour ses enfants (je connais le problème) mais il est inacceptable de laisser se produire un phénomène qui fragilise tant les fondements de notre vivre-ensemble. Il faut être plus vigilant sur les question de fraudes, sur les arrangements par relations des familles avec les chefs d'établissements etc... Il faut également sortir de la logique des "fausses options" qui sont autant de prétextes pour échapper à la carte scolaire (comme de prendre turkmène avancé en lv3...). Pour autant il ne s'agit pas de supprimer ces enseignements mais de les sortir de la décision d'affectation. Si un enfant souhaite apprendre le russe il le pourra. Il lui suffira d'aller dans le collège / lycée qui l'enseigne le samedi matin par exemple mais il ira dans le collège / lycée attribué par la carte scolaire pour l'ensemble de ses autres cours. Personnellement, lorsque j'étais au lycée j'avais une option dans un autre et ça ne m'a pas tué que de devoir fréquenter deux établissements. Bien sûr cela demande de l'organisation tant du point de vue des familles que du personnel des établissements mais je doute que cela soit insurmontable.

Reste pour finir le problème des écoles privées. Déjà rappelons que les écoles privées ne se localisent pas par hasard. Actuellement l'analyse de leur répartition spatiale montre qu'elles suivent deux contraintes principales : se localiser là où il existe déjà une offre d'enseignement (elles ne comblent donc pas les trous - en général en tout cas) et également sur des territoires présentant des contextes sociaux plutôt favorisés. En simplifié elles vont là où elles ont une clientèle potentielle déjà existante et là où il y a des ressources. Il faut donc sans doute inclure l'enseignement privé dans la carte scolaire afin d'éviter que les amateurs de stratégies d'évitement ne se replient sur cette solution.

Par ailleurs il faut noter que la question d'un accès moins inégal à l'enseignement ne se pose pas que du coté des ménages. Il faut également regarder ce qui se passe du coté du monde enseignant. Et bien on y retrouve des phénomènes comparables. Les jeunes enseignants inexpérimentés sont dans les zep ou dans les zones défavorisées : dans certains établissements on trouve jusqu'à 50% d'enseignants de moins de 25 ans... Tandis que dans d'autres un tiers sont âgés de plus de 50 ans. L'âge des enseignants n'est pas garant de la qualité de l'enseignement mais admettons quand même que l'expérience n'est pas non plus complètement inutile ou que son absence (enseignants tout juste sortis des IUFM) n'est pas non plus complètement négligeable sur le plan de la qualité de l'enseignement. Partant de là, pour diminuer les inégalités entre établissements il faut bien travailler sur la répartition des enseignants et pas uniquement se préoccuper (même si c'est également essentiel) de questions d'effectifs par classe ou de moyens matériels etc.... Il faudra bien trouver des mesures (incitatives et non coercitives) pour obtenir une répartition plus homogène du corps enseignant.

Le débat sur la carte scolaire n'aura de sens que si on prend en compte l'ensemble de ces éléments (et sans aucun doute d'autres auxquels je ne pense pas). Sans ces éléments la carte scolaire n'a effectivement qu'une importance marginale sur la question de la mixité socio-culturelle. Elle est inefficace. Mais elle est également un point indispensable à une bonne marche vers cette mixité dès lors que l'on a attaqué les autres problèmes. Sans elle on verrait à coup sûr se recréer des ghettos favorisés et leurs pendants défavorisés.

Il en fait très facile, aujourd'hui, de remettre en cause l'efficacité de la carte scolaire sur le plan de la mixité sociale puisque rien n'est fait pour que le contexte lui permettent de produire le moindre effet ou presque. C'est le contexte et la lettre qu'il faut revoir pas le principe même de la carte.

Publié : 01 mars 2007, 16:48
par Pénombre
sans vouloir détourner le sujet, je vais conter un truc anecdotique qui en dit long sur la carte scolaire telle que les parents l'imaginent

je bosse et travaille dans un lycée niçois, le Lycée Massena. C'est historiquement le plus ancien lycée de Nice (ça remonte au 18ème) et la moitié de nos 1700 élèves sont en classe prépas, avec des résultats souvent plus qu'honorables

l'établissement actuel date de 1903 ce qui lui donne un certain cachet architectural et il a toujours eu la réputation d'être "bourge", ce qui est en partie vrai (le syndicat de droite enseignant fait une bonne part de ses voix dans l'académie chez nous, les élus locaux de droite ont été un certain nombre à avoir été élèves ici, plusieurs associations diverses et variées animées par des gens de cette orientation politique organisent périodiquement des manifestations diverses, les taux de grévistes atteignent péniblement les 20% quand ça tourne à 60/80 dans le reste de l'académie, etc...).

bon nombre de gens dans le coin sont persuadés que Massena, c'est un des trucs à avoir si possible. Et certains n'hésitent pas déménager ou faire jouer leur entregent pour y parvenir.

et au final, bien qu'on soit au coeur de la ville et en face d'une gare routière, on a un taux remarquablement bas de violence scolaire et périscolaire.

sauf que...
- le bassin de recrutement (la carte scolaire donc) inclut des établissements dont certains sont dans des quartiers populaires. y a pas que des bourges chez nous, loin s'en faut. même si c'est pas les quartiers-dortoirs de la périphérie. Y a les quartiers chicos du secteur qui viennent chez nous mais pas qu'eux.
- les statistiques montrent qu'au niveau bac, notre bahut est dans la moyenne nationale, ni plus, ni moins. Pas de quoi avoir honte mais pas de quoi manigancer pour caser son gamin en espérant que ça fera une grosse différence
- preuves à l'appui, notre vivier de recrutement en classes prépa ne donne pas plus de chances aux élèves de nos classes secondaires. Avec des résultats moyens, ils passent bien après des gens venus de très loin (genre Tahiti tiens) qui ont des dossiers en béton.

Mais il y a des gens, et pas qu'un ou deux, qui même quand on leur montre les chiffres persistent à penser que leur gosse sera forcément mieux chez nous que dans l'autre grand lycée du centre-ville. Ce qui est d'autant plus débile que cet autre lycée à les mêmes résultats bac que le notre à peu de choses près, qu'il est tout aussi calme (forcément, ils sont à 50 m du commissariat central...) et qu'il est loin d'être désagréable en prime. Et il recrute autant que nous dans les quartiers chicos. Mais il a l'étiquette "bahut de centre ville" et pas "vieille institution incontournable"

résultat : des gens font des mains et des pieds pour passer devant d'autres personnes... pour rien

Maintenant, le découpage de la carte scolaire, géré par les rectorats et non par les ministres, c'est une autre affaire. Il est de bon ton, comme d'autres le font en redécoupant les circonscriptions électorales... de créer parfois des bassins complètement dingues au niveau géographique afin de pousser en avant un ou deux établissements dans lesquels on veut miser des moyens conséquents ou pour "prouver" que les dits moyens n'ont pas été investis pour rien.

ce découpage n'est pas que démographique ou même socio-démographique mais il peut aussi selon les rectorats entériner les choix qui résultent des complexes interactions entre certains chefs d'établissement charismatiques (ou ayant les bons appuis ministériels, voire l'entregent politique local ET parisien) et les autorités rectorales.

le système n'est pas parfait et je ne le défends pas mais le mythe du "chacun peut choisir" revient à dire que ceux qui ont toujours eu leur place dans les "bons" bahuts n'auront même plus besoin de faire semblant de se plier à la règle commune et parmi les autres, ça ne sera pas le plus méritant mais celui dont les parents seront les plus opportunistes et déterminés qui pourra rejoindre le club

ça ne fera qu'exacerber le problème mais comme il ne sera plus géré que par les chefs d'établissement dont certains salivent à de telles perspectives autocratiques, les gens qui postulent au fonctions les plus hautes peuvent raconter n'importe quoi vu qu'ensuite ils n'auront qu'à dire "vous savez, c'est plus à notre niveau que ça se passe"

je trouve ça très fort en terme de mauvaise fois politique, cette tendance à travers la décentralisation à dire "votez pour moi et je m'engage sur sur point X dans un programme que vous ne pourrez pas me reprocher de n'avoir jamais mené vu que nous sommes déjà en train de faire en sorte de ne plus avoir à gérer ce problème là".

Publié : 02 mars 2007, 11:49
par Kõjiro
Petite censure ordinaire ?

Il y a un mois je suis tombé un peu par hasard sur l'Arene de France sur France 2 (le truc pseudo-politicosociétal de Bern). J'avais vu la première qui m'avait suffit à juger de la piètre qualité de cette émission. Mais, comme il m'arrive même parfois de rester bloquer sur Fogiel (je suis faible ), je suis resté scotché par le "débat" ou plutôt le statu quo quasi-absolu qui se dégageait sur le plateau. La question était alors :" les riches ont ils raison de quitter la France". Bon je passe rapidement sur le débat ridicule qui s'est fait ce soir là. En gros : oui c'est évident, pauvre riches persécutés par le fisc, ils ont raison de quitter ce pays stalinien qu'est la France qui leur retire le fruit de leur travail. Avec une belle unanimité puisque même du coté "non" il y avait deux traitres en fait :lol:

Bref arrive alors, à la fin, la plaidoirie d'un avocat censé défendre le non. Et j'avoue que cette plaidoirie je l'ai trouvé vraiment excellente. Drôle au possible, extrêmement ironique et surtout vécue comme une douche froide par tous les invités qui glosaient depuis 1 heure sur le sujet. Y'en a pas un qui a moufté et ils tiraient tous des troches de six pieds de long... Moment jubilatoire d'une certaine manière :)

Mais voilà dans cette plaidoirie il y eu plusieurs allusions à M. Nicolas Sarkozy président de "France Médias" (savez le groupement de tous les médias de France excepté 2-3 stations de radio ou mag touchant 4 personnes chacun). Genre "mais pourquoi vous partez les riches alors que votre pote il va bientôt être élu et qu'il va tout faire pour que vous n'ayez quasiment plus rien à payer au fisc ?"

En fait ça fait un mois que j'attends la mise en ligne de cette vidéo sur le site de France 2. Et bizarrement les émissions d'avant y sont, les émissions d'après y sont mais celle ci reste étrangement toujours absente...

C'est ici les vidéos

Après le coup du "mouton" coupé au montage pour la diffusion sur le net de la spéciale Sarkozy de "j'ai une question à vous poser" de TF1 remis après que les médias en aient parlé j'avoue que je me dis que c'est p'têt pas des hasards tout ça...

Oui je prend un chapeau en alu et un "gros" pot de vaseline pour le mois de mai...

Publié : 02 mars 2007, 12:27
par Kakita Inigin
Hier soir il y avait un collectif anti-fachos.
Je passe sur l'expert français qui a rappelé de très bonnes choses sur l'extrême droite française.
Par contre, il y avait un militant anti-raciste suisse. Et il nous a dit (appris) les chose suivantes :
- la Suisse n'ayant jamis connu mla colonisation il n'y a aps de réflexe anti-colonialisme chez eux
- la Suisse n'ayant jamais eu d'invasion nazie il n'y aaps de réflexe anti-nazi chez eux
- pour la même raison, les militants anti-fascistes n'ont pas de légitimité "naturelle" comme c'est le casen France.
- le PS étan,t au pouvoir avec diverses colaitons depuis 50 ans, il y a un consensus politique pour ce que je vais décrire plus bas
- le pouvoir central s'étant construit dans les annes 1910-20, il est basé sur un certain antsémistisme latent (moeurs de l'époque) et sur l'auto-lgitimation par le nationalisme ("le gouvernement central est légitime parce que nous sommes tous suisses").
- pendant 50 ans, il y a eu un service de l'Etat, l'office des migrations, qui a eu pour charge de déterminer si la présence d'étrangers (tous les étrangers avaient un dossier là-bas) "altérait de façon excessive l'identité nationale". si c'est excessif, bien sûr, "il abuse" et il se fit virer.
- depui septembre 2006, il y a une loi qui liste les pays dont les ressortissants ont le droit de faire une demande de cate de séjour. Aucun pays non-européen bien sûr. Autrement dit, un africain en Suisse est un délinquant en droit et en soi.
- pendant 50 ans, du fait de ce consensus, disons le mot, qui est un raisme d'Etat, les groupuscules nzifiants (avec des liens pas que financiers avec d'anciens SS) se sont développés tranquillement jusqu'à imprégner la société suisse dans son ensemble.
- un référendum (d'initioative populaire) contre cette loi de septembre a onné les résultats suivants : Contre la loi, 32%, pour 68% (autrement dit, la préférence nationale chère à Le Pen et le refus de l'étranger sont majoritaires).
- le gouvernement organise des recensements "des noirs et des dealers", ce qui a immédiatement persuadé la population que "noir"="trafiquant de drogue" (ça tombe bien, un noir c'est plus facilement identifiable qu'un juif ...)
-en 1933, le gouvernement suisse a exigé que les administrations allemandes portent un tampon "juif" sur les passeports des ressortissants allemands et autrichiens, sur le thème, ouvertement dévloppé par les diplomates suisses de l'époque "Vous avez été assez cons pour laisser entrer des juifs chez vous, nous ne ferons pas cette erreur".
- le Parti du Centre, parti ouvertement xénophobe, tient deux discours : une politique ultra répressive en tant que parti de gouvernement (ils ont le ministère de la justice te de la police), en organisant des ratonnades publiques (et les braves gens pensent : "Oh ces noirs que la police tabasse et fout à poil, ils oivent être vraiment dangereux"), tout en tenant un autre discours, d'opposition, "le gouvernement est trop tolérant et nous allons faire des manifs pour qu'il le soit moins" pour gagner leurs arbitrages.
- le seul parti qui refuse ce racisme d'état, qui est un parti vert assez proche du PS français, et est présent dans quelques gouvernements locaux, fait 2% au national.
- etc.

Bonjour amis Français, votre voisin et plus ancien allié (traité de paix perpétuelle, 1515) est un Etat nazi.

Publié : 02 mars 2007, 12:31
par Ding On
Ta ccl me parait bien excessive et injurieuse pour nos amis helvètes.

Publié : 02 mars 2007, 12:37
par Kyorou
Kakita Inigin a écrit :Bonjour amis Français, votre voisin et plus ancien allié (traité de paix perpétuelle, 1515) est un Etat nazi.
Ah ? Ils ont des camps d'extermination ?

J'attendrais quand-même une confirmation venant d'un mec qui ne soit pas un militant d'extrême-gauche avant de leur envoyer les GIs (l'Armée Rouge n'étant plus disponible).

A propos, quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il y a un trait d'union dans extrême-gauche et pas dans extrême droite ?