Ding On a écrit :Mais concrètement tout de même, les cotisations (les 2 types) apportent des avantages non négligeables non ?
Certes de moins en moins vu les réformes de la Sécu et des retraites, mais si on les supprime cela veut dire qu'il sera du ressort de chacun de se choisir une caisse sociale, que certains choisiront de ne pas le faire et qu'au final, c'est la base du système de solidarité français qui en sera affecté. A moins de rendre la cotisation à une caisse/mutuelle obligatoire comme pour les assurances auto.
J'avais dit que je n'allais pas sur le terrain de l'assurance privée, j'aurai du dire que je n'allais pas sur le terrain de la couverture sociale pour faire plus large.
Enlever des cotisations sociales ne veut pas dire les supprimer, on peut très bien les transférer dans une assiette plus large (au hasard l'Impôt sur le Revenu ...)
Concrétement et en simplifiant beaucoup, qu'est ce que l'on trouve comme prélèvement sur une feuille de paie :
* Le financement de l'assurance maladie (0,75 % salarial, 13,10 % mais on a 5,10 % de CSG deductible et 2,9 % de CSG et CRDS non déductible à la charge du salarié sur 95 % du brut+des bricoles) :
A l'origine, tout le monde en France était censé avoir un travail et donc le financement de la converture maladie par le travail n'est pas forcément idiot mais force est de constater qu'aujourd'hui ce n'est plus le cas.
Comme la France est un état de droit social (si, si, il n'y a qu'à regarder la politique sociale dans d'autres états riches pour s'en persuader), il a fallu mettre en place la CMU pour donner un minimum de droits à tous.
Dès lors, pourquoi ne pas intégrer ce financement de l'ensemble de la santé des Français (et non pas des travailleurs) sur l'ensemble de la société sur une assiette plus large (puisqu'intégrant les revenus locatifs fonciers et les revenus des capitaux sous forme de dividendes ce qui fait un paquet de brouzoufs entre nous soit dit) ?
Je ne connais pas trop la fiscalité des autres pays européens mais financer le système de santé uniquement par le travail est plutôt une esception que la règle. D'ailleurs la CSG / CRDS n'est qu'un biais pour élargir l'assiette tout en restant indolore (pas fou les législateurs sont avant tout des élus). Reste qu'il n'y a pas la progressivité de l'impôt.
* Le financement de la "retraite" Assurance vieillesse (6,65 % salarial, 8,30 % de patronal / Tranche A) + les caisses de retraite sectorielles (3 % - 4.5 % après cela peut être beaucoup selon si la personne est cadre ou la générosité de la convention collective)
Bon, que l'on continue de financer sa retraite selon les revenus de son travail n'est pas forcément une mauvaise chose surtout si l'on reste sur un système de répartition (ah tiens non ? alors tant pis) et non pas de capitalisation.
Maintenant, si l'on veut éviter de tuer les petits vieux pauvres ou qu'ils vivent dignement il faut bien un fond de péréquation quelconque.
Bon, on aurait pu trouver un juste milieu où les retraités actuels touchent "trop" par rapport aux ressources dégagées et le revenu de ceux qui travaillent. Après, c'est un choix de société, c'est un autre débat ...
* Allocations familiales. (5,4 % patronal)
Même principe que la maladie, pourquoi lier les allocs uniquement au travail ? Le transfert dans l'Impôt sur le Revenu s'impose pour moi là aussi.
* Accident du travail (variable selon les risques patronal), Chômage (2,44 % salarial, 4,04 % patronal)
Lié au travail indubitablement. Maintenant, est ce une assurance, une mutuelle ? Que veulent réellement l'ensemble des salariés à ce sujet ?
Retirer des cotisations sociales pour mettre dans l'Impôt sur le Revenu c'est d'une part élargir l'assiette de l'impôt (et donc réduire les taux) et d'autre part mécaniquement permettre la redistribution grâce à la progressivité de l'IR.
Mais bon, déjà qu'on paie trop d'impôts ...
