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Publié : 11 mai 2007, 11:34
par Kyorou
Doji Satori a écrit :Il faut voter une loi pour fermer les boites de nuit ?
Tentant... Impraticable, mais tentant.

Publié : 11 mai 2007, 11:37
par Goju Kaze
Ce qui est le pire, c'est quo'n en arrive à l'effet inverse, des boites ou les "blancs" ne rentrent pas. La question est : Est ce que là la discrimination serait reconnue?

:kaze:

Publié : 11 mai 2007, 11:50
par Ding On
Doji Satori a écrit :
Kyorou a écrit :
Doji Satori a écrit :La loi ne fait pas changer les mentalités, jamais. Elle ne fait que de s'adapter aux mentalités, à l'évolution des moeurs et de la société.
Ouaip, et la mentalité c'est "on veut pas d'immigrés dans les boîtes de nuit". Communautarisme rulez.
Et ?

Il faut voter une loi pour fermer les boites de nuit ?
Ah tiens, je serai pas contre moi. :)

Publié : 11 mai 2007, 12:00
par Doji Satori
Ding On a écrit :Ah tiens, je serai pas contre moi. :)
OK. Fermeture de toutes les boites de nuit en France.

Et pour contrer les 80 % d'entreprises pratiquant la discrimination à l'embauche, on rend l'employeur responsable des salariés sous sa responsabilité ?
Que ce soit un excès de vitesse, les propos tenus à un client etc ?
Votre nounou fait un excès de vitesse en ramenant vos gamins de l'école, c'est vous qui payez. C'est normal, c'est vous qui lui avez donné la consigne orale de faire vite.

Publié : 11 mai 2007, 12:10
par Ding On
(nan mais on peut déconner un peu ?)

Publié : 11 mai 2007, 12:18
par Kõjiro
Doji Satori a écrit :
Ding On a écrit :Ah tiens, je serai pas contre moi. :)
OK. Fermeture de toutes les boites de nuit en France.

Et pour contrer les 80 % d'entreprises pratiquant la discrimination à l'embauche, on rend l'employeur responsable des salariés sous sa responsabilité ?
Que ce soit un excès de vitesse, les propos tenus à un client etc ?
Votre nounou fait un excès de vitesse en ramenant vos gamins de l'école, c'est vous qui payez. C'est normal, c'est vous qui lui avez donné la consigne orale de faire vite.
Peut être qu'il y a moyen de trouver un juste milieu.

Evidement que les exemples que tu cite sont "absurdes". Cela étant la procédure actuelle est de facto impuissante face à des délits qui sont bien réels.

Après je n'ai pas de solution à proposer et surtout je ne mesure pas les difficultés que tu pose (qui sont bien réelles, je n'ai aucun doute là dessus). Je me demande juste comment on peut espérer maintenir un lien social dans de telles conditions.

Peut être une procédure en plusieurs étapes adaptée à chaque type de profession. Au premier test --> poursuite de l'employé mais après plusieurs cas similaires dans la même société impliquant différents employés --> transfert de la responsabilité à l'employeur...

En fait j'en sais rien, je me dis juste qu'il faudra trouver une solution pour faire quelque chose. Mais je ne veux pas tomber dans les yaka faukon je n'ai pas les compétences pour ça.

Publié : 11 mai 2007, 12:48
par Pénombre
Goju Kaze a écrit :Ce qui est le pire, c'est quo'n en arrive à l'effet inverse, des boites ou les "blancs" ne rentrent pas. La question est : Est ce que là la discrimination serait reconnue?

:kaze:
ne comparons pas les causes et les conséquences. Ce dont tu parles et qui se produit de plus en plus souvent est une conséquence. Elle est entres autres typique d'une certaine conception de la société qui fait fureur aux states et en angleterre depuis des décennies : tu crées la ghettoisation et après tu reproches aux gens dans leurs ghettos de ne pas y admettre ceux de l'extérieur

le bon vieux principe du "j'ai le droit de ne vivre/travailler/passer mon temps libre qu'avec des gens qui me conviennent/me ressemblent", on sait très ce que ça signifie au final

quand on pousse les gens à ne plus aller à certains endroits, ils vont tout naturellement se regrouper ailleurs et il y aura forcément une tendance (pas forcément partagée par tout le monde dans le groupe d'ailleurs) à jouer le "nous dans notre coin contre le reste du monde"

mais la faute à qui en fait ?

le problème, à mon sens, c'est que la discrimination réelle sert bien plus de gens qu'elle ne le semble. Elle sert le discriminant, bien évidemment mais aussi certains qui sont dans les groupes discriminés et qui peuvent brandir ce qui se passe à certains endroits et le rattacher à leur cas personnel qui n'est pas toujours en rapport avec la dite discrimination.

plus clairement : le racisme est réel mais est ce que Abdel le gros connard s'en est pris une parce qu'il s'appelle Abdel ou parce qu'il est un gros connard ? et là, on a très rarement affaire à un traitement objectif des choses, d'un côté comme de l'autre

la conséquence d'une telle dérive, c'est ce à quoi on assiste depuis des années dans certains quartiers chauds : les gens qui ont la "bonne" couleur de peau se regroupent dans des associations qui sont le plus souvent bien plus préoccupées par "comment les foutre dehors" que "comment on va faire pour arriver quand même à vivre ensemble". Et quand les élections arrivent, on sait tous très bien ce que ça donne...

tandis que dans le même temps, dns les minorités qui n'ont pas la bonne couleur, on se regroupe également pour faire bloc. Pour peu qu'on soit originaire du maghreb ou né là-bas, on est déjà à moitié catalogué comme musulman et il n'est guère difficile alors de se retrouver avec des prosélytes qui te parlent d'un islam ou le mot tolérance se prononce bien moins souvent que le mot vengeance. Sans faire dans la parano du délire sécuritaire, on sait très bien que ça n'arrange pas les choses localement.

Mais comme on a désormais un président qui n'a jamais caché qu'il voyait la religion comme un vecteur de paix civile (je ne dirais pas "opium du peuple" mais j'y ai pensé très fort et ça n'est pas comme ça qu'on mettra en avant ce que la religion peut en effet apporter aux hommes...) et qui n'a jamais caché non plus ses sympathies avec toute la mouvance "français et sécuritaire", on peut raisonnablement s'attendre à ce que ça continue comme ça pendant un moment : du côté des gens de couleur/des immigrés, les "associatifs" vont se polariser, certains toucheront des subventions et ils "tiendront" les quartiers tout en organisant les mêmes trafics qu'avant car de toute manière il n'y aura aucune lutte réelle contre la discrimination et aucun travail de fond avec les jeunes. De l'autre côté, les associatifs "bien de chez nous" se feront plaisir en créant des "maisons de quartier" et autres structures ou l'on fait gaffe à ta couleur à moins que tu ne joues les collabos.

et le fameux "tissu social" aura quelques accrocs de plus parce que tous ces gens là auront compris que leur antagonisme est plus juteux pour eux et plus intéressant pour les pouvoirs publics.

et dans l'ombre, les magouilleurs venus de chine, du maghreb ou de l'afrique noire se heurtent de plus en plus souvent à des gens comme eux mais qui viennent de l'europe orientale et qui ont un atout (un seul) considérable : aux yeux du quidam comme du policier, ils sont invisibles.

et eux aussi, ils aimeraient bien une part de gateau...

Publié : 11 mai 2007, 13:06
par Doji Satori
Je n'ai justement aucune solution à proposer Kõjiro, je n'en ai pas la compétence non plus et très sincèrement je pense que le législateur en est réduit à la même impuissance que nous ...

Juste que je lis beaucoup plus que je n'interviens sur ce sujet et la récurrence sur le thème de "monde de merde" venant de personnes que j'aime beaucoup pour leurs qualités humaines et intellectuelles commence à m'ennuyer (dans le sens où ça m'ennuie de vous voir dans cet état d'esprit pas que ça m'agace).

Je ne sais pas d'où sort ce 80 % de discrimination à l'embauche, je ne le conteste pas même si je le trouve élevé. Je pense qu'il y a "beaucoup" de discrimination à l'embauche, consciente ou inconsciente, surtout du type "tant qu'à choisir, je prends un blanc" plutôt que de racisme conscient et assumé (mais qui revient strictement au même et donc ce n'est pas un facteur atténuant, au contraire même pour moi car c'est davantage pernicieux).

Juste que l"entreprise", pour moi, ça ne veut rien dire. L'entreprise, ce n'est personne. Derrière ce mot, il y a des gens, des décideurs, des êtres humains et ils sont responsables de leurs choix individuels, de leurs décisions comme tout le monde. Le cadre de l'entreprise n'est pas un facteur atténuant la responsabilité, "je n'ai fait qu'obéir aux ordres" n'est pas un motif excusable.

Après, je ne suis pas convaincu que ces "décideurs" soient forcément plus racistes que l'ensemble de la société française. Au contraire même, ce ne sont que des "sondages", à relativiser donc, mais au lendemain du premier tour j'avais entendu que 25 % des ouvriers avaient voté Le Pen et pour les cadres 30 % Royal, 30 % Sarkozy et 28 % Bayrou.
Encore une fois, cela ne veut pas forcément dire que les "décideurs" sont cools mais je ne suis pas convaincu que ceux d'en bas prendraient d'autres décisions ...

Bref, si effectivement 80 % des employeurs pratiquent la discrimination à l'embauche, ce n'est que le reflet de la société française et rien d'autre.
Je suis convaincu qu'elle évolue vers le mieux jour après jour encore faut-il que l'emploi se porte mieux afin réduire dans les faits la discrimination.
En attendant, il n'y a rien d'autre à faire que d'en parler et d'adopter un comportement citoyen, la société est composée d'un ensemble d'individus ...

Publié : 11 mai 2007, 13:17
par Pénombre
Doji Satori a écrit : Bref, si effectivement 80 % des employeurs pratiquent la discrimination à l'embauche, ce n'est que le reflet de la société française et rien d'autre.
Je suis convaincu qu'elle évolue vers le mieux jour après jour encore faut-il que l'emploi se porte mieux afin réduire dans les faits la discrimination.
En attendant, il n'y a rien d'autre à faire que d'en parler et d'adopter un comportement citoyen, la société est composée d'un ensemble d'individus ...
juste en passant, je ne suis pas non plus persuadé du 80% pour une raison un peu idiote : la discrimination se fait en amont de l'emploi. Même si les choses ont quand même bien progressé en une vingtaine d'années, il reste que les professions les plus qualifiées sont encore majoritairement monopolisées par des gens issus de milieux aisés et que la majeure partie de ces gens là sont blancs (et je crois pas qu'on soit le pays ou la situation est la plus criante en plus, à cet égard)

il faudrait je crois corriger et affiner ce genre de chiffres parce que je doute que le gars responsable des entretiens d'embauche il reçoive la même proportion de gens colorés en entretien s'il recrute des vendeurs ou des cadres...

ensuite, il y a je crois à tenir compte de la discrimination sélective : par exemple, on veut bien recruter des blancs ou des noirs ou même des jaunes mais pas des maghrébins... ce qui est discriminant certes mais pas comme "blanc ou rien". Je trouve pas ça meilleur entres nous mais je crois qu'il ne faut pas faire l'impasse dessus. Il y a dans l'imaginaire de beaucoup d'entres nous les "bons" colorés et les autres... et même dans une population censément homogène, des discriminations encore plus fines sont fréquentes ("parce que tu comprends, un algérien est beaucoup plus dur qu'un tunisien et vu que c'est un poste en relation avec la clientèle...")

Publié : 11 mai 2007, 13:19
par Kõjiro
Pour le 80% c'est une étude du BIT en fait. Par testing là aussi.

J'avais du en copier des compte rendu de presse ici mais j'ai la flemme de rechercher.

J'ai trouvé ça sur le net : Lien vers le blog de Lozès.

ou encore ça : Lien sur communautarisme.net.

Le rapport est donc là : Pdf (1000 ko environ)

Publié : 11 mai 2007, 14:23
par Kõjiro
Le dernier billet de Schneidermann sur Libé :

Quelques points que je trouve assez intéressants.

http://www.liberation.fr/rebonds/253061.FR.php
«Yacht Story», première

Par Daniel SCHNEIDERMANN

QUOTIDIEN : vendredi 11 mai 2007

Donc, il aura fallu vingt ans. Vingt ans de télévision privée en France, pour que l'esthétique, les valeurs, les mythologies, les vedettes, le mode d'effraction de la télévision privée finissent de se confondre avec ceux de la politique, s'installent au sommet de l'Etat, et inaugurent un «Yacht Story» inattendu et discordant (palace mais jean, yacht de soixante mètres mais karaoké), dont l'effet de souffle n'est pas sans rappeler l'apparition du Loft Story de M6.

Le casting ? Il n'y a que l'embarras du choix. Voyez Arthur (ancien producteur du Loft), Steevy (ancien candidat du Loft), Bigard, Clavier, Reno, Villeneuve, à côté du président élu, sur ses tribunes, dans ses meetings, prêts à tout pour être dans le cadre : ce sont les visages des émissions qui font frissonner, des films familiaux du dimanche soir, des concerts-événements au Stade de France. Rien que du majoritaire, de l'écrasant, du fracasseur de records, de l'installé au sommet du podium, de l'exceptionnel. Voyez cette faune se mêler aux futurs ministres, comme sur les plateaux des samedis soirs de TF1. Voyez-la, dans la nouvelle hiérarchie enfin assumée sans complexes, écraser les vieux politiques rasoirs et poussiéreux. Voyez Fabius, par exemple, au soir de la défaite de Royal, interrompu sur TF1 parce que nous avons Johnny à l'instant même, chers téléspectateurs, il sort du Fouquet's, et nous n'allons tout de même pas rater sa première réaction ! (Alors qu'aucune chaîne ne diffuse en direct la réaction de François Bayrou, arrivé troisième à la présidentielle. Retourne donc dans ton Béarn, Bayrou !)

Les mythologies ? Elles se bousculent. Le petit garçon triste des beaux quartiers ( «Je suis parti de rien, j'étais au fond de la salle, rien ne m'a été donné» ) devenu ce chef exigeant de «la firme», qui recrute les meilleurs, paie grassement, et n'admet pas l'erreur. Les yachts, jets privés, limousines scintillantes, copains milliardaires et grands hôtels, et jusqu'à cette épouse fantasque qui s'épuise à ressembler à Jackie : c'est toute une imagerie néokennedyenne de la presse de papier glacé que convoquent les premiers jours du président élu.

Le langage ? Ecoutez cette rhétorique unique qu'il va bien falloir apprendre à déchiffrer, ce mélange d'émotion dans la confidence ( «j'ai changé» ), de compassion (je serai toujours aux côtés des «accidentés de la vie» ), d'effronterie ( «je ne m'excuserai pas» ), d'impudeur, d'insolence et de sincérité provocante ( «pas seulement quand je me rase» ). Ecoutez cette voix de tueur et d'enfant étonné.

Les valeurs ? La télé, là encore. La juste récompense des efforts et du travail (TF1 et sa Star Ac). La vitupération de l'impôt (Pernaut et son «Combien ça coûte ?» ). La plus extrême sévérité s'appliquant aux tricheries des humbles (Villeneuve et ses recyclages périodiques de la «France qui triche» ) plutôt qu'à l'incivisme des autres (Johnny sanctifié, et rentrant triomphalement en France sur le pavois du bouclier fiscal). Le culte du succès pour le succès, et de l'audience comme fin unique (les pages de pub annuelles dans la presse, pour célébrer les plus grosses audiences).

Reste l'essentiel : le mode d'effraction du sarkozysme présidentiel, la manière dont tout ce cortège s'impose dans les salons et dans les têtes les plus réfractaires. Cette technique, c'est la transgression. Le sarkozysme s'impose par l'effroi et le choc, aussitôt autosoulignés par le sauvageon. «Oui, j'ose parler de nation !» «Oui, j'ose dire qu'un voyou est un voyou !» «Oui, j'ose le palace, le jet privé et le yacht !» La transgression «décomplexée», la rupture avec la «bienséance» habituelle. Toute réserve est condamnée d'avance : la transgression se nourrit de l'approbation populaire contre l'effroi des élites. Qu'on se souvienne de l'apparition foudroyante du Loft et du haut-le-coeur polyphonique devant tant de vulgarité affichée : c'est ce haut-le-coeur qui assura le succès durable de l'émission. La transgression a besoin de cet effroi, de la levée de boucliers des vertueux. Aussitôt qu'elle a allumé l'incendie, regardez-la se parer de son innocence effarouchée. Pourquoi devrais-je m'interdire de parler de nation, d'identité nationale ? Pourquoi devrais-je m'interdire d'appeler un voyou un voyou, et de dormir au Fouquet's ? Pourquoi devrais-je m'interdire de me reposer quelques jours avec ma famille dans mon yacht avec karaoké ? La transgression qui ne semble avoir pour but que de faire la une. Hier, des médias nationaux, et demain, si possible, celle de Time et de CNN.

Sarkozy a-t-il construit sa mythologie en regardant TF1 ? Ou bien est-ce TF1 qui, en vingt ans, a préparé le public à l'avènement de Sarkozy ? Insoluble question de l'oeuf et de la poule. Peu importe. Le spectacle est désormais à l'Elysée, comme le pouvoir était à la télé. Les deux lieux se confondent, et sont interchangeables.

PS : Pendant ces longues journées d'installation de la nouvelle mythologie se faufila à la fin des JT une mince silhouette. Laure Manaudou filait en Italie, à l'anglaise, vivre auprès de l'homme qu'elle aime. Nul ne connaît les sympathies politiques de Laure Manaudou. Mais cette évasion amoureuse de la championne, même muette (ou parce que muette ?) apparaissait déjà comme une sorte de dissidence.

Publié : 11 mai 2007, 19:50
par Kakita Inigin
Je lance un appel solennel : à tous ceux qui comme moi trouve que la France part en c... (et en particulier depuis dimanche) : Changeons-la !

Publié : 11 mai 2007, 21:28
par Ariman
juste pour donner un constat perso, dans une boite dirigée par un pote a sarko et ou je bosse depuis pas mal de temps, je peux vous dire que croiser un black ou autre "minorité" dans les couloirs il y a encore 5-6 ans était hyper rare et tres remarqué. Maintenant il y en a partout (dans le bon sens du terme) et à tous les échelons. Idem chez chez nos (nombreux) presta. (et je parle pas des chantiers ou ca toujours été quasi majoritaire)
comme quoi ca bouge énormément :)

Publié : 11 mai 2007, 22:27
par Ding On
Dans le secteur social et médicosocial, c'est aussi pas mal coloré et c'est cool.

Publié : 13 mai 2007, 16:43
par Ding On