Ben a écrit :ce qui est incroyable c'est qu'on ait passé d'un vote de protestation (ou d'un vote contre) à un vote d'adhésion,
C'est assez rare en France où d'habitude on vote contre quelqu'un et pas pour
BEn
pas tant que ça, en ce qui concerne le vote Sarkozy
- d'abord, tu as son tour de force d'être arrivé à prétendre "rompre" avec une politique dans laquelle il a occupé trois fauteuils ministériels d'affilée. C'est là dessus qu'une partie de son électorat d'hier l'attend en fait : sera t'il ou pas le candidat de cette fameuse rupture. Ce qui est clair, c'est qu'il s'est positionné contre la vieille garde de l'UMP (et de la droite républicaine française), en tournant le dos au gaullisme pour embrasser ouvertement le libéralisme anglo-saxon, tout en jouant le "remettre de la nation" de manière paradoxale. La question sera donc : est ce que c'est cette rupture là que son électorat voulait ? et là, on va avoir des déçus je pense...
- ensuite tu as la participation massive de l'électorat FN à son essor (surtout au second tour ou les consignes du Menhir n'ont pas été vraiment suivies...), c'est à dire un électorat ou le "contre" (une évolution de la société en général, plus ou moins liée ouvertement à la question de l'immigration et de l'insécurité selon les électeurs) prend là des allures de fantasmes "faisons le coup de feu de la révolution nationale".
c'est donc bien du "contre", mais qui passe pour du "pour"
au niveau de Royal, c'est à peu près pareil mais pour des raisons différentes. Il y a toute la logique de "contre" le gouvernement sortant avec des accents populaires alors que dans les faits c'est bien là encore un positionnement contre le socialisme d'avant 88, avec l'ouverture au centre et la social-démocratie tandis que l'aile dure (ou prétendue telle) fait la tronche. Les éléphants sont toujours là et Ségolène va devoir composer avec d'une manière ou d'une autre. Et les éléphants PS, ça signifie qu'on va continuer à aller vers le centre-gauche. Là, par contre, la rupture n'a pas eu lieu pour une raison toute simple : elle n'a jamais été voulue. Ca ne veut pas dire que Royal n'a rien à apporter de novateur mais que pour l'instant, ça reste du vent électoral alors que l'axe du parti reste le même que depuis 88 : ouverture au centre et adoption du modèle des "gauches" allemande et anglaise entres autres.
pas non plus de véritable "pour" puisque c'est juste la perpétuation d'une stratégie qui continue à ne pas porter ses fruits car encore inaboutie (d'où l'essor de Bayrou qui répondait en fait aux attentes social-démocrates d'une partie des électeurs PS).
si on met de côté tous les tralala sur la nouvelle génération des politiciens candidats à cette présidentielle, ce qui reste, c'est quoi au juste ?
- Ségolène n'a encore rien concrétisé et il y a peu de chances que de toute manière ça change de l'ouverture vers le centre. Celle que voulaient déjà les éléphants, y compris Fabius avant son virage au moment du référendum sur la constitution européenne.
- Sarkozy a réussi à flatter l'électorat gaulliste patriote, l'électorat sécuritaire tendance nationaliste, le patronat en quête de libéralisme sauce yankee et les conservateurs en tous genres qui n'ont rien à foutre d'une quelconque "rupture" mais bandent quand on parle de travail et d'autorité. Quant à savoir comment il va arriver à les contenter tous, ça, j'avoue que indépendamment de ce que je peux penser politiquement, j'aimerai bien savoir comment il va y arriver. Probablement en laissant un peu à tout le monde tout en ne satisfaisant personne. Mais c'est le MEDEF qui en sortira le moins déçu, ça me semble très clair.