Publié : 22 juin 2009, 16:04
par Tankenka
Moi j'ai ça !!!!
alors la source est le Roman Scorpion, le passage est traduit par kitsuki Hitotsu et Heichi Umeno.......
Attention Balise SPOILLLLLLL SPOILLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL
Tout pj passant par ici peut arrêter la lecture pour ne pas se gacher le plaisir (et celui de son mj)
Accueil des invités
La Haute porte, ouvrant au sud de la citée interdites s’ouvrit. Le cortège des membres du clan du scorpion mis en berne ses bannières, par respect pour l’empereur.
A la gauche de l’empereur se tenait Shosuro Taberu et Kakita Yoshi, le daymio de la famille kakita, ses cheveux décolorés en blanc selon les critères de mode du clan de la Grue. C’était un homme grand et longiligne, moins dangereux que pouvaient les paraître les hommes du clan de la Grue, et un poète accompli. Bien qu’il n’ait jamais porté un sabre, Yoshi était l’un des hommes les plus importants de l’empire : il avait l’attention de l’empereur. A ses cotés se tenait Doji Shizue, qui avait la grâce d’un saule, même à l’ombre des l’orage approchant. La jeune fille était estropiée de naissance, mais possédait un esprit particulièrement affuté. A la droite de l’empereur se tenait Isawa Kaede, la maîtresse du vide du clan du phénix et fiancée d’Akodo Toturi. Seppun Ishikawa, le capitaine des gardes impériaux, se tenait a ses coté, légèrement en retrait.
D’autres personnalités de marque escortaient également le cortège impérial : Seppun Bake, un sycophant qui utilisait ses connaissances en religion et prophétie pour donner du poids à son faible sens de l’argumentation. Le héraut Miya Yoto, le pacifique et vieillissant daimyo de la famille Miya ainsi que Seppun Daiori était également présent. L’héritier impérial, Hanteï Sotorii accompagnait le cortège ; cependant, au lieu de prêter son attention aux visiteurs comme le voudrait les règles élémentaires de courtoisie, le jeune Hanteï semblait plus occupé à flirter avec les filles de Miya Matsuo. Non seulement ces filles étaient d’un statut considérablement inférieur a celui de Sotorii, mais en plus, ce dernier semblait particulièrement familier avec l’une d’elle.
Un absent remarquable…
Les membres du Crabe, tout comme Akodo Toturi se dénotaient par leur absence. Sa place de champion du clan du lion et Yojimbo personnel de l’empereur, juste à la droite de ce dernier, restait inexplicablement vide.
- Majesté fit poliment le champion du clan du scorpion.
- Hanteï XXXVIII lui adressa un signe de tête. « Bayushi Shoju, le plus loyal de nos fidèles et ami, bienvenus dans notre citée. Nous nous réjouissons que vous ayez choisis de nous rendre visite durant le festival du feu. Nous nous réjouissons également du passage récent à l’âge adulte de votre fils. Où est le jeune homme ? »
Un jeune homme fit un pas en avant sur un signe du champion du clan du scorpion ; âgé d’environ 14 ans, son masque cachait a peine sa beauté, semblable à celle d’un membre du clan de la grue. « Majesté », fit il en s’inclinant respectueusement.
- « Nous sommes honoré de te recevoir à la cour impériale, jeune scorpion dit Hanteï. Nous espérons que les épreuves de ton gempuku ne furent point trop exténuantes. »
- « La chaleur de la forge détermine la force de l’acier, votre majesté » dit Bayushi Dairu, une touche de nervosité dans la voix.
- L’empereur Hanteï sourit au jeune homme. « Et votre charmante femme, seigneur Bayushi », reprit-il, « nous espérons qu’elle vous a accompagné dans ce voyage ? »
- En réponse à cette question, un servant écarta les soies du palanquin de Kachiko, elle la dame en sortie, ses mouvements aussi gracieux que ceux d’un chat. Tous les yeux se braquèrent sur elle instantanément ; même le jeune Hantei Sotorii cessa son flirt pour prêter attention à la scène. « Je suis honorée de revenir dans la blanche citée aux nuages », fit elle en s’inclinant.
- « Ah, Kachiko-san » fit jovialement l’empereur, « vous chassez les nuages de la vieillesse de mes yeux. J’espère que vous pourrez nous rejoindre au bord de l’étang au Lotus, après le dîner ».
- Kachiko s’inclina a nouveau, sans quitter l’empereur des yeux. « Bien sûr majesté », fit-elle, « si le temps le permet… »
- « Très bien, très bien » fit l’empereur en tapant dans ses mains avec enthousiasme. « Peut être pourrions nous nous dispenser de ces formalités et commencer au plus tôt les festivités. A ce que nous avons compris, nous avons choisis un menu particulièrement bon pour ce soir. »
- « Vos choix sont toujours bien d’avantage qu’excellents, votre céleste majesté » ajouta Seppun Bake, s’avançant momentanément avant de se replacer en retrait.
- « Bien, bien ! » fit l’empereur en hochant la tête. Ayant apparemment eu son compte de formalisme et de platitude, il ajouta « Et si nous y allions, qu’en pensez vous ? »
- « Comme il plaira a sa majesté », firent de concert Shoju et Kachiko. Le seigneur et sa dame firent mine de ne pas remarquer l’informalité cordiale de l’empereur. Shoju et Kachiko s’inclinèrent, suivis de Dairu, puis quelques instants plus tard, de l’ensemble du cortège des membres du clan du scorpion.
- « Bien ! Allons-y à présent ». ajouta l’empereur. Il agita son éventail, et des porteurs se positionnèrent autour de son dais et se mirent à le porter en direction de la grande tour. Shoju, rapidement rejoint par Shosuro Taberu, ainsi que le reste du cortège, lui emboîtèrent le pas.
Arrivés aux portes du Palais, Doji Hoturi parle brièvement à l’Empereur puis se retire avec tous les hérons.
Le banquet
La fête est un magnifique spectacle. La salle d’audience du palais impérial est presque quatre fois plus grande que celles des palais ancestral des clans. La maison d’un riche ambassadeur pourrait facilement être incluse à l’intérieur. D’imposants piliers de bois soutiennent un plafond si haut que quatre hommes montés les uns les autres sur leurs épaules ne l’atteindraient pas. De nombreux lampions colorés sont fixés aux chevrons, baignant la pièce d’une lumière semblable à celle d’un arc-en-ciel. De nombreuses bannières et peintures décorent la pièce. Certaines témoignaient des exploits de la lignée des Hanteï, d’autres installés pour l’occasion dépeignant les honorables actions de courageux samouraïs du clan du scorpion. Personnes n’est armé ici, à l’exception de quatres Miharus de la famille Seppun en faction devant les portes, car seuls les samouraïs les plus nobles et dignes de confiance ont le droit de porter le daisho en présence de l’empereur. Parmi les invités, seul Shoju, en qui l’empereur a placé toute sa confiance, a deux sayas jumeaux passés dans son obi. Dans un fourreau brille un wakizashi du clan du scorpion, mais la lame jumelle n’est pas là. A la place, Shoju porte un antique sabre orné, d’une beauté et d’une qualité sans pareil.
En accord avec la tradition, une cérémonie du thé est tenue avant toute chose, en l’honneur des invités de l’empereur. La femme en charge de cette cérémonie en exécute les mouvements avec tant de grâce et de précision, qu’il est clair qu’elle a choisis de dévouer sa vie entière à cet art. Shoju et Kachiko sont assis par terre, et boivent aux cotés de l’empereur, renouant amitié et dévotion. Il est de notoriété publique que le champion du clan du scorpion change de masque en toute circonstance, et qu’il n’en a jamais porté un seul plus d’une fois. Celui qu’il a choisi ce soir est une étoffe de soie, dont le sommet semble complexe et coloré ; il représente un visage riant joyeusement. Celui de sa femme est le même qu’à l’accoutumé : un masque de soie collé à sa peau comme par magie, accentuant la beauté de son visage comme son kimono accentue celle d’un corps parfait.
S’ensuit le traditionnelle échange de présents. L’empereur offre au champion du clan du scorpion et à sa femme un parchemin présentant une peinture des montagnes jouxtant la passe de Beiden. En retour, les scorpions présentent à l’empereur un cheval d’ivoire orné de joyaux, Pour guider vos rêves à travers le paradis céleste ajoute Kachiko.
Les festivités à proprement parler peuvent alors commencer. Les divertissements proposés par la troupe impériale, Les larmes de Jade, présentent du théâtre Noh, des danseurs, des acrobates, des musiciens ainsi qu’une lecture de haïku. Kakita Yoshi et Doji Hoturi étant repartis dans les terres de leur clan plus tôt, non sans avoir saluer Shoju et son escorte. L’un des ses poème est lut par Seppun Daiori – qui ajoute un verset de sa propre composition à la lecture. Il a néanmoins le bon goût d’épargner le reste du poème, en le gardant tel que l’avait composé Yoshi. Puis, vient le banquet : somptueux, un enchaînement de plats impressionnant, s’intercalant harmonieusement les uns aux autres, chacun plus merveilleux que le précédent : la fête commence avec des fruits secs et du riz blanc, accompagnés d’une soupe froide de tortue et de nouilles chaudes. Des œufs de paon enroulés d’algues suivent.
Des serveurs de saké s’assurent que la coupe de chaque invité reste pleine de cet alcool de riz chaud. Des brochettes de fruits et de gingembre proposées entre les plats permettent de faire une pose, afin que l’arôme d’un plat ne soit pas altéré par celui du précédent. D’avantage de nouilles sont amenés, servie avec une sauce à l’ormeau et suivis d’un poulpe mariné aux épices. Du natto conclue ce festin.
Les nombreux divertissements se marient au dîner sans le perturber ; Pas même la nuit tombante ou l’orage qui fait maintenant rage dehors ne dérange la fête.
A ce moment, Hanteï Sotorii sort avec Miya Yumika (pour flirter avec elle dans les jardins) et Isawa Kaede sort avec Seppun Ichitaka (Kaede, subtilement empoisonnée par Kachiko afin qu’elle ne se rende compte de rien, recherche la fraicheur de la nuit et le bruit de la pluie pour reprendre un peu ses esprits).
La prophétie
Alors que l’on fait réchauffe le saké pour la fin du repas, les conversations perdent un instant en vigueur. Saisissant ce moment, le champion du clan du scorpion Bayushi Shoju se lève, et porte son regard en direction de l’empereur. La cour se fait plus silencieuse, l’orage à l’extérieur semblant lui-même prendre une inspiration.
- « Votre majesté impériale, nobles seigneurs et dames, je suis honoré d’être parmi vous en cette soirée. Les gens rassemblés ici étant parmi les meilleurs des Rokugani ». Un murmure satisfait d’agrément traverse la salle. « La voie que nous empruntons au cours de notre vie est souvent des plus difficiles. Elle mène rarement où l’on le souhaitait de prime abord. Ma voie m’a menée dans les tréfonds de mon propre palais. Kyuden Bayushi est ancien, et ses secrets sont profondément cachés. J’imagine la plupart d’entre vous d’être prêt à donner votre vie afin d’en découvrir quelques uns. Certains l’ont peut être même déjà tenté – par inadvertance, cela va de soi. »
Pendant un instant, le ton de sa voix y aidant sans doute, il vous semble que le petit sourire malicieux du masque de Bayushi Shoju se fait plus marqué.
- « L’acquisition de ces secret à aussi bien couté la vie de nombreux samouraïs du clan du scorpion. Peut être l’une de ces plus fameuses âmes damnés est celle de Bayushi Daijin, qui étudia les secret de Uikku, le prophète serein. Ce qu’il apprit rendit Daijin fou. Il décida de s’enfuir et périt dans les catacombes du palais de ma famille. Personne ne sut jamais ce qu’il avait découvert… jusque là ».
Un murmure balaye alors l’assemblée. Un bushi Bayushi, fait alors son apparition aux cotés de son daimyo, et lui remet une boite à parchemin aux ornementations stylisées. Le jeune lieutenant se retire en s’inclinant et quitte discrètement la salle. Le champion du clan du scorpion sort, puis tient à bout de bras un étrange parchemin, afin que tous puissent le voir.
- « Voici le testament de Bayushi Daijin » dit il, en commençant à dérouler le parchemin. Des étincelles vertes se mettent à crépiter sur le parchemin.
Les convives poussent un halètement soudain. Même l’empereur, somnolant, semble devenir attentif. Seppun Bake se penche alors au dessus de la table pour être visible de tous, et apercevoir Bayushi Shoju.
- « Est-ce vrai ? si oui, pourquoi n’ais je pas été prévenus… pourquoi l’empereur n’a-t-il pas été prévenus ? »
- « Pourquoi enverrais-je un simple messager quand il s’agit de prédire la fin du monde ? » Commence Shoju, son masque baigné par la lueur verte issue du parchemin. « Car c’est ce a quoi ce parchemin fait référence, la prophétie annonçant la fin de l’empire d’émeraude. »
Un cri commun monte un instant de l’assemblée.
- « Impossible ! » crie Seppun Bake, se redressant devant la cour réunie.
Shoju tourne alors lentement son regard vers l’homme et Bake blèmit, car si personne ne peut les voir, tous sentent les yeux de Bayushi Shoju brûler d’une froide résolution, derrière son masque.
- « C’est pourtant vrai, je vous l’assure ». continue t’il en tenant devant lui le parchemin déroulé, afin que tous puissent voir les caractères scintillant de lueur verte. On aurait presque dis que le parchemin, animé d’une volonté propre, cherchais à se refermer. Mais Bayushi Shoju ne l’entendait manifestement pas de cette manière ; il le maintint ouvert.
- « L’empire est fort »… réplique Bake, les bras pliés sur sa poitrine, « … tout comme l’est son empereur. Nous ne somme pas impressionné par vos tours de magie, scorpions ! Qui pourrait détruire la force des clans ? Nous sommes aujourd’hui plus forts que nous ne l’avons jamais été auparavant. »
- Sur son dais, l’empereur se redresse quelque peu. Il fixe Shoju de manière sévère et demande « Qui aurait le pouvoir de menacer l’empire ? »
- « Un seul l’aurait… », réplique lentement Shoju, « …Fu leng ».
A la mention de ce nom, une grosse étincelle descend le long du parchemin. Arrivé au bout de celui-ci, elle jaillit dans les airs et se dissipe plus haut, sous la voûte de la cour. Un hoquet parcoure l’assemblée et des murmures apeurés commencent à emplir la salle.
- « Celui-qui-ne-doit-être-nommé est emprisonné pour toujours dans ses maudites terres » fait Seppun Bake, « Les crabes tiennent le mur avec diligence. Il ne s’échappera jamais. Il ne reviendra jamais à Rokugan. »
- « Est-ce ce que vous apprenne vos connaissances, maître Bake ? » demande Shoju.
« Si c’est le cas, elles ont tord ». continue durement le seigneur des scorpions à l’adresse du conseiller religieux de l’empereur. Bake se rassit lentement. Bayushi Shoju laisse alors le parchemin se refermer de lui-même. Les étincelles vertes disparaissent alors.
« Ecoutez » dit il, abaissant le parchemin et le posant au sol, devant l’empereur, « Ceci est bien la prophétie du retour de Fu Leng. »
Le silence se fait lentement dans la salle.
« Ce parchemin nous dis que, en ce moment même, le huitième kami prépare sont retour à Rokugan ; A moins d’agir, nous vivons actuellement les derniers jours de l’empire d’émeraude. »
- « Êtes vous en train de sous entendre que nous avons les moyens d’enrailler cette catastrophe ? » demande Seppun Bake, visiblement septique.
- « Oui, mais le prix sera terrible, » fait Shoju en hochant la tête.
- « Il y a surement une autre solution, » souffla Bake, « si ce prix est si élevé, pourquoi le payer ? »
- « Ce parchemin nous dis pourquoi ; j’ai passé de longues heures à l’étudier, avec l’aide des plus brillantes personne à mon service… »
- « …mais pas des plus brillantes de l’empire ? » le coupe Bake, visiblement gonflé d’orgueil.
- « …doutez vous de l’interprétation à laquelle nous avons aboutit ? si c’est le cas, prenez ce parchemin et assurez vous en par vous-même. Vous ne verrez pas d’objection à ce que je continu pendant que vous lisez ? »
Avec une vivacité dont on aurait pu douter, Seppun Bake s’avance et se saisit du parchemin.
« La langue utilisée dans ce parchemin est difficile, archaïque continue Shoju, mais l’histoire qu’il relate est cohérente. Des signes du retour de Fu Leng y sont décrits, et croyez moi quand je vous dis que la plupart de ces signes se sont accomplis : le retour de Fu Leng est imminent.
- Ce retour aura d’effroyables conséquences. Les clans se jetteront les uns sur les autres comme des chiens affamés. Les rivières deviendront rouges, de charrier trop de sang. Des citée, et même des régions entières, partiront en fumée. Mais tout cela ne serra pas le pire ; les pions du dieu sombre sèmeront le chaos, et peu d’entres eux ne sont qu’humain ».
Shoju pivote sur lui-même afin de vérifier qu’il capte bien l’attention de tous. A l’extérieur du palais, l’orage fait trembler les structures de bois en rythme avec les paroles du daimyo, soulignant ses dires.
« Récemment, j’ai eu a affronter un ogre à moins d’un jour à cheval de Kuyden Bayushi, au cœur même des terres du clan du scorpion. La bête est parvenu à tuer quatre de mes hommes avant que les autres de la mettent à bas. Sa présence si loin du mur du bâtisseur, si loin du territoire supposé de Fu Leng atteste que les barrières entre notre monde et Jigoku sont devenue de plus en plus fines.
Je ne blâme pas les Crabes. Ils ont combattus longtemps et durement les créatures du dieu sombre. Au lieu de cela, je blâme chacun de nous, chaque noble seigneur et dame de cette pièce, pour avoir ignoré des signes qui sont aujourd’hui aussi évidents. Nous nous sommes complut dans une sécurité relative depuis trop longtemps, de vies de chamailleries mesquines et d’escarmouches entre clans, des vies dans lesquelles une faveur à la cour compte plus que nos responsabilités personnelles. »
« Les scorpions n’en sont pas moins à blâmer ! » fit une voix au fond de la salle (Héraldique ou Courtisan/ Perception ND 17 pour reconnaître le représentant permanent de la famille Moshi à la cour).
« J’assumerai la part de responsabilité qui revient au clan du scorpion, tout comme j’assumerai la responsabilité de nos actions visant à éviter cette catastrophe. Ce qui s’annonce est une chose à laquelle aucun de nous n’a jamais été confronté. Imaginez la pire des bataille, la pire des guerres que chacun de vous ai jamais faites… imaginez à présent les Onis du dieu sombre prenant aussi part à cette bataille… »
« Le parchemin de Uikku nous prédis ceci : »
Viendra un temps ou ils feront s’affronter les clans les uns contre les autres, alimentant une haine qui les brûlera jusqu’aux os. Ils saccageront les terres, tuant femmes et enfants, mettant feu à nos champs, nos fermes, nos demeures. Le ciel prendra une teinte orange, en réponse aux feux de Jigoku. Le sol deviendra noir de sang.
Des corps défigurés joncheront le paysage. Amis, frères de clan, famille, mère, filles, père et fils – tous tomberont devant le Dieu sombre. Ils seront taillés en pièces ; ils perdront bras, jambes, tête. Leurs yeux leur seront arrachés, ils resteront profanés par les créatures de Fu Leng.
Mais la mort sera chanceuse. Ceux qui resteront en vie seront les esclaves du Dieu sombre. Leur corps sera brûlé, profané et corrompu. Du cuir recouvrira leurs chairs. Leurs dents pourriront ; leurs ongles leur seront arrachés. Les parties sans intérêt pour le Dieu sombre seront jetées aux chiens.
De jour, les survivants peineront dans les fosses de Jigoku.
De nuit, ils dormiront dans des tombes à ciel ouvert. Ils ne boiront que du sang, et mangeront que de la chair humaine.
La guerre menée par Fu Leng sera éternelle. Il ne cessera pas tant qu’il restera au moins un homme, une femme ou un enfant vainement désireux de lui résister. Il ne les combattra pas seulement à mort, mais jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul d’entre eux pour combattre. Ils se battront sans bras, sans jambes, peut être même sans dents. Le plus noble seigneur, la plus noble dame, seront réduis à rien de moins qu’un éta – le non peuple.
Lorsqu’ils ne pourront plus combattre, ils seront empilés sur une montagne de corps misérables. Privés de bras, de jambes, de dents, ils ne seront pas même capables de s’extirper des cet empilement obscène. Au lieu de cala, ils attendront, en proie à une douleur indéfinissable et à une peur absolue, ils attendront d’être emmenés sur la table de leurs chasseurs, afin d’y servir de dîner.
Shoju se tourne vers l’assemblée. D’un mouvement rapide mais précis, il saisit son masque et le fait pivoter d’un demi-tour, de manière à inverser la position du front et du menton. La gravure du masque qui figurait jusqu’alors une figure joviale dans un sens, laisse place dans l’autre sens à une figure démoniaque et effrayante.
Devant cette vision d’horreur, plusieurs invités poussent des cris ou au contraire, en perde leur souffle. Plus tard, certain penseront que le visage même de Shoju est devenu un instant celui d’un démon ; d’autres prétendront avoir entrevus un démon couvert de sang, dansant de façon obscène tout autour de la pièce ; quelques uns penseront même que la pièce elle-même devint – pour un court instant – aussi sombre que les fosses de Jigoku.
Seppun Bake fait tomber les parchemins qu’il a essayé d’ouvrir. A l’arrière de la salle, l’une des filles de Miya Matsuo pousse un cri strident avant de tomber, évanouie.
A l’extérieur, le tonnerre craque de manière sonore.
Bayushi Shoju tourne lentement son visage effrayant face à l’empereur. Le fils de dame soleil, pâlit et a un mouvement de recul. Derrière son masque terrifiant, Shoju recommence à parler.
« Imprimez tout cela dans vos esprits », dit-il calmement. « Souvenez-vous en bien. Ceci est le destin qui nous attend tous le jour ou Fu Leng sera de retour. Ce jour est proche. Vous tous, dans cette pièce, vivrez assez longtemps pour le regretter si nous ne faisons rien. »
Pour l’Empire
Bayushi Shoju s’incline profondément, jusqu’à ce que son masque touche les tatamis.
L’empereur sort un éventail ornementé de nulle part, et commence à se rafraîchir avec. Il semble un instant vieux, faible, incertain.
« Bayushi Shoju », commence t’il en forçant sa voix a rester calme, « vous avez dis que cet enfer est sur nous. Vous avez également dit que nous vivions en ce moment même nos derniers jours, A MOINS que nous agissions. Est-il quelque chose que nous puissions faire afin de contrecarrer ce terrible destin ? »
« Oui ! oui ! que devons nous faire ? » font en échos des cris venant de part et d’autre de la salle.
(inspiration) « Certains prétendent qu’une prophétie ne peut être changée, pourtant… pourtant… Shinseï nous as enseigné que nous portions en chacun de nous notre propre destinée. Comme lui, je pense qu’un homme – un homme fort – peut contrôler son destin. » Shoju regarde lentement l’ensemble de la pièce, avant de continuer : « Un homme seul, peut a lui seul changer le monde. Les actions d’un seul homme peuvent sauver tout un empire. Je crois en cela, de toute mon âme. »
Hanteï XXXVIII lève les yeux sur lui.
« Êtes-vous cet homme, Bayushi Shoju ? Pouvez-vous sauver notre empire ? »
« Je le peux, majesté », répond Shoju. « Mais pour sauver l’empire, je serais contraint de contempler les plus sombres voies, d’accomplir les actes les plus vils. Mes samouraïs auront à sacrifier leurs vies, et peut être même leur honneur, afin de me soutenir. Aucun homme ne pourrait sacrifier d’avantage. Pourtant, je vous le dis, dans l’intérêt de l’empire, je suis prêt à le faire. »
« Alors, il doit en être ainsi », réplique l’empereur.
Shoju s’avance alors devant le dais, et posant un genou à terre, tête baissée, il demande solennellement :
« Suis-je mandaté pour agir en votre nom ? Dois-je faire tout ce qui nécessaire, par tous les moyens possibles ? »
« Vous l’êtes ! »
« Ais je votre soutient, à la fois dans cette vie mais aussi dans la suivante ? Ais je votre accord, que tout ce que je fais à partir de maintenant, je le fais uniquement en tant qu’extension de vous-même ? Que ma main est votre main, que mon sabre est le sabre de l’empereur lui-même ? »
« Vous êtes mon plus puissant bras droit », reprend l’empereur, « Ce que vous faites, vous le faites avec ma permission… non, sur mon ordre. Bayushi Shoju, faites ce que vous devez pour sauver l’empire. »
« Dans ce cas… tout est dit » murmure à peine le champion du clan du scorpion.
Se redressant, Shoju tourne alors son regard dans les yeux du vieil empereur, et posant doucement la main sur le pommeau de son katana ouvragé, il murmure tendrement :
« Pardonne-moi, mon ami… »
Alors que dehors, l’orage se transforme en véritable tempête, le tonnerre gronde soudainement fort, faisant trembler la pièce tout entière. En un éclair, Bayushi Shoju a dégainé son katana et maintient déjà la posture marquant la fin de son attaque. L’épée rougeoie comme si elle reflétait un coucher de soleil.
Une coupe nette s’est dessinée dans le kimono de Hanteï XXXVIII, allant de la base droite du cou à la hanche gauche. Le fils de dame Amaterasu, dieu vivant de l’empire d’émeraude, glisse lentement en arrière et touche le sol… mort.