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[MJ] Passage de rang

Publié : 01 oct. 2008, 21:25
par Shinjo_Kanzen
Je suis en train de réfléchir à comment gérer le passage de mes joueurs.
Ce qui me tracasse, c'est comment représenter ce saut alors que la progression se voudrait plutôt continue.
Je me le présente comme les passages de niveau en sport : c'est la reconnaissance d'un certain achèvement. Donc, je vois bien le personnage revenir voir son sensei pour montrer son évolution et accéder au rang suivant.

Jusque là, je pense que je n'innove pas vraiment ;) Et je me demande surtout comment peut se faire cette démonstration... J'imagine qu'elle doit forcement dépendre des écoles, voir des sensei. Si vous avez des idées, elles sont les bienvenues !

J'aimerai bien faire jouer ce passage au joueur, peut-être tout en roleplay, peut-être avec une certaine quantité de jets.

Publié : 01 oct. 2008, 22:25
par Kakita Inigin
Juste très rapidement : évite les jets.
En roleplay ça peut être sympa. mais les jets ... les PJ en ont déjà bavé pour monter au nouveau rang, si en plus on doit leur faire passer un test de l'inquisition ... décourageant quoi. Enfin, pour ls joueurs.

Re: [MJ] Passage de rang

Publié : 01 oct. 2008, 22:43
par Kzo
Shinjo_Kanzen a écrit :Ce qui me tracasse, c'est comment représenter ce saut alors que la progression se voudrait plutôt continue.
Pas forcément. Je m'explique, le PJ de rang 1 on ne vient pas juste de lui apprendre comment tenir un sabre, ça fait qd même quelques années qu'il manie sa batte le garçon et que le sensei a du lui bourrer le crane de ses concepts.

A partir de là bah c'est comme tout il faut bosser pour devenir meilleur, seulement des fois il suffit d'une expérience précise pour que ça débloque quelquechose et que le PJ s'élève à un niveau de compréhension supérieur.

Je pense que c'est un truc qui est pas mal illustré dans Vagabond, quand Musashi s'entraine avec le vieux moine qui lui parle de "voir les choses", Musashi le ressent comme une évidence, mais ce n'est que lors de son combat contre le jeune moine Inshun qu'il en prend conscience.
Hop du jour au lendemain Musashi a atteint un autre niveau.
(En plus ça peut te donner des idées pour jouer ça en roleplay comme tu le souhaites).

Publié : 01 oct. 2008, 23:18
par Mirumoto Hijiko
Je me souviens que quand Hida Koan a passé son Rang 5, je l'avais fait joué comme ça (je ne retrouve plus le lien sur le forum) :
Hida Koan a écrit :Le jour était encore jeune quand après le petit déjeuner je me suis rendu dans le dojo du château. J’avais laissé Imoko avec Aku, sa journée d’hier l’avait ravie. Je traversai le jardin intérieur à grandes enjambées et arrivai dans le dojo. A l’intérieur il y avait peu de monde debout mais un combat monopolisait l’attention au centre des tatamis. Bayushi Sugai s’entraînait au sabre contre trois adversaires, visiblement fatigués. M’attardant quelque peu à l’observer je vis ce que tout à chacun remarquait en quelques secondes : Sugai était un épéiste fait. Il avait progressé plus que tout ce qui était envisageable. Même pour un bushi comme moi, fermé à l’art du duel traditionnel, je pouvais voir qu’il maniait le sabre comme un maître.

Il me repéra rapidement et quelques passes plus tard déclara à ses compagnons d’entraînement :
« Mettez donc ces haori au couleurs des crabes qui traînent là-bas, je préfère. »
Après plus de dix jours de ce petit jeu et surtout l’altercation de la veille au soir il me semblait que la coupe était pleine.
« - C’est vrai qu’on apprend seulement en affrontant des adversaires plus forts que soi.
- Alors venez donc prendre une leçon Koan-san. » Ajouta-t-il fier de lui.
« - Je ne vois personne ici qui puisse m’en donner une.
- C’est là la réponse d’un lâche… »
A cette énième insulte je saisi un bokken me disant simplement que je pourrais lui faire regretter d’être né rien qu’avec un entraînement un peu sportif.
« Un duel donc ? » railla-t-il. Ce n’était vraiment pas ce à quoi je pensais… Sur ce il enchaîna :
« - Sortons, le jardin me parait un endroit propice. Il n’y a pas assez de monde ici pour assister à votre déconfiture.
- Vous les trouverez bien assez nombreux quand sera venue la fin.
- J’insiste. » Et il ouvrit les portes du dojo.

Aussi promptement que le vent, la rumeur se répandit aux abords du jardin. En quelques minutes seulement les voyeurs s’amassaient par dizaines autour de l’aire du duel à venir. Dans toute sa science du spectacle Sugai laissait le temps au public de se masser aux abords de la place. Il se préparait, s’étirait un peu, avait l’air de méditer tranquillement. Je décidais alors de jouer le jeu, je laissais tomber le bokken et entamait ma préparation. J’exécutai un kata simple et dix minutes suffirent à emplir totalement le jardin. Je vis Shosuro Naomi se placer bien au centre, gardant un œil sur la foule, épiant chacun, cherchant un éventuel comploteur pouvant attenter au bon déroulement du duel… Pour ne pas changer : elle veillait sur moi, à l’encontre de toute demande fallacieuse qu’avait pu encore lui faire des membres de son clan, la loyauté à toute épreuve d’une amie, le pied de nez aux hautes instances des Scorpions. Je vis Matsu Aku, les yeux lançant des éclairs se placer deux mètres en retrait, derrière moi… Assurant mes arrières, comme toujours, il fixait Sugai d’un regard brûlant.

Le temps s’arrêta un instant. Sugai, les yeux mauvais, me toisait. Son sourire narquois avait disparu et dans l’art le plus pur du iaijutsu il se mit en position. Sabre au clair pour ma part, je me campais sur fermement sur mes jambes. Alors le duel commença. Jamais je n’avais vu de regard de duelliste si noir, jamais je n’avais vu la haine qu’il me vouait si clairement dans ses prunelles. Il était bien loin le temps où très jeunes nous nous étions affronté lors du championnat de topaze. Nous avions tous deux mûri, gagné en technique et en puissance. La tension était palpable et l’air me semblait figé. Dans un craquement sourd de la neige un imperceptible tremblement de chevilles me fit comprendre que le moment était arrivé. Après de longues secondes d’immobilité, offrant aux spectateurs l’image de deux statues de guerriers émérites, les combattants bougèrent.

La rage, aussi inadaptée soit-elle à un duel traditionnel, me submergea. Confiant et sûr de moi comme jamais, je frappais. Je n’aurais pu songer un seul instant à faire ce que j’ai fait. Je n’aurais pu espérer un jour faire un geste si parfait. Je vis le visage haineux de Sugai derrière son masque de bois, qui comme dans un rêve fut arraché de son visage par ma lame. Un mince filet de sang coula le long de sa joue, et j’avais gagné… Je baissais la garde. J’avais gagné. Le troisième duel de ma vie, ma deuxième victoire, et contre le même adversaire.

Sans un son, mut par la fureur, Sugai chargea. Il me transperça de part en part, et le sang souilla la neige. Dans le brouillard de la douleur je le vis reculer et se remettre en position pour frapper. Agile et rapide il frappa de taille, du flanc jusqu’à l’aine et d’un ultime revers de lame il fit exploser la souffrance. J’eus à peine le temps de voir les gens s’agiter, tout avait été si vite, si court, tant ce duel que ma vie. Un voile noir couvrait le jour et un bourdonnement emplit l’air. Je tombais à genoux. Je mourrais, peut-être même étais-je déjà mort. Je revis ma famille comme en songe… Je revis même ce cheval, celui qui m’avait chargé comme un damné et dont j’avais fait exploser le poitrail avant de tomber inanimé. Quelle étrange vision de mort…

Alors que tout semblait fini, que mes jambes ne me portaient plus, que mes yeux étaient aveugles, je sentis en moi quelque chose de fort… Comme un courant dans les eaux profondes, un vent violent venu du sud… Comme le grondement de la terre avant un séisme, une puissante énergie s’empara de mon âme, de ma volonté et de mon corps. Dans les brumes d’un monde ouaté je me relevai et me jetai sur Bayushi Sugai. Mon premier coup fit mouche mais ne suffit pas… Le second plongea dans les chairs et brisa les os. Je tombais au sol dans la neige sanguinolente.

Je ne vis pas mon adversaire déchiré par ma lame. Je ne vis pas Naomi molester le maître de l’eau pour qu’il accoure auprès de moi. Je ne vis pas Aku, campé au-dessus de mon corps blessé, défiant quiconque d’approcher, le katana hors du saya et prêt à tuer n’importe qui d’assez fou pour s’avancer. Je ne vis pas les spectateurs, les visages horrifiés devant le corps coupé en deux de feu Bayushi Sugai. Je ne vis pas les regards étonnés des témoins devant ma lame, ma lame qui crépitait encore d’éclairs si singuliers. Je ne vis que des ombres.

Je me réveillais le lendemain, épuisé, blessé, mais bien vivant.

Publié : 07 oct. 2008, 10:11
par Togashi Dôgen
Après avoir lut ce "court" passage, je puis affirmer qu'avec Koan-sama c'est du RP de haut vol... XD

Personnellement, pour gérer la montée de level de mes PJ, je les fais recevoir une leçon "particulière" de la part de leur senseï qui leur expliquer en gros, le secret pour passer à un niveau de maîtrise (c'est le cas de le dire) supérieur de leur art, de leur style, de leur école. Mais aussi, il est aussi possible aux PJ de dépenser 1 XP pour ne pas avoir à retourner auprès de leur senseï et d'apprendre tout seul le prochain niveau de maîtrise.
Alors, le personnage responsable de cet exploit reçoit un nombre de point de gloire supplémentaires égal à son nouveau rang, car le prodigeieux exploit qu'il a accomplit le rend non seulement plus respecté des autres Rokuganis, mais aussi plus célèbre, comme Asako Oyo, le fameux Henshin renégat.

Publié : 07 oct. 2008, 10:50
par Subaru Sumeragi
j'aime bien la manière de procéder de Dogen san,
je fais plus ou moins comme lui à l'exception près que le 1xp dépensé ne marche pas avec moi. mais c'est une alternative interessante

Publié : 07 oct. 2008, 12:06
par Togashi Dôgen
Merci, Sumeragi-san. Cependant, je précise que si je fais dépenser 1 XP, c'est par ce que je suis assez généreux avec les points d'expérience en général ("2/3 XP pour participations, 1ou 2 XP supp par ce que t'as latté les ronins là, 2 XP en plus par ce que..."). ^^
Sinon, bien sur, je ne leur ferais pas dépenser un de leurs rares et précieux points d'expérience (surtout pour ceux qui ont les tatouages Grue ou Rossignol... ^^).

:dragon:

Publié : 07 oct. 2008, 13:27
par Subaru Sumeragi
De rien Dogen san, mais c'est vrai que tu es généreux avec les XP, moi ça va de 3 à 10 xp par partie. (car sinon j'ai vite des grosbills) :langue:

en général, j'utilise le passage de rang pour approfondir la connaissance de mon joueur du clan de son pj. :biere:

Publié : 07 oct. 2008, 14:55
par Togashi Dôgen
en général, j'utilise le passage de rang pour approfondir la connaissance de mon joueur du clan de son pj.
Excellente idée ! J'ai également pris la même, selon les "Travaux d'Okuma" je crois. En effet, il est recommandé (quelque part sur le net XD) de donner (gratuitement) au PJ un rang de compétence "Connaissance : (clan du PJ)" par rang de maîtrise dans son école. Ce qui en terme de jeu peut te permettre de retranscrire plus facilement cette "compréhension" du clan de tes PJ. ;)

Publié : 03 déc. 2008, 11:22
par Shinjo_Kanzen
Je me permets de déterrer le topic pour vous donner un peu de retour sur le passage de rang de mon p'tit shug'.

J'ai décidé de faire ça sous forme d'un mini scénario, dont voila un résumé express :
Il a dû retourner voir son sensei pour obtenir des informations utiles pour la campagne. Celui-ci lui a demandé d'aller purifier une source familière au shugenja. Une fois la source libérée de l'influence néfaste, le sensei lui a remis les informations trouvées dans les bibliothèques et a commenté ses progrès depuis son départ.

Il en a bien sur profité pour aller copier quelques parchemins de sorts ;)

Publié : 03 déc. 2008, 12:39
par Yogo Kazu
Ce passage est traité dans le supplément Empire d'Emeraude, chapitre sur les dojos.

En gros, le samurai retourne à son dojo et ses sensei le testent pour voir s'il a mérité d'apprendre la technique supérieure (normalement oui, vu que la mécanique du Rang de Réputation est là pour ça).

Après quoi, il reçoit l'enseignement, qui dure entre deux semaines et un mois, voir plus pour une technique très compliquée (rang 4 ou 5, ou rang d'une école avancée).

Moi, j'aime bien l'idée de ce retour au dojo, où l'on peut faire jouer l'évolution du samourai et lui faire prendre conscience:
- de sa plus grande maîtrise de l'art de son école
- de la responsabilité qui peut en découler (aider les autres apprentis des rangs inférieurs, ou même donner des cours pendant quelques jours à la promotion qui n'a pas encore passée son gempukku)
- de rester humble (tes sensei ont encore beaucoup à t'apprendre)
- de mieux comprendre la vie d'un dojo; ce sont des gens en permanence présent, qui ne vivent en tant que sensei que pour leur art, qu'ils ont maîtrisé à la perfection. Je trouve cela extrêmement intéressant, car cela met en avant tout l'aspect spirituel que peut avoir un tel art.
- de retrouver un vieux rival qui te tanne depuis la première année d'école. Une ambiance rigolote (vieille rivalité doublée d'une amitié profonde) ou carrément violente (vieille rivalité doublée d'une haine viscérale, pour plein de raisons: mauvais traitement par le passé, amitié brisé pour des raisons idéologiques, pour une femme/homme, etc...)
- revoir un amour perdu qui a été affecté à d'autre tâche, voir qui s'est marié entre temps.
- envisager de devenir sensei au-dit dojo (réserver pour des personnages de rang 4 ou 5).

Perso, je pense que c'est l'occasion de jouer avec le jouer un parfait solo qui évoluera au fil du temps et contribuera à renforcer l'histoire en tant qu'individu.

Publié : 10 déc. 2008, 11:14
par Togashi Dôgen
ça me fait penser au texte de Koan ! ^^
Il en a bien sur profité pour aller copier quelques parchemins de sorts
Normalement, les shugenja apprennent deux sorts par passage de rangs que leur enseignent leurs maîtres, non ?
- envisager de devenir sensei au-dit dojo (réserver pour des personnages de rang 4 ou 5).
Ca risque d'être assez embarassant de jouer un senseï, je crois. Et pire, redondent, si dans la vie réelle vous êtes prof ! mdr

Publié : 10 déc. 2008, 20:50
par Kakita Sojiro
Pas vraiment... on leur confie des parchemins en plus. A moins d'apprendre les sorts en inné.