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[Culture] Coutumes & anecdotes du peuple

Publié : 24 mai 2005, 10:50
par Iuchi Mushu
Ce topic est destiné à accueillir des faits et coutumes relatifs à la paysannerie ou aux classes sociales modestes du japon médiéval et à leur évolution sur une période pouvant s'étaler de l'ére Heian (Ix-XIIème siècles) à l'ère Meiji XIXème siècle)

De style décousu, les différentes coutumes, termes ou anecdotes qui seront ici décrits le seront avec une référence à une période (ère) quand cela est possible. Cela ne veut pas dire qu'en d'autres temps ils auront été inexistants (auquel cas il sera précisé leur époque de création et/ou de disparition) mais simplement que les informations qui sont transmises ici sur le sujet concernent telle ou telle période.

Issus de lectures disparates, si d'autres éléments sont découverts, ils viendront compléter le sujet déjà exprimé et mention sera faite de la mise à jour de l'information dans le sujet.

Pour que ce topic reste accessible et viable, il est, je pense de bon ton, de ne pas ya faire de commentaires mais d'utiliser le topic prévu à cet effet..
Cela permettra à chacun de venir y pêcher des idées, des informations sans se perdre dans les méandres des commentaires et des débats.

Pour vous aidez les périodes :

- Ere Heian : 794 - 1185 APJC
- Ere Kamakura : 1185 - 1333 APJC
- Ere Kemmu : 1333 - 1336 APJC
- Ere Muromachi : 1336 - 1582 APJC
- Ere Azuchi Momoyama : 1582-1603 APJC
- Ere Edo : 1603 - 1868 APJC
- Ere Meiji : 1869 - 1912 APJC

:jap:

Publié : 25 mai 2005, 13:24
par Iuchi Mushu
Ere Tokugawa XVII-XIX ème siècle

Le kabuki

En 1603, une jeune femme d'un temple de Kyoto se déguisa en homme pour interprêter des danses satiriques et amuser son public. Ses danses eurent tellement de succès que bientôt on l'imita. Les amateurs et les admirateurs de sa danse demandèrent aux femmes qu'ils fréquentaient et qui les amusaient (courtisanes et prostituées) de reproduire la danse.

Ce phénomène devint une telle mode et s'amplifia à un point tel que le gouvernement Tokugawa dû prendre des mesures. Il ne fit rien de moins que d'interdire aux femmes de se produire dans des spectacles. Les rôles furent confiés à de jeunes adolescents. Mais le remède fut pire que le mal ! En effet toujours aussi populaire, ce genre continua de susciter l'enthousiasme du public et bientôt les jeunes garçons furent adulés, enviés avec tous les déviances que cela pouvaient comporter.

La sodomie jusqu'alors retreinte au milieu des moines et des guerriers atteignit toute les couches de la population. Le gouvernement du sévir à nouveau et confia les rôles à des hommes adultes. Ainsi les femmes furent reléguées au rôle de danseuse ou de geisha, les adolescents renvoyés à leur occupations et seuls les hommes obtinrent le droit de devenir acteurs.

Kabuki vient du verbe "kabuku" que l'on peut interprêter comme "s'écarter des coutumes" "s'écarter de la manière normale" ou encore "faire quelque chose d'absurde"

Publié : 28 juin 2005, 08:48
par Iuchi Mushu
Epoque Kamakura , Kemmu, Muromachi

La coutume d'enlever les femmes

Comme à l'ère Heian, à l'ère de Kamakura, la tradition veut que ce soit les parents de la jeune femme qui choisissent leur gendre. Même si les variantes sont nombreuses selon le rang et la richesse des protagonistes, il va ainsi immuablement si l'on excepte les cas où le jeune homme reçoit l'ordre de prendre épouse. Bien souvent cet ordre, il le reçoit le soir même de son passage à l'âge adulte. Après avoir été coiffé d'un chapeau conique par le parent ou la personne qui lui cède une partie de son nom pour entrer dans cette nouvelle vie. Il lui est ordonné au cours du repas de célébration de prendre pour épouse la femme qu'on lui a choisi avec soin.

Pourtant va naître une étrange coutume à la fin de l'époque Heian et elle finira par être entérinnée et considérée comme normale à la fin de l'ère de Kamakura : celle d'enlever la femme que l'on veut épouser et ce dans la rue aux vues de tous.
Pratiquée par toutes les couches de la population, cette étrange coutume sera cependant sanctionnable pour certains :

- pour les bonzes. Aucune peine précise n'est déterminée et la sanction est appliquée au cas par cas.

- pour les samouraï qui dépendent directement du Shogunat, la peine est fixée à un arrêt de travail de 100 jours.

- pour les samouraï n'ayant aucun lien de sang avec leur seigneur, la peine est la même si ce n'est qu'ils doivent en plus se raser une tempe, la droite ou la gauche, au choix.

Voilà un évènement qu'il serait amusant d'inclure dans vos parties

Publié : 29 juin 2005, 05:52
par Iuchi Mushu
Toutes époques

La cérémonie du shakushi

Dans les familles paysannes, la brue peut devenir la maîtresse de maison du vivant de sa belle-mère. Cette passation de pouvoir se fait avec le sakushi, la spatule de bois qui sert à servir le riz.
La belle-mère lorsqu'elle décide de "passer la main" prépare pour sa belle-fille une marmite neuve sur laquelle elle pose un shakushi neuf également et les lui offre lui conférant ainsi le droit de servir les bols de riz à chaque repas à tous les membres de la famille.

Publié : 29 juin 2005, 16:57
par Doji Satori
Ages de la vie (non daté mais plutôt Kamakura - Muromachi)

Dans le cours de la vie d'un Japonais, il existait des périodes réputées difficiles ou dangereuses, appelées Yakudoshi, pendant lesquelles il était obligé de prendre les plus grandes précautions, les chances d'accident de maladie ou de mort étant alors accrues. Afin d'éliminer les risques de maladie pouvant survenir pendant ces périodes critiques (25, 42 et 60 ans pour un homme, 19 et 33 ans pour une femme), il était coutume de jeter au loin ou d'abandonner au fil de l'eau d'une rivière un vêtement personnel afin qu'il emporte avec lui les calamités.

En revanche, d'autres âges étaient considérés comme heureux et célébrés. Ces Nenga d'origine chinoise étaient fixés, à l'époque de Kamakura à 40, 50, 60, 70, 80 et 90 ans. A l'époque de Muromachi, ces âges furent officiellement portés à 61, 71 et 80 ans. La 70ème année était également fêtée, le poète chinois Tu-Fu (VIIIe siècle) ayant écrit " Depuis les temps anciens, l'âge de soixante-dix ans a toujours été rare dans la vie humaine ".

Le respect de la vieillesse était grand au Japon. La cour impériale tenait à honorer particulièrement les personnes âgées et nobles en leur donnant des serviteurs et, lorsqu'elles arrivaient à l'âge respectable de 90 ans (Fujiwara Toshinori en 1203 par exemple) leur attribuait une canne décorée d'un pigeon (appelée Hatozue) en hommage. Certains seigneurs avaient aussi coutume d'inviter chaque année les villageois de leur domaine âgés de plus de 60 ans, et de leur offrir un grand banquet.

Publié : 01 juil. 2005, 16:38
par Iuchi Mushu
Ere de Kamakura-Muromachi

La revanche de l'épouse

Un homme a sept raisons valables de répudier son épouse :

1. Elle ne lui a pas encore donné d'enfant après 7 années de mariage
2. Elle est débauchée
3. Elle vole
4. Elle ne sert pas avec suffisament de dévouement ses beaux-parents
5. Elle est d'un naturel jaloux
6. C'est une mauvaise langue, une comère malfaisante
7. Elle est en mauvaise santé

Dans ce divorce unilatéral reconnu et approuvé des autorités, la femme abandonnée a toutefois droit à une faible compensation afin de sortir la tête aussi haute que possible de ce dénigrement.
Une fois prononcé le divorce, l'homme reprenait souvent femme tout de suite. La coutume et la justive permettaient donc dans le mois qui suivait la séparation que la femme répudiée prenne sa revanche sur sa rivale.

Pour ce faire un rituel très précis devait être observé. Le respect de la forme avait valeur aux yeux de tous de l'authenticité et de la profondeur des sentiments de la "délaissée".
En tout premier lieu, l'ex-épouse recrutait une troupe de compagnes qui toutes s'armaient de balais, de bâton de bambou ou de tout autre objet contondant pouvant faire l'affaire. Elle choisissait ensuite l'heure et le jour de l'affrontement et l'annonçait publiquement.
Sa rivale s'armait et recrutait pareil à elle. La troupe de la "délaissé" se rendait le jour et l'heure dits au domicile de la rivale, l'affrontement avait alors lieu.
Dès lors qu'il avait eu lieu et peu importe qui avait eu le dessus, les ex-conjoints n'avaient plus aucune obligation l'un envers l'autre pourvu que ce réglement de compte ait eu lieu au vu et su de tous.
Il va sans dire que cet affrontement exclusivement féminin et haut en couleur n'avait lieu que dans les couches populaires, certainement pas dans la noblesse, qu'elle soit grande ou petite.

Publié : 06 juil. 2005, 11:07
par Iuchi Mushu
Pas de période spécifiée

Matriarcat absolu

Dans l'île de Hachijô (faisant partie de l'archipel d'Izu situé au sud-est du Japon), la femme règne en maître.
Spécialisée dans l'élevage des vers à soie et le tissage du fil, seule source de revenus de l'île, le sexe masculin n'a pas grand chose à dire. L'activité étant exclusivement féminine, c'était en grand malheur, une véritable calamité quand la descendance n'était pas féminine. Quand aux petits garçons qui pouvaient y naître, leur sort était loin d'être enviable. En effet les garçons n'avaient ni le droit de posséder quelque chose, ni de gérer aucun bien.
Enfanter des garçons était donc une gêne, un poids. Il ne fût donc par rare que des enfants mâles soient abandonnés, livrés au cruel sort que leur réserva la nature ou pire occis, leur famille refusant clairement de subvenir à leurs besoins
Au mieux pouvaient-ils donc espérer grandir et se marier pour mener une vie de servitude complètement soumis et entretenus par leur femme qui en acceptait la charge.