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Publié : 28 nov. 2008, 19:13
par Ding On
C'est pas un peu illégal ce genre de 'descentes' ?
Pas moyen de que le principal porte plainte ? Ou un collectif de parents ?

Publié : 28 nov. 2008, 19:46
par Fils de Lugh
Après, ça dépend si le principal a donné l'autorisation aux gendarmes ou non.

mais même dans ce cas, c'est gravissime... :grr:

Publié : 28 nov. 2008, 19:54
par Goju Kaze
Décidement, quel beau pays....

Le pire, c'est les gendarmes qui acceptent d'être utilisés de la sorte...

:kaze:

Publié : 29 nov. 2008, 09:12
par Fils de Lugh
En même temps, je crois pas qu'ils aient vraiment le choix...

C'est des militaires après tout...

Ils obéissent aux ordres. je sais qu'on va me dire qu'on a déjà entendu cette phrase plein de fois et dans des circonstances graves mais c'est quand même la vérité...

On leur dit de faire ça, ils doivent le faire, sinon, c'est insubordination et sanction...

Après, je suis pas gendarme et je sais pas quelles sont les possibilités de recours...

N'empêche que dans notre cas, le principal qui a autorisé ça vient de foutre en l'air toute la faible confiance que les mômes pouvaient avoir dans l'école.

Et ça, c'est super grave...

Publié : 29 nov. 2008, 10:23
par Kzo
Ouais et quand on leur dit de faire ça, celui qui a donné l'ordre il est où?
Bah surement pas sur le terrain, alors bon face à un ordre pourri tu peux très bien trouver une entourloupe, ce serait pas nouveau.
Ils sont pas foutu de trouver 1Kg de shit dans une cité en faisant une mégadescente, ils peuvent bien mythoner qu'ils ont rien trouvé dans un collège.
Tu peux aussi être gendarme par conviction et pas parce que ça te donnera l'occasion de te comporter comme un enfoiré.

Publié : 29 nov. 2008, 11:02
par Ding On
On leur dit de faire ça, ils doivent le faire, sinon, c'est insubordination et sanction...
Faux. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, un militaire a le droit et même le devoir de refuser d'obéir à un ordre illégal ou contraire à la convention de Genève.
Bien sûr dans les faits, c'est pas si évident mais après les exactions nazis, tt a été prévu pour que plus jamais un soldat ne puisse se réfugier derrière l'excuse du "je ne faisais qu'exécuter les ordres".

Publié : 29 nov. 2008, 11:22
par Kõjiro
Si sur le principe de l'absence de choix je suis relativement d'accord il y a aussi la manière. Au vu du récit de cette jeune fille et de celui d'un prof qui a vu sa classe "assaillie" dans des circonstances similaires (j'ai son témoignage en mp3, pour ceux que ça intéresse mp pour me donner leur mail) on voit que "certains" (donc pas de généralisation) semblent s'amuser à terroriser les gosses. Et puis franchement on voit aussi dans le témoignage de la gamine qu'ils jouent avec les limites même des règles avec la "palpation de sécurité" qu'ils pratiquent sur elle. Elle mériterait au moins les même règles qu'une fouille au corps quand on voit combien elle est "approfondie" donc notamment l'absence de personnel masculin. Parce que désolé mais là la gamine mise en sous tif avec une palpation qui va vers le très intime devant des mecs rien ne m'empêche de penser si je suis à la place du père que les types en profitaient pour se rincer l'oeil comme des gros pervers limite pédophiles...

Quand on donne un pouvoir à des gens il semble décidément rare qu'ils en usent avec retenue et considération pour les autres... Et comme le retranchement derrière une "autorité" autorise (justement) pas mal de dérives il serait peut être temps d'en tenir compte.

Quand on a une bavure comme les deux dernière de Montfermeil : ici et , on t'explique que c'est une réponse aux violences subies (voir ici) ce que je peux comprendre d'une certaine manière même si ça n'excuse rien du tout (encore moins de tabasser des types déjà maitrisés). Mais là dans le cas de ce qui s'est passé dans ce collège, c'est quoi qui justifie une telle agressivité et une telle violence ?

M'enfin, le plus grave c'est que depuis quelque années on a détruit effectivement comme le dit FdL l'image de l'école-sanctuaire (cf ces cas récent mais aussi ceux de la traque de sans papiers jusque dans les écoles) mais on fini de creuser un fossé qui ne pourra que difficilement être comblé entre les forces de police et une fraction grandissante de la population.

Publié : 29 nov. 2008, 12:04
par Fils de Lugh
Kzo a écrit :Ouais et quand on leur dit de faire ça, celui qui a donné l'ordre il est où?
Bah surement pas sur le terrain, alors bon face à un ordre pourri tu peux très bien trouver une entourloupe, ce serait pas nouveau.
Ils sont pas foutu de trouver 1Kg de shit dans une cité en faisant une mégadescente, ils peuvent bien mythoner qu'ils ont rien trouvé dans un collège.
Tu peux aussi être gendarme par conviction et pas parce que ça te donnera l'occasion de te comporter comme un enfoiré.
Mais ça je suis d'accord. J'ai rien contre eux et je trouve que dzans l'histoire, ils agissent comme des gros cons mais bon, c'est juste pour essayer de comprendre. d'où le conditionnel

Faux. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, un militaire a le droit et même le devoir de refuser d'obéir à un ordre illégal ou contraire à la convention de Genève.
Bien sûr dans les faits, c'est pas si évident mais après les exactions nazis, tt a été prévu pour que plus jamais un soldat ne puisse se réfugier derrière l'excuse du "je ne faisais qu'exécuter les ordres".
D'accord aussi mais comme tu le dis, dans les faits, c'est pas toujours évident...

Enfin, c'est pas le fond de la discussion. le fond de la discussion, c'est qu'ils l'on fait et que la gamine a l'air traumatisé et qu'u, chef d'établissement ait autorisé ça

Et Kojiro, ça m'intéresse...

Publié : 29 nov. 2008, 14:43
par Kõjiro
http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1016

Un billet de Bonnet sur le sujet où il évoque plusieurs cas similaires et cite la dépêche et d'autre sources. On y trouve également le verbatim du témoignage du prof qui circulait en mp3.
Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail quatre gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun événement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent.

Ils m’interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes. Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire l’indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale, d’autres souhaitable. Je me dis qu’en cinquante ans (dont vingt comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l’assaut d’une idéologie dure. Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement. C’est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu’ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d’un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes.

Un professeur qui ne manque jamais de faire contre la drogue une prévention qu’il juge intelligente."

Publié : 29 nov. 2008, 15:23
par Banshee
pour l'aspect legal de la chose, l'utilisation d'un chien stupéfiant sur des personnes limite l'utilisation a un chien stup unique ou stup-billet, et en aucun cas d'un chien stup-defense.
l'utilisation d'un chien stup unique ou stup-billet ne pouvant ce faire que sur requisition du procureur de la republique, le principale n'a pas grand chose a dire.

accessoirement, professionnellement sa me choque quand même pas mal.
et vu le battage que ça fait, il va peut etre y avoir des remonté de bretelles.
je verrai bien en interne si j'en entend parler.

pour ce qui est des fouilles de sécurité, la gamine mise en sous tiff, je n'ai vu nul par que c'était écrit explicitement (ou alors j'ai loupé), on parle juste "d'enlever le sweat", pour moi y'a quand même un tee shirt en dessous.
donc, a moins que j'ai loupé qqch, évitez d'extrapoler svp.
quand aux gendarme masculins qui mate, on apelle ça de la securité, désolé pour vous, mais c'est pas du voyeurisme.
et c'est légal.
une palpation de sécurité peut même être pratiquée par une personne du sexe opposé, si il n'y a pas le choix. et c'est légal.
par contre une fouille ne peut etre pratiquée que par une personne du meme sexe,mais c'est une fouille totale. et qui implique beaucoup d'autre choses (en général le fait d'être en garde a vue ou d'être déjà condamné et d'être transféré quelque part.)

si autre chose me revient, je vous en parle

Publié : 29 nov. 2008, 16:16
par Ding On
Hum de mémoire, la fillette parle bien du fait que son soutien-gorge est fouillé aussi et qu'on lui passe une main dans la culotte.

Publié : 29 nov. 2008, 17:06
par Banshee
ça n'implique pas d'être en sous vêtement. un tee shirt n'empêche pas une palpation.

elle parle de "sur" la culotte, et aussi de "dans le soutif", je te l'accorde.
après faut voir dans quel mesure ça a été fait, un écrit, je ne trouve pas ça clair, surtout réécrit par quelqu'un d'autre.
on peut très vite ce faire une idée fausse de la situation.

Publié : 29 nov. 2008, 17:16
par Fils de Lugh
Ouais, mais là on joue sur les mots.

Y a quand même eu une gamine de 13 ans sortie de cours dont on a fouillé le sac en le vidant par terre et en la forçant à ramasser après et qu'on a fouillé en palpant son soutif et sa culotte devant des hommes 3 fois plus vieux qu'elle et des camarades de classe.

Et tout ça sans aucune explication... ni avant, ni après

Franchement, on peut s'interroger sur la véracité des faits mais le simple fait que ce soit évoqué est quand même assez révoltant non ?

Elle va avoir du mal à s'en remettre amha. Et ça, c'est grave.

Sans parler du fait que l'on a fait rentrer un chien dans un salle de classe et qu'on l'a laissé se balader au milieu des mômes au risque qu'il les morde (on les en menace même), qu'on tienne pas compte de l'avis du prof en charge de la classe (qui est quand même responsable légalement de la sécurité des gamins, surtout qu'il n'y avait personne d'autre à part lui) et qu'on ne l'ait même pas mis au courant. C'est chaud comme histoire...

Et tout ça pour 39 grammes de shit...

Publié : 29 nov. 2008, 17:37
par Banshee
Fils de Lugh a écrit :Ouais, mais là on joue sur les mots.
oui, mais tout le monde joue sur les mots, pas que moi.
C'est chaud comme histoire...
je suis parfaitement d'accord, c'est chaud.

j'essaye juste de rester le plus objectif possible, quitte a passer pour l'avocat du diable.
je comprend parfaitement que ça te touche.

sache que moi aussi ça me touche, même si c'est différemment.
ça me touche quand une force de police ne fait pas son travail correctement, et en particulier quand cela va a l'encontre du respect des personnes.

Publié : 29 nov. 2008, 17:40
par Fils de Lugh
Banshee a écrit : oui, mais tout le monde joue sur les mots, pas que moi.
Je te l'accorde, c'est pour ça que mis un "on"
je suis parfaitement d'accord, c'est chaud.

j'essaye juste de rester le plus objectif possible, quitte a passer pour l'avocat du diable.
je comprend parfaitement que ça te touche.

sache que moi aussi ça me touche, même si c'est différemment.
ça me touche quand une force de police ne fait pas son travail correctement, et en particulier quand cela va a l'encontre du respect des personnes.
Ben en fait, on est touché pour les mêmes raisons quoi :france: