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Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 27 oct. 2009, 09:31
par Kõjiro
De la droite et de la génétique. Ce matin je lis cet article dont on m'a filé le lien (merci Trickster) :

Pourquoi la droite sarkozyste est obsédée par la génétique ?
Un internaute nous envoie ce court extrait de « A vous de juger », émission de France 2 animée par Arlette Chabot et consacrée à Brice Hortefeux. Ce dernier explique que Jean Sarkozy a « incontestablement des points communs » avec son père. Jusque là, tout va bien. Mais il ajoute :

« Il a à la fois la passion et en même temps, il a la raison. Et finalement ce sont des qualités génétiques. » (Voir la vidéo)

La raison, la passion, se transmettraient donc par le sang. Je n'aurais pas trop fait attention à cette petite hortefolie s'il n'y avait pas de précédents. Mais pourquoi donc les gens de l'UMP sont-ils obsédés par la transmission génétique ?

Thierry Solère, vice-président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine a déclaré sur France Info (toujours pour justifier les talents de Jean Sarkozy) :

« Il serait tout à fait normal que le fils de Zinedine Zidane, forcément génétiquement doué pour le football, devienne le capitaine de l'équipe de France. » (citation retranscrite par Jean-François Kahn)

« Une vieille obsession de la nouvelle doite »

Le Président avait, il est vrai, montré l'exemple. A l'écrivaine Yasmina Reza qui l'interrogeait sur son statut de « fils d'immigré », Nicolas Sarkozy avait répondu que son énergie était inscrite dans son « patrimoine génétique ».

Déjà, pendant la campagne 2007, lors d'un débat avec Michel Onfray pour Philosophie magazine, alors qu'il n'était que candidat, Nicolas Sarkozy avait soulevé une contreverse en déclarant :

« J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie.

Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable… »

Une parole en l'air ? Probablement pas. La question le passionne suffisamment pour qu'il ait décidé, en arrivant à l'Elysée,de nommer un conseiller en génétique, Arnold Munnich. Une première en France ; une décision étrange, également : n'y a-t-il pas des problèmes plus importants ? Pourquoi l'Elysée se passe-t-il d'un conseiller en climatologie, par exemple ?

Le généticien Axel Khan, pour expliquer cette obsession, a évoqué une « vieille obsession de la nouvelle droite ». Rien de tel en effet qu'un bon déterminisme pour s'exonérer de ses responsabilités dans les désordres sociaux : délinquance, suicides, voire pauvreté… Ou au contraire pour justifier la rapide prospérité des enfants favorisés (à commencer par le « prince Jean »).

Tout cela revient à ressusciter la « qualité du sang » dans la réflexion sur l'organisation de la société… Au XXIe siècle, est-ce bien raisonnable ?
Et j'avoue que ce qui m'a le plus choqué c'est cette histoire de conseiller en génétique. J'ignorais totalement son existence et l'apprendre me laisse un drôle de goût dans la bouche... Un généticien à l'Elysée, pour quoi faire ?

D'une certaine manière ça devrait être plutôt rassurant : un scientifique spécialiste de la question devrait être le premier à remettre à leur place les délires héréditaires des umpistes (c'est à dire dans le caniveau avec leurs autres diarrhées). Mais l'article pose la bonne question : quid des raisons qui peuvent bien pousser un président de la république à prendre un conseiller en génétique...

Et c'est juste vraiment flippant comme question.

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 27 oct. 2009, 10:03
par Toshi
peut être qu'ils cherchaient un .... Gynécologue .... ou un diététicien ... :cut:

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 27 oct. 2009, 11:08
par Kzo
Ouais ils doivent une crise en ce moment, quand on voit Besson qui vient nous revendre "la fierté d'être français".
J'ai toujours adoré ce principe d'être fier de quelque chose qui ne dépend pas de nous. C'est un peu comme si je disais je suis fier d'avoir les cheveux châtains et là bizarrement on me prend pour un con.
Sinon il a une superbe idée : « que certains ministres puissent proposer la naturalisation pour des faits remarquables », et moi je propose qu'on fasse ça mais pour tous les habitants du territoire!!! Allez, tous sous-citoyens et faut qu'on fasse un exploit pour devenir des citoyens à part entière (Starship Troopers?). Bien évidemment nos ministres au code génétique supérieur parce qu'ils ont le gène de la direction de pays, seront nos juges qualifiés....
Et j'en passe...

Des fois tu te dis qu'ils doivent trainer un méchant complexe tous ces mecs pour rechercher un bout de salut dans leurs gènes ou leur nationalité...

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 27 oct. 2009, 11:16
par Toshi
J'ai toujours adoré ce principe d'être fier de quelque chose qui ne dépend pas de nous.
j'avais jamais pensé à ça comme ça ... :lol: c'est vrai que c'est bizarre ... c'est, je pense, un principe d'action pour maintenir les individus divisés (et donc régner) ... Si y en a qui acceptent ce discours tu peux être sûr qu'ils vont se mettre sur la gueule avec 1/ ceux qui n'adhèrent pas, 2/ ceux qui adhèrent ... mais à autre chose ...

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 27 oct. 2009, 12:14
par Kzo
Ca ça marche pour tous les trucs sur lequel les gens mettent une étiquette "Sacré".
Enfin c'est le genre de comportement qu'on trouve chez un gamin normalement. Chez quelqu'un qui se prétend adulte c'est plus grave..

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 27 oct. 2009, 17:23
par Goju Kaze
Kzo a écrit :Ouais ils doivent une crise en ce moment, quand on voit Besson qui vient nous revendre "la fierté d'être français".
J'ai toujours adoré ce principe d'être fier de quelque chose qui ne dépend pas de nous. C'est un peu comme si je disais je suis fier d'avoir les cheveux châtains et là bizarrement on me prend pour un con.
Sinon il a une superbe idée : « que certains ministres puissent proposer la naturalisation pour des faits remarquables », et moi je propose qu'on fasse ça mais pour tous les habitants du territoire!!! Allez, tous sous-citoyens et faut qu'on fasse un exploit pour devenir des citoyens à part entière (Starship Troopers?). Bien évidemment nos ministres au code génétique supérieur parce qu'ils ont le gène de la direction de pays, seront nos juges qualifiés....
Et j'en passe...

Des fois tu te dis qu'ils doivent trainer un méchant complexe tous ces mecs pour rechercher un bout de salut dans leurs gènes ou leur nationalité...
Merci!

:kaze:

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 28 oct. 2009, 11:54
par Toshi
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1768

c'est hyper mega orienté (bande de gauchos :lol: <= provocation pour rigoler qui ne doit porter à aucun commentaire si ce n'est une autre galéjade ! :) )

j'ai pas encore fini de tout écouter mais ça reste hallucinant (surtout le vide juridique autour de l'entrée du médecin chez toi)

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 28 oct. 2009, 14:48
par Kzo
Goju Kaze a écrit :Merci!

:kaze:
Euh... de rien :sueur:

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 28 oct. 2009, 14:56
par Kõjiro
Sur la bataille de Poitier : Violences à Poitiers : beaucoup de bruit pour 18 vitrines.
A la mairie, le service presse confirme la même tendance, même si l'édile était monté au créneau au lendemain des émeutes pour dénoncer l'indigence des moyens policiers déployés. On précise :
« C'est seulement une partie de la rue du marché qui a été touchée, et plutôt par des actes directement dirigés contre le capitalisme. Mais la ville n'a pas été saccagée, je vous le confirme ! »
La liste détaillée des sinistrés tire bien dans le sens d'actions ciblées : trois banques, deux mutuelles, une compagnie d'assurance, Orange et un bijoutier ont notamment subi des dégâts.
Ultra-violence, émeutes, bandes armées etc... ce sont les différents qualificatifs qu'on a entendu le soir de cet événement. Résumons donc : pas de blessés, des vitrines de banque et d'assurance cassées et un lampadaire... Bref du verre cassé et, sans doute de la frayeur pour les gens qui étaient présents (à ne pas minimiser, mais bon rien de dramatique non plus).
Moi j'attends le jour où, à force d'épuiser les superlatifs pour des pets de lapin, ils seront obligé de parler d'ultime ultra méga violence suprême.
Bon évidemment, l'art du surf d'actualité n'échappant pas à Brice d'Auvergne le blagueur fou :
Pour mémoire, c'est pourtant au lendemain des événements du 10 octobre que le gouvernement avait surfé sur l'actualité pour ressortir ses deux derniers décrets sur le fichage. Ces textes du 16 octobre existaient bien dans les cartons mais patientait depuis plus d'un an, après le tollé suscité par Edvige.

Ils permettront notamment de durcir l'arsenal en direction de ce qu'on a pris l'habitude d'appeler les « bandes de jeunes » puisque, dans la foulée des « événements » de Poitiers, le gouvernement a entériné le fichage des mineurs dès 13 ans.

Outre cet impact législatif, reste encore le feuilleton judiciaire puisque le parquet a fait appel pour quatre des huit condamnations, estimant que le juge avait été trop laxiste. Une neuvième personne, mineure de 14 ans, sera quant à elle jugée en janvier : rébellion et refus de prélèvement ADN.
Accessoirement on a aussi vite oublié de (re)parler de ce qui a motivé l'action des ultra-gauchistes tetra-violents : Bouygues et les prisons. Pourtant un petit rappel des faits éclairerait aussi les français sur certains choix de société qui sont faits en leur nom.

Petit rappel via un article du Monde de juin 2008 qui revenait sur les PPP (partenariats publics privés) et notamment ce passage (le gras est de moi) :
Quant aux marchés importants, ils se répartissent tout bonnement entre les trois majors. Vinci a remporté le contrat de rénovation de l'Institut national des sports (63 millions d'euros et 9 millions de loyer annuel, pendant trente ans) à Vincennes (Val-de-Marne). Eiffage a obtenu la construction du stade de la communauté urbaine de Lille (700 millions d'euros) et Bouygues s'est taillé la part du lion (1,8 milliard d'euros) dans l'édification et l'exploitation d'établissements pénitentiaires en projet : il en construira six sur dix, tandis qu'Eiffage aura la charge des quatre autres.

Le dernier contrat remporté en mars 2008 par Bouygues est celui qui va le plus loin dans les missions confiées à l'opérateur privé. Outre le financement de la construction, il devra, pendant les 27 ans de la concession, assurer la maintenance et le nettoyage des locaux mais aussi les services aux personnes, blanchisserie, restauration, soins et transport des détenus, ainsi que l'accueil des familles et même la gestion du travail des prisonniers et leur formation professionnelle, moyennant un loyer annuel de 48 millions d'euros.
(Source)

On y est pas encore mais on peut quand même méditer sur ce passage que j'ai maintes fois cité d'une itw de Loïc Wacquant (je graisse ce qui se rapporte au sujet dont je parle mais lisez le tout et allez même voir le lien) :
Suite au revirement politique et racial de la décennie soixante-dix qui a porté Ronald Reagan à la Maison blanche, les États-Unis se sont employés à remplacer leur (semi) État-providence par un État policier et pénitentiaire au sein duquel la criminalisation de la pauvreté et l’enfermement des catégories déshéritées font office de politique sociale envers les plus démunis. On peut décrire succinctement cet avènement de l’État pénal en Amérique selon cinq dimensions. La première est la croissance sidérante des populations incarcérées: elles quadruplent en vingt ans pour atteindre aujourd’hui deux millions, dont plus d’un million de condamnés pour des infractions non-violentes. Ce chiffre représente 740 détenus pour 100.000 habitants, soit huit fois plus que la France, l’Italie ou l’Allemagne — c’était deux fois plus en 1960 — ou encore deux fois le taux de l’Afrique du Sud à l’acmé de la lutte contre l’apartheid. La seconde tendance est l’extension continue de la mise sous tutelle judiciaire par le biais des condamnations avec sursis et de la conditionnelle, tutelle qui s’exerce désormais sur six millions d’Américains, soit un homme sur vingt et un jeune Noir sur trois, et qu’étend la prolifération des banques de données criminelles, dont certaines sont en libre service sur internet, ainsi que le fichage génétique. (Une nouvelle ère du panoptisme pénal s’est ouverte en 1994 avec le vote par le Congrès du DNA Identification Act qui a créé, sous l’égide du FBI, une banque nationale de données génétiques entrée en service en 1998 et qui, à terme, contiendra les empreintes ADN de tous les condamnés au pénal, voire de l’ensemble des personnes arrêtées par les services de police). Troisième tendance, le décuplement des moyens des administrations pénitentiaires, promues troisième employeur du pays avec plus de 600.000 fonctionnaires, juste derrière la première firme au monde par le chiffre d’affaires, General Motors, et le géant de la distribution Wal-Mart, alors que dans le même temps les budgets des services sociaux, de santé et d’éducation subissent des coupes draconiennes : moins 41% pour l’aide sociale et plus 95% pour les prisons durant la seule décennie 1980.
Toutefois, même en sabrant dans les crédits alloués aux services sociaux, le «grand renfermement» des pauvres et des précaires en Amérique n’aurait pas été possible sans la contribution du secteur privé: l’emprisonnement à but lucratif refait donc son apparition à partir de 1983 pour s’accaparer très vite le douzième du «marché» national, soit quelques 150.000 détenus (trois fois la population pénitentiaire de la France). Ces firmes cotées en bourse sur le marché Nasdaq affichent des taux de croissance et de profit record et sont les chouchous de Wall Street. La «nouvelle économie» étatsunienne, ce n’est pas seulement internet et les technologies de l’information : c’est aussi l’industrie du châtiment! À titre indicatif, les prisons d’État de Californie emploient deux fois plus de salariés que Microsoft... La dernière tendance n’est pas la moins révélatrice puisqu’il s’agit du « noircissement » continu de la population recluse qui fait qu’en 1989, pour la première fois de l’histoire, les Afro-américains fournissaient plus de la moitié des reclus alors qu’ils ne pèsent que 7% dans la population du pays. La prison est devenue un prolongement-substitut du ghetto après que celui-ci soit entré en crise suite à la vague des émeutes urbaines des années 1960(6).
(Source)

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 29 oct. 2009, 14:30
par Kõjiro
Si vous avez 26 minutes devant vous à un moment ou un autre, je ne saurais trop vous conseiller de visionner ce débat passé sur Arte cette semaine.
Le point de vue de deux "traders" sur la question de la crise financière. Particulièrement intéressant.

Sur le site d'Arte : http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=2913506.html

Sur Dailymotion : Partie 1 / Partie 2

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 29 oct. 2009, 14:46
par Kõjiro
Un juge italien découvre le gène du meurtre.
La Cour d'Appel de Trieste a invoqué une «vulnérabilité génétique» prédisposant à la violence pour accorder une réduction de peine d'un an à un meurtrier d'origine algérienne.
Selon les conclusions du juge, l'analyse ADN «a permis de certifier que l'accusé possède au moins un, voire deux allèles" des éléments du patrimoine génétique «qui prédisposent à un comportement agressif impulsif».

Le gène du meurtre existe-t-il ? Une Cour d’Appel italienne vient d’accorder une réduction de peine à un assassin d’origine algérienne, en invoquant une «vulnérabilité génétique» qui le prédisposerait à un comportement agressif. Une première en Italie.

Condamné à 9 ans et deux mois de prison pour avoir poignardé un Colombien de 32 ans, à Udine, en mars 2007, Abdelmalek Bayout a vu sa peine réduite d’un an après s’être soumis à une analyse ADN «innovante». «On a découvert chez le sujet une série de gènes qui le prédisposeraient à faire preuve d’agressivité s’il venait à être provoqué ou à être exclu socialement», résume le site Internet du quotidien Il Giorgnale.
Une prédisposition sociale et génétique au meurtre

L’héritage social, mais surtout, pour la première fois en Italie, le patrimoine génétique ont été reconnus par Cour d’Appel de Trieste comme des circonstances atténuantes. Le soir du meurtre, la victime a agressé son meurtrier, le traitant notamment de «pédé». Des insultes qui, pour les juges, expliquent en partie la réaction disproportionnée de cet homme d’origine algérienne et musulman pratiquant. Se référant à une étude britannique du Nuffield Council on Bioethics, «Génétique et comportement humain: le contexte étique» (2002), la Cour a considéré qu’Abdelmalek Bayout présentait une prédisposition, à la fois sociale et mais également génétique, au meurtre.

Selon une application totalement inédite de l’article 62 du code pénal italien, qui définit les circonstances atténuantes, les juges ont considéré que la réaction violente de l’accusé a été «déclenchée par le déracinement causé par la nécessité de concilier le respect de la propre foi islamique intégriste avec le mode de vie occidental». Mais, surtout, elle a été exacerbée par des éléments de son patrimoine génétique «qui, selon de nombreuses recherches internationales, augmentent de manière significative le risque de développer un comportement agressif impulsif», écrit, le juge Pier Valerio Reinotti dans ses conclusions. Un héritage «socio-biologique» qui justifie alors, pour la Cour, une réduction de peine d’un an.
«Un non-sens scientifique»

«C’est un non-sens scientifique», s’exclame Catherine Vidal, neurologue et directrice de recherche à l’institut Pasteur, réfutant tout consensus dans la communauté scientifique sur l’existence de gènes de la criminalité ou de l’agressivité. Selon elle, il existe effectivement des études qui montrent des corrélations entre certains gènes et des comportements, mais sans pour autant prouver une véritable relation de cause à effet. «De toute façon, ces études sont réalisées sur des grands échantillons, sur des bases statistiques. Elles ne peuvent en aucun cas prédire un comportement violent chez un individu particulier qui comparait devant un tribunal», prévient-elle.

Co-auteur de Nos enfant sous haute surveillance (Albin-Michel 2009), elle s’inquiète d’une «dangereuse dérive» qui tend à vouloir invoquer les sciences dans des domaines où elles n’ont pas vocation à l’être. De son côté, Eve Mongin, avocate française en Italie, n’est pas surprise de cette prise de position de la Cour d’Appel de Trieste. «L’Italie pays d’immigration récente, il y a encore peu d’intégration des maghrébins qui sont souvent stigmatisés», explique-t-elle. Dans une Italie du Nord gouvernée par le parti «raciste et scissionniste» de la Ligue du Nord, elle accueille ce jugement avec scepticisme: «Vu les motivations hasardeuses des juges, il y a peu de chance qu’il fasse jurisprudence».
Ca me fait penser à : http://philosophie.blogs.liberation.fr/ ... .html#more
Gary Pugh, le directeur du service scientifique de Scotland Yard, veut établir un fichier ADN pour les enfants dès l'âge de 5 ans afin d'«identifier les gens avant qu'ils commettent un délit. Il nous faut trouver quels seront ceux qui commettront peut-être (possibly) les plus graves délits contre la société». Il s'agit, argumente-t-il, d'arrêter le crime avant qu'il ait lieu.

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 29 oct. 2009, 18:45
par Kzo
Kõjiro a écrit :Si vous avez 26 minutes devant vous à un moment ou un autre, je ne saurais trop vous conseiller de visionner ce débat passé sur Arte cette semaine.
Le point de vue de deux "traders" sur la question de la crise financière. Particulièrement intéressant.

Sur le site d'Arte : http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=2913506.html

Sur Dailymotion : Partie 1 / Partie 2
Bien sympa ce plateau, dommage que le présentateur soit un peu neuneu.

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 29 oct. 2009, 20:17
par Kõjiro
Choppé sur le sden :
Bayushi F'Ramir a écrit :Un ami rédige parfois quelques morceaux de théâtre, assez orientés politiquement. Je me permets de vous faire suivre l'actuelle pièce. Vous reconnaîtrez, je pense, les protagonistes, les lieux et le propos.
Le Troisième, en pire


Acte 1.
Scène 1.


L’empereur
Le premier ministre Monjobétuna XVI
Ses conseillers : Apein X et Choh XX

La scène se déroule au Palais, dans le bureau de l’empereur.

L’empereur tourne frénétiquement autour des trois autres personnages, debout et prostrés.



L’empereur
Sur un croc de boucher je le veux voir pendu
En hommage au respect qui à mon rang est dû !
Mon trône il convoitait, mon honneur il bafouait,
Mon triomphe il tentait de retarder. Au fouet !
Je veux qu’il soit brisé, qu’enfin, à l’agonie,
Il pourrisse en Corrèze ou en Calédonie.

Monjobétuna XVI
Le tribunal détient de trop faibles indices
Pour au bagne envoyer le duc Cozpréju X.
Il vous faut arrêter ce procès que vous fîtes
Sans mesurer le risque immense que vous prîtes.
Votre altesse ne peut rester juge et partie.

Apein X
(bas, à Choh XX)
Gageons qu’avant l’été, cestui-là est parti.

Monjobétuna XVI
Gagnez ce pugilat, vous serez loup cruel ;
Perdez cette querelle, on vous verra agnelle.
La France n’aime pas les rois pusillanimes
Et honnit les tyrans que la rancœur anime.
Sire, retirez-vous, ne soyez pas bégueule,
Evitez d’envoyer de vils pains dans sa…

L’empereur
Veule !
Lâche ! N’as-tu compris que Cozpréju X vise
Ma couronne sacrée ?

Appein X
(sans rire)
Mais mourra duc de Guise…

Choh XX
(qui se met à chanter)
Il est tombé par terre, au bord du clair ruisseau,
C’est la faute à Robert, c’est la faute au corbeau.

L’empereur
(interrompant son conseiller, d’un œil noir)
Je veux détruire à fond cette rivale engeance,
Installée par celui qui régna sur la France
Avant que ce fut moi : ce Lézafèrfonpf VIII
Son épouse Donnévopié VII et leur suite.

Choh XX
(bas, à lui-même)
Je dois taire aujourd’hui que je fus conseiller
De ce clan ennemi quand il voulut régner !

L’empereur
Je veux me régaler de leur décrépitude,
Voir leur chute ou l’empire de leur solitude.
N’oubliez pas, clampin : je ne suis que victime
Blessé dans mon honneur et mes parties intimes.
Pour être l’empereur, n’aurais-je donc plus droit
De voir mon agresseur puni comme il se doit ?

Monjobétuna XVI
Quand la partie civile est chef des militaires
Et que les magistrats craignent pour leur carrière,
Le procès est suspect et le suspect coupable.
Craignez que les Français vous trouvent condamnable.

L’empereur
Qu’importe mes sujets puisque je tiens le Verbe !

Monjobétuna XVI
(avec un sourire narquois et sarthois)
Mais ce sont les sujets qui commandent aux verbes
En décidant leur fin et leur conjugaison.

L’empereur
(montrant le mur derrière lui)
Voyez-vous l’écriteau ?

Monjobétuna XVI
(lisant, abattu et à haute voix)
«Taisez vous j’ai raison».

Scène 2

Les mêmes
Et trois ministres :
Vilamedi VI
Chvaldeuh III
Tankyanak I

Les trois ministres pénètrent, penauds, dans le Grand Bureau de l’empereur.


L’empereur
Voici les plaisantins qui occupent l’espace
En infligeant à tous leurs histoires salaces.
Tankyanak I, Vilamedi VI, Chvaldeuh III
Qu’eus-je donc à l’esprit quand je vous nommai rois ?

Apein X
En rang, au garde à vous, quand l’empereur s’exprime !

Chvaldeuh III
(grommelant)
D’avoir changé de camp quelques fois me déprime.

L’empereur
Commençons donc par toi, que trahit ton humeur.

Apein X
(bas, à Choh XX)
Il devait se trahir, pour finir son labeur…

L’empereur
A la presse tu fis – ne nie pas je l’ai vu –
Un doigt d’honneur grossier, incroyable bévue.
Que je tienne en ma main les patrons des médias
Ne suffit pas contre leur intelligentsia !
Si j’apprends qu’à nouveau tu dressas ton troisième,
Je te renvoie à Troie en charter ou trirème.

Chvaldeuh III
Pas ça, je vous en prie ! Je porterai un gant
Afin de camoufler mon geste inélégant !

L’empereur
(se tournant vers Vilamedi VI, qui porte une attelle)
T’es-tu fait renverser par un taureau landais
Ou t’es-tu battu dans un bar thaïlandais ?

Vilamedi VI
De passage en Suisse pour un séjour exquis
Je me suis sottement démis l’épaule en ski.

L’empereur
(dressant vers son ministre un doigt vengeur)
Je prends ton nom illustre en mon Gouvernement
Et j’apprends que tu joues au mauvais garnement !
Tu te serais frotté à l’asiate bleusaille
Avant de t’en vanter, ne tenant pas ta gouaille ?
Comment puis-je calmer les Tartuffe et les nonnes ?
Je viens de limoger Dio XVI leur patronne !
Tu vas dire en public regretter ton erreur.

Choh XX
(bas à Apein X, en souriant)
Je ne comprends pas bien l’ire de l’empereur :
Il reproche au premier l’abus de son majeur
Et déplore chez l’autre un abus de mineurs.

L’empereur
(se postant devant Tankyanak I, toujours au garde à vous)
Quant à toi, mon ami, mon fidèle écuyer,
Tu me fais une tache ardue à nettoyer :
Nous pourrions accueillir sans peine nos voisins
Mais devrions craindre maures et sarrasins ?

Monjobétuna XVI
(encore narquois, encore sarthois)
Ce propos est propice à l’ambiance sereine
Pour le projet d’union méditerranéenne…

L’empereur
(reprenant)
Tu parlais, prétends-tu, de pauvres auvergnats :
Ton propos fut crédible autant qu’un assignat.

(aux trois ministres)
Phallocratique doigt, tourisme sexuel,
Calembour colonial... Ne suis-je assez cruel ?
Faut-il vous imposer le plus total mutisme
Pour éviter l’affront, le glauque et le racisme ?

Apein X
Votre altesse pourra s’épargner ce travail :
Je voudrais présenter ma modeste trouvaille.

Il sort. Tous les personnages le suivent du regard.

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 30 oct. 2009, 10:34
par Kõjiro
Un point de vue intéressant.

«Qu’est-ce qu’être français ? - Cela ne vous regarde pas»
Par MATHIEU POTTE-BONNEVILLE philosophe, enseignant, et membre de la revue "Vacarmes"

Eric Besson a annoncé, le lundi 26 octobre, le lancement d’un grand débat national sur l’identité du même nom. Mobilisant préfets et sous-préfets (ceux-là même qui, depuis deux ans, ont été dotés de marges d’initiatives accrues afin de décliner sur leurs territoires respectifs la politique de reconduite aux frontières impulsée par le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale), le débat devrait solliciter les «forces vives de la nation» autour de la question suivante : «Qu’est-ce qu’être français ?»

Une telle initiative, intervenant à quelques mois avant les élections régionales et quelques jours après l’expulsion de plusieurs migrants vers un pays en guerre, devrait assez logiquement susciter dans l’opinion des réactions variées. Gageons d’ores et déjà que certaines d’entre elles consisteront à tenter de retourner la question contre son initiateur : être français, rappellera-t-on, c’est hériter d’une tradition d’accueil, d’hospitalité et d’ouverture, tradition à l’évidence incompatible avec la politique d’immigration actuellement menée ; c’est se reconnaître dans une citoyenneté définie non par l’origine géographique ou culturelle, mais par la défense et la promotion commune des droits humains partout où ceux-ci sont niés - conception de la citoyenneté inconciliable, tant avec les dérives xénophobes dont a fait régulièrement preuve le précédent ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, qu’avec son action et celle de son successeur. Etre français, arguera-t-on en bref, c’est être en tout point opposé à l’horizon de fermeture, de surveillance, de délation réciproque et de contrainte par corps, d’opportunisme et de xénophobie aujourd’hui symbolisés par l’existence d’un ministère de l’Immigration, et incarné par Eric Besson avec un dévouement dans la duplicité qui ne laisse pas d’impressionner.

Une telle réplique est juste et sensée, et elle a pour elle l’évidence ; mais elle est trop évidente, justement, pour n’être pas prévue dans la question elle-même, question construite pour faire de ce genre d’objections autant de répliques, aux deux sens du terme : au sens où répliquer, c’est répondre, mais aussi répéter, reproduire ou propager cela même qu’on entend combattre. Le piège tient à ce que, posant la question «Qu’est-ce qu’être français ?», le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale n’entend évidemment pas faire l’éloge dans les mois qui viennent d’un nationalisme étroit, fondé sur la communauté de l’ethnie ou du sang (de cela, d’autres se chargeront au fil des débats, ce que la synthèse finale ne manquera pas de cautionner comme «une préoccupation», «une légitime inquiétude des Français face à la mondialisation», etc.)

La parole gouvernementale, subtilement relayée au fil des échanges par de multiples canaux, consistera au contraire à faire constamment valoir l’ouverture, l’égalité des droits et le pacte républicain, le refus des discriminations de races et de sexes comme autant de composantes de l’identité française. A les faire valoir, désarmant l’adversaire, non seulement dans la dimension neutralisée de l’échange d’idées, mais comme autant de motifs d’isoler et d’exclure, autant de raisons pour justifier la reconduite aux frontières. Invoquerez-vous le pacte républicain ? Mais «le pacte républicain suppose le respect des lois». Rappelerez-vous l’hospitalité ? Mais «l’hospitalité suppose d’avoir les moyens d’accueillir dignement».

Dans ce jeu de dupes, surtout, l’ouverture, la tolérance et l’égalité, constitutives de notre identité nationale, seront présentées et utilisées ainsi qu’elles le sont depuis deux ans : comme autant de valeurs fragiles qui exigent une sélection d’autant plus sévère de ceux qui, présents sur notre territoire, pourraient être suspects de ne pas les partager. Déjà, dans le même entretien où il annonce le grand débat national, le ministre Besson réitère son refus de la burqa - pratique certes ultraminoritaire, mais symbolique de la nécessité où nous serions, face à des étrangers si proches à chaque instant de verser dans l’intolérance et l’oppression, de discriminer pour sauvegarder notre sens de l’égalité, et de fermer les frontières de notre identité pour la conserver si ouverte.

C’est pourquoi, à la question «Qu’est-ce qu’être français ?» posée par le ministère de l’Immigration, il ne saurait y avoir dans les mois qui viennent qu’une seule réponse, endurante, ressassée, monotone, obstinée : «Cela ne vous regarde pas». Vous avez perdu le droit de poser cette question au moment même où, liant identité nationale et contrôle de l’immigration, vous avez aménagé le renversement systématique des composantes de la citoyenneté en autant de critères d’exclusion. A cette captation, il ne saurait y avoir de réponse qu’en acte ; libre à vous, lorsque ce temps viendra, d’interpréter la violence de notre refus comme une composante de la «francité».
(ps : pour les amateurs, sur son blog le monsieur fait une analyse de House ;) )

Re: Actualité politique et sociale - Saison 2009 - Episode 2

Publié : 31 oct. 2009, 11:51
par Kõjiro
L'UMP veut (encore) faire travailler les salariés en arrêt-maladie
Un député a déposé un amendement proposant de faire "télé-travailler" les salariés en arrêt de travail, afin de faire des économies pour la Sécurité sociale. Il reprend ainsi une idée de Frédéric Lefebvre, qu'il trouvait "formidable".
Bon évidemment cet amendement ne sera pas adopté (enfin j'espère) mais cette répétition d'une proposition à la limite de l'obscénité (surtout quand dans le même temps on renonce avec de belles contorsions à taxer banques ou bénéficiaires de retraite chapeau etc.) est tout de même assez significative.

Mais je n'arrive pas à trancher entre deux motivations possibles :

- A force de répétition on finira pas rendre l'idée plus acceptable et après il suffira d'un moment propice pour la faire passer.

- 'gardez c'qu'on pourrait faire si on était vraiment des *censurés* alors voyez bien qu'on est raisonnable et que si on fait ce qu'on fait c'est pour votre bien en fait.

A moins que ce ne soit les deux.