Je ne suis pas spécialiste mais les
cantonales sont les élections qui permettent la désignation des conseillers généraux (ce qu'est le fiston Sarkozy). Or les cantonales sont des élections à
scrutin majoritaire uninominal à deux tours. Ce qui veut dire qu'il n'y a qu'une seule personne par "liste". Donc je vois mal comment on pourrait rayer le seul nom présent sur la liste et en mettre un autre qui correspondrait à une autre liste (autant voter pour l'autre gars et l'autre liste vu que c'est une personne qu'on envoi au conseil général et pas une liste, donc on ne comptabilisera pas le nb de voix de la liste mais celui de la personne).
Et pour abonder dans le sens de ce que dit GAP, effectivement, fiston on ne l'a pas envoyé n'importe où mais bien dans un canton ultra sûr.
Et d'ailleurs il a été élu dès le premier tour avec plus de 52% des voix (et une participation de plus de 50% pour lui assurer d'avoir 25% des inscrits).
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En outre, si on regarde rétrospectivement, en 2004, le canton sud n'était pas en jeu mais le canton nord oui (cf le fait que le renouvellement d'un CG se fait par moitié) et là le résultat a été l'élection au premier tour du candidat de la droite avec près de 80% des voix (et 62% de participation). Le candidat en question était : Nicolas Sarkozy.
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Enfin, si on regarde la dernière élection dans le canton sud c'est celle de 2001 et là le candidat de la droite (Démocratie Libérale dans ce cas) avait été élu encore une fois au premier tour avec 73% des suffrages exprimés (et une participation à 52%).
Source.
Donc Jeannot a été propulsé dans un canton totalement acquis à la droite de longue date dans lequel il ne pouvait pas perdre (pas de candidat "dissident" de la droite divisant les suffrages ce qui aurait été la seule situation rendant un échec possible hors cas exceptionnels).
En outre il a plutôt fait moins bien que ses pairs (mais bon l'offre politique a évolué entre temps - cf Modem notamment - donc la comparaison n'est peut être pas pertinente).
La droite aurait mis David Douillet ou Gilbert Montagné (ou Bozo le clown) en candidats à cette élection il aurait gagné de toutes manières. Ca n'en fait pas des candidats naturels pour diriger l'EPAD pour autant (encore que pour Bozo...).
Mais cela dit, plus profondément, c'est juste hallucinant qu'on puisse même débattre du fait que Jean Sarkozy puisse avoir les compétences pour diriger un tel établissement. Il est évident que la réponse est non. Le simple fait de considérer que ce débat puisse exister est un vrai renoncement à faire "sens". Ce n'est pas une question d'âge mais juste d'expérience et de preuve de compétence. Jean Sarkozy n'est pas le petit génie, la pépite, le diamant qui se distingue du lot par de formidables aptitudes. Non c'est juste le résultat de décennies de matraquage sur la force de la réussite individuelle face aux déterminants sociaux-économiques. Ceux qui réussissent ne réussissent que parce qu'ils son bons et ceux qui échouent parce qu'ils sont mauvais. Le résultat devient le moyen de qualifier le parcours : tu as réussi c'est que tu es exceptionnel, tu as échoué c'est que tu n'étais pas au niveau. Peu importe que les dés soient pipés au départ, puisque qu'on arrive à trouver des pépites dans n'importe quel ruisseau c'est bien la preuve que n'importe qui peut y arriver et que donc si tu n'y arrive pas c'est que tu n'as pas produit les efforts nécessaires ou montré les aptitudes indispensables. C'est cette idéologie puante (anti-libérale au passage) qui vise juste à asseoir la légitimité de la classe dominante qui a finit par nous faire prendre le résultat comme étalon de la valeur du parcours.
Edit : ah pour poursuivre sur la légitimité du fiston à être candidat : on entend dire oui mais il dirige le partis dans le département. Effectivement il est le président du groupe UMP-NC au Conseil Général. Mais là aussi cette désignation a, pour le moins, surpris, et semble résulter déjà des tractation similaires à celle pour la nomination à l'EPAD.
Le 16 juin, Jean Sarkozy est élu président du groupe UMP-Nouveau Centre-divers droite du conseil général des Hauts-de-Seine. Cette candidature « surprise » à l'assemblée départementale est intervenue alors que les tractations à la présidence du groupe UMP étaient bien avancées au profit d'Hervé Marseille, conseiller général et maire Nouveau Centre de Meudon, soutenu par le président du conseil général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian. Pour succéder à la tête du groupe à Jean-Jacques Guillet, député et maire (UMP) qui ne peut pas cumuler les mandats, et après quelques négociations pour préserver l'unité de la majorité présidentielle, Jean Sarkozy obtient la présidence du groupe alors que le candidat annoncé n'obtient que la vice-présidence[6].
Voir
la fiche Wikipédia de Jeannot à ce sujet (qui cite un article du Monde).
Dire qu'il aurait pu faire du Théâtre... Oui c'est pareil, sa sélection pour être comédien dans une pièce avec Bernard Tapie était totalement liée à ses grandes compétences et à son exp.... Euh... Bon en fait y'a qu'en droit qu'il est mauvais apparemment, un problème d'orientation sans doute, on lui a pas paré de la filière "choisi pour n'importe quel poste en raison de ses grandes compétences" après le bac.
Et pour redevenir un peu sérieux, il ne faut pas oublier ce qui se cache aussi derrière l'évolution de l'EPAD qui va absorber l'établissement équivalent pour d'autres zones des Hauts de Seine. VOici un point de vue engagé de la part d'un autre jeune élu (de 29 ans lui) :
Lettre ouverte d'un élu : « Cher Jean Sarkozy, je suis dégoûté… »
Cher Jean,
en premier lieu, je te félicite pour ta prochaine… comment dire… « nomination » à la tête de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense (Epad), premier parc d'affaires d'Europe, avec ses tours obsolètes, son déficit abyssal et son projet urbain en panne.
Jeune élu de 29 ans, je suis moi-même administrateur de l'établissement public voisin, Seine-Arche. Celui-ci fusionnera avec le tien d'ici peu, quand ton père aura signé le décret. Bien que depuis deux ans je travaille sur les dossiers de ce secteur, ceux-ci sont encore complexes à comprendre.
Dès lors, tu comprendras qu'il est difficile pour moi de voir nommer à cette place quelqu'un de moins informé que moi et qui, a priori, va voir l'influence de son établissement étendue sur ma commune lorsque ton père aura signé le décret de fusion. C'est près de la moitié de ma ville qui sera sous l'emprise de l'établissement que tu présideras.
Je te conseille avant toute chose de prendre le temps de visiter le secteur : bien que voisins, Neuilly-sur-Seine et La Défense n'ont rien à voir, et Nanterre n'est pas une morne plaine à bétonner. Moi, qui suis né et qui vis depuis toujours dans cette ville, moi qui ai été élu avec 56% dès le premier tour, moi qui connais presque chaque mètre carré de cette ville, chaque hall d'immeuble, j'aurai moins de droit de décider l'avenir de ma ville que toi.
Je ne serai peut-être même pas dans le futur conseil d'administration que tu vas présider, puisque ton père va supprimer mon poste d'administrateur.
Tu comprendras que je sois scandalisé de voir ma ville dépossédée de son urbanisation, remise entre tes mains par un tour de passe-passe « juridico-administrativo-politique » un peu bancal.
Pire encore : le fric que ce nouvel établissement va se faire sur Nanterre, en vendant des droits à construire, va servir à éponger les dettes de La Défense, et servira à rénover les tours devenues de vraies épaves.
Jean, si tu as bien compris, tu seras bientôt chargé de bétonner ma ville, sans que je ne puisse rien dire, pour rembourser les dettes de ton père, qui présidait l'Epad bien avant toi… Il n'y a vraiment rien qui te choque là-dedans ?
Alors avec tout ça, tu comprendras que je sois vraiment dégoûté. Dégoûté de la politique ; dégoûté des discours qui parlent du « mérite » et qui ne me donnent même pas les droits que mérite un élu local : décider, avec toi ou d'autres, du devenir de la ville où j'ai grandi, où j'ai appris, où j'ai été élu.
C'est pour tout ça que je t'invite, une fois « élu » président de l'Epad, à abandonner le mauvais procès qu'on fait à ma ville et à réaliser, par ton propre courage et ta propre volonté, le renouveau de La Défense sans exproprier toute une ville de son avenir.
Je te remercie et te prie de recevoir, cher Jean, l'expression de mes salutations cordiales.