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Publié : 16 avr. 2008, 15:21
par EcceAngelo
Doji Satori a écrit :... suite.
Toutes mes excuses pour le délai et le fractionnement de réponses qui nuit à la lisibilité de la dicusssion. Je n'ai pas beaucoup de temps disponible en ce moment.
Pareillement.

Doji Satori a écrit : Pour les Rokugani, l'honnêteté est subjective et la sincérité est objective.
Pour les Rokugani, la "vérité occidentale est subjective, chacun a SA vérité. Ce que les occidentaux appellent "apparence" n'est rien d'autre que la réalité, le réel, la seule chose qui est objective et qui mérite une attention.

« … dans la recherche de la responsabilité, nous (ie les occidentaux) remontons vers l’intention, en amont de l’acte. Les justes confesseurs nous ont appris à proportionner la réprobation et le châtiment à la seule malignité du vouloir … Nous avons donc besoin de faire parler le coupable : de ce que tu fis, que pouvais-tu savoir, que pensais-tu vouloir ? … Si le criminel ne voulait pas ce qu’il fit, s’il ne savait même pas ce qu’il voulait , comment le punir ?
Dans la culture japonaise, on suivit le mouvement contraire, on négligea la source pénétrable de l’acte. Pour mesurer la responsabilité, on descendit vers l’aval, jusqu’aux résultats. On entraîna le sujet à se sentir lié par des conséquences qu’il n’avait pas voulues, solidaire de son acte jusque dans ses suites imprévues. On le dissuada de se disculper. La doctrine bouddhiste du karma fournissait une explication à ce choix éthique : ce qui m’advient aujourd’hui est la juste rétribution de mes vies passées, je ne peux pas même incriminer la malchance, puisque le hasard est aboli. A plaider mon innocence, je risque de perdre courage et de m’avilir. Mieux vaut assumer à chaque instant la totalité insaisissable du destin. Il peut m’écraser sans changer ce que je suis, ce que je dois être. Au delà de tout échec, cette noblesse m’est promise. »
in "la mort volontaire au Japon" de Maurice Pinguet.
Entièrement d'accord avec toi sur ce point (qui pourtant nous amène dans un autre débat monstrueux dans lequel nous n'entrerons pas : ceci est totalement contradictoire par rapport au Tao, qui est un des fondements de la culture rokugani, par opposition à la culture japonaise), mais ça ne change pas grand chose à l'affaire. A Rokugan, même si l'intention n'est pas jugée en tant que telle, et que le samourai est jugé par rapport à ses actes, il y a quand même une différence entre un Shinobi Shosuro et un Daidoji, et qui s'exprime dans des actes trop ténus pour être représentés dans les règles : dans sa manière générale d'envisager les choses et d'agir, le Scorpion fera peu de cas de son honneur, alors que dans la manière d'être au quotidien du Daidoji transparaitra son désir d'être le plus honorable possible, et le fait qu'il condamne très sévèrement ses propres actes déshonorables. Or les règles de perte d'honneur et de gain d'honneur ne sont pas assez fines (on rentrerait dans des quarts de huitième de points gagnés quotidiennement, un système rolemasterien au possible) pour rendre le fait que le Daidoji montre par toute sa manière d'être quotidienne son attachement à l'honneur, alors que le Shinobi n'en fera que le strict minimum. Et il n'y a pas besoin pour s'en rendre compte d'entrer dans la distinction entre acte et intention (très intéressante au demeurant, mais inutile ici).

Doji Satori a écrit : Je ne suis pas du tout de cet avis.
Dans une culture de l'honneur, que certains appellent culture de la honte, ce sont les liens entre individus qui font tenir la société.
Comme dans toute société. Culture, morale, estime de soi et compagnie ne tiennent évidemment que par la contrainte intersubjective implicite. Ce qui n'empêche qu'il s'agit ici d'une société... ou plutôt d'une caste, celle des samourai, qui est notre prisme pour aborder Rokugan... qui fonctionne avec pour horizon la mort. Au niveau du Japon, c'est exactement ce que décrit Mishima dans "Le Japon moderne et l'éthique samourai", dans lequel il revient au Hagakure qui a servi pendant plusieurs siècles de modèle ou de théorisation du Bushido, pour expliquer en long et en large que "la voie du samourai, c'est la mort". C'est aussi cette vision de la culture des samourai qui a amené les japonnais à entrer dans la philosophie occidentale par le biais d'Heidegger, qui disait quoi? Que l'homme est l' "être-pour-la-mort", l'être qui se définit par le fait que sa vie est orientée par la perspective de sa propre mort. Cette perspective de la mort comme horizon de l'éthique est donc bel et bien le fondement de la culture samourai, et, il n'y a, je pense, aucune raison de s'en écarter pour appréhender la culture des samourai rokugani, d'autant plus que dans ce monde imaginaire, ceux qui ont défini le Bushido, à savoir les Lions, sont très exactement dans cette perspective.

Doji Satori a écrit :
EcceAngelo a écrit :Or, si une telle société ne s'auto-détruit pas dans un immense bain de sang, c'est parce que les moeurs sont entièrement tournées autour du fait de ménager soi-même et son prochain, pour justement éviter d'en arriver à ces extrêmes. Dit autrement, la menace de mort qui pèse sur le déshonneur sert à inciter chacun au ménagement, de soi et de l'autre. C'est-à-dire que l'honneur n'est que l'outil qui permet le fonctionnement d'une société du ménagement, au même titre que la promesse de la vie après la mort est ce qui permet dans les sociétés chrétiennes le fonctionnement d'une société de la vertu (et du repentir).
C'est à mon sens une vision très réductrice des sociétés basées sur l'honneur.
A mon sens c'est au contraire une vision extrêmement riche, qui correspond aux fondements des constructions culturelles mis en valeur par l'anthropologie, entre autre par Levi-Strauss.

Doji Satori a écrit : On n'arrive pas à de telles extrémités parce que, quand on commet une erreur manifeste, le fonctionnement normal de la société stipule qu'il convient de s'excuser.
Effectivement. Sauf que dans le Rokugan tel qu'il est défini par la gamme, l'excuse cause une perte de gloire sans réparer la perte d'honneur. Dans tous les cas, elle est quelque chose de nécessaire, que le samourai doit faire, mais elle n'est pas vue comme quelque chose de positif ou de valorisé. Et qu'il vaut toujours mieux éviter de faire une connerie plutôt que de la faire et de devoir ensuite s'excuser.

Doji Satori a écrit : Pour moi l'honneur ne mène pas à la mort et régit l'ensemble des moindres actes quotidiens de la société.
Il régit l'ensemble des moindres actes quotidiens de la société parce qu'en définitive il mène à la mort. Cf Mishima & Hagakure & les zélotes nippons qui se sont reconnus dans la pensée de Heidegger.
Doji Satori a écrit : Le fait est que chaque décision de l'individu engage dans une certaine mesure l'honneur du groupe mais l'honneur n'est pas que "négatif", ne mène pas qu'à la mort ; mais l'honneur est aussi et surtout "positif", il exalte l'individu à travers le groupe.
Aussi. Et est valorisé le samourai qui parvient à vivre sa vie, comme diraient les Lions, en étant prêt à chaque instant à rejoindre ses ancêtres et à les aborder avec fierté. C'est-à-dire celui qui dans tous les actes de sa vie a été si honorable qu'il peut à chaque instant être fier de leur rendre leur nom, sans tache à rattraper. Seulement la version Lion est plus directement consciente de ce rapport à la mort, alors que la version Grue, à l'inverse, aborde l'honneur d'une manière plus positive ; mais le rapport est le même, c'est le rapport aux ancêtres qui nous jugeront dans l'éventualité de notre mort, et c'est le rapport à la mort qui serait la dernière conséquence du déshonneur, conséquence dont on peut être fier de se tenir le plus écarté possible.

Doji Satori a écrit : Dire que les Matsu ont une courte vue et que les Grues ont une vision supérieure de l'honneur est un jugement de valeur.
D'où le fait que c'était une boutade.

Doji Satori a écrit : Dans l'absolu, entre une culture de clan qui détermine un Honneur de 3 et une autre culture de clan qui détermine un Honneur de 3 il y a une équivalence d'application de l'honneur sociétal.
Là je ne vois pas où tu veux en venir...

Doji Satori a écrit : Je cite à nouveau M. Pinguet, même ouvrage :
« Les Japonais sont entraînés depuis toujours à assumer emphatiquement leurs fautes. Cela peut aller de la simple formule de politesse, du geste machinal jusqu’aux actes d’expiation les plus rigoureux. Lorsqu’ils observent la vie occidentale, ce qui les étonne c’est notre réticence à nous avouer publiquement responsables, c’est notre propension à nous excuser en alléguant des circonstances extérieures ou l’innocence de l’intention …
Aux yeux des Japonais, il ne convient pas d’argumenter sa faute, de se disculper. Ils n’apprécient rien autant que le courage de se juger coupable. Les comportements d’autopunition qui nous semblent suspects, morbides ont toujours été accueilli par eux avec sympathie, avec admiration, comme une suffisante rédemption de l’erreur, de l’échec, de la faute. »
Ce qui, dans le Rokugan tel qu'il est décrit par la gamme n'est pas valorisé. C'est peut-être là John Wick & al qui se sont planté, mais toujours est-il qu'ils ont construit une culture où cet élément, pour aussi intéressant qu'il soit, est absent : il n'y est pas vu comme un acte honorable ou valorisé que d'avouer emphatiquement une faute. Au contraire, la gamme présente cela d'une façon très premier degré : il a avoué une faute, c'est qu'il y avait une faute à la mesure de ce qu'il a avoué, donc le déshonneur correspondant, donc la punition est méritée. Seppuku.

Doji Satori a écrit : Je suis toujours en totale contradiction avec cette sensibilité.

L'Honneur paramètre de jeu noté de 0 à 5 n'implique aucun déterminisme des actions. En terme de jeu, il peut juste permettre de refaire un jet de Volonté (après c'est peut être différent en 3ème édition).
On peut ne pas être d'accord sur la fonction du paramètre de jeu... Mais c'est un élément qui ne m'intéresse tellement pas que je ne vois pas vraiment la peine d'en discuter plus longuement, sauf si tu y tiens vraiment (et je suis surtout formé à la 1ere, avec quelques bribes de 3e par-ci par-là, donc on se réfère plus ou moins aux mêmes choses).
Doji Satori a écrit : Voir dans l'Honneur "culturellement, c'est un mec peu attaché à cette valeur" c'est privilégier l'intention à l'acte, c'est avoir une lecture très occidentale de la société.
Ce n'est pas vraiment ce que je dis, cf plus haut, avec l'expression dans les actes quotidiens de choses que les règles ne prennent pas en compte. Un mec attaché à cette valeur, est un mec dont la plupart des actes l'expriment. Un mec qui n'y est pas attaché, est quelqu'un dont il est visible qu'il n'agit honorablement que dans certains actes choisis, aussi nombreux soient-ils, et n'en fait pas un souci permanent.
Doji Satori a écrit : Pour moi, les Rokugani n'ont pas cette duplicité ce qui rend l'Honneur aussi implacable pour nous autres occidentaux. Il ne reste que l'acte, je ne peux me cacher derrière des mots pour exprimer la "vérité" : Ne me dites pas que la voie est difficile, dites que le difficile est la voie ...

On s’en fout du pourquoi pour ne s’attacher qu’aux actes ou plutôt, on est pas dupe de la motivation avouée donc on préfère l’ignorer ou en demander la preuve de la motivation dans l’acte lui même ce qui revient au même (ce qui amène aux nébuleuses et fumeuses considérations d’apparence et de vérité).
(Tout à fait d'accord, mais je ne vois pas ce que ça change...)
Doji Satori a écrit : Avoir peu d'Honneur, c'est avoir accompli beaucoup d'actes déshonorables. L'Honneur ne peut donc être pour moi que rarement une ressource pour surmonter les difficultés qui se présentent puisque j'ai souvent failli ...
C'est très exactement l'inverse pour un Honneur élevé et c'est à peu près tout ce qu'est pour moi l'Honneur mais c'est déjà beaucoup.

Je ne considère pas que les Matsu ont aucune manières, ce ne sont pas des Crabes archétypaux justement.
De nouveau, on n'est pas d'accord : un Matsu peut, alors qu'il attache énormément d'importance à l'honneur, avoir commis pas mal d'actes déshonorables... L'honneur sera toujours pour lui une ressource plus importante que pour un shinobi qui s'en bat l'oeil mais qui respecte l'honneur pour donner le change : il aura peut-être un honneur plus élevé, puisqu'il s'agit de la conséquence directe de ses actes, mais l'honneur ne sera pas forcément pour lui une ressource morale...
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit : Le même acte déshonorable entraîne la même perte d'honneur qu'il soit public ou privé.
Si les officiels Grue "honorables" commanditent des actions non honorables, il sont très exactement dans la situation des Scorpions "déshonorables" qui commanditent des actions non honorables de leurs sbires sans se salir les mains.

Même situation, même traitement.
Doji Satori a écrit : Cf ci dessus "piétiner" ou "respecter" un concept n'entre pas en considération dans la vision que je souhaite de l'honneur.

Je veux un concept d'honneur rokugani, pas de jésuite ... :mal: ;)
On est d'accord, même si, permets-moi cette petite remarque hors sujet, sur le point qui nous occupe, jésuites et rokugani ne sont pas si éloignés. Mais on ne va pas rentrer là-dedans, sinon on va digresser radicalement sur un point qui a vraiment peu d'intérêt.
Doji Satori a écrit : Ben en dehors des champs de bataille, je vois mal à Rokugan les combats s'arrêter obligatoirement au premier sang versé pour aller se purifier. Donc, c'est un peu général comme principe.
Ca c'est la différence radicalement entre société idéale et société réelle, ou entre le modèle que la société suit, celui auquel elle pense qu'elle devrait correspondre, et la réalité. En très très gros : on sait qu'on devrait se comporter de telle manière, mais en pratique on y déroge souvent parce qu'il est trop dur si pas impossible de s'y tenir à 100%, tout en ressentant la culpabilité de ne pas y correspondre entièrement. Et c'est ce qui nous pousse à sentir qu'on devrai faire mieux.

Doji Satori a écrit :Pour moi, l'explication de la dispense d'autorisation est beaucoup plus simple sans me torturer avec des règles et des exceptions d'exception (sans jugement de valeur on peut tout à fait trouver ceci comme satisfaisant totalement son gout d'exotisme).

Comme la solidarité de l'honneur samuraï engage son seigneur / sa parentèle dans ce duel, le samuraï en voyage a particulièrement intérêt à ne pas lancer ou relever un duel à la légère au risque d'être désavoué par son seigneur / chef de famille quand il rendra compte de ses actions ...

Au passage, c'est cette absence d'attache qui rend un ronin particulièrement imprédictible et dangereux. La société de liens se méfie de ceux qui n'ont pas de liens ...
Tout à fait d'accord, c'est exactement ce que je soutiens. Si l' "exception", comme tu dis, en est une, c'est parce que la situation, de manière bêtement pratique, ne permet pas que les règles soit respectées comme elles devraient, et donc on tolère que dans telle sorte de situation, la règle ne soit pas aussi contraignante.

Doji Satori a écrit : Justement, ce n'est pas fidèle au Japon médiéval IRL puisque les ménagères ne se précipitaient pas au sanctuaire après chaque préparation de repas où elles avaient "manipulé des cadavres" ...
La ménagère ne prétend pas être un samourai, elle ne prétent pas se tenir à un même niveau d'honorabilité que celui qu'on attend du samourai.

Le jour du Sabbat, certains Juifs radicaux refusent de manipuler des appareils électriques, voire d'ouvrir eux-même les portes. S'ils peuvent fonctionner ainsi, c'est parce qu'il y a un partage informel dans la société, où certains ne cherchent pas à être aussi purs que ceux-là, et acceptent de faire ces tâches "interdites" pour eux à leur place. C'est ce qui se passe à Rokugan avec les etas qui s'occupent des cadavres et des ordures : comme la ménagère, ils ne prétendent pas à la même pureté que les samourais, et prennent sur eux ces tâches pour permettre à ceux qui prétendent à cette pureté, les samourais, de pouvoir l'atteindre (ou progresser dans ce sens).
Doji Satori a écrit : Rokugan n'a justement forcément pas besoin d'être le Japon pour toutes les considérations culturelles mais quand il le copie autant le faire sur la totalité du concept pour éviter ce genre d'absurdités.

Je préfère comprendre un concept étranger pour le vivre dans le jeu plutôt que de copier des notions et me dire que quand il y a des incompréhensions ou des incohérences c'est parce que les rokugani ne pensent pas comme nous et que cela participe à l'ambiance d'une société exotique.
Tout à fait d'accord avec toi, même s'il faut comprendre que si tu veux aborder le moindre concept culturel dans son entièreté, tu es obligé d'importer en même temps tout le reste de la culture dans lequel il prend sens, et donc tu ne peux te permettre, comme pour Rokugan, de mêler différentes cultures ou d'évacuer le moindre aspect (et d'autant plus quand il s'agit d'aspects majeurs comme les clans, la géographie ou la religion).

Publié : 16 avr. 2008, 18:49
par hida hota
imaginez la dame de compagnie qui est en fait une yojimbo daidoji
genre brodette de dame patience de l'assassin royal de robin hobb version rokugan
grave çà me tenaille l'esprit
hihihi :crabe:

Publié : 17 avr. 2008, 08:33
par axl_2baz
Je le sentirais plus en Scorpion comme concept mais ca doit etre sympa a jouer ca

Publié : 17 avr. 2008, 10:31
par Hida Geo
Il favoir la famille Daidoji comme ayant plusieurs faces.

Les Yojimbos => parangon d'honneur et de bravoure
Les Courtisans => face officielle et protégeant les autres grâce à leur honneur
Les Assassins => combattants de l'ombre qui sacrifient leur honneur pour le clan
Les Busards => saboteurs et manipulateurs, ils sont le côté obscur du clan

A mon avis, la majorité du clan de la Grue ignore l'existence des actions déshonorantes des Daidoji pour le bien de leur santé mentale.

Les Daidoji sont là pour protéger le clan de manière honorable ou non.
Le Clan avant l'honneur !!!

Publié : 17 avr. 2008, 12:06
par Kakita Inigin
Le Clan avant les ordres de la daimyo la plus conne qu'on aie jamais eu ...

Publié : 17 avr. 2008, 12:41
par Yatoshin
Les chiens de meute sont pas des assassins, ils sont plus des saboteurs, spécialiste de l'embusquade... quand au busard... pffft domotai, la seule daimyo grue élue femme de l'année par le scorpion... non mais c vrai fallait etre con pour se passer des harrier...

Publié : 17 avr. 2008, 16:20
par Shosuro Uso
Ou avoir reçu une éducation Matsu.
Aussi loin que je sache, il n'y a pas d'assassins dans le Clan de la Grue, à part dans Mille Ans de Ténèbres. Les Harriers n'empoisonnent pas, ne dessoudent pas de gens pendant leur sommeil, ce genre de chose. Pour ça, il y a des somnambules en pyjama noir, et c'est pas des Grues. :mal:

PS: Quelqu'un peut me dire la différence entre Chiens de Meute et Busards? Parce que pour moi, c'est tous des Harriers...

Publié : 17 avr. 2008, 16:23
par Tetsuo
Shosuro Uso a écrit :Aussi loin que je sache, il n'y a pas d'assassins dans le Clan de la Grue
Sisisisisis! Y en a!
Ils appellent ça "Duelliste de l'Ecole Kakita"

Publié : 17 avr. 2008, 16:33
par Shosuro Uso
:bow:
Joli.

Publié : 17 avr. 2008, 16:38
par Pénombre
Shosuro Uso a écrit :
PS: Quelqu'un peut me dire la différence entre Chiens de Meute et Busards? Parce que pour moi, c'est tous des Harriers...
y en a pas, Chiens de Meute, c'est la traduction VF de Harriers depuis Voie du Ninja et ils l'ont gardé. Busard, ç'est une traduction officieuse que je n'ai vu que sur la Voix d'ailleurs

Publié : 17 avr. 2008, 18:51
par Kõjiro
Votre discussion est très intéressante mais difficile à suivre. Un peu par le fond, complexe, mais également par la forme, le tronconnage de post empêchant un développement progressif des concepts.

Je vous propose de répondre chacun (qui veut) à une question simple et pratique :

Je suis joueur à votre table, je souhaite faire un personnage ayant un honneur très élevé, quels conseils d'interprétation me donnez vous ? Et (éventuellement) quelles seront les éventuelles conséquences en termes simulationnistes de cet honneur élevé ?

Et question symétrique avec un personnage ayant un honneur très faible.

Bien sûr vous pouvez développer de manière générale ou différencier selon les clans ou selon n'importe quel autre paramètre.

Ca permettra peut être de donner une adj qui plus est (à plusieurs voix et peut être dissonnantes ce qui n'est pas un défaut).

Je scinderais peut être ce sujet qui a pas mal dévié aussi.

Merci en tout cas pour la discussion passée et vos éventuelles contributions à venir :)

Publié : 17 avr. 2008, 19:21
par Kakita Inigin
Pénombre a écrit :
Shosuro Uso a écrit :
PS: Quelqu'un peut me dire la différence entre Chiens de Meute et Busards? Parce que pour moi, c'est tous des Harriers...
y en a pas, Chiens de Meute, c'est la traduction VF de Harriers depuis Voie du Ninja et ils l'ont gardé. Busard, ç'est une traduction officieuse que je n'ai vu que sur la Voix d'ailleurs
Sur les cartes.
edit : d'ailleurs en le recherchant sur la voix, j'ai trouvé de vieux sujets, notament la discussion Stabilité du Grue qui est savoureuse ...

Publié : 18 avr. 2008, 00:38
par Doji Satori
OK Kõjiro, je réponds quand même à EcceAngelo qui a pris la peine de faire un long message (j'essaie de faire court :))
EcceAngelo a écrit :Entièrement d'accord avec toi sur ce point (qui pourtant nous amène dans un autre débat monstrueux dans lequel nous n'entrerons pas : ceci est totalement contradictoire par rapport au Tao, qui est un des fondements de la culture rokugani, par opposition à la culture japonaise), mais ça ne change pas grand chose à l'affaire. A Rokugan, même si l'intention n'est pas jugée en tant que telle, et que le samourai est jugé par rapport à ses actes, il y a quand même une différence entre un Shinobi Shosuro et un Daidoji, et qui s'exprime dans des actes trop ténus pour être représentés dans les règles : dans sa manière générale d'envisager les choses et d'agir, le Scorpion fera peu de cas de son honneur, alors que dans la manière d'être au quotidien du Daidoji transparaitra son désir d'être le plus honorable possible, et le fait qu'il condamne très sévèrement ses propres actes déshonorables. Or les règles de perte d'honneur et de gain d'honneur ne sont pas assez fines (on rentrerait dans des quarts de huitième de points gagnés quotidiennement, un système rolemasterien au possible) pour rendre le fait que le Daidoji montre par toute sa manière d'être quotidienne son attachement à l'honneur, alors que le Shinobi n'en fera que le strict minimum. Et il n'y a pas besoin pour s'en rendre compte d'entrer dans la distinction entre acte et intention (très intéressante au demeurant, mais inutile ici).
Je ne fais pas de différence entre l'hérétique et le pécheur qui se repend. Grossièrement, aller à la messe n'efface pas l'horreur des crimes accomplis.

Pour moi, les Scorpions n'attachent pas d'importance au bushido, mais leur éducation n'est qu'un autre formatage où la fin justifie les moyens, un lavage de cerveau qui leur permet d'entreprendre les actes les plus ignobles qui soient tout en conservant leur estime personnelle sous le couvert du "serment au premier Hantei".

En dehors de cela, les Scorpions observent les règles sociales de la société, l'ordre céleste est le même. C'est le même idéal de giri (voir ci dessous), voire davantage puisqu'un ordre supérieur est susceptible de connaître aucun frein, aucune limite (cf l'excellente nouvelle de la Voie du Scorpion page 15 ...). Accomplir des actes déshonnorables à des fins personnelles encourt les mêmes sanctions etc.

Un assassin Scorpion n'a pas nécessairement besoin d'être menteur, malhonnête tout comme les braves Daïdoji qui empoisonnent à l'insu de leur plein gré.

Pour moi dans ce contexte, ce membre des forces spéciales Daïdoji (c'est un terme moderne mais chien de meute, harrier et busard ça ne passe pas) est bien obligé lui aussi de porter un masque (un samuraï n'a normalement qu'une seule face) et de débiter des mensonges quand ses honorables parents lui demandent de raconter ses "exploits" de la dernière campagne militaire.
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit : Je ne suis pas du tout de cet avis.
Dans une culture de l'honneur, que certains appellent culture de la honte, ce sont les liens entre individus qui font tenir la société.
Comme dans toute société. Culture, morale, estime de soi et compagnie ne tiennent évidemment que par la contrainte intersubjective implicite. Ce qui n'empêche qu'il s'agit ici d'une société... ou plutôt d'une caste, celle des samourai, qui est notre prisme pour aborder Rokugan... qui fonctionne avec pour horizon la mort. Au niveau du Japon, c'est exactement ce que décrit Mishima dans "Le Japon moderne et l'éthique samourai", dans lequel il revient au Hagakure qui a servi pendant plusieurs siècles de modèle ou de théorisation du Bushido, pour expliquer en long et en large que "la voie du samourai, c'est la mort". C'est aussi cette vision de la culture des samourai qui a amené les japonais à entrer dans la philosophie occidentale par le biais d'Heidegger, qui disait quoi? Que l'homme est l' "être-pour-la-mort", l'être qui se définit par le fait que sa vie est orientée par la perspective de sa propre mort. Cette perspective de la mort comme horizon de l'éthique est donc bel et bien le fondement de la culture samourai, et, il n'y a, je pense, aucune raison de s'en écarter pour appréhender la culture des samourai rokugani, d'autant plus que dans ce monde imaginaire, ceux qui ont défini le Bushido, à savoir les Lions, sont très exactement dans cette perspective.
Personnellement, je parle de société et non de castes car ces règles s'appliquent à l'ensemble des rokugani et ne sont pas à l'usage exclusif des samuraï mais bon on peut effectivement s'en tenir qu'aux samuraï pour plus de simplicité.

Pour moi, la société fonctionne sur le giri :
"Obligation, devoir, dette morale qui lie le sujet à toute personne dont il reçu bienfait ou bienveillance. Le giri n'étant pas fondé sur une loi universelle, nest pas la justice au sens occidental, ni le contrat précaire de deux individus qui s'efface quand son objet est atteint. Les liens de giri se nouent entre personnes concrètes, bien déterminées, qui peuvent avoir des statuts différents ou équivalents. Ces relations durables, non révocables, engagent l'idée que le sujet se fait de lui même et l'estime qu'on lui porte, elles sont confiées à sa discrétion, à sa délicatesse. Il faut rendre un bienfait, ou plutôt il faut montrer que l'on ne l'oublie pas, et le remboursement, qui d'ailleurs n'annule pas mais nourrit la relation, peut prendre mille formes libres, symboliques le plus souvent." (toujours dans la mort volontaire au Japon, ce n'est pas le seul bouquin que j'ai mais c'est celui qui aborde de façon le plus intelligible ces notions AMHA)

En prenant l'"éthique de la mort" tu abordes non pas la façon d'envisager le référentiel moral mais le contenu du référentiel moral lui même.

On peut fort bien se baser sur l'Hagakure pour construire le bushidô de son Rokugan (même si je ne pense pas qu'il soit cité) mais en aucun cas l'Hagakure et son "la voie du samuraï c'est la mort" est le bushido.
Entre autre le bushido de la période où le Hagakure a été écrit (Edo) est fortement influencé par le fait que les samuraï ont cessé d'être des combattants ce qui pose certains soucis dans une société qui valorise uniquement les actes (d'où l'apparence du bushido en tant que théorie d'ailleurs avant il n'avait pas besoin d'être formalisé puisqu'il était vécu).
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit : On n'arrive pas à de telles extrémités parce que, quand on commet une erreur manifeste, le fonctionnement normal de la société stipule qu'il convient de s'excuser.
Effectivement. Sauf que dans le Rokugan tel qu'il est défini par la gamme, l'excuse cause une perte de gloire sans réparer la perte d'honneur. Dans tous les cas, elle est quelque chose de nécessaire, que le samourai doit faire, mais elle n'est pas vue comme quelque chose de positif ou de valorisé. Et qu'il vaut toujours mieux éviter de faire une connerie plutôt que de la faire et de devoir ensuite s'excuser.
On est tout à faire d'accord qu'il vaut mieux faire attention. Maintenant, chacun commet des erreurs vénielles qui peuvent rapidement s'effacer plutôt que d'arriver à une surenchère qui amène forcément à une lourde perte d'Honneur.

De mémoire, les excuses atténuent la perte (cf dans le livre de bases l'exemple de Ginawa saoul qui se prend une remontrance et qui fait des excuses les plus "sincères").
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit :Je cite à nouveau M. Pinguet, même ouvrage :
« Les Japonais sont entraînés depuis toujours à assumer emphatiquement leurs fautes. Cela peut aller de la simple formule de politesse, du geste machinal jusqu’aux actes d’expiation les plus rigoureux. Lorsqu’ils observent la vie occidentale, ce qui les étonne c’est notre réticence à nous avouer publiquement responsables, c’est notre propension à nous excuser en alléguant des circonstances extérieures ou l’innocence de l’intention …
Aux yeux des Japonais, il ne convient pas d’argumenter sa faute, de se disculper. Ils n’apprécient rien autant que le courage de se juger coupable. Les comportements d’autopunition qui nous semblent suspects, morbides ont toujours été accueilli par eux avec sympathie, avec admiration, comme une suffisante rédemption de l’erreur, de l’échec, de la faute. »
Ce qui, dans le Rokugan tel qu'il est décrit par la gamme n'est pas valorisé. C'est peut-être là John Wick & al qui se sont planté, mais toujours est-il qu'ils ont construit une culture où cet élément, pour aussi intéressant qu'il soit, est absent : il n'y est pas vu comme un acte honorable ou valorisé que d'avouer emphatiquement une faute. Au contraire, la gamme présente cela d'une façon très premier degré : il a avoué une faute, c'est qu'il y avait une faute à la mesure de ce qu'il a avoué, donc le déshonneur correspondant, donc la punition est méritée. Seppuku.
Cf exemple de Ginawa ci-dessus. Maintenant, c'est clair qu'au fil de l'évolution de la gamme c'est davantage ce que tu dis qui est proné.

Affaire de goût qui me rappelle une discussion similaire avec Kocho sur l'inéluctabilité du déshonneur dans certaines situations mais personnellement je préfère avoir une société où l'individu honorable ou souhaitant le rester n'est pas obligatoirement amené au seppuku à un moment où un autre.
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit : Ben en dehors des champs de bataille, je vois mal à Rokugan les combats s'arrêter obligatoirement au premier sang versé pour aller se purifier. Donc, c'est un peu général comme principe.
Ca c'est la différence radicalement entre société idéale et société réelle, ou entre le modèle que la société suit, celui auquel elle pense qu'elle devrait correspondre, et la réalité. En très très gros : on sait qu'on devrait se comporter de telle manière, mais en pratique on y déroge souvent parce qu'il est trop dur si pas impossible de s'y tenir à 100%, tout en ressentant la culpabilité de ne pas y correspondre entièrement. Et c'est ce qui nous pousse à sentir qu'on devrai faire mieux.
Pour moi, c'est la différence entre l'absurde et le cohérent.
Quelqu'un dont le métier est de manier des armes se souille nécessairement avec du sang.
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit :Pour moi, l'explication de la dispense d'autorisation est beaucoup plus simple sans me torturer avec des règles et des exceptions d'exception (sans jugement de valeur on peut tout à fait trouver ceci comme satisfaisant totalement son gout d'exotisme).

Comme la solidarité de l'honneur samuraï engage son seigneur / sa parentèle dans ce duel, le samuraï en voyage a particulièrement intérêt à ne pas lancer ou relever un duel à la légère au risque d'être désavoué par son seigneur / chef de famille quand il rendra compte de ses actions ...

Au passage, c'est cette absence d'attache qui rend un ronin particulièrement imprédictible et dangereux. La société de liens se méfie de ceux qui n'ont pas de liens ...
Tout à fait d'accord, c'est exactement ce que je soutiens. Si l' "exception", comme tu dis, en est une, c'est parce que la situation, de manière bêtement pratique, ne permet pas que les règles soit respectées comme elles devraient, et donc on tolère que dans telle sorte de situation, la règle ne soit pas aussi contraignante.
Pour moi ce n'est pas une exception, c'est simplement le fait que le samuraï n'est pas en permanence avec son seigneur et qu'il est nécessairement amené à prendre des décisions qui demandent l'approbation a posterieuri de son seigneur.
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit : Justement, ce n'est pas fidèle au Japon médiéval IRL puisque les ménagères ne se précipitaient pas au sanctuaire après chaque préparation de repas où elles avaient "manipulé des cadavres" ...
La ménagère ne prétend pas être un samourai, elle ne prétent pas se tenir à un même niveau d'honorabilité que celui qu'on attend du samourai.

Le jour du Sabbat, certains Juifs radicaux refusent de manipuler des appareils électriques, voire d'ouvrir eux-même les portes. S'ils peuvent fonctionner ainsi, c'est parce qu'il y a un partage informel dans la société, où certains ne cherchent pas à être aussi purs que ceux-là, et acceptent de faire ces tâches "interdites" pour eux à leur place. C'est ce qui se passe à Rokugan avec les etas qui s'occupent des cadavres et des ordures : comme la ménagère, ils ne prétendent pas à la même pureté que les samourais, et prennent sur eux ces tâches pour permettre à ceux qui prétendent à cette pureté, les samourais, de pouvoir l'atteindre (ou progresser dans ce sens).
On est sur des visions extrèmement éloignées.

Ce n'est pas une question d'honorabilité mais de souillure (à l'origine IRL shintô). Tous les Rokugani non eta cherchent à éviter la souillure, ce n'est pas spécifique aux samuraï.

On ne va peut être pas aller dans le scatologique mais les samuraï les plus purs n'ont pas un eta "torche cul" attitré non ?
EcceAngelo a écrit :
Doji Satori a écrit :Rokugan n'a justement forcément pas besoin d'être le Japon pour toutes les considérations culturelles mais quand il le copie autant le faire sur la totalité du concept pour éviter ce genre d'absurdités.

Je préfère comprendre un concept étranger pour le vivre dans le jeu plutôt que de copier des notions et me dire que quand il y a des incompréhensions ou des incohérences c'est parce que les rokugani ne pensent pas comme nous et que cela participe à l'ambiance d'une société exotique.
Tout à fait d'accord avec toi, même s'il faut comprendre que si tu veux aborder le moindre concept culturel dans son entièreté, tu es obligé d'importer en même temps tout le reste de la culture dans lequel il prend sens, et donc tu ne peux te permettre, comme pour Rokugan, de mêler différentes cultures ou d'évacuer le moindre aspect (et d'autant plus quand il s'agit d'aspects majeurs comme les clans, la géographie ou la religion).
Ben non, au contraire même.

Etant donné qu'il n'y a pas qu'un Japon mais beaucoup de Japons (cf l'exemple du bushido que l'on souhaite avoir mais on peut sans soucis avoir des sources imaginaires aussi), l'important est d'avoir un puzzle dont les pièces semblent ajustées à la tablée et qui correspond à ses envies de jeu.

Publié : 18 avr. 2008, 06:20
par Hida Geo
busard est une trad de harrier

Publié : 18 avr. 2008, 08:09
par Kõjiro
Sujet réouvert - Bonne discussion