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Publié : 19 déc. 2005, 12:05
par Hida Ichi
Je considère qu'un Yojimbo est plus qu'un simple garde du corps.

Il consacre complètement sa vie à protéger une personne, il devient une sorte d'ombre, de double.

Il accepte de mettre sa vie en jeu non seulement pour sauver la personne qu'il protège en prenant les coups à sa place, mais également en prenant toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que la personne dont il a la garde soit en sécurité : froisser des susceptibilités, prendre des mesures énergiques pour protéger son "client" malgré lui.

Le meilleur exemple d'un Yojimbo reste le personnage incarné par Kevin Costner dans "Bodyguard". Il froisse la susceptibilité de sa "cliente", de son entourage, prend des mesures drastiques pour la protéger, prend parfois des initiatives maladroites, ou déplacées.

Je pense qu'un Yojimbo affecté à un personnage important serait même capable de l'assommer pour le contraindre à quitter une situation critique ou celui-ci pourrait perdre inutilement son existence. Comme par exemple une bataille perdue où un samouraï important désirerait mourrir alors qu'il serait mieux qu'il sauve sa vie pour vaincre un autre jour.

Combien de rois, combien de généraux ont eu la vie sauvée par des aides de camp qui les ont retenu alors que ceux-ci voulaient se jetter dans la mêlée d'une bataille perdue pour mourir honorablement ? En Occident, un très grand nombre. Même si nous sommes dans un monde japonisant où la mort est préférable au déshonneur, je ne pense que mourrir pour une personnalité très très importante est mieux que survivre. Sa mort peut avoir des conséquences terribles, privant sa famille, son clan, d'un dirigeant important. Au pire si il pense, à tête réposée, qu'il lui est impossible de vivre avec la honte de la défaite, il se fera seppuku.

Le meilleur exemple est celui de l'héritier qu'un père préfère voir survivre pour lui succéder tandis que sa mort serait certes honorable mais au combien dommageable pour la famille ou le Clan.

Sinon, un général peut perdre aujourd'hui et vaincre demain.

Je me rappelle la nouvelle du Livre de Base de la première édition, où à travers les yeux de Ginawa on voit une bataille entre les Grues et les Lions. Le général Lion est défait en combat singulier par le général Grue, privant ses troupes de son commandement. Maintenant un Yojimbo peut très bien aller combattre à la place de son "maître" surtout si celui qui le provoque en duel est d'un statut moindre qu'il est acceptable que le Maître puisse ne pas mettre sa vie en danger contre un "moins-que-rien".

Dans cette optique, toute personne importante, au niveau de son staut, de ses relations, de sa mission, reçoit un yojimbo.

Maintenant la tradition veut que les shugenja reçoivent des yojimbo, car un shugenja quelque soit son statut est avant tout un intermédiaire entre les hommes et les Dieux et ce staut de prêtre à la limite du sacré doit être protéger.

Mais je dirais que les officiers importants, à partir du grade de Chui ont également un Yojimbo, vous savez celui qui se prend la flèche perdue en lieu et place de son commandant.

Et bien sûr tous les jeunes samouraïs des familles importantes ont également un yojimbo, le samouraï plus âgé et plus expérimenté qui évite à de jeunes têtes brûlées de mourir bêtement…

Publié : 19 déc. 2005, 12:06
par Kakita Inigin
Tiens un débat qui s'enlise (et un rival pour Pénombre :lol:)

Publié : 19 déc. 2005, 12:38
par Pénombre
rien n'empêche un ronin de porter un mon !

il ne peut plus porter celui de son clan mais il peut porter un mon personnel, cependant il ne sera pas répertorié ni protégé par les héraldistes impériaux (sauf faveur ou sauf si le ronin a reçu un Nom par l'administration impériale)
ce qui signifie que ça n'est pas son mon qui fait de lui un samurai vu qu'il n'est pas reconnu mais bien le fait qu'il porte un daisho ...

d'ailleurs, Voie du Loup montre bien la nuance : avoir un mon perso est un avantage pour trouver du boulot une fois qu'on a pu se faire une réputation, point.

ne pas avoir son katana ou son wakizashi pénalise les jets sociaux du ronin face à d'autres samurai (1 dé lancé de moins s'il n'a pas de wakizashi, un dé gardé de moins s'il n'a pas de katana)

CQFD

Publié : 19 déc. 2005, 19:16
par Seppun Lordos
Pénombre a écrit :ne pas avoir son katana ou son wakizashi pénalise les jets sociaux du ronin face à d'autres samurai (1 dé lancé de moins s'il n'a pas de wakizashi, un dé gardé de moins s'il n'a pas de katana)
Le bushi uniquement, surtout en ce qui concerne le katana, ou même celui qui n'est pas sencé en porter ?

Publié : 19 déc. 2005, 21:34
par Hida Kekkai
Pénombre a écrit :ce qui signifie que ça n'est pas son mon qui fait de lui un samurai vu qu'il n'est pas reconnu mais bien le fait qu'il porte un daisho ...
je n'ai jamais dit le contraire ;)

Publié : 19 déc. 2005, 22:14
par Pénombre
Le bushi uniquement, surtout en ce qui concerne le katana, ou même celui qui n'est pas sencé en porter ?
tous les samurai sont censés en posséder

un courtisan ne porte généralement pas le sien parce qu'il est protégé par des guerriers et porte les couleurs de son clan

s'il est condamné à l'exil et qu'il laisse le katana à la maison, ben n'étant plus protégé ni autorisé à se réclamer d'un clan, je pense qu'il va se compliquer sérieusement une vie de ronin qui n'a déjà rien d'une promenade de santé il me semble

Publié : 19 déc. 2005, 22:21
par Hida Kekkai
Pénombre a écrit :tous les samurai sont censés en posséder
tout à fait

si on se base sur le Japon médieval, un samurai qui recevait une promotion recevait aussi généralement un katana des mains de son seigneur pour matérialiser et symboliser cette promotion et le nouveau lien féodal tissé

on peut donc imaginer que tout samurai posséde donc par héritage ce katana "familial" qui symbolise le lien de vassalité de son ancêtre envers son seigneur et qu'il en a peut-être même d'autres reçus à diverses occasions

cela s'applique aussi aux courtisans et shugenja

Publié : 20 déc. 2005, 10:56
par Seppun Lordos
Pourtant, dans la dotation de base dans L5A, il n'en est pas question pour la pluspart des non bushi (a part quelques shug). Ces personnages ne sont alors pas sencé se servir d'un katana, mais doit être protéger par des porteur de katana si besoin.

Publié : 20 déc. 2005, 11:02
par Kakita Inigin
La réponse est : jeu de rôles "prêt à jouer" mais mal conçu.
Les courtsians ne portent pas le katana donc ils n'en ont pas dans leur équipement de base. Il n'est pas non plus fait mentio du fait d'avoir une maison ... mais les daimyo qui laissent les mères de leurs samourai dormir dans la rue sont rares.

Publié : 20 déc. 2005, 11:38
par Seppun Lordos
Mais je ne considérais pas la demeure comme un équipement, à l'exception des membres du clan de l'escargot.

Pour l'équipement du samurai quelqu'il soit, je me suis toujours cantonné à l'équipement de base, surtout en ce qui concerne les armes qui ne sont pas en vente libre et dont leur dotation est étroitement surveillé.

Que ferais un shug d'un katana décoratif à part le maître sur sa cheminée (à noter que des lanceurs de sort au japon historique il n'y en avait pas légion non ?). Je n'ai pas l'impression que quelqu'un qui a 0 en katana n'ai besoin d'en avoir, surtout si son sac à mains est remplis de parchemins magiques. Cela le définis assez je trouve.

Publié : 20 déc. 2005, 14:09
par Hida Ichi
Seppun Lordos a écrit :Que ferais un shug d'un katana décoratif à part le maître sur sa cheminée (à noter que des lanceurs de sort au japon historique il n'y en avait pas légion non ?). Je n'ai pas l'impression que quelqu'un qui a 0 en katana n'ai besoin d'en avoir, surtout si son sac à mains est remplis de parchemins magiques. Cela le définis assez je trouve.
Un shugenja n’a pas de katana décoratif à mettre sur sa cheminée.

Il a le katana de son père, ou de son grand-père, ou d’un autre membre de sa famille qui lui a légué son katana, et même si lui-même n’en a pas l’utilité, il se doit de le garder, de l’honorer et de le transmettre à un de ses descendants.

Peut-être que son père était un Bushi et que lui Shugenja n’a pas l’utilité de porter le katana, mais son fils sera peut-être dépourvu du Don des Kami et aura donc l’utilité de ce katana…

Publié : 20 déc. 2005, 14:34
par Seppun Lordos
Hida Ichi a écrit :Il a le katana de son père, ou de son grand-père, ou d’un autre membre de sa famille qui lui a légué son katana, et même si lui-même n’en a pas l’utilité, il se doit de le garder, de l’honorer et de le transmettre à un de ses descendants.
Du coup, j'opte pour que le père, le grand-père ou tout autre membre de la famille le léguer à un membre de la famille qui en aura besoin, comme son fils bushi, son cousin bushi, etc.
Je trouve ça cohérant avec le fait que tous les samurai ne sont pas bushi et qu'un père ne lègue pas de fait son katana à son fils unique (comment ferait il s'il en a 2 ?) ou inversement se retrouver avec 6 katana : celui de tes 2 parents et de tes 4 grands parents qui n'ont pas d'autre descendance et qui ont tous été bushi... 6 katana pour le shug...
Bon la je pousse trop loin, mais je ne trouve pas spécialement logique d'appliquer stricto sensu cette règle japonaise ou il n'y a avait pas de lanceur de sort.

Publié : 20 déc. 2005, 15:19
par Hida Ichi
Seppun Lordos a écrit :Du coup, j'opte pour que le père, le grand-père ou tout autre membre de la famille le léguer à un membre de la famille qui en aura besoin, comme son fils bushi, son cousin bushi, etc.
Attention, il y a famille et famille. Il faut faire attention à la notion de lignée familiale.

Un père va léguer son katana à son fils, plus vraisemblablement à son petit-fils car au moment de faire son inkyo, son petit fils devrait être né. Mais son fils et son petit fils sont ses héritiers… Pas son cousin, pas son neveu. La continuité de la famille importe pas celle de donner un katana à quelqu’un qui en aurait l’utilité.

Seppun Lordos a écrit :Je trouve ça cohérant avec le fait que tous les samurai ne sont pas bushi et qu'un père ne lègue pas de fait son katana à son fils unique (comment ferait il s'il en a 2 ?)
Si un père a deux fils et qu’il n’y a pas d’autres katana dans la famille, c’est à mon avis au Daïmyo de procurer un katana supplémentaire à cette famille.

Mais même quand un samouraï a un fils parvenu à l’âge adulte, il reste porteur de son katana tant qu’il ne meurt pas ou ne fasse son inkyo. Son fils aura donc besoin d’un katana bien avant cela.

Seppun Lordos a écrit : ou inversement se retrouver avec 6 katana : celui de tes 2 parents et de tes 4 grands parents qui n'ont pas d'autre descendance et qui ont tous été bushi... 6 katana pour le shug...
Bon la je pousse trop loin, mais je ne trouve pas spécialement logique d'appliquer stricto sensu cette règle japonaise ou il n'y a avait pas de lanceur de sort.
Si tes grands parents, et tes parents, tous Bushi n’ont eu d’autres descendants qu’un seul et unique (misérable) Shugenja, c’est qu’il y a un problème.

Déjà normalement tes grands-parents maternels font partie d’une autre famille que toi. Si il n’avait qu’une fille, ils doivent trouver de leur côté un membre de leur famille pour assurer leur continuité familiale. Ce n’est pas en théorie ton problème.

Donc en toute théorie, tu ne récupères que les katana de tes grands-parents paternels et de tes parents. Là se pose le problème pour tes grands parents de n’avoir eu qu’un seul descendant (ton père) et pour ton père de n’avoir eu qu’un seul descendant (toi). C’est pourquoi, il est d’usage pour les familles samouraï ainsi dépourvues d’enfants d’adopter, un ronin méritant par exemple…

Maintenant, si c’est toi misérable shugenja d’être le dépositaire de tant de katana (4), c’est à toi de d’avoir une nombreuses descendance et de restaurer ainsi la puissance et le rang de ta famille.


Le premier devoir de toute individu, à une époque féodale et dans un univers où le rapport aux ancêtres et à la famille est si important, c’est d’avoir des enfants, une descendance pour assurer la continuité de la lignée familiale.

Publié : 20 déc. 2005, 15:55
par Seppun Lordos
Bon, ok, il existe toujours une solution...
Cela dis, cette vision katanaesque est issu du japon médiévale. Faut il la porté à l'identique à Rokugan ?
Nous avions compris à la première lecture de la 1er ed. qu'a rokugan, seul le wakisashi identifiait de façon sufisante le samurai comme tel, le katana n'étant que porter par son uitlisateur (ce qui n'implique pas en effet qu'il n'en possède pas chez lui).

J'ai alors une autre question : comment envisager un personnage qui aurait 2 katana... et alors que penser de sa volonter de vouloir les manier tous les 2 en mêmes temps (à la mode mirumoto mais avec un 2ème katana plutot qu'un wakisashi) ?
Est-ce techinquement possible, envisageable, long, difficile, etc ? et culturellement, en posséder 2, en porter 2 etc.

Publié : 21 déc. 2005, 11:15
par Hida Ichi
Seppun Lordos a écrit :Bon, ok, il existe toujours une solution...
Cela dis, cette vision katanaesque est issu du japon médiévale. Faut il la porté à l'identique à Rokugan ?
Nous avions compris à la première lecture de la 1er ed. qu'a rokugan, seul le wakisashi identifiait de façon sufisante le samurai comme tel, le katana n'étant que porter par son uitlisateur (ce qui n'implique pas en effet qu'il n'en possède pas chez lui).
Dans ma manière de voir le Rokugan, je suis principalement inspiré par la 1ère édition de L5R, tout comme beaucoup de gens d’ailleurs.

Lorsque dans le scénario du livre de base, le wakizachi joue un rôle majeur dans la cérémonie d’allégeance du samouraï, j’ai imaginé que le wakizachi était justement offert au jeune samouraï par son Daïmyo au moment de son gempukku. Le wakizachi devient alors le symbole de l’appartenance d’un individu au monde adulte, de ceux qui ont prêté allégeance à leur seigneur, à la classe samouraï (celui qui sert).

Les samouraï, homme ou femme, qui ont une réelle profession deviennent alors vraiment des adultes, des vassaux, des samouraï. Ils porteront ou auront un wakizachi, symbole de leur statut, de leur cérémonie d’allégeance.

De même, les jeunes filles qui n’auront pas d’autres professions que d’être des mères de famille, reçoivent aussi une arme, pour se défendre ou se tuer en cas de déshonneur, elle reçoivent un tanto, qui leur est généralement remis quand elles deviennent adulte, soit pendant leur gempukku, soit quand on considère qu’elles sont des femmes, donc pouvant être soumises aux tentations déshonorables des hommes et donc de devoir défendre leur vertu et leur honneur…


Par contre la katana appartient à la famille du samouraï, il se transmet de père en fils, plutôt de grand-père à petit-fils, comme étant un des biens les plus importants de la famille. Il représente l’âme de la famille du samouraï, un bien dont il n’est que le dépositaire et qu’il doit transmettre à ses fils.

En définitive :

le wakizachi est personnel.

le katana est familial.
Seppun Lordos a écrit : J'ai alors une autre question : comment envisager un personnage qui aurait 2 katana... et alors que penser de sa volonter de vouloir les manier tous les 2 en mêmes temps (à la mode mirumoto mais avec un 2ème katana plutot qu'un wakisashi) ? Est-ce techinquement possible, envisageable, long, difficile, etc ? et culturellement, en posséder 2, en porter 2 etc.
Je pense qu’en fonction des endroits qu’on fréquente et des personnes qu’on va affronter ou tout simplement rencontrer, un samouraï peut porter des armes différentes.

Ainsi, sur le Mur Kaiu, Hida Takeshi se bat avec un Tetsubo, un Di-Tsuchi ou toute autre arme terriblement efficace contre les morts-vivants ou les Oni.

Quand il rentre sur les terres de sa famille, pour rendre visite à son père, il porte son katana hérité de son arrière grand-père, une lame Kaiu donnée par un Daïmyo Kaiu de l’époque comme cadeau de mariage.

Et quand il va à la Cour Impériale, il porte dans son obi, un katana venant de la Forge Impériale car son grand-père fut Magistrat d’Emeraude et il reçu des mains d’un cousin de l’Empereur ce katana en récompense de ses services.

Sinon, je ne pense pas qu’on puisse porter deux katana dans son obi en même temps. Cela ne se fait pas, pour une question de mode, de tradition vestimentaire (comme en Occident, une femme ne porte pas la cravate, ou que les hommes ne portent pas des robes, normalement). Mais si un samouraï le fait, c’est qu’il désire se différencier des usages, et donc il en payera le prix social.

Remarques désobligeantes, brimades dans son école, mauvaise réputation, provocation pour confronter son style dans des combats singuliers dans les dojos où il passe, par des ronins. Tout dépend du statut et de la réputation du personnage.

On ne critique pas les tenues « légères » de Dame Baysuhi kachiko car elle est la femme d’un des puissants hommes de l’Empire, et on ne critique pas la vie de débauche de Kakita Toshimoko, car il est senseï en chef de la meilleure école de duel du Rokugan. Mais Mirumoto Takeshi, fils d’un ji-samouraï de la Province Impériale de Trouduculken armé de deux katana, ira au devant de nombreux problèmes sociaux.

Tout comme un samouraï qui est gaucher, ou un shugenja qui portera les deux sabres.

« On frappe sur le clou qui dépasse ». C’est un proverbe japonais qui fonctionne bien au Rokugan. Pour moi, tout comportement, toute conduite, toute caractéristique physique ou mentale qui s’éloigne de ce qui est socialement admis est un désavantage que le personnage payera un jour ou l’autre, ou tous les jours…

Maintenant pour des questions de règle, je pense que se battre avec deux sabres de même longueur est plus difficile que se battre avec un katana et un wakizachi. Il faudrait adapter les règles de DD3 sur le combat à deux armes par exemple pour refléter cet état de fait. Donner un malus, obliger à prendre un avantage, en faire une variante d’une technique de combat existante.