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Publié : 19 juin 2008, 18:36
par Kakita Inigin
[Mode provoc On]
Pis bon les droits d'auteur mirobolants qui enrichissent les soutiens d'un président raciste, tout ça pour qu'ils aillent en suisse pour payer moins d'impots ... est-ce bien utiles ? :mal:
[Mode Off]

Publié : 19 juin 2008, 23:53
par blair
Kyorou a écrit :Faut aussi faire remarquer que la sacralisation des droits d'auteur est une spécialité très française, aussi... Ca remonte à Beaumarchais, si je ne m'abuse.

Accessoirement, le passage d'un modèle à un autre (sans droit d'auteurs) n'aurait rien d'apocalyptique. Franchement, ces discours à la "tout le monde va crever/perdre son emploi", ça m'évoque le mouvement Luddite. Les gens ont-ils tellement peur du changement ? Ou sont-ils prompts à se faire bourrer le mou par les quelques-uns qui réellement ont quelque chose à y perdre (de là à dire que leur thune leur vient de la seule survivance d'un modèle aujourd'hui inadapté...) ?
+1
si un artiste veut gagner du pognon, qu'il fasse des concerts, et pas juste 2 par an.

Publié : 20 juin 2008, 06:33
par Goju Kaze
C'est sur, dans le monde actuel, un artiste qui bossent sur la journée et gratte 2-3 notes le soirà sa guitare, qui veut faire 50 concerts par an, il y a moyen hein.

Après tout, la musique, c'est tellement facile, et puis on a pas besoin de communiquer, il faut juste mettre un post it au bar tabac du coin et on rempli une salle de 500 personnes no problemo...

Après on va demander aux déssineux de se trancher l'oreille, on va demander aux écrivains de faire payer leurs oeuvres par les mécènes, c'est sur, je reste persuadé qu'il y a de riches personnes prêtes à financer des séries de pamphlets...

:sarcastic:

:kaze:

Publié : 20 juin 2008, 07:00
par Moto Shikizu
ce ne sont certainement pas les petits (quel que soit leur talent) qui profitent du systeme actuel.

quant au mecenat, ca fait belle lurette qu'il n'y a plus de veritable mecene. ceux qui veulent se faire passer pour, calculent avant les benefs futurs, et ce n'est pas ca etre mecene.

amha il faut trouver autre chose, qui permette a tous les artistes d'avoir leur chance, et d'obtenir une retribution juste si ils ont un public (desole, mais le mec qui ne plait reellement a personne, ben non il n'aurait rien et devrait se trouver un autre taf).

Publié : 20 juin 2008, 08:34
par Kzo
Certes en attendant la notion de droit d'auteur, ça couvre bcp de choses, et c'est aussi un moyen qu'on les "petits" de controler un minimum leur création et de se faire rémunérer, donc le supprimer c'est mignon mais il faut quand même autre chose pour le remplacer. Parce que les droits d'auteur est un terme général qui comprend les droits de reproduction/diffusion, de représentation, de suite (patrimoniaux); et également les droits dits moraux (divulgation, paternité, etc). Donc peut être qu'il y en a à revoir, ou bien revoir les durées d'expiration des droits d'auteur, mais dire tout simplement sans droits d'auteur ça marchera tout pareil.... Je suis pas si sur.

Publié : 23 juin 2008, 08:34
par Pénombre
tiens, deux petites choses lues sur Libé ce matin :
La Sacem à l’équilibre grâce à la scène
C. Al.
QUOTIDIEN : lundi 23 juin 2008
1 réaction

La Sacem repasse dans le vert. Après une baisse de 0,2 % des perceptions en 2006 (la première depuis quatorze ans), les revenus de la plus grosse société de collecte et de redistribution de droits d’auteur en France ont augmenté de 0,4 % en 2007, à 759,1 millions d’euros. Alors que les droits liés au disque et à la vidéo musicale continuent leur «descente aux enfers» (15,7 % contre 21,3 % il y a cinq ans), que la télé et la radio stagnent et que la musique numérique, bien qu’en forte hausse (+26 % à 10 millions d’euros), ne dépasse pas 1 % des recettes, la Sacem doit son salut à la bonne tenue des droits liés aux concerts (+8,7 %). Autre secteur qui résiste, les droits généraux (+5,23 %), qui concernent la musique dans les lieux publics. «A la différence du disque, qui tire la majorité de ses revenus des ventes en magasin, la Sacem a un modèle diversifié depuis longtemps, note son patron, Bernard Miyet. Mais, début 2008, les perceptions ont chuté de 6 %.» Signe que la mutation du secteur s’accélère ?
par ailleurs, les affidés des majors sont sur la brèche
Riposte graduée : 52 artistes chantent les louanges du projet de loi

par Erwan Cario

tags : musique , riposte graduée

C’était attendu, restait à savoir quand. Moins d’une semaine après la présentation du projet de loi « Création et Internet » devant le Conseil de Ministres, l’industrie du disque envoie ses bons soldats au front. Un contre-feu très médiatique à la vague de contestations condamnant avec vigueur le principe de riposte graduée pouvant aller jusqu’à la suspension de l’accès à Internet pour les internautes fautifs. « Ne pillez pas nos oeuvres », c’est l’appel lancé par des artistes aujourd’hui dans le Journal du dimanche.

« Nous sommes inquiets, très inquiets », expliquent ainsi 52 des artistes les plus populaires de l’hexagone parmi lesquels Johnny Hallyday, Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel, Pascal Obispo ou encore Diam’s. S’en suit un texte des plus alarmistes : « La création, les métiers qui y sont liés, notre activité sont plus que fragilisés, mis en péril, par la déferlante des échanges d’œuvres sans autorisation ni rémunération des artistes et des autres ayants droit ». Et on n’ira pas leur reprocher de ne pas être vraiment dans le besoin, cet appel est (évidemment ?) surtout destiné aux jeunes artistes de demain : « Notre bonheur est de chanter ou de jouer et nous voulons que demain d’autres que nous aient la chance que nous avons eue hier ». Pour rappel, aucun détracteur de la loi à ce jour ne s’est prononcé pour la non-rémunération des artistes, et la dernière enquête à ce jour, menée en Angleterre, montre que 80% des jeunes Britanniques veulent bien payer pour continuer à pouvoir utiliser les services de partage. « Le projet de de loi (...) nous donne de très bonne cartes pour qu’Internet, la culture et la création soient réconciliés, concluent-ils. Nous le soutenons. » On se contentera juste d’exprimer quelques doutes sur l’aspect réconciliateur du projet actuel.

Les 52 signataires :
Etienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier, Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Seimoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy4delarime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro, Diam’s, Renaud, Romane Cerda, Cali et la Grande Sophie.
examinons un peu le truc :
- les droits de diffusion par la radio, dans les boites ou les fiestas ainsi que les concerts des artistes eux-mêmes génèrent de quoi remettre la SACEM dans le vert. Sachant qu'à la base, la SACEM n'a que des couts de fonctionnement propres (elle n'investit rien, ne vend rien, ne fabrique rien mais veille à ce que ceux qui le font encaissent ce qu'ils sont en droit d'attendre...), on appréciera déjà le principe de l'intermédiaire qui lui va bien dans un secteur censé aller mal. Et c'est bien la diffusion et non la création des oeuvres qui lui fournit son fond de commerce...

- le discours d'artistes déjà bien établis (aux derniers disques de diamant, JJ Goldman avait 4 titres parmi les dix premiers dont il était soit l'interprète, soit l'auteur, soit le compositeur...) ou bien médiatisés par la pompe à fric télé (Jenifer) qui ne sont là que pour défendre les jeunes artistes qui ne vendent pas encore bien sûr... sauf que, si j'ai 100 euro de budget pour acheter des CD et qu'il y a demain trois fois plus de choix dans les bacs, j'ai toujours que 100 euro à dépenser de toute manière... alors soit j'achète les petits nouveaux et les pontes perdent du chiffre, soit j'achète du ponte et les petits nouveaux perceront avec quelqu'un d'autre. Soit je fais un panaché en fonction des mes gouts et le petit nouveau n'est pas forcément rentable (donc pas forcément encouragé à continuer) alors que le ponte rale parce que les ventes stagnent...

Quand est ce qu'on admettra le fait que plus il y a diversité de création à capacité financière constante (et encore, on pourrait dire en voie de régression vue le contexte économique), plus les majors continuent à générer des bénéfices mais pas forcément les artistes individuellement ? est ce qu'on veut vraiment encourager cette diversité ou est ce qu'on envoie pas au front des gens qui seraient en fait les premiers à perdre du chiffre si à capacité financière égale des acheteurs la multiplicité des produits augmentait ?

ou est ce que, derrière cette fausse naiveté, on ne ferait pas le lien avec les droits de diffusion des oeuvres. Parce que quand on s'appelle Renaud, ou Diam's ou Cabrel, on ne passe pas que dans les soirées entre potes, hein... on apparait aussi en concert, on est entendu dans les boites, on a ses titres remaniés en jingles et en sonneries de téléphone et on fait de l'argent sans forcément avoir besoin de créer plus. Surtout, au lieu de taper cash au portefeuille de l'acheteur d'un CD, on passe par des intermédiaires qui anesthesient la facture : je vais en boite, je paie de quoi générer le bénèf des proprios mais aussi de quoi leur permettre de payer la SACEM... j'organise une kermesse, je prélève aux participants de quoi rentrer dans mes fonds et payer la SACEM... ne parlons pas de la la radiodiffusion, hein : ce sont les annonceurs publicitaires qui génèrent de quoi payer la SACEM...

Donc, en fait de défendre la création, là on défend surtout deux choses :
- la possibilité pour des petits jeunes de vendre des albums alors que le public a peut-être envie mais pas forcément les moyens d'acheter plus de disques qu'avant. Donc une diversité de surface qui permet de générer du bénef et de maintenir une partie conséquente des créateurs émergents dans une précarité certaine... à moins qu'ils n'acceptent bien évidemment de signer chez des gens qui peuvent se permettre d'investir sur des années... et qui en dehors des majors se trouvent souvent être des anciens artistes, voire des gens encore créatifs en leur nom propre... donc, on voit ou ça atterrit au final : un jeune sur X arrivera à en vivre mais les autres feront surtout vivre leurs producteurs.
- la rente de gens qui n'ont déjà même plus besoin de produire du neuf pour continuer à vendre. JJG, c'est pas demain que ses titres vieux de 20 ans cesseront de passer en boite, ou que les albums ne seront plus pressés, hein... ne parlons pas des autres qui disent d'un côté qu'ils veulent en vivre et de l'autre qu'il leur faut 4 ou 5 ans pour sortir un nouvel album. Clair qu'on peut difficilement avoir un bon train de vie en sortant un album tous les 4 ans si on a pas autre chose pour assurer les épinards dans l'intervalle. Comme les droits de diffusion radio de ses propres oeuvres vieilles de 10 ans voire davantage, ou les invitations-promo à la télé, ou les sonneries de téléphone...

au final, on nous dit qu'en encourageant la création, on permettra à des petits talents émergents d'en vivre mais c'est exactement comme le loto : 100% des gagnants ont tenté leur chance mais on te parle jamais des 99% qui n'ont pas gagné. Dans l'intervalle, de toute manière, la machine continue et c'est tout ce qui compte.

Publié : 23 juin 2008, 08:47
par Kakita Inigin
note son patron, Bernard Miyet
Parasite payé 200000 euros par an.

Publié : 23 juin 2008, 08:53
par Kakita Inigin
Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Keren Ann, Charles Aznavour, Alain Souchon, Renan Luce
... Comment vous voulez les boycottre franchement ? :help:

Publié : 23 juin 2008, 08:59
par Kyorou
C'est marrant mais tous les signataires sont soit 1. des artistes que je trouve franchement à chier et dont il ne me viendrait jamais à l'idée de télécharger illégalement (ni d'acheter, d'ailleurs) un morceau, 2. des artistes dont je n'ai jamais entendu parler et dont, par conséquent, je ne risque pas de télécharger illégalement un morceau.

Bref, en ce qui me concerne, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles. D'ailleurs, je suis totalement d'accord pour qu'on colle en taule à perpét' avec option sodomie dans les douches toute personne prise à télécharger du Goldman. Un tel manque de goût ne peux être toléré. Ca vaut aussi pour ceux qui achètent ses CD, d'ailleurs :mal:

Publié : 23 juin 2008, 14:16
par blair
Goju Kaze a écrit :je reste persuadé qu'il y a de riches personnes prêtes à financer des séries de pamphlets...
:kaze:
t'as raison, c'est les maisons de disques qui subventionnent la subversion...

Publié : 23 juin 2008, 14:22
par blair
unequote a écrit : signataires :
(...) Kery James, Sinik, (...)
ouah ca j'adore vraiment les rebelles en peaux de moutons !

"brulez des caisses, frappez des keufs, mais surtout piratez pas notre musique !"

spécial kery James, citation de mémoire :
Ideal J. - Kery James - Hardcore a écrit : "Hardcore comme le travail de bâtard d'un procureur"
pour Sinik j'ai pas de citation, c'est trop récent pour un old school comme moi. Mais je doute pas, pour l'avoir entendu jouer au dur sur les plateaux, qu'il y en a quelques sympathiques a tirer de son oeuvre...

...

Publié : 23 juin 2008, 20:42
par Goju Kaze
blair a écrit :t'as raison, c'est les maisons de disques qui subventionnent la subversion...
Disons qu'elles se payent à chaque fois que tu as besoin d'imagerie médicale entre autres.

:kaze:

Publié : 23 juin 2008, 21:03
par Karamisu
Kyorou a écrit :Faut aussi faire remarquer que la sacralisation des droits d'auteur est une spécialité très française, aussi... Ca remonte à Beaumarchais, si je ne m'abuse.
Je n'y vois pas une "spécialisation très française". Il suffit de regarder comment les états-uniens protègent leurs oeuvres par des systèmes de licence (voir l'exemple des droits sur Mickey Mouse, ou, pour prendre un exemple rôliste, les droits d'adaptation d'un film en JdR) pour voir que les droits des créateurs, ce n'est pas juste français, même si les notions juridiques sont différentes d'un pays à l'autre sur ce qui est protégé et la façon dont ça l'est.

Quant à parler de "sacralisation des droits d'auteur" en faisant référence à Beaumarchais, c'est oublier la situation dans laquelle se trouvaient les auteurs à cette époque-là, face au monople d'une corporation comme celle des Comédiens français. L'action de Beaumarchais n'est absolument une mise sous cloche des intérêts des auteurs, mais une démarche d'obtention d'une liberté, pour les auteurs, à pouvoir disposer des fruits de leurs créations. La lecture d'un ouvrage comme celui-là ou comme celui de Jacques Boncompain, La Révolution des auteurs, naissance de la propriété intellectuelle (1773-1815), aux éditions Fayard, ferait du bien à ceux qui manient un peu trop vite des formules à l'emporte-pièce.

Publié : 24 juin 2008, 06:18
par Kyorou
Karamisu a écrit :La lecture d'un ouvrage comme celui-là ou comme celui de Jacques Boncompain, La Révolution des auteurs, naissance de la propriété intellectuelle (1773-1815), aux éditions Fayard, ferait du bien à ceux qui manient un peu trop vite des formules à l'emporte-pièce.
Sympa, le mec. Si je te suis bien, les gens qui ne sont pas d'accord avec toi sont mal informés ou stupides ? Bravo pour l'ouverture d'esprit. Tu seras gentil de garder tes attitudes méprisantes de pontife à deux balles pour ceux qui apprécient. Merci.

Accessoirement, il y a bien une diffrence dans les approches anglo-saxonne (où l'oeuvre est pragmatiquement considérée comme un simple produit du travail de l'auteur) et française (où l'oeuvre est considérée comme une extension inséparable de la personne de l'auteur). Ca a plein de conséquences sympas dans les pratiques comme le fait que, aux USA, le stigmate associé à l'usage de nègres est beaucoup moindre qu'en France ou que, en France, un auteur ne peut pas renoncer à ses droits (comme dans le cas de l'enroule qui concernait Hughes Aufray). Cependant, je te concède que je me suis mal exprimé : en France, c'est le statut d'auteur qui est placé sur un piédestal. Les droits d'auteur sont interprétés en fonction.

Publié : 24 juin 2008, 18:19
par Kõjiro
Merci de rester courtois messieurs. La discussion est très intéressante, ce serait dommage de la gâcher.