Hida Ichi a écrit :
Contrairement à ce qui a été dit, pour moi les Henshins Asako ne sont pas si nombreux que cela, et c’est un secret très très bien gardé. La majorité de la famille Asako étant composé de courtiers et d’historiens, sans compter les bushi et les shugenja éduqués dans les écoles des autres familles.
je ne pense pas que quelqu'un ait dit qqchose qui aille dans le sens de Henshin nombreux et connus. A titre perso, j'ai simplement mentionné que leur famille comptant pas mal de gens avec des responsabilités et des positions "normales" de samurai, les Henshin avaient plus d'opportunités que les Togashi d'avoir des liens avec le quotidien de la caste samurai et plus généralement les affaires de l'empire.
Dans ma campagne, je m'appuie sur la description de Voie du Phénix qui distingue les henshin de rang 1, "relativement" fréquents de ceux qui poursuivent au delà cette voie (les Michibiku, du rang 2 et au delà).
Il y a environ deux cents henshin de rang 1 pour moi, et une centaine tout au plus qui atteignent les rangs supérieurs de cette école. Des Fushihai immortels, j'en ai une douzaine. Environ un Henshin par siècle atteint ce stade (pour une centaine de candidats par génération, donc près de 400 par siècle). Et l'une d'entres eux est morte en affrontant Oni no Akuma après avoir atteint ce stade (elle est redescendue en bas de l'échelle).
ca me semble suffisamment rare comme ça
- les moines sont considérés comme des heïmins, même si ce sont des moines guerriers (qui ont choisi une voie martiale dans leur vie de moine) ou des samouraïs qui ont fait leur inkyo. Enfin malheur au samouraï psychopathe qui irait chercher des ennuis avec un daïmyo retiré ou à un ancien samouraï influent, ou à un bushi qui n’aurait pas perdu ses connaissances en kenjutsu même si c’est avec un baton qu’il corrigera l’impudent…
- les moines Togashi sont traités comme des samouraïs, même si ils sont de naissance heïmin, car ils portent un nom de famille, néanmoins, ce ne sont pas des vrais samouraïs donc pas de daïsho. Par contre, cette particularité de traitement vient surtout du fait que les Ise-Zumi sont très rares à parcourir l’Empire car quand un samouraï en voit un dans son existence, il en parlera à ses petits-enfants comme un des grands événements de sa vie.
pour mémoire, bien que la coutume veuille que samurai=daisho, on a un clan mineur qui n'en a pas (la Guêpe, dont le fondateur insistait même pour que les nouveaux membres venus de l'extérieur brisent leur sabre). Grosso modo, il y a la coutume et il y a ce que décident les gars qui ont le pouvoir.
A priori, le père Togashi ayant dés le début montré son excentricité et son clan s'étant constitué relativement à l'écart des autres à une époque ou les coutumes de l'empire n'étaient pas encore vraiment des traditions, car toutes jeunes, on a simplement accepté cette situation de fait : les Togashi sont des gens qui "vont à la montagne" et renoncent à leur ancienne vie pour servir les champions du Dragon. Ils prennent le nom de Togashi et ce sont des samurai, point. Comme, d'après la Voie du Dragon, on voit rarement plus d'un ise-zumi loin de ses montagnes par génération, et qu'ils ne recherchent pas vraiment pour la plupart les palais d'hiver et trucs du genre, tout le monde s'en fiche de toute manière.
- concernant les Ise-Zumi de noble naissance, j’avais pensé qu’un des monastères Togashi pouvait s’être spécialisé dans l’éducation de samouraïs comme moines Ise-Zumi et donc produire des moines-guerriers au daïsho et aux tatouages.
il y a eu pas mal de trucs dans un sens ou dans l'autre à propos des ise-zumi ou des moines. Sur le principe, je suis assez contre cette idée pour une raison idiote : les Trois Pas.
Selon Togashi, toujours dans la Voie du Dragon, "l'illumination s'atteint en trois pas,
- le premier pas tue tes parents (= tu renonces à ton nom)
- le second pas tue ton maitre (= tu renonces à ce que tu savais)
- le troisième pas te tue (= tu découvres ta véritable nature, en renonçant à ce que tu pensais être avant cette révélation)
Cependant, il y a plusieurs étapes à ce processus et une contradiction dans les termes : d'après le descriptif des Togashi, c'est à l'issue des deux premiers pas au moins qu'ils prennent leur nouveau nom et entrent dans le groupe.
dans le même temps, et dans le même bouquin, on a le cas de Togashi Yama, ci-devant shugenja de la famille Agasha, qui est en cours d'intégration. Il porte son nouveau nom mais pour l'instant, il a encore son ancienne école.
Enfin, ça n'engage que moi mais il me semble qu'à l'encontre de toutes les autres congrégations monastiques, celle des Togashi, bien qu'apparement composée d'excentriques (et fondamentalement la première possibilité de jouer un "moine" à L5a dans l'historique de la gamme) est en fait la plus formatrice. L'ami Togashi a au moins deux raisons de procéder ainsi :
- la première, c'est que les ise-zumi sont ses instruments pour agir dans le monde et il les façonne dans cette perspective
- la deuxième, c'est qu'il croit sincèrement en l'illumination et qu'il veut leur laisser cette possibilité. Or, l'illumination se caractèrise par le fait de renoncer aux illusions qui emprisonnent l'âme dans les habitudes et les faux semblants pour qu'elle découvre la vérité sur sa propre nature. Les techniques monastiques n'ont pas tant pour but de te former dans une "école" que de te donner une méthodologie pour désapprendre ce que tu étais et apprendre à te recentrer mentalement et physiquement, pour t'aider à te libérer. Mégoter avec ce principe revient dans l'essence à le juger facultatif, alors que par essence, il est censé être indispensable. (c'est le principe même de la discipline monastique : tu dois t'y plier pour déconstruire ton égo et trouver ton harmonie, car à moins que tu découvres l'illumination de manière spontanée - donc imprévisible -, c'est encore le meilleur moyen de te débarrasser de tes illusions).
bien sûr, c'est une opinion personnelle, mais elle prend sensiblement le contrepied de la tienne, Ichi.
Pour moi, les ise-zumi sont des gens qui renoncent à tout ce qu'ils étaient avant en termes sociaux et en termes d'écoles. Je n'utilise pas l'avantage Noble Naissance et je pars du principe que leur excentricité est l'ultime affirmation de leur individualité alors qu'ils se sont débarrassés de tout le reste pour devenir des Togashi. Oui, ils sont peu nombreux à pouvoir aller aussi loin. C'est d'ailleurs clairement dit dans les textes qui parlent d'eux : la plupart échouent et ne découvrent tout simplement jamais Kyuden Togashi, condition sine qua non pour devenir ise-zumi. Seuls ceux qui y parviennent accomplissent le premier pas. Et on mentionne clairement que les ise-zumi ne choisissent pas leur destinée comme un individu choisirait la sienne dans des circonstances normales. Ils se sentent appelés "par la montagne" et en fait, ils renoncent à tout pour devenir des serviteurs de Togashi. Leur ascension marque l'épreuve de leur âme, car même s'ils sont "appelés" encore faut-il qu'ils soient en mesure d'accepter ce qui les attend...
Pour moi, le reste du monde se pose rarement la question de savoir exactement ce qu'ils sont, car on les voit très rarement. Mais par défaut, on les traite exactement comme s'ils étaient des samurai, parce que c'est ce qui semble avoir toujours été fait et qu'on ne sait pas très bien quoi faire d'autre.
Ils seraient fréquents ou très présents, la question se poserait de manière différente mais la plupart du temps, ils restent plus des figures de contes que des personnes réelles aux yeux de la majorité des gens et il est rare de toute manière qu'ils cherchent à avoir des contacts prolongés avec les cours ou les daimyo. Au bout de douze siècles, jusqu'à l'ère du Vide en fait, on en sait autant sur eux qu'au premier jour, c'est à dire quasiment rien à part qu'ils vont et viennent et qu'en comparaison, la plupart des autres moines sont "faciles" à comprendre.
Il me semble me souvenir d'ailleurs que dans Voie de Shinsei, ils expliquaient le processus de désapprentissage pour gérer un personnage samurai devenu moine. Il commence par renoncer à ses techniques d'école les plus élevées et leur susbstitue progressivement (du plus faible au plus puissant) ses rangs d'école monastique.
Après, évidemment, ça n'interdit pas forcément les "yamabushi" que tu évoquais. Moi, je n'éprouve simplement pas le besoin de leur existence
