... suite.
Toutes mes excuses pour le délai et le fractionnement de réponses qui nuit à la lisibilité de la dicusssion. Je n'ai pas beaucoup de temps disponible en ce moment.
EcceAngelo a écrit :Tout d'abord, "avoir peu d'honneur" est très différent de "perdre de l'honneur" : un samourai, par exemple un scorpion, ne va pas faire seppuku parce qu'il a peu d'honneur ; par contre il le fera s'il subi à une certaine occasion, un déshonneur.
Je ne pense pas que d'une façon générale à L5A, il y ait un "déterminisme" de l'Honneur.
Face à une grosse perte d'Honneur, deux individus très honorables peuvent réagir très différement.
EcceAngelo a écrit :De plus la "face" (je mets toujours entre guillemets parce que le terme français normal est "façade", mais je le trouve moins parlant, donc j'utilise l'équivalent direct du terme anglais "face") va bien plus loin que garder/perdre la face : ce qu'on appelle "perdre la face", c'est le cas extrême, le cas où c'est une humiliation publique.
Evidemment, un samourai qui est publiquement humilié est déshonoré. Un samourai à qui on demande de garder un secret n'est pas directement déshonoré ; par contre, il sera embarrassé de devoir risquer son honneur à chaque fois qu'on aborde le sujet. En évitant de lui confier ce secret, tu évites de le mettre dans une situation embarrassante, où il va devoir mentir. Afin donc de préserver ton interlocuteur, tu vas autant que possible éviter de lui confier tous tes secrets, qu'il sera embarrassé à devoir planquer. Et si tu fais cela, ce n'est pas pour une question d'honneur : au contraire, s'il n'en tenait qu'à ton honneur, tu devrais être entièrement sincère et tout dire à tout le monde.
Ces considérations ne me semblent pas vraiment propres à la mentalité "samuraï" ou "rokugani".
Etre extrèmement "sincère" (voire honnête puisque parait il c'est une valeur) dans notre société occidentale n'implique pas à raconter tous ses secrets ou ceux confiés à autrui ou "ce que l'on pense" à tous les interlocuteurs.
EcceAngelo a écrit :Voilà où est clairement la différence : l'honneur préconise la sincérité, or on a affaire à une société basée sur le secret et les demi-vérités. Soit les rokuganis sont des mecs malsains qui compliquent les choses pour le plaisir et transigent sans cesse avec leur honneur pour le plaisir de jouer aux intrigants machiavéliques à longeur de journée ; soit on a affaire à une société dans laquelle préserver son prochain passe avant la sensation subjective de sincérité.
Dès lors que l'on prend en compte le postulat "les rokugani n'estiment pas l'honneteté mais la sincèrité, il n'estime pas tant la vérité que les apparences", c'est à dire que l'on envisage la société rokugani qu'à travers le kaléidoscope occidental on ne peut avoir qu'une telle analyse.
Pour les Rokugani, l'honnêteté est subjective et la sincérité est objective.
Pour les Rokugani, la "vérité occidentale est subjective, chacun a SA vérité. Ce que les occidentaux appellent "apparence" n'est rien d'autre que la réalité, le réel, la seule chose qui est objective et qui mérite une attention.
« … dans la recherche de la responsabilité, nous (ie les occidentaux) remontons vers l’intention, en amont de l’acte. Les justes confesseurs nous ont appris à proportionner la réprobation et le châtiment à la seule malignité du vouloir … Nous avons donc besoin de faire parler le coupable : de ce que tu fis, que pouvais-tu savoir, que pensais-tu vouloir ? … Si le criminel ne voulait pas ce qu’il fit, s’il ne savait même pas ce qu’il voulait , comment le punir ?
Dans la culture japonaise, on suivit le mouvement contraire, on négligea la source pénétrable de l’acte. Pour mesurer la responsabilité, on descendit vers l’aval, jusqu’aux résultats. On entraîna le sujet à se sentir lié par des conséquences qu’il n’avait pas voulues, solidaire de son acte jusque dans ses suites imprévues. On le dissuada de se disculper. La doctrine bouddhiste du karma fournissait une explication à ce choix éthique : ce qui m’advient aujourd’hui est la juste rétribution de mes vies passées, je ne peux pas même incriminer la malchance, puisque le hasard est aboli. A plaider mon innocence, je risque de perdre courage et de m’avilir. Mieux vaut assumer à chaque instant la totalité insaisissable du destin. Il peut m’écraser sans changer ce que je suis, ce que je dois être. Au delà de tout échec, cette noblesse m’est promise. »
in "la mort volontaire au Japon" de Maurice Pinguet.
EcceAngelo a écrit :D'ailleurs, ce sont deux valeurs qui forment un système unique : ce qui fait tenir l'Honneur, c'est la double épée de Damoclès du suicide rituel et du duel, autrement dit la mort et le sang.
Je ne suis pas du tout de cet avis.
Dans une culture de l'honneur, que certains appellent culture de la honte, ce sont les liens entre individus qui font tenir la société.
EcceAngelo a écrit :Or, si une telle société ne s'auto-détruit pas dans un immense bain de sang, c'est parce que les moeurs sont entièrement tournées autour du fait de ménager soi-même et son prochain, pour justement éviter d'en arriver à ces extrêmes. Dit autrement, la menace de mort qui pèse sur le déshonneur sert à inciter chacun au ménagement, de soi et de l'autre. C'est-à-dire que l'honneur n'est que l'outil qui permet le fonctionnement d'une société du ménagement, au même titre que la promesse de la vie après la mort est ce qui permet dans les sociétés chrétiennes le fonctionnement d'une société de la vertu (et du repentir).
C'est à mon sens une vision très réductrice des sociétés basées sur l'honneur.
EcceAngelo a écrit :Ca ne veut pas dire qu'on n'en arrivera jamais à l'extrême du suicide rituel ou du duel, mais que si la société tient, c'est parce que tout est mis en place pour éviter que leurs conditions soit réunies : ces conditions sont claires (=les situations de déshonneur qu'on connait bien), et si elles surviennent la conséquence sera appliquée (s'il y a insulte frontale, il y aura duel ; s'il y a manquement manifeste à l'honneur, il y aura seppuku) ; il s'agit dès lors d'éviter non pas le seppuku ou le duel, mais d'en arriver à des situations où le duel ou le seppuku sont inévitables. Bien sûr, certains joueront de ces règles, et s'arrangeront pour pousser quelqu'un au seppuku ou au duel, mais ça reste une exception par rapport au fonctionnement normal de la société.
On n'arrive pas à de telles extrémités parce que, quand on commet une erreur manifeste, le fonctionnement normal de la société stipule qu'il convient de s'excuser.
EcceAngelo a écrit :Voilà, moi il me semble très clair, du coup, que l'honneur n'est pas ce qui régit cette société : il est élevé en valeur absolue, clairement, et les manquements à l'honneur sont les manquements les plus graves, puisqu'ils mènent à la mort ; mais ce fonctionnement honneur/mort ne régit pas l'ensemble des moindres actes quotidiens de cette société. C'est plutôt, en réalité, la clef de voûte (donc extrêmement importante) de l'édifice culturel rokufani ; mais si la clef de voûte est essentielle à l'édifice, elle ne peut le faire tenir ensemble que si le reste de l'édifice est construit de sorte à ménager cette clef de voûte, en répartissant le maximum de forces ailleurs que vers elle. En allégeant sa charge au maximum. Et l'allègement de cette charge, dans la société rokugani, se fait en ménageant autant que possible soi-même et les autres, notamment en termes de face, parce que tout risque pour la face est un risque de la briser, et de renvoyer la situation à l'honneur, la mort et le sang.
Pour moi l'honneur ne mène pas à la mort et régit l'ensemble des moindres actes quotidiens de la société.
Le fait est que chaque décision de l'individu engage dans une certaine mesure l'honneur du groupe mais l'honneur n'est pas que "négatif", ne mène pas qu'à la mort ; mais l'honneur est aussi et surtout "positif", il exalte l'individu à travers le groupe.
EcceAngelo a écrit :D'où, "le déshonneur", "perdre la face", "se sentir insulté", "être humilié", ne sont pas les seuls cas où l'honneur est en jeu. Si tu me permets une comparaison-boutade :
A un extrême, les Matsus, qui ont une courte vue, ne voient que les dangers proches de la clef de voûte, ceux qui la menacent directement : c'est-à-dire les situations où l'échec mène directement au seppuku ou au duel, bref à la mort. Pour eux, seule la menace directe de la mort (seppuku ou duel) leur permet de juger de l'honorabilité d'une situation : c'est pourquoi ils ramènent tout à la question de "est-ce que je devrais faire seppuku?".
A l'autre extrême, Doji Satori-san, tu as les Grues : grâce à leur connaissance et leur perception extrêmement nuancée de l'édifice culturel rokugani, ils savent les conséquences que peuvent avoir sur la structure les moindres battements d'ailes de papillons. Ils ne jugent pas les situations à partir de leurs conséquences directes, comme les Matsu, mais à partir de leurs infimes conséquences les plus indirectes : en utilisant tel mot plutôt que tel autre, je mettrai mon interlocuteur un rien moins mal à l'aise, mais ce rien est important, car c'est toujours une petite force de moins sur la clef de voûte, une petite chance en moins que la situation mène, même le plus indirectement, vers un seppuku ou un duel. Ne fut-ce que parce que si on se ménage les uns les autres, chacun sera plus serein et moins prompt à provoquer des situations qui pourraient mener à des seppukus ou à des duels.
A mon sens, c'est là l'essence de tout le système complexe de politesse établit par les Grues, Dame Doji en tête. Et s'il y a bien quelqu'un dont les réalisations sont orientées vers la paix et l'absence de sang versé...
Dire que les Matsu ont une courte vue et que les Grues ont une vision supérieure de l'honneur est un jugement de valeur.
Dans l'absolu, entre une culture de clan qui détermine un Honneur de 3 et une autre culture de clan qui détermine un Honneur de 3 il y a une équivalence d'application de l'honneur sociétal.
EcceAngelo a écrit :Doji Satori a écrit :
En quoi faire remarquer l'erreur de quelqu'un en respectant les règles de politesse est-il embarassant pour la personne quelle qu'elle soit ?
Les daïmyô sont ils tous des personnes psychorigides et imbus d'elles mêmes qu'elles ne supportent pas la contradiction. N'apprécient-ils point qu'un de leur samuraï puisse le contredire sur des faits dont ils seraient ignorants ?
Ecoute, c'est simple. Même si tu es la personne la plus ouverte du monde, tu seras toujours plus embarrassé quand on te fait remarquer ton erreur, que si on ne t'en fais pas remarquer. A moins d'être paranoiaque et extrêmement susceptible, si un de des amis te dit : "excuse-moi, j'aurais dû prévoir que tu n'aurais peut-être pas ta voiture et prendre la mienne", ça sera toujours plus agréable à entendre que "tu aurais dû prévoir que je n'aurais pas ma voiture, et t'arranger pour prendre la tienne".
Evidemment, si tu es un mec cool, tu lui aurais répondu : "mais non, ne t'en fais pas, les torts sont partagés, et j'aurais dû prévoir aussi, ne prends pas toute la faute sur toi". C'est exactement de ça qu'on parle : tu tournes les choses de la façon la moins embarrassante, et tu laisses l'opportunité à l'autre de prendre une part de la faute sur lui ensuite. Et la situation se passe mieux pour tout le monde.
Si ton daymio, comme tu dis, n'est pas psychorigide, il appréciera que tu aies évité de le remettre lui en cause, même s'il sait que c'est sa faute, et il ira peut-être même jusqu'à te dire que c'est pas grave, voire t'excuser.
Si ton daymio est psychorigide, pas de problème non plus, puisque tu as pris la faute sur toi, et que tu ne l'as pas insulté. Et en tant que mec psychorigide, il y aurait certainement eu du sang versé à hauteur de sa vexation.
Bon, tout ça dans l'éventualité où à Rokugan il serait possible pour un samourai d'oser essayer de faire comprendre à son daymio qu'il s'est planté.
Ben, encore une fois on a une vision très différente des choses même si il y a un glissement de sens entre ma première remarque : de "faire remarquer l'erreur dans la connaissance des faits pour rétablir la vérité" on est passé à "se dédouaner de la responsabilité pour la faire endosser par autrui".
Je cite à nouveau M. Pinguet, même ouvrage :
« Les Japonais sont entraînés depuis toujours à assumer emphatiquement leurs fautes. Cela peut aller de la simple formule de politesse, du geste machinal jusqu’aux actes d’expiation les plus rigoureux. Lorsqu’ils observent la vie occidentale, ce qui les étonne c’est notre réticence à nous avouer publiquement responsables, c’est notre propension à nous excuser en alléguant des circonstances extérieures ou l’innocence de l’intention …
Aux yeux des Japonais, il ne convient pas d’argumenter sa faute, de se disculper. Ils n’apprécient rien autant que le courage de se juger coupable. Les comportements d’autopunition qui nous semblent suspects, morbides ont toujours été accueilli par eux avec sympathie, avec admiration, comme une suffisante rédemption de l’erreur, de l’échec, de la faute. »
La situation que tu décris n'est pas "fausse" mais elle est pour moi plus une question de "politesse" qu'autre chose.
EcceAngelo a écrit :Doji Satori a écrit :
? ? ?
J'ai du mal à comprendre ta logique.
Avoir un faible Honneur n'est pas un délit, ce n'est pas quelque chose de connu, ce n'est qu'un paramètre de jeu.
Ben non, ce n'est pas une question de paramètre de jeu. Avoir un faible honneur, c'est pas comme être limite sur son permis à points. C'est une manière de représenter en jeu, et après j'arrête de parler de règles, le fait qu'un mec est plutôt honorable ou plutôt peu honorable.
Je suis toujours en totale contradiction avec cette sensibilité.
L'Honneur paramètre de jeu noté de 0 à 5 n'implique aucun déterminisme des actions. En terme de jeu, il peut juste permettre de refaire un jet de Volonté (après c'est peut être différent en 3ème édition).
EcceAngelo a écrit :Un mec qui a peu d'honneur, culturellement, c'est un mec peu attaché à cette valeur, ou qui a beaucoup transigé avec celle-ci, en bref : c'est une personne dont on ne peut s'attendre qu'il agisse honorablement. C'est peut-être une perception faussée, comme dans le cas d'un quêteur de mort ou d'un mec déshonoré, qui attache beaucoup d'importance à cette valeur, mais les événements ont fait que... C'est une sorte de question de valeur sociale : d'un scorp, peu honorable, tu sais que tu ne dois pas t'attendre à ce qu'il agisse de manière super honorable en société. Par contre, de la part du Champion d'Emeraude, tu peux t'attendre à ce que ce mec agisse purement conformément à l'honneur comme il est défini par la culture.
Voir dans l'Honneur "culturellement, c'est un mec peu attaché à cette valeur" c'est privilégier l'intention à l'acte, c'est avoir une lecture très occidentale de la société.
Je tue cet ennemi parce que j’aime mon seigneur ? Par appât du gain car je vais être récompensé ? Parce qu’il s’agit du mari de ma maîtresse ?
Le sais-je moi même ? Il ne s’agit que d’une considération morale. On a tous tendance à se voir des motifs "nobles" pour entreprendre un acte.
Pour moi, les Rokugani n'ont pas cette duplicité ce qui rend l'Honneur aussi implacable pour nous autres occidentaux. Il ne reste que l'acte, je ne peux me cacher derrière des mots pour exprimer la "vérité" : Ne me dites pas que la voie est difficile, dites que le difficile est la voie ...
On s’en fout du pourquoi pour ne s’attacher qu’aux actes ou plutôt, on est pas dupe de la motivation avouée donc on préfère l’ignorer ou en demander la preuve de la motivation dans l’acte lui même ce qui revient au même (ce qui amène aux nébuleuses et fumeuses considérations d’apparence et de vérité).
EcceAngelo a écrit :Donc la question n'est pas binaire, avoir de l'honneur ou ne pas en avoir. Avoir peu d'honneur, c'est être moins bien vu socialement. Et la preuve que, contrairement à ce que tu disais, l'honneur n'est pas tout à Rokugan, c'est que les scorpions ne sont pas considérés à hauteur de leur honneur. Ils parviennent à être déshonorables, mais ce sont des personnes très appréciables en société, parce qu'ils ont les manières qu'il faut. Contrairement aux Matsus qui sont peut-être très honorables, mais qui n'ont aucunes manières, c'est-à-dire des personnes avec qui les situations risquent régulièrement de dégénérer en déshonneur, insultes, perte de face, seppukus, duels, et ainsi de suite.
Avoir peu d'Honneur, c'est avoir accompli beaucoup d'actes déshonorables. L'Honneur ne peut donc être pour moi que rarement une ressource pour surmonter les difficultés qui se présentent puisque j'ai souvent failli ...
C'est très exactement l'inverse pour un Honneur élevé et c'est à peu près tout ce qu'est pour moi l'Honneur mais c'est déjà beaucoup.
Je ne considère pas que les Matsu ont aucune manières, ce ne sont pas des Crabes archétypaux justement.
EcceAngelo a écrit :Doji Satori a écrit :
Le même acte déshonorable entraîne la même perte d'honneur qu'il soit public ou privé.
Si les officiels Grue "honorables" commanditent des actions non honorables, il sont très exactement dans la situation des Scorpions "déshonorables" qui commanditent des actions non honorables de leurs sbires sans se salir les mains.
Même situation, même traitement.
Oui, tout à fait d'accord avec toi, mais je ne vois pas le rapport. Comme le dit Kyorou, la différence tient dans le fait que même si certains Grues font des choses déshonorables, ce n'est pas pour autant qu'ils piétinent le concept. Ils sont très attachés à l'honneur, et s'ils transigent parfois, c'est en étant pleinement conscients du poids de ce qu'ils font à ce moment. Mais on est d'accord, l'acte déshonorable vaut perte d'honneur, et ceux-là ne doivent pas avoir un honneur très élevé, ou alors ils compensent en étant d'autant plus respectueux de l'honneur dans le reste de leur vie.
Cf ci dessus "piétiner" ou "respecter" un concept n'entre pas en considération dans la vision que je souhaite de l'honneur.
Je veux un concept d'honneur rokugani, pas de jésuite ...
EcceAngelo a écrit :Doji Satori a écrit :
En l'occurence, je ne vois pas en quoi le cotnexte de la guerre change ou non l'honorabilité d'une même action.
Si le samuraï est en voyage loin de ses terres, il aura du mal à faire patienter son adversaire 3 semaines le temps d'avoir l'autorisation de duel de son daimyô ...
C'est justement à ça que servent les autorisations de duel : à faire en sorte que les mecs loin de leurs terres fassent vraiment gaffe avant de provoquer un mec en duel. Qu'ils se tempèrent, en somme, et que les duels ne soient demandés que pour des raisons légitimes et mesurées et non pas suite à une impulsivité exacerbée. Qu'ils se tournent sept fois le katana dans le fourreau avant de hurler "duel". En temps de guerre, justement, c'est différent : même loin de ses terres, le samourai sur le champ de bataille peut en provoquer un autre en duel sans devoir demander d'autorisation.
Pour les cas où le champ de bataille change l'honorabilité d'une action, ce serait vraiment trop long d'aller chercher les exemples. Il me semble que les deux que j'ai donnés sont suffisamment clairs : les autres ne le seraient pas beaucoup plus.
Ben en dehors des champs de bataille, je vois mal à Rokugan les combats s'arrêter
obligatoirement au premier sang versé pour aller se purifier. Donc, c'est un peu général comme principe.
Pour moi, l'explication de la dispense d'autorisation est beaucoup plus simple sans me torturer avec des règles et des exceptions d'exception (sans jugement de valeur on peut tout à fait trouver ceci comme satisfaisant totalement son gout d'exotisme).
Comme la solidarité de l'honneur samuraï engage son seigneur / sa parentèle dans ce duel, le samuraï en voyage a particulièrement intérêt à ne pas lancer ou relever un duel à la légère au risque d'être désavoué par son seigneur / chef de famille quand il rendra compte de ses actions ...
Au passage, c'est cette absence d'attache qui rend un ronin particulièrement imprédictible et dangereux. La société de liens se méfie de ceux qui n'ont pas de liens ...
EcceAngelo a écrit :Doji Satori a écrit :
La ménagère rokugani de moins de 50 ans n'a pas non plus la même répulsion du sang et des tripes quand il faut préparer le repas de sa famille (difficile de cuisiner un poisson frais sans le vider).
J'imagine toutefois que dans une époque où les poissons ont des yeux carrés et que l'habitat naturel du poulet est le chicken burger, le ridicule du traitement de la "souillure" façon L5A est difficilement palpable.
Ah oui, ok. Evidemment, si tu trouves ridicule cette conception pourtant fidèle (en partie) au Japon médiéval IRL, là je ne peux pas dire grand chose. Je pensais qu'on supposait de base que les présupposés culturels de Rokugan avaient leur raison d'être, et qu'il s'agissait surtout de comprendre comment ils se mettaient en place...
Justement, ce n'est pas fidèle au Japon médiéval IRL puisque les ménagères ne se précipitaient pas au sanctuaire après chaque préparation de repas où elles avaient "manipulé des cadavres" ...
Rokugan n'a justement forcément pas besoin d'être le Japon pour toutes les considérations culturelles mais quand il le copie autant le faire sur la totalité du concept pour éviter ce genre d'absurdités.
Je préfère comprendre un concept étranger pour le vivre dans le jeu plutôt que de copier des notions et me dire que quand il y a des incompréhensions ou des incohérences c'est parce que les rokugani ne pensent pas comme nous et que cela participe à l'ambiance d'une société exotique.