Economie
La vallée Kintani est composée de plaines très fertiles, et c’est en partie la raison pour laquelle elle a été si disputée il y a 900 ans. De vastes champs de riz, de millet et d’autres céréales sont donc cultivés sur de nombreux hectares aux abords de la cité. Les récoltes sont engrangées dans une partie des entrepôts des différents districts qui ont été adaptés pour servir de silos, pour que la cité ne manque jamais de nourriture, même en cas de famine ou d’hiver rigoureux.
Grâce à ces cultures, Mamoru Kyotei Toshi assure une partie de sa prospérité, mais ce n’est pas la principale raison de sa notoriété à travers l’Empire d’Emeraude. Elle produit également des armes d’une grande qualité. Cela peut sembler paradoxal pour une ville où la paix règne depuis plusieurs siècles, mais la véritable raison de cette production vient de la toute proche Montagne du Regret, sur les terres du clan du Phénix : celles-ci regorgent d’un minerai de fer d’une grande qualité, et de nombreuses mines en jalonnent depuis longtemps les contreforts. Conscients de l’opportunité économique sous-jacente, les trois clans présents dans la cité ont installé aux abords de la ville tout un circuit de production allant de la mine à la fonderie et à la forge, en passant par un circuit d’approvisionnement en charbon provenant des terres du clan du Dragon. Le clan du Phénix tire bien évidemment son fer de ses terres, mais, à l’époque de la souveraineté du Gozoku, le clan du Lion s’était arrangé pour obtenir la gestion de l’une de ces mines, particulièrement productive. Les mineurs qui travaillent sur place sont bien évidemment des eta ; certains ont choisi de vivre sur place et ont installé avec le temps des habitations de fortune aux alentours des mines. D’autres ont préféré rester plus proche de la ville, où ils vivent plus ou moins à l’aise, en marge des district de la cité, à l’extérieure de ses murs. Au début du Vème siècle, le clan du Lion, lui, avait choisi secrètement une autre alternative : en guise de mineurs, il utilisait une colonie d’une cinquantaine de zokujin, ces créatures que l’on surnomme les gobelins de cuivre, qui se nourrissent de divers minéraux. Les seules tribus de zokujin connues, résidant le long de la Chaîne du Toit du Monde et qui avaient été réduites en esclavage, servaient le clan du Lion en exploitant leurs mines de cuivre et autres minéraux. Un réseau rapidement implanté qui était devenu vite indispensable puisqu’il s’agissait d’une main d’œuvre très bon marché, laborieuse, et à la physionomie idéale pour un travail de mineur. Evidemment, le clan du Lion garda le plus longtemps possible secret la nature de ses mineurs, et plusieurs gardes de la légion – choisis sur le volet par l’ambassadeur du Clan du Lion en personne -, étaient toujours affectés à l’entrée de la mine pour dissuader les curieux. Car l’équilibre de la cité passait aussi par l’équité économique et il ne fallait surtout pas que les marchands du clan du Phénix ou de la Grue se plaignent de concurrence déloyale…
Les clans du Lion et du Phénix possèdent des fonderies qui leur permettent de transformer sur place le fer en acier. La Montagne du Regret regorge de bois, et l’on peut parfois entendre jusqu’à Mamoru Kyotei Toshi les bruits réguliers et rassurants de la grande scierie située en marge de la cité, et gérée conjointement par des heimins des deux clans. L’approvisionnement en charbon est assuré par le clan du Dragon, qui a des accords commerciaux avec les deux clans.
Quant au clan de la Grue, pour ne pas faire pâle figure, sans pour autant dépendre des autres clans, il fait importer son acier directement de ses terres, depuis leurs mines situées au pied de la Chaîne du Toit du Monde, non loin de Kyuden Doji. Ces importations sont facilitées par le quasi-monopole de leur clan sur le port et le commerce fluvial. Il bénéficie de la très bonne réputation de la ville.
En ce qui concerne les autres clans présent à Mamoru, la plus part ont choisi une présence économique discrète, en n’assurant, leur commerce, par un unique mais talentueux marchand. Ce dernier se devait, obligatoirement, de posséder un réseau informatif, relationnel et commercial assez étendu. Le plus connus de ses marchands étaient l’homme affilié au clan du Scorpion qui réussit, à lui tout seul, à développer un marché presque aussi grand que celui des clans du Phénix, de la Grue et du lion, les trois clans les plus représentatifs de la cité. Le Clan du Scorpion avait réussi, on ne sait comment, à se procurer de l’acier auprès du clan du Dragon, ce qui lui garantissait un alliage d’excellente qualité obtenu grâce aux soins de la famille Agasha, et de faibles coûts d’acheminement du fait de la proximité des terres Dragon. Nul ne sait comment un tel accord, pour le moins inhabituel, ait pu voir le jour, et le clan du Scorpion se garda bien, jusqu’ici, de réprimer les rumeurs…
L’autre grande source de popularité (et donc de revenue) de la cité se trouve dans ses sources thermales. Connues pour avoir des propriétés revitalisantes et apaisantes, les larmes de Fudo (comme on les appelles en hommage au mikokami de la sagesse et des chutes d’eau – très vénéré dans la cité), sont l’objet de très nombreuses visites de la part de l’ensemble des castes de Rokugan. Les plus célèbres – mais paradoxalement, aussi, les plus inaccessibles - se trouvent entres les murs de la Demeure de l’Eau silencieuse mais il n’est pas rare que certaines habitations de Mamoru Kyotei Toshi possèdent leur propre source thermale. L’un des bâtiments du district Denkusai, "les bains", profite même de son emplacement et de la présence de plusieurs sources en son sein, pour monnayé leur utilisation.
Enfin la particularité politique de la cité en fait l’un des endroits privilégiés où l’on traite de gros accords commerciaux, d’alliance militaire ou de traités de paix. Mamoru Kyotei Toshi peut se targuer d’être sans doute le seul endroit, à Rokugan, où des samurai de deux clans se faisant la guerre, peuvent encore discuter sans animosités, aucune. Cette situation particulière s’accorde aussi, à l’époque de la souveraineté du Gozoku et dans une moindre mesure, aux différents gaijin connus qui viennent ici, en paix et discrètement, faire un peu de commerce.
