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Publié : 19 juin 2007, 16:52
par Kzo
Kõjiro a écrit :Idem.
De mon coté, sur un autre sujet, je ne peux m'empêcher d'être déçu de voir une personne comme Rama Yade participer à un gouvernement dont l'un des ministères, au delà de son intitulé honteux, affiche des "ambitions" conduisant mécaniquement à un accroissement important des contrôles d'identité au faciès...
Bah t'as vu son
interview sur Grioo.com
elle a une optique intéressante, mais bon elle a bien bu la soupe sarko et a oublié pas mal de choses...
Publié : 19 juin 2007, 19:00
par Kõjiro
Disons que la seule justification qu'elle a pour toutes les couleuvres qu'il lui faut avaler c'est qu'elle peut se permettre de discuter avec lui (pour quel effet ?) et que "il faut bien agir quand même !"
Bon pis la fin sur le yacht ou la mémoire de l'esclavage est assez pitoyable quand même...
Publié : 19 juin 2007, 19:57
par Pénombre
je suis pas trop dans le coup vu que je n'ai pas la télé et que les personnalités en vue ne sont justement pas dans le mien, de champ de tir... de vision veus-je dire
maintenant, comme ça a priori, ça serait pas une nouvelle illustration du principe qui dit qu'on a de bonnes intentions, qu'on se dit que pour une fois que qqun vous dit qu'il va vous écouter on peut pas se permettre de passer à côté et qu'on finisse par servir au mieux de prète-nom décoratif ou au pire de "caution" pour des décisions avec lesquelles on est pas du tout d'accord sur le fond ?
j'ai pas parlé ni d'opportunisme, ni d'autojustification foireuse, hein (dans le genre "et pourquoi vous la ramenez ? si j'avais pas fait ça, ça aurait été bien pire") mais est ce que ça serait pas un truc du genre éventuellement ?
Publié : 19 juin 2007, 20:37
par Kõjiro
Tout à fait possible sauf que, de mon point de vue, elle a déjà commencé à trouver des justifications foireuses et peut être à se mentir à elle même, à se voiler la face.
Ce qui augure mal de la suite.
Si elle n'avait pas eu cette malheureuse tentative d'explication sur la repentance à la fin ou sur cette histoire de yacht j'aurais pu croire qu'elle y croyait encore sincèrement. Maintenant je me dis qu'elle est dans la phase de postjustification de son choix en jouant un peu à l'autruche...
Mais bon je ne suis pas dans sa tête.
Mais plutôt dans son cul.
Publié : 19 juin 2007, 21:11
par Ding On
Hum, vu comment elle est mignonne, c'est pas dans sa tête que j'aimerai être perso... :fesse:
Publié : 19 juin 2007, 21:12
par Kzo
Le 19 juin 2007, elle est nommée secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des affaires étrangères et des droits de l'Homme, dans le gouvernement François Fillon (2).
Ok cool, aux affaires de "droit de l'hommiste" pour reprendre les termes du président. Maintenant question, quel est son budget? Parce que les belles paroles c'est cool, mais sans pognon c'est du maquillage.
Enfin comme dit Koji, son espèce de justification de la position de sarkozy sur la France et l'esclavage, c'est juste nul et à côté de la plaque (comme toutes les "justifications" qu'il y a eu ce sujet...).
Ca promet.
Publié : 19 juin 2007, 21:56
par Hida Kekkai
Kzo a écrit :Maintenant question, quel est son budget? Parce que les belles paroles c'est cool, mais sans pognon c'est du maquillage.
c'est comme le ministre de l'intégration du gouvernement précédent, sans budget, sans meme un véhicule de fonction, sans rien
juste pour avoir un "beur" dans le gouvernement
Publié : 19 juin 2007, 23:03
par Kakita Inigin
Kõjiro a écrit :Tout à fait possible sauf que, de mon point de vue, elle a déjà commencé à trouver des justifications foireuses et peut être à se mentir à elle même, à se voiler la face.
Ce qui augure mal de la suite.
Si elle n'avait pas eu cette malheureuse tentative d'explication sur la repentance à la fin ou sur cette histoire de yacht j'aurais pu croire qu'elle y croyait encore sincèrement. Maintenant je me dis qu'elle est dans la phase de postjustification de son choix en jouant un peu à l'autruche...
Mais bon je ne suis pas dans sa tête.
Elle fait de la dissonance cognitive. ses actes ne correspondent pas à ses idées donc elle essaie de montrer que les deux collent pour continuer sur ce chemin.
Elle pourrait très bien théoriser "Sarko est un connard mais il me propose des moyens pour faire avancer les choses donc je vais faire avancer les choses fut-ce en me bouchant le nez", en pariat sur l'intelligence des gens, au lieu de ça elle choisit de se fondre dans l'équipe ... elle a déjà perdu la flamme.
Publié : 20 juin 2007, 08:23
par Ben
Publié : 20 juin 2007, 08:28
par Kyorou
Kakita Inigin a écrit :Elle pourrait très bien théoriser "Sarko est un connard mais il me propose des moyens pour faire avancer les choses donc je vais faire avancer les choses fut-ce en me bouchant le nez", en pariat sur l'intelligence des gens, au lieu de ça elle choisit de se fondre dans l'équipe ... elle a déjà perdu la flamme.
Ouaip, mais bon, quand l'équipe est composée d'un tyran à talonnettes et de sa clique de bénis oui-oui établie sur base de quotas, tu mets pas longtemps à catcher que, le type qui prend les décisions, c'est lui et que t'es là pour jouer la femme noire de service et point barre...
Publié : 22 juin 2007, 10:57
par Kõjiro
http://www.liberation.fr/actualite/poli ... 764.FR.php
Immigration-nation: tollé sur un ministère
Dans une pétition, huit historiens s'insurgent contre l'intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux.
Par Catherine COROLLER
QUOTIDIEN : vendredi 22 juin 2007
Pas contents, l'historien Gérard Noiriel et ses amis de s'être fait traiter par Nicolas Sarkozy de «petite intelligentsia» (1) pour avoir osé critiquer la création d'un ministère dont l'intitulé associe «immigration» et «identité nationale» . En protestation contre ce qu'ils qualifient d' «acte fondateur de [la] présidence [Sarkozy]», qui revient, selon eux, à inscrire «l'immigration comme " problème " pour la France et les Français dans leur "être" même» , ces huit chercheurs avaient démissionné le 18 mai des instances dirigeantes du comité d'histoire de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (Libération du 19 mai). Aujourd'hui, ils publient, dans Libération, une pétition (lire ci-contre). «C'est la meilleure réponse que nous pouvions faire à Nicolas Sarkozy», explique Gérard Noiriel. Cent quatre-vingt-huit personnes l'ont déjà signée. Dont, souligne cet historien, «un certain nombre de gens qui ne s'engagent pas souvent comme les historiens au Collège de France, Jacques Le Goff ou Roger Chartier. Toutes les grandes institutions scientifiques françaises sont représentées , poursuit Noiriel, de même que les grandes universités des cinq continents, de Princeton à Tokyo en passant par Sydney, Oxford et Pékin. » Autre satisfaction : avoir obtenu la signature de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, et de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT. Pour Noiriel, le succès de cette pétition est dû à une «mobilisation des contre-pouvoirs mondiaux qui illustre la force des réseaux de la petite intelligentsia» .
Démissionnaires. D'autres chercheurs se mobilisent. Les universitaires membres du réseau scientifique Terra (Travaux études et recherches sur les réfugiés et l'Asie) ont mis en ligne leur propre pétition (2) signée par près de 3 000 personnes. Et, le 27 juin, ils organisent avec des associations d'anthropologues, ethnologues et sociologues un forum-débat sur «l'instauration d'un ministère dit de "l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement". La création de ce ministère va enraciner plus encore dans notreculture politique l'opposition entre la question nationale et le fait migratoire , expliquent-ils. Il risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème, un risque, voire une menace pour l'intégrité ou l'identité nationale.» Les démissionnaires de la Cité de l'immigration soutiennent cette initiative. Ainsi que les associations comme la Ligue des droits de l'homme ou la Cimade qui avaient protesté lorsque Nicolas Sarkozy avait dévoilé, le 8 mars, sa décision de créer un «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» .
Naïfs. Du côté du ministère, on joue les naïfs. Le 29 mai, Brice Hortefeux avait reçu Gérard Noiriel et ses collègues après leur démission. «Puisque la discussion avait été nourrissante et intéressante, le ministre avait dit qu'on pourrait reprendre le dialogue après les vacances. Nous aimerions justement rentrer dans une véritable expertise de la définition de l'identité nationale», s'étonne Thierry Coudert, directeur de cabinet de Brice Hortefeux. Sauf que le concept d'identité nationale en lui-même ne pose pas problème aux yeux des universitaires, mais son association avec le terme d'immigration dans l'intitulé du ministère. Et ça, affirme Thierry Coudert, il n'est pas question de le modifier.
(1) Le 13 mars à Besançon
(2) terra.rezo.net
http://www.liberation.fr/actualite/poli ... 760.FR.php
«L'Etat ne peut définir l'identité nationale, qui n'est ni unique ni figée»
Sept chercheurs, signataires de la pétition, justifient leur choix.
Par Catherine COROLLER
QUOTIDIEN : vendredi 22 juin 2007
Parmi les signataires de la pétition, plusieurs universitaires sont étrangers, ou des Français en poste dans une université hors des frontières hexagonales. Ils expliquent pourquoi, compte tenu de l'histoire des pays dans lesquels ils vivent et travaillent, cette initiative résonne et leur a fait signer ce texte.
Todd Shepard
Columbia University
L'intitulé de ce ministère laisse entendre que l'«identité nationale» est un problème et que l'immigration en est sa source. En tant qu'historien de la France, j'y vois une forte ressemblance avec les périodes regrettables de l'histoire française, de Vichy à l'abandon des harkis. Et je soutiens ceux, en France, qui ont toujours rejeté ces visions racialisantes et xénophobes.
Etienne François
Frankreichzentrum der Freien Universität Berlin
La jonction entre «immigration» et «identité nationale» fait peser un soupçon fort sur les immigrés. Elle donne, de surcroît, à entendre que l'identité nationale est de la responsabilité de l'Etat, voire d'un ministère. Or l'identité nationale devrait plutôt être du ressort de la communauté des citoyens, dans leur liberté et leur diversité. Un tel ministère serait proprement impensable en Allemagne, non seulement parce qu'il est contraire à la culture politique d'aujourd'hui mais aussi parce qu'il serait automatiquement perçu par l'étranger comme une manifestation de crispation nationale (voire nationaliste). Des Allemands plus sévères ajoutent même qu'il faut vraiment être français pour avoir l'audace de proposer un tel ministère.
Robert Aldrich
Sydney University
En tant qu'historien de la France , la nomenclature et la mission du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale me troublent comme signe de l'intervention administrative de l'Etat comme on l'a déjà vu en France notamment en février 2005 avec la loi sur l'enseignement de l'histoire coloniale dans un débat culturel qui touche à l'autonomie des historiens et autres chercheurs. L'identité nationale est sujet de débat et de redéfinition continuelle dans le public et par ceux qui s'intéressent à l'histoire, plus qu'une donnée qui devrait être institutionnalisée dans un ministère.
Edward Berenson
New York University
L'Etat ne peut définir l'identité nationale, qui ne peut avoir une signification unique et figée. Un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale risque de distinguer une «bonne» et une «mauvaise» immigration selon des critères, faux et polarisants, de groupe ethnique, de race, et de religion. Pour des raisons évidentes, des pays comme la France et les Etats-Unis ne peuvent pas avoir des frontières complètement ouvertes. Mais l'immigration doit être envisagée et gérée par les moyens démocratiques et non par des moyens bureaucratiques.
Herrick Chapman
Institute of French Studies New York University
Les nations n'ont pas d'«identité», elles sont les résultats d'un mélange riche et complexe d'hommes qui leur ont donné leur vitalité et la force dont elles ont besoin pour prospérer. Confier à une autorité publique le devoir de définir ce que signifie être français, ou américain ou allemand, et d'en faire une politique (même si cette mission est décrite sous le terme bénin d'intégration), c'est briser les règles d'une société ouverte.
Herman Lebovics
State University of New York
Aux Etats-Unis, nous avons un «service de l'immigration et de la naturalisation» et, malgré quelques épisodes d'obsession nationale pour l'«américanisme», nous n'avons jamais utilisé le concept d'«identité» pour en faire une politique publique. J'admire le projet français de créer une République intégratrice mais je crois à une intégration négociée plutôt qu'imposée. Devenir français n'a rien à voir avec sélectionner des chevaux de course ou des chiens de race.
Loïc Wacquant
Berkeley University
En 2002, Chirac avait fait de la France la risée des pénologues du monde entier en nommant dans le gouvernement Raffarin un «secrétaire d'Etat chargé des Investissements immobiliers de justice», en d'autres termes, de la construction de prisons. En 2007, Sarkozy fait plus fort encore en inventant ce ministère à la désignation furieusement «national populiste», bien faite pour appâter l'électorat lepéniste et dire crûment que la France va désormais serrer la vis à l'égard des immigrés de ses anciennes colonies. Car le terme de «codéveloppement» indique clairement de quels immigrés il s'agit. Dans aucune démocratie digne de ce nom, en Europe ou en Amérique, l'Etat ne s'arroge ainsi le droit de décréter d'en haut une «identité nationale», qui est une production historique sans cesse renouvelée et toujours contestée, et encore moins de désigner une catégorie qui la menacerait. Imaginez le tollé si les Etats-Unis, pays fétiche de Sarkozy, annonçait la création d'un ministère chargé «de l'Unité américaine et de la Question noire» .
Si vous le souhaitez, vous pouvez signer la pétition ici :
http://www.upolin.org/
Publié : 25 juin 2007, 13:04
par Kõjiro
Un point de vue intéressant sur la TVA "sociale" (enfin tva moulinex).
http://www.liberation.fr/rebonds/263174.FR.php
TVA sociale : à utiliser avec modération
Par PHILIPPE MARTIN
QUOTIDIEN : lundi 25 juin 2007
Le débat sur la TVA sociale a des accents un peu rétro. Il nous ramène avant l’euro, et plus précisément au début des années 80, quand on discutait des avantages et inconvénients d’une dévaluation du franc, avec le débat des délocalisations en plus. Remplacer des points de cotisations sociales employeurs par de la TVA revient en effet à une dévaluation déguisée. La baisse des cotisations permet de diminuer les prix des biens produits en France, alors que les prix à l’importation augmentent du montant de la TVA : l’effet même d’une dévaluation.
Pourquoi faire une dévaluation ? Supposons qu’un pays voie sa compétitivité se dégrader parce que ses prix sont trop élevés par rapport à ses concurrents, et que, du coup, ses parts de marché et sa balance commerciale se dégradent. C’est exactement ce qui se passe en France aujourd’hui. Comment regagner de la compétitivité ? Il y a une manière simple pour le faire rapidement : on baisse les coûts de production, en premier lieu celui du travail, puisque celui du capital est à peu près le même partout. On pourrait baisser les salaires français, mais on peut imaginer (même si les syndicats semblent un peu anesthésiés) qu’il y aura quelques résistances. Donc on le fait de manière détournée, en baissant le pouvoir d’achat par une augmentation des prix des biens importés. Avec cette stratégie, il n’y a pas de gain de compétitivité sans perte de pouvoir d’achat, que celle-ci passe par une baisse de salaire ou une augmentation des prix. Cela est peut-être légitime, mais l’adjectif «social» est plutôt mal choisi. Pour être plus précis sur les chiffrages, qui manquent cruellement dans ce débat, il faut utiliser une maquette de l’économie française et faire «tourner le modèle», comme disent les économistes, pour simuler les effets d’une TVA sociale.
L’étude récente de Maylis Coupet et Jean-Paul Renne permet d’en savoir plus sur ce qu’on va perdre (du fait de l’inflation) et ce qu’on va gagner (en production et emploi). Avec cinq points de TVA sociale en plus, de combien augmenteraient les prix ? Cela dépend du comportement des entreprises françaises et de la manière dont elles réagissent à la baisse de leurs coûts salariaux via la baisse des cotisations, et du comportement des entreprises étrangères et de la manière dont elles absorbent ou non la TVA. Coupet et Renne estiment l’augmentation des prix au bout d’un an à 1,7 %, ce qui est beaucoup. Mais qu’est ce qu’on gagne ? La TVA sociale, en augmentant les prix des biens étrangers par rapport aux biens français, est efficace pour redonner de la compétitivité aux entreprises. Elle produit un effet expansionniste à court terme sur les exportations, la production et l’emploi. L’effet est important au bout d’un an : un point de croissance et presque 200 000 emplois. Mais à la fois la perte de pouvoir d’achat et le gain de croissance et d’emploi s’estompent rapidement, car les salaires s’ajustent sur l’augmentation des prix. A long terme, l’effet est même légèrement négatif, en partie car la TVA est une taxe payée par les consommateurs mais aussi par les entreprises (pour environ 15 %de la taxe) du fait de ce qu’on appelle les «rémanences de TVA», qui grèvent leur investissement. Bref, il s’agit d’une politique de relance de court terme, qui en a les avantages et les inconvénients. Clairement, la droite insistera sur l’effet expansionniste en oubliant de mentionner que le gain de production ne se renouvellera pas et que cela se fera au prix d’un regain d’inflation et d’une perte de pouvoir d’achat. La gauche ne fera qu’insister sur ce dernier aspect.
Le chiffrage de Coupet et Renne suggère donc que, à court terme, à la fois le coût inflationniste et le gain de croissance d’une hausse de cinq points de TVA finançant la baisse de cotisations sociales sont quantitativement très importants. Cela milite certainement pour une expérience moins drastique, d’un ou deux points seulement.
Autre aspect du problème, qui va dans le même sens d’une utilisation modérée de la TVA sociale : une fraude importante est en train de se développer en Europe sur la TVA et l’augmentation de son taux va aggraver le problème. Le caractère passager de la relance des exportations doit aussi être souligné : la TVA sociale n’est pas une réponse de fond au problème de la compétitivité de la France, qui dépend plus crucialement de notre capacité à innover et à augmenter notre productivité. Dans le contexte européen, la TVA sociale doit être interprétée comme une mesure de rétorsion contre l’Allemagne, qui a déjà utilisé en début d’année cette dévaluation compétitive déguisée. L’euro était censé interdire ce genre de petits jeux, mais les Allemands ont trouvé la faille. Il n’est pas inutile que la France montre à son principal partenaire commercial qu’elle peut aussi jouer de manière non coopérative. Mais il ne faudra pas s’étonner alors que d’autres gouvernements européens fassent de même. Quand tout le monde y sera allé de sa dévaluation compétitive sous forme de TVA sociale, l’avantage compétitif de chacun aura été annulé. On peut parier que la Commission Européenne ne va pas rester les bras croisés et qu’elle cherchera peut-être à imposer un taux de TVA maximum, alors que pour le moment elle n’impose qu’un taux minimum.
Philippe Martin est professeur à l’université Paris-I - Panthéon - Sorbonne.
Publié : 26 juin 2007, 08:38
par Kõjiro
Bon ça irait mieux dans just for fun mais encore une fois je ne voudrais pas risquer de polluer les autres threads avec de la politique :
http://www.liberation.fr/rebonds/263450.FR.php
Ministre à saisir, spécial quotas
Par Hamou Bouakkaz
QUOTIDIEN : mardi 26 juin 2007
Député socialiste suppléant en solde cherche secrétariat d’Etat. Monsieur le Premier ministre, permettez-moi de vous adresser ma candidature à un poste dans votre gouvernement. Je sais que je me réveille un peu tard (les gens de gauche ne se lèvent jamais tôt à cause des 35 heures), mais à ma décharge les fiches de postes n’étaient pas très explicites et ma modestie ne me permettait pas d’envisager un tel destin.
A présent, mes yeux se sont ouverts, et il s’avère que j’ai toutes les qualités requises. D’origine maghrébine, je suis en outre aveugle et député suppléant socialiste. Songez, Monsieur le Premier ministre, à la magnifique affaire que vous feriez en me confiant un portefeuille ! Trois quotas pour une seule personne : quelle prise ! Certes, je ne suis pas une femme, pour que l’extase soit absolue, mais, avec tous ces médecins à la Douma, tout devient possible pour qui est prêt à tout ! Je ne souhaite pas une responsabilité trop utile, je me suis trop habitué aux douceurs de Malte pour travailler plus que les double 35 heures.
Quelque chose de symbolique m’irait parfaitement : ministère de la Ville-issement, ministère de la Défense des privilégiés, ou secrétaire d’Etat aux Finances détaché à Lourdes pour vous aider à boucler le budget de la rupture. Vos communicants vous objecteront que je ne suis pas très connu des médias. Qu’à cela ne tienne ! J’ai mon idée, un truc à passer en boucle pendant au moins une journée sur TF1 : je lance l’association Ni futes ni chemises. J’invite tous ceux qui se trouvent à Paris le 14 juillet à se rassembler en maillot de bain à Fouquet’s plage pour protester contre le gauchisme bleu et les violences faites à l’âme par un gouvernement qui pense que tout s’achète et tout se vend.
Si mon dossier est trop lourd, veuillez le transmettre au premier étage de l’Elysée grâce au nouveau monte-charge pour opportunistes (plus utile que l’antique ascenseur social).
Publié : 26 juin 2007, 09:27
par Kakita Inigin
Au Japon on appelait ça un senryu et personne n'aurait pensé à en faire d ela littérature. c'est bien ici.
Publié : 26 juin 2007, 10:36
par Kyorou
Bon, il semblerait donc que, contrairement à ce que les vilains gauchos reprochaient à Sarkozy, celui-ci ne va pas faire exploser la dette de l'Etat en faisant des cadeaux à ses potes. En effet, il semble plutôt qu'il va vendre l'Etat en question aux dits potes par petits bouts... Rassurés ?
Sources a écrit :: FRANCE RESUMES SALE OF CROWN JEWELS TO CUT ITS NATIONAL DEBT Avec la cession de 5% du capital de France Télécom, le nouveau gouvernement français a repris la vente des participations de l'Etat dans des groupes cotés, afin de freiner l'accroissement de la dette qui menace de s'accélérer en raison de fortes réductions d'impôts. Cette cession va rapporter 2,65 milliards d'euros qui seront directement affectés au désentement de l'Etat, a affirmé lundi le gouvernement. La dette française dépasse 1.000 milliard d'euros. Après une parenthèse de quelques mois, qui a coïncidé avec la période électorale (présidentielle suivie des législatives), la ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde a annoncé dimanche la cession de 5% à 7% du capital de l'opérateur historique France Télécom, actuellement détenu à 32,41% par l'Etat. Concrètement, entre 130 et 180 millions d'actions, selon la demande, vont être cédées à des investisseurs institutionnels (banques, assurances...) à un prix unitaire qui devrait être compris entre 20,40 et 20,70 euros, selon les estimations des courtiers. Si l'on retient le milieu de cette fourchette, la vente devrait apporter entre 2,7 et 3,7 milliards d'euros aux caisses de l'Etat. La cession a été condamnée par des syndicats de France Télécom, qui l'ont comparée à une "vente des bijoux de famille" visant à contribuer "au financement des cadeaux qui vont être fait au patronat". Elle ne doit pas en théorie servir à financer directement les diverses baisses d'impôts programmées par le gouvernement pour tenir les promesses du président Nicolas Sarkozy (officiellement estimées à au moins 11 milliards d'euros), mais à réduire la dette. WHAT NEXT ? Fort d'un portefeuille d'actions évalué à 192 milliards d'euros et de nombreux actifs immobiliers, "l'Etat a encore des marges de manoeuvre", observe-t-il. En 2006, le gouvernement avait réalisé plus de 16 milliards d'euros de cessions d'actifs, un record, avec notamment la vente d'actions Alstom, Aéroports de Paris et de différentes sociétés d'autoroutes. Si le ministère de l'Economie se refuse à tout commentaire sur de nouvelles opérations, le gouvernement pourrait mettre à profit le boom des marchés boursiers. De nombreux experts parient en particulier sur une mise en vente prochaine d'une tranche du capital d'EDF, encore détenu à 87% par l'Etat alors que la loi l'autorise à descendre jusqu'à 70% du capital. Pour les analystes de la banque UBS, le gouvernement "devrait effectuer un placement de 7 à 8% du capital (d'EDF) en septembre", une opération qui, si elle se confirmait, lui rapporterait une dizaine de milliards d'euros au vu de la capitalisation actuelle du groupe.