Ahhhh, la magie …
En petit préambule, je n’aime pas trop celle de L5A de par la liste de sorts trop « adédéesque » et du statut hybride du shugenja entre mago et curé …
Je l’ai mise pendant longtemps de coté jusqu’à reprendre des vrais éléments de Kami et de Shintô (avec Shinseisme = bouddhisme) pour mettre la magie dans une culture japonisante, essayer de faire un tout « cohérent » (que les éléments s’imbriquent les uns dans les autres) et « original » (pas mago, ni prêtre Adédé) sans trop modifier la technique et donc sans être vraiment japonais …
KAMI
Malgré l’emprise de plus en plus grande du Shinseisme au fil des siècles, le Shintô demeure inextricablement lié aux coutumes comme aux manières de penser et d’être du peuple rokugani …
Notre pays est le pays des Kami, et Kami est l’esprit. Tout dans la nature vient à l’existence à cause de l’esprit. Sans Kami, il ne peut y avoir de spiritualité. Sans Kami, il n’y a pas de Voie. Kami règne en temps de prospérité comme en temps de déclin. Kami est positif et négatif et insondable. Ainsi Kami est la source de toute existence.
La notion de Kami n’est pas définie, les Rokugani étant intuitivement conscient des Kami au plus profond d’eux mêmes et communiquant avec eux directement sans avoir jamais formé d’idées des Kami, en concept comme en théologie. Et s’il existe en Shintô une (ou même plusieurs) mythologies qui décrivent les actions d’une multitude de Kami, il n’y a pas parmi eux de divinités absolue.
Chaque Kami a son propre caractère, en tant qu’ « esprit » d’une chose ou d’un lieu, d’un élément ou d’un phénomène ; esprit qui est « la » chose ou « le » phénomène, ou bien en tant que protecteur d’un groupe, d’un clan (Ujikami) ou même d’une famille ou encore d’un lieu particulier.
Les Kami sont partout et font donc parti de la vie quotidienne.
SHINTÔ (Compétence « Théologie »)
Si le Shintô est la compétence Théologie (rites et pratiques de vénération des kami, des ancêtres), le Shintô n’est pas à proprement parler une religion dans le sens où le Shintô n’a pas d’Ecritures sacrées ni de dogme, ni de morale et de philosophie religieuse, ce qu’apporte le Shinseisme.
Les Rokugani sont parfois incapables de faire une distinction nette entre le Shinseisme et le Shintô, si ce n’est dans la division des tâches : au Shinseisme incombe tout ce qui concerne la vie après la mort tandis que le Shintô s’occupe plus précisément de cette vie ci.
Tous les événements concernant cette vie, naissance, mariage, batailles, fêtes, sont considérées comme du ressort du Shintô ou plutôt des Kami qu’il convient à chaque occasion d’informer et de se rendre propice soit par des purifications (Harai), soit par des offrandes, des danses et des invocations rituelles (Norito).
Un bushi qui invoque son Ujikami afin qu’il guide sa flèche vers la cible pourrait ainsi se voir accorder un bonus à son jet de touché sous réserve qu’il réussisse un jet de Shintô / théologie à la discrétion du MJ.
LA SOUILLURE (kegare)
Dans le Shintô il n’y a pas de distinction entre le Mal et le Bien. Cette distinction dépend des circonstances. En principe, l’âme de l’homme est bonne et l’homme ne commet le mal que parce qu’il est momentanément en désaccord avec la nature, avec les Kami, parce qu’il est « impur ».
Et le mal est parfois considéré comme une maladie qui affecte temporairement l’être humain, maladie due principalement à un état d’impureté (kegare) qui le sépare du monde des Kami et qu’il importe d’éliminer par des purifications.
Les immondices, le sang humain, les effusions de sang, tuer des animaux, la mort, la maladie, l’accouchement sont sources de souillure et il convient de purifier les personnes et les lieux à chaque occasion.
Il y a différents rites selon la gravité du kegare : le sel, l’eau froide, l’isolement, le jeûne.
Ainsi, après une naissance on accroche un signe indiquant le tabou (généralement une branche de saule au pouvoir prophylactique puissant) et signifiant qu’aucun visiteur ne peut être admis, la nouvelle accouchée étant considérée comme rituellement impure, de même que tous ceux qui l’ont approchée. C’est la raison pour laquelle l’accouchement doit de préférence se faire dans une pièce séparée de la maison principale.
La caste des Eta, de par ses occupations, souffre d’un statut d’impureté permanent et ses membres sont frappés d’ostracisme. Néanmoins, c’est faire preuve de compassion que d’offrir un bain à un Eta.
En terme de jeu, la souillure est notée sur la feuille de personnage sous la même échelle que l’Honneur (5 rangs chacun composé de 10 points). L’être humain est normalement exempt de souillure (0.0) et reçoit des points de souillure en conséquence de ses actes. Ces points sont effacés grâce à des purifications (Harai) dont l’importance est à l’aune de l’état de souillure de la personne.
Un personnage souillé souffre d’un désavantage par rang de souillure pour toutes ses interactions sociales avec les Rokugani et les Kami.
La souillure de l’Outremonde décrite abondamment dans les règles est fondamentalement de même nature. Seulement, le mal est une souillure permanente et irréversible qui exclue progressivement la personne du monde des Kami à mesure qu’il se répand dans son corps. La souillure de l’Outremonde est notée sur le même indicateur mais au stylo indélébile …
SHUGENJA et SHUGENDÔ – la voie des Kami
L’attention des Kami sur les hommes emprunte de multiples formes dans le jeu ; des « avantages et désavantages » comme la bénédiction ou la malédiction de Benten ; la faveur d’un « Ancêtre », Kami protecteur d’un clan ou d’une famille ; le don d’utiliser la « magie » en étant shugenja.
Le shugenja attire l’attention d’un kami nommé ou du kami d’un lieu par l’accomplissement d’un Norito (invocation rituelle) particulier et « magique », le shugendô.
Le shugendô n’est pas un acte de foi, un « miracle » dans un sens occidental car toute personne communique directement avec les Kami.
Il n’y a ainsi aucune différence entre un bushi qui invoque son Ujikami afin qu’il guide sa flèche vers la cible et un shugenja qui invoque une fortune pour avoir sa bénédiction. Les deux invocations sont fondamentalement de la même nature et ont pour but de se rendre propice un Kami.
Il n’y a aucune différence entre un chasseur, un moine-guerrier ou encore un prêtre Shintô qui va faire vibrer la corde d’un arc afin de maintenir à distance les mauvais esprits et d’attirer les attentions des Kami lors d’un accouchement et un shugenja qui va tracer des kanji de protection avec du sel.
Tout Rokugani connaît des formules rituelles pour invoquer la faveur des kami et éloigner les mauvais esprits même si les Shugenja connaissent les formules les plus puissantes.
Pour le shugenja, l’invocation du kami est plus complexe, plus ritualisée, fait appel à un savoir secret ancestral (et par conséquent « magique ») et son intervention est généralement plus « visible ». Mais si le bushi invoquant son Ujikami touche sa cible avec sa flèche, ce sera tout autant grâce à l’intervention du Kami.
Le shugendô est un ensemble de connaissances, de pratiques empiriques, de techniques secrètes de « ceux qui ont le don », tout du moins il faut avoir le don pour effectuer correctement le shugendô (sinon il ne s’agit que d’un « simple » Norito).
Le shugendô peut emprunter des formes multiples, des danses, des transes shamaniques, des psalmodies, des sacrifices, des offrandes etc. …
Les shugenja de caste samuraï à Rokugan privilégient le shugendô sous forme de calligraphie de kanji – qui furent dans la tradition – donnés à l’homme par les Fortunes selon 5 voies élémentaires.
Les voies du SHUGENDÔ et la Calligraphie de KANJI (Shogaku)
« La calligraphie ou shogaku est l’art d'écrire la langue ancienne, celle qui fut donnée à l’homme par les Fortunes. Un PJ maîtrisant cette compétence pourra lire et traduire les anciens parchemins des bibliothèques des écoles de shugenja. »
Deux modes d’écriture existe à Rokugan, les kana (pour simplifier regroupant katakana et hiragana), alphabet phonétique de 48 symboles et les kanji, idéogrammes correspondant à un mot ou à un morphème au nombre de 50.000 caractères (NB ces considérations sont assez fausses, actuellement les kana et kanji sont utilisés conjointement).
Les kana sont l’écriture commune, vulgaire inventée par les hommes, simple et adaptée à la transcription de la langue rokugani. Utilisé pour la correspondance courante.
Les kanji sont l’écriture noble, celle donnée par les Kami, complexe et totalement inadaptée à la transcription de la langue rokugani. Utilisé par les lettrés, les shugenja et les documents officiels.
Le shugendô emprunte 5 voies, 5 écoles élémentaires qui constituent chacun une compétence de jeu pour approcher la conscience d'un kami et atteindre un effet particulier via l'accomplissement d'un rituel (sort). La voie du Vide étant particulière, seuls les shugenja Phénix y ont accès.
Hi do : Feu
Mizu do : Eau
Tsuchi do : Terre
Kaze do : Air
Ku do : Vide
La maîtrise de la Calligraphie est essentielle car elle permet d’écrire les kanji les plus rares et les plus complexes qui peuvent être composés d’une quarantaine de signes. Le rang de chaque école de shugendô ne peut être supérieur au rang de Calligraphie du shugenja.
Chaque sort connu par le shugenja, chaque effet désiré par le shugenja correspond un ou plusieurs kanji qu’il convient de calligraphier correctement. En modifiant subtilement ces kanji, le shugenja parvient à en modifier les effets (augmentations).
L’écriture des Kanji permet d’obtenir un lien privilégié, l’écoute d’un kami afin qu’il satisfasse l’invocation rituelle du shugenja à travers l’effet particulier d’un sort.
L’échec du shugendô marque donc une mauvaise calligraphie qui déplait au kami et l’offense et entraîne le refus du kami de prendre en compte la demande du shugenja. Le shugenja s’en retrouve souillé.
Toutes les catastrophes naturelles sont le fait de la colère des kami ou de l’activité d’un mauvais esprit. Les efforts de la population rokugani se consacrent essentiellement à apaiser les kami pour que les éléments soient cléments afin que les récoltes soient bonnes.
Les échecs aux sorts les plus puissants peuvent entraîner la colère du kami être la cause de véritables catastrophes. Les shugenja sages évitent de recourir trop fréquemment à ces sorts par crainte que ce kami déchaîne sa colère contre les hommes en provoquant tremblement de terre, tsunami, cyclone, sécheresse ou épidémie.
Le recours au shugendô n’est donc jamais bénin, ni fortuit.
Compte tenu que l’échec d’un sort est avilissant pour le shugenja voire peut être dangereux, la plupart des shugenja minimise les échecs en utilisent des invocations qu’ils maîtrisent bien et ne jouent pas aux apprentis sorciers en ne sortant pas des sentiers battus.
La plupart des combinaisons de kanji sont utilisées depuis des siècles et il ne s’agit véritablement que de la mise en œuvre d’un « sort », d’écrire fidèlement des kanji appris par cœur et stéréotypées.
Créer un nouveau sort, c’est partir dans l’inconnu, seul les plus doués s’y risquent et y parviennent.
Emprunter la voie du Vide est toujours partir dans l’inconnu …
Chaque voie élémentaire (école) possède ses propres sorts à l'exception des sorts de Communion, Invocation et Sensation et Contre-sort qui peuvent être lancés dans chacune des Voies.
Soit :
M : Rang de Maîtrise du shugenja
C : Rang de Compétence dans la voie
A : Rang de l'Anneau
M+C+A = nombre maximum de sorts d'une école que peut connaître un personnage
Les sorts Communion, Invocation et Sensation comptent ensemble pour 1 dans chaque école ainsi que Contre-sort.
M+C = limite du Rang de maîtrise d'un sort qui peut être appris
A = nombre maximum de sorts qui peuvent être lancés dans une journée (récupération 1 par jour par école comme le Vide)
LANCE DE SORT
1) Détermination d'avantage / de désavantage
Cf. paragraphe concernant les désavantages pour rappel :
L’avantage / désavantage est la prise en compte d’éléments relatifs et inhérents aux personnes qui ont une influence certaine sur la résolution d’une action, qu’elle soit simple, d’opposition ou de combat (les trois modes de résolution utilisés).
Liste indicative :
- Armure portée : armure légère (1) et armure lourde (2).
- Santé : 1 désavantage par degré de blessure (1 à 5).
On peut considérer que les blessures sont moins ou pas handicapantes au lancé de sort et réduire les désavantages ou ne pas les appliquer.
- Distractions
La pluie, le vent, de la musique, une geisha mordillant l’oreille etc. … peuvent causer des troubles de concentration nuisant à l’écriture correcte des kanji.
- Conditions de visibilité
Un personnage partiellement aveuglé par le soleil, la poussière, le sable, la nuit et ne voyant pas correctement la cible de son sort subit 1 à 2 désavantages, si la perte de vision est totale, il en subit 5.
- Mauvaise main
Ecrire de la main gauche pour un droitier et inversement. 2 désavantages.
- Déplacement du shugenja
Il faut normalement être immobile pour lancer un sort. Le nombre de désavantage est proportionnel à l’activité déployée : marcher (1), courir au petit trot (2), course de fond (3), course rapide (4) et sprint (5).
- Engagé en combat
Un shugenja peut essayer d’écrire un sort en tentant d’éviter les coups / saisie d’un adversaire en subissant 5 désavantages ce qui permet de disposer de son ND de base plutôt que d’être ND 1 (efforts défensifs non possible puisque non mise en œuvre d’un bugei).
- Souillure
Le shugenja subit un désavantage par rang de souillure.
- Lancé inné : Préalablement à l’écriture des kanji, il faut normalement au minimum un tour pour préparer sa tablette, ses parchemins et son encre.
Il est possible de se passer du support matériel et de tracer les kanji dans l’air en subissant 3 désavantages. Maîtrise innée permet de ne pas subir ce désavantage.
Pour la Meishodo, le kanji est déjà inscrit sur le talisman. Les kanji ne peuvent donc être modifiés et par conséquent aucune augmentation n’est possible (même gratuite).
Le talisman a besoin d'être touché et le kanji inscrit lu par le shugenja pour être activé.
Les modificateurs d'armure, de condition climatique, de mauvaise main, et de tour de préparation ne s'appliquent pas à la Meishodo.
2) Détermination de l'initiative
Calligraphie + Anneau garde Calligraphie
Modificateurs :
- Désavantagé : - 1 dé jeté par désavantage
3) Annonce des intentions dans l'ordre croissant de l'initiative et résolution des mouvements dans l'ordre décroissant de l'initiative
attaque sur X, je me désengage, je tire à l'arc sur X, je charge sur X, je lance un sort ...
3) Détermination du lancé de sort
a) Détermination du ND de difficulté
ND = Difficulté de base du sort
Les ND des sorts en 1ère édition sont à majorer de 5 ou 10 (selon les sorts) car ils sont en général trop faciles à lancer (à voir pour les ND 2nde édition que je ne connais pas).
b) jet de lancé de sort
Ecole de magie + Anneau garde École de magie
Modificateurs :
- Désavantagé : - 1 dé jeté par désavantage
- Augmentation : -1 dé jeté par augmentation
les augmentations permettent de faire tout ce que l’on veut de plus qui ne relève pas la qualité même de l’action : augmenter la durée d’effet, augmenter la zone d’effet, diminuer le temps d’écriture, l’importance du bonus ou du malus, des dommages (pour plusieurs augmentations), ou le nombre de cible (plusieurs augmentations) etc. …
Certaines écoles permettent une augmentation gratuite dans une école.
(rappel : nombre maximum d'augmentations rang de Vide).
- Vide : + 1 dé jeté et gardé par point dépensé
Si le lancé de sort réussit, les kanji brillent d’un éclat vif (d’une couleur dépendant de l’école mise en œuvre ?) et le sort prend effet.
En cas d’échec, le shugenja subit « rang de maîtrise du sort » points de souillure temporaires en temps normal ou définitifs si il se situe sur les terres de l’Outremonde.
Remarque 1 :
Le sort « écriture de kanji » alors que normalement il est « lecture de parchemin » vient de considérations ludiques et de cohérence.
Ludique car je trouve plus fun, d’écrire un sort plutôt que de le lire passivement. L’idée m’a été soufflé (par une remarque de Kendashi je crois mais ma mémoire … peut être Mugen ou Rom1 ?) sur un post où ça parlait un peu manga et magie. Bref, dessiner un kanji sur un parchemin pour moi « cela le fait » plus que de lire un parchemin façon scroll et le shugenja avec en permanence une collection de parchemin dans les manches avec index à la clé.
De cohérence car je trouvais un peu lourdingue que depuis le temps qu’existait la magie, il existe encore des sorts secrets dans les clans. Voler un parchemin sur un shugenja de visite, décoder c’est facile pour qui vous savez.
Aussi, cela permet de faire de la magie un savoir oral transmis de maître à élève et de rendre plus facilement une dépendance envers le sensei et l’école de magie un peu comme pour les écoles de bushi.
Remarque 2 :
Si vous ne voulez pas créer une compétence magique par voie élémentaire pour ne pas trop bouleverser le jeu, le lancé de sort peut se faire par Calligraphie + Anneau garde Calligraphie.
Maintenant, l’intérêt de ces compétences magiques est aussi d’équilibrer le jeu en donnant des compétences pour les shugenja et en terminer « naturellement » (c’est à dire sans intervention divine du MJ

) avec les shugenja maîtres du sabre car ils ont plein de points à dépenser.
Voili voilou. Merci d'avoir été patient !
