Re: Actualité politique et sociale - Saison 2010 - Episode 1
Publié : 30 juil. 2010, 17:07
En fait, c'est la seule cartouche qui lui reste :
- question économie, à part le patronat et la presse libérale, personne ne croit dans les discours de Lagarde, et malgré tout ce qu'on serine, non seulement le chomage ne baisse pas mais la crise continue à faire des dégats, en attendant la prochaine
- question santé, à part gaspiller du fric pour le H1N1 qui est devenu presque publiquement "le cadeau de l'OMS aux labos pharmaceutiques", réduire les remboursements et sous couvert de rationalisation fermer (encore) des lits et des services au profit des potes du privé, rien de bien réjouissant.
- question honnêteté et aura des hommes politiques, la Sarkozie (le président, ses ministres et leurs copains) ont fait bien plus pour montrer à quels points ils étaient des profiteurs en trois ans que Chirac en deux mandats, et pourtant, la Chiraquie, c'était pas triste...
- question du pain et des jeux, les gesticulades du président autour de la coupe du monde et du tour de france ont surtout montré à quel point sorti de ses lubies à lui, le reste du pays il n'en avait trop rien à foutre.
- la dernière intervention télévisuelle (c'est la combientieme au fait ? je les regarde jamais mais j'ai l'impression qu'on en a une tous les mois au minimum depuis 2007) n'a pas déclenché un irrésistible élan de sympathie pour Woerth, ou pour le président, ni pour la politique menée. Et bien que perso je n'attende guère de la part des patrons des médias, on sent bien qu'à la longue, la bonne volonté des rédactions et des journalistes envers la Sarkozie - notamment au moment de la campagne présidentielle de 2007 - a laissé la place à plus de circonspection.
Alors y reste la sécurité. Evidemment, même si on se contente d'une lecture à la con des "progrès" accomplis par le président qui était auparavant ministre de l'intérieur, y a pas de quoi crâner : on fait du chiffre débile, on bazarde les plaintes ou problèmes qui n'entrent pas dans les trucs qui font bien au niveau des stats, on en arrive à expulser des touristes espagnols sous prétexte qu'ils ont des origines marocaines, on enferme des nourrissons dans les centres de rétention et on s'oriente explicitement vers la police à l'américaine : plus personne ne va dans les quartiers chauds sauf en hélico ou avec tout l'arsenal (casques, boucliers et gilets pare-balles). En fait, le seul effet que ça donne, c'est que les racailles se croient dans une série télé et se mettent à cartonner du flic, pendant que les braves gens délationnent le pakistanais ou le tunisien sans papier du restau d'en face, qui est forcément un profiteur et limite complice avec ces gens là. Je vais même pas parler de l'interdiction du voile, qui est l'arbre masquant la forêt en matière de gesticulations xénophobes et populistes. Ce qu'on sait, c'est qu'on parle de plus en plus de sécurité, qu'on surveille de plus en plus de gens, et que - curieusement - personne ne sent plus en sécurité qu'avant. En fait, le miracle de la sécurité, c'est que c'est quelque chose de tellement plus subjectif que "combien je touche par mois et jusqu'à quand maintenant que je suis au chomage", qu'on peut gesticuler et raconter n'importe quoi sans répondre au problème de fond, ni même obtenir des avancées réelles. On a des "résultats" mais pas de réels progrès. Du coup, on peut continuer à raconter la même chose, dépenser plein de fric et laisser la situation pourrir. Si ça tient jusqu'aux prochaines présidentielles, ça sera un vrai bonheur...
Maintenant, je crois que c'est la première fois dans l'histoire de la cinquième république que le gouvernement doit faire face à des policiers qui refusent d'être baillonnés par leur hiérarchie et le syndicat sarkozyste de service. Parce que si la sarkozie sait soigner ses superflics et en faire des préfets, si elle sait faire briquer les commissariats et boucler les quartiers avant de venir dire bonjour, elle ne sait pas faire en sorte que demain le travail des flics soit moins ubuesque, moins dangereux et plus respecté par les citoyens, qui paient justement cette police. Leur police. Elle ne sait pas faire ça, la sarkozie. Mais c'est sans doute parce qu'en fait elle ne veut pas le faire.
- question économie, à part le patronat et la presse libérale, personne ne croit dans les discours de Lagarde, et malgré tout ce qu'on serine, non seulement le chomage ne baisse pas mais la crise continue à faire des dégats, en attendant la prochaine
- question santé, à part gaspiller du fric pour le H1N1 qui est devenu presque publiquement "le cadeau de l'OMS aux labos pharmaceutiques", réduire les remboursements et sous couvert de rationalisation fermer (encore) des lits et des services au profit des potes du privé, rien de bien réjouissant.
- question honnêteté et aura des hommes politiques, la Sarkozie (le président, ses ministres et leurs copains) ont fait bien plus pour montrer à quels points ils étaient des profiteurs en trois ans que Chirac en deux mandats, et pourtant, la Chiraquie, c'était pas triste...
- question du pain et des jeux, les gesticulades du président autour de la coupe du monde et du tour de france ont surtout montré à quel point sorti de ses lubies à lui, le reste du pays il n'en avait trop rien à foutre.
- la dernière intervention télévisuelle (c'est la combientieme au fait ? je les regarde jamais mais j'ai l'impression qu'on en a une tous les mois au minimum depuis 2007) n'a pas déclenché un irrésistible élan de sympathie pour Woerth, ou pour le président, ni pour la politique menée. Et bien que perso je n'attende guère de la part des patrons des médias, on sent bien qu'à la longue, la bonne volonté des rédactions et des journalistes envers la Sarkozie - notamment au moment de la campagne présidentielle de 2007 - a laissé la place à plus de circonspection.
Alors y reste la sécurité. Evidemment, même si on se contente d'une lecture à la con des "progrès" accomplis par le président qui était auparavant ministre de l'intérieur, y a pas de quoi crâner : on fait du chiffre débile, on bazarde les plaintes ou problèmes qui n'entrent pas dans les trucs qui font bien au niveau des stats, on en arrive à expulser des touristes espagnols sous prétexte qu'ils ont des origines marocaines, on enferme des nourrissons dans les centres de rétention et on s'oriente explicitement vers la police à l'américaine : plus personne ne va dans les quartiers chauds sauf en hélico ou avec tout l'arsenal (casques, boucliers et gilets pare-balles). En fait, le seul effet que ça donne, c'est que les racailles se croient dans une série télé et se mettent à cartonner du flic, pendant que les braves gens délationnent le pakistanais ou le tunisien sans papier du restau d'en face, qui est forcément un profiteur et limite complice avec ces gens là. Je vais même pas parler de l'interdiction du voile, qui est l'arbre masquant la forêt en matière de gesticulations xénophobes et populistes. Ce qu'on sait, c'est qu'on parle de plus en plus de sécurité, qu'on surveille de plus en plus de gens, et que - curieusement - personne ne sent plus en sécurité qu'avant. En fait, le miracle de la sécurité, c'est que c'est quelque chose de tellement plus subjectif que "combien je touche par mois et jusqu'à quand maintenant que je suis au chomage", qu'on peut gesticuler et raconter n'importe quoi sans répondre au problème de fond, ni même obtenir des avancées réelles. On a des "résultats" mais pas de réels progrès. Du coup, on peut continuer à raconter la même chose, dépenser plein de fric et laisser la situation pourrir. Si ça tient jusqu'aux prochaines présidentielles, ça sera un vrai bonheur...
Maintenant, je crois que c'est la première fois dans l'histoire de la cinquième république que le gouvernement doit faire face à des policiers qui refusent d'être baillonnés par leur hiérarchie et le syndicat sarkozyste de service. Parce que si la sarkozie sait soigner ses superflics et en faire des préfets, si elle sait faire briquer les commissariats et boucler les quartiers avant de venir dire bonjour, elle ne sait pas faire en sorte que demain le travail des flics soit moins ubuesque, moins dangereux et plus respecté par les citoyens, qui paient justement cette police. Leur police. Elle ne sait pas faire ça, la sarkozie. Mais c'est sans doute parce qu'en fait elle ne veut pas le faire.