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Publié : 20 févr. 2008, 18:57
par Moto Shikizu
mercredi 20 février à 21H50

La prise du pouvoir par Vladimir Poutine


Comment, au tournant du millénaire, un obscur fonctionnaire de l'ex-KGB devint un président autocratique. À la veille de l'élection présidentielle en Russie, une plongée édifiante dans les fondations de la maison Poutine.

ARTE F
En mars, Vladimir Poutine achève son second mandat présidentiel pour devenir, probablement, le Premier ministre du dauphin qu'il s'est choisi. Huit ans plus tôt, il était élu dès le premier tour avec 52 % des voix. Obscur fonctionnaire du FSB (ex-KGB) repéré par un clan Eltsine aux abois, il lui aura fallu dix-huit mois pour se hisser au sommet du pouvoir, et dépasser ses maîtres en propagande...
Cette histoire, où la télévision joue un rôle central, commence par un détournement de fonds colossal et un chantage crapoteux à base de cassettes porno. Elle s'achève sur des attentats meurtriers qui vont justifier le déclenchement de la deuxième guerre de Tchétchénie. Grâce à un montage serré d'archives saisissantes et de témoignages sans détours - dont ceux de l'oligarque Boris Bérézovski ou du jounaliste "vendu" Sergueï Dorenko - ce film offre une plongée éloquente dans la realpolitik russe.


INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES
Cauchemar politique
On pourrait presque croire à un polar futuriste jouant sur les cauchemars des enfants de George Orwell. L'histoire de la prise de pouvoir par Vladimir Poutine, où le pouvoir de la télévision tient un rôle central, commence par un détournement de fonds colossal et un chantage crapoteux à base de cassette porno. Elle s'achève sur des attentats meurtriers qui vont justifier le déclenchement de la deuxième guerre de Tchétchénie. De l'affaire Mabetex à l'instrumentalisation des troubles dans le Caucase, ce documentaire, sans prétendre faire de grandes révélations, éclaire les dessous nauséabonds de la passation de pouvoir entre Eltsine et Poutine grâce à un montage serré d'archives saisissantes et de témoignages d'acteurs de premier plan. Il met en perspective, avec une clarté glaçante, des faits relatés au jour le jour et avec beaucoup de conditionnels par les correspondants de presse. La réalisatrice a accompli la prouesse de faire parler d'abondance des protagonistes essentiels, sans montrer de complaisance à leur égard. On entend par exemple Boris Bérézovski, oligarque en exil, pourchassé aujourd'hui par celui qui l'avait poussé au pouvoir, ou Sergueï Dorenko, journaliste télé détaillant sans complexe comment il mit son talent au service de la "famille" eltsinienne. Leur franchise, ainsi que la multiplicité des points de vue, offre une plongée éloquente dans la realpolitik postsoviétique.

Publié : 20 févr. 2008, 18:59
par Moto Shikizu
et demain
jeudi, 21 février 2008 à 22:45

Femmes asiatiques, femmes fantasmes
(France, 2008, 70mn)
ARTE F
Réalisateur: Sophie Bredier


Geisha ou écolière, vamp ou guerrière, la femme asiatique n'a cessé de fasciner les Occidentaux. Mais que recouvre la profusion d'images qui lui sont associées ? À sa manière très personnelle, Sophie Bredier, d'origine coréenne, s'interroge sur ces représentations dans l'art et dans l'imaginaire collectif.


ARTE F
Rétrospective Araki au Centre national de la photographie, à Paris : Sophie Bredier déambule dans l'exposition et dit son malaise face aux clichés et à leur charge éro-tique : "Ces images me choquent ; je me sens mise à nue. Spontanément, je me cherche : qui suis-je ? À laquelle est-ce que je ressemble ?" La réalisatrice entretient avec l'Asie un rapport paradoxal : bien que née en Corée du Sud, ce continent lui est étranger. Comme pour beaucoup, l'Asie est pour elle un pôle culturel attirant et mystérieux. Mais le fait d'être abordée par des hommes sous le seul prétexte de son apparence physique la rend sensible à l'image véhiculée par la femme asiatique. Sans pouvoir se reconnaître dans les attraits qui lui sont associés - mystère, douceur, érotisme raffiné... -, elle mesure néanmoins combien ces clichés sont prégnants. D'où vient cette fascination ? Tentant de répondre à cette question, Sophie Bredier a conçu un film jalonné de rencontres avec, comme fil rouge, les différentes représentations de la femme asiatique dans l'art, de la peinture aux mangas en passant par la photographie, la littérature, le cinéma et la mode.

INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES
De la geisha au manga
Sophie Bredier est allée à la rencontre d'artistes eux-mêmes asiatiques ou fascinés par l'Asie, chacun livrant une part de son expérience. Première étape avec Jean-Paul Goude qui évoque sa rencontre avec Karen, une jeune Coréenne devenue par la suite sa femme ("Elle avait une tête de poupée, avec des pommettes très rouges") et qui souligne combien les femmes asiatiques sont faciles à photographier, avec leur "visage sans accident, sans relief" et leur apparence "plus juvénile que féminine".
Le réalisateur Éric Deroo, lui, évoque un imaginaire érotique enraciné dans l'histoire coloniale et les "bordels d'Indochine". Vêtue d'un kimono traditionnel, Setsuko Klossowska de Rola, l'épouse du peintre Balthus, feuillette un album de famille et raconte : "J'avais
18 ans ; Balthus voyait en moi un symbole du Japon ; je voulais être comme il le désirait..." Pour la danseuse et chorégraphe Mariko Aoyama, ce qui fait la particularité des femmes asiatiques, c'est leur côté androgyne : "Je n'aurai jamais de seins et de fesses comme Marilyn Monroe. Nous, on est tout plats !" Pourquoi alors incarneraient-elles un idéal féminin, demande Sophie Bredier ? "Peut-être parce qu'elles correspondent à un rêve des hommes occidentaux : une femme soumise, qui reste toujours comme une enfant..."
À sa table de dessin, Roger Leloup, le créateur de Yoko Tsuno, trace pour la énième fois le profil de son héroïne de BD, qui l'accompagne depuis trente-huit ans. Sa fascination pour elle est palpable. "Il y a derrière le regard fermé d'une Asiatique une retenue, de l'étonnement, comme une profondeur..." Le photographe Romain Slocombe, qui met en scène des jeunes filles asiatiques entravées par des bandages médicaux, dans une esthétique qui emprunte au SM et au bondage, résume : "C'est une opération fantasmatique qui satisfait à la fois des pulsions sadiques et des pulsions charitables."
Fin connaisseur de l'Asie, le cinéaste Christophe Gans rappelle enfin que l'image de la femme asiatique est contemporaine de celle de la vamp : "Elle est celle qui fascine mais aussi celle qui va avoir notre peau." Et souligne que cette image est en train de conquérir un public mondial, par le biais des mangas, "la première chose érotique qui parvient aux jeunes".

Publié : 20 févr. 2008, 23:00
par Kakita Inigin
télérama éreinte c documentaire, sur lethème "fantasme du sujet fantasmé et égo de la réalisatrice qui aimerait être objet de fantasme"

Publié : 21 févr. 2008, 07:41
par Goju Kaze
Kakita Inigin a écrit :télérama éreinte c documentaire, sur lethème "fantasme du sujet fantasmé et égo de la réalisatrice qui aimerait être objet de fantasme"
En même temps si Télérama n'aime pas, c'est un gage de qualité non?

:kaze:

Publié : 21 févr. 2008, 09:42
par Kyorou
Goju Kaze a écrit :En même temps si Télérama n'aime pas, c'est un gage de qualité non?
Même pas : il leur arrive de flamer un truc qui est effectivement à chier (mais le plus souvent pour de mauvaises raisons).

Publié : 21 févr. 2008, 10:54
par Kakita Inigin
Goju Kaze a écrit :
Kakita Inigin a écrit :télérama éreinte c documentaire, sur lethème "fantasme du sujet fantasmé et égo de la réalisatrice qui aimerait être objet de fantasme"
En même temps si Télérama n'aime pas, c'est un gage de qualité non?

:kaze:
Non.

Il leur arrive de flammer parce que ce n'est pas assez élitiste mais sinon je suis souvent d'accord avc eux.

Publié : 21 févr. 2008, 10:55
par Moto Shikizu
perso je ne puis juger de la qualite de l'emission de ce soir, on ne saura qu'apres l'avoir vu. :chepa: