Page 2 sur 2

Publié : 08 févr. 2008, 14:33
par Matsu Yumi
hida hota a écrit :par contre dans le roman de james clavell le taïko est un tambour? pourtant il s'agit d'une personne?
2ème fois :
Taiko était une manière d'appeller le Shogun Toyotomi Hideyoshi, là encore à vérifier. Une sorte de sobriquet, quoi.

Quand on parle du "Taiko", on fait référence à Toyotomi Hideyoshi!

Publié : 08 févr. 2008, 17:07
par Kakita Inigin
Sinon, Go-Daigo c'est les shogun Hojo sous Kamakura pas les shogun Tokugawa sous Edo.
Oups boulette.

Publié : 08 févr. 2008, 18:58
par hida hota
ok ok
vaudra que je me mette activement à l'histoire du japon.

Publié : 09 févr. 2008, 14:18
par Kakita Inigin
Essaie de lire Erwin O. Reischauer.

Publié : 11 févr. 2008, 23:47
par Shinjo Muang Dan
Excellent bouquin sur l'histoire du Japon.

Tout simplement LA référence en la matière.
Un investissement de première qualité pour L5R avant tout autre supplément à mon avis.
Existe en version poche à pas cher...

Publié : 12 févr. 2008, 09:53
par Kakita Inigin
Mais en 2 volumes.
Le volume 2 (de 1945 à nos jours) est intéressant si on s'intéresse à lhistoire contemoraine, le 1 (des origines à 1945) est passionant d'un bout à l'autre, notament c'est l'étude sociologique la plus omplète que je connaisse sur la Période Meiji, sur la retsauraion, et sur les rformes concomitantes (notament, l'ouverture au monde et la suppression des castes).

Shôgun

Publié : 12 févr. 2008, 12:41
par Akaguma
En effet, il ne faut pas confondre taiko 太鼓 (tambour) et taikô (avec un ^) 太閤 qui est le titre donné au père du kanpaku 関白: conseiller en chef de l'Empereur.
Comme l'a dit Matsu Yumi, taikô désigne le plus souvent Toyotomi Hideyoshi (qui n'a jamais été shôgun !). Le livre intitulé Taikôki (Chroniques du Taikô) est en fait l'histoire de Toyotomi Hideyoshi.

J'avais déjà écrit un post sur les différents shôgun

Je vous le remet là :

Jusqu'à ce que MINAMOTO no Yoritomo soit nommé sei-i-taishôgun en 1192 (après son coup d'état en 1185), shôgun était un titre extraordinaire (comme les sessions) de général d'un détachement de l'armée impériale que l'empereur donnait à titre provisoire au chef du détachement en question, envoyé dans le but de "pacifier" une région.

Shôgun = Général
Taishôgun = Grand général (ou Généralissime !)

Seitô-taishôgun 征東大将軍 = Grand général pacificateur de l'Est
Sei-i-shôgun 征夷将軍 = Général pacificateur des barbares (de l'Est)
Sei-i-taishôgun 征夷大将軍 = Grand général pacificateur des barbares (de l'Est)
Chintô-shôgun 鎮東将軍 = Général pacificateur de l'Est
Tôkaidô-shôgun 東海道将軍 = Général de la route côtiere de l'Est
et d'autres encore...
En fait, tous ces titres ronflants de shôgun avaient tous plus ou moins la même signification.

Ce n'est que depuis 1192 que le terme shôgun ( l'abréviation de sei-i-taishôgun) désigne forcément le dirigeant d'un gouvernement de bushi.

Ces fameux "barbares de l'Est", appelés aussi Ezo 蝦夷, Emishi 蝦夷, ou Tôi 東夷 étaient en fait des habitants du Nord de l'île de Honshû, et de l'île de Hokkaidô, de langue et de coutumes différentes, qui n'étaient pas soumis à la cour impériale. Ce n'était pas que les Ainu, mais aussi des Japonais qui vivaient alors de chasse et de pêche). Il y avait d'autres "peuplades primitives" ailleur au Japon : les Kumaso 熊襲, les Hayato/Hayabito 隼人, les Tsuchigumo 土蜘蛛, les Kuzu/Kuzuhito 国樔人...
Kitsuki Hitotsu a écrit :C'est qu'avant dans certains dialectes (akaguma pourra surement nous éclairer là dessus), le japonnais possédait des kwa et des gwa, mais petit à petit ils ont fusionné avec les traditionnels ka et ga. Donc pas d'erreur de traduction, juste une évolution du langage.
C'est en fait l'orthographe en japonais classique (en vigueur jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale !):

ex. :
くわんのん Kwannon = かんのん Kannon (déesse de la bonté)
くわいだん kwaidan = かいだん kaidan (histoire de fantômes)
えうくわい eukwai = ようかい yôkai (esprit, créature, etc..)
すさのを Susa-no-wo = すさのお Susa-no-o (frère de Amaterasu)
をとこ wotoko = おとこ otoko (homme "mâle")
ゐのしし winoshishi = いのしし inoshishi (sanglier)
ゑまき wemaki = えまき emaki (rouleau illustré)
おほさか Ohosaka = おおさか Ôsaka (Ôsaka, quoi... ;) )
etc...

Par contre, les anciennes graphies :
"Yedo" (Edo)
"Yebisu" (Ebisu)
"Yezo" (Ezo)
"Yen" (qui est restée encore aujourd'hui, mais qui en japonais se dit en)
ne viennent pas d'une ancienne orthographe japonaise. Il se trouve juste qu'à la fin de la période d'Edo, え se prononçait plus "yé" que "é". Et donc, les Occidentaux qui étaient venus à cette époque ont transcrit え "ye".

Publié : 22 févr. 2008, 11:31
par hida hota
je suis toujours sur le roman shogun et j'arrive à la fin du tome 1
je me délecte et franchement il est de toute beauté voir comment les différents daimyos complôtent l'un contre l'autre les alliances se nouent et se dénouent.
le barbare (anjin-san) se fait manipuler comme un pion au début et commence à comprendre et à utiliser et retourner les rouages politico conspirationniste contre les japonais.
les alliances avec les colons portuguais et les jésuites qui souhaitent convertir et avoir de fidèles, obtenir le monopole marchand.
par contre d'après ce que je lis je ne voyais pas l'ordre jésuites comme celà!!! je reste perplexe...
ce qui m'a choqué c'est les punitions le concepte de la mort et de la vie.
on prend grandement conscience de l'ordre social et de la place de chacun dans l'ordre céleste.
un village qui risque d'être rasé si l'anjin-san n'apprends assez vite la langue et les us et coutumes du japon.
là aussi chose qui m'interpèle le röle de la concubine. j'aimerais avoir votre avis la dessus? fujiko qui se voit donner l'ordre de devenir la concubine du gaïjin? je sais que celà se rapproche un peu sur le topic que j'avais posté sur les geisha.
on fait aussi mention dans ce livre du concepte d'otage.
j'ai compris que c'est pour forcer un daimyo ou autres émissaires voir protagonistes à assumer des obligations vis à vis d'un autre.
j'aimerais en discuter.
ammicalement hota

Publié : 22 févr. 2008, 12:04
par Mirumoto Ohmi
En fait, y'a pas d'otages, y'a que des invités. Si tu as fini le bouquin tu as pu en avoir une idée, sinon, fini le bouquin et on en parle.

En fait, dire à un daïmyo qu'il retient des gens en otage est très dangereux, surtout si c'est vrai.

Pour la concubine, c'est un accord entre son maître Toranaga et elle.

Sur le concept du Japon et des relations humaines des japonais vus par l'auteur, se référer à Akaguma et compagnie (Mugen...), qui te diront que c'est une vision très "occidentaliste"... Mais je ne me sens pas en mesure de te faire un topo sur ce sujet. Mais lis "la pierre et le sabre" et "la parfaite lumière" histoire d'avoir une idée de ce qu'écrirait un japonais... :jap:

Publié : 22 févr. 2008, 19:49
par Shosuro Akae
"otage" n'a pas le même sens qu'on peut l'avoir aujourd'hui. C'était une pratique courante et normale tout aussi bien au Japon qu'en Europe, etc... C'est en gros un "échange" politique où l'otage est censé être symboliquement membre de la famille, structure dans laquelle il se retrouve.

Bref je vais pas donner la définition là, mais ça n'a rien de péjoratif être Otage à cette période. L'avantage pour L5A est donné dans un supplément des Palais d'Hivers.

Par exemple Doji Kuwanan était otage du clan du Lion il y a suivi les enseignement de la famille Akodo et son sensei était entre autres Akodo Kage lui-même.

Publié : 28 févr. 2008, 16:18
par hida hota
j'entame enfin le tome 2 et je le dévore.
j'ai encore quelques questions.
vous allez me dire encore?
eh oui encore et encore
donc voila
- ri? késako j'ai cru comprendre que c'est une distance
- le wa?

Publié : 28 févr. 2008, 16:47
par Doji Satori
Oui, le ri est une unité de distance, environ 4 km.

"wa" est un terme qui n'a pas d'équivalent direct en Français.
Je pense qu'on peut le traduire par "paix intérieure", "harmonie", "sérénité" "empathie avec l'environnement dans un sens shintô", des choses dans ce goût là (et très à la mode).

Publié : 28 févr. 2008, 17:45
par Pénombre
Le wa = harmonie, notamment dans la cérémonie du thé.

De manière plus générale, on peut considérer que le wa est en fait l'harmonie au sens personnel mais aussi spirituel. Il participe de la nature profonde de l'âme humaine si l'on s'en réfère au zen dans le sens ou il s'agit en quelque sorte de l'état d'harmonie naturel de chaque individu.

Par distinction, l'état de Satori est l'état de sérénité qui résulte de l'illumination. L'illumination est la découverte de sa propre véritable nature et par là-même de la véritable nature du monde qui nous entoure.

Fondamentalement, le zen insiste sur le fait que tout être nait naturellement harmonieux. Il n'est pas forcément conscient de cette harmonie (donc, il n'est pas forcément illuminé, mais la notion est assez ambigue pour nous occidentaux dans le sens ou conscience va de pair avec Moi et que l'illumination est une forme de conscience dépourvue d'égo) et très vite, la construction du Moi autour des désirs, des peurs, de l'attachement et tout le toutim (en fait, les illusions du monde qui nous entourent et que nous faisons notre) éloigne l'âme de sa propre nature mais elle ne nous quitte jamais. Une forme d'harmonie demeure mais elle n'est pas "illuminée", pas constante.

Le Satori (ou Nirvana) est un état de connaissance/réalisation/plaisir/abandon/vérité permanent. D'ou la représentation classique de Bouddha souriant, en état permanent de satisfaction/plaisir/sérénité/connaissance.

A travers la méditation, la cérémonie du thé, les arts martiaux, l'art, le calme ou plein d'autre choses, nous pouvons tous nous rapprocher de notre wa, pour un temps. C'est quelque chose qui n'a rien de miraculeux ou de magique en clair. Sauf si on considère que chaque chose est en soi miraculeuse (le principe de "manifestation" bouddhique : même la douleur, même un grain de sable témoigne du miracle fondamental de tout ce qui existe sans que tu en sois ni la cause, ni le maitre...)

mais le wa n'est qu'un état d'harmonie et quand on en a conscience, on n'a pas pour autant conscience de sa véritable nature, débarrassée de nos illusions.

donc, dans la perspective du roman, on peut dire que quand tu trouble le wa d'autrui, tu l'empêche simplement de se sentir serein, tu le déstabilise, voire tu l'emmerdes.

plus clair comme ça ?