Appleseed Ex Machina
le deuxième OAV d'Appleseed en images de synthèses, (après l'initial de 2004, à ne pas confondre avec l'anime de 88)
Qu'en dire ?
J'ai fait partie des premiers lecteurs français d'Appleseed, en VA, des années avant que le manga ne soit traduit en VF. Je l'ai acheté en VPC complètement par hasard au vu du pitch sur le catalogue. C'était la version Studio Proteus, qui fut reprise ultérieurement par Dark Horse. J'ai toujours gardé un petit faible pour cette série inachevée alors qu'elle prenait de plus en plus de maturité graphique et scénaristique d'un tome à l'autre.
Pour autant, j'ai été relativement déçu par les trois adaptations animées de cette série:
- l'OAV classique de 1988 était mal réalisé, pas convainquant même pour l'époque
- la mouture synthèse de 2004 était tout en visuel mais au niveau scénario, on était en plein dans l'application à la con des recettes scénaristiques hollywoodiennes du film d'action. En fait, ça aurait pu faire un film d'action quelconque sauf que ça s'appelait Appleseed et que c'était en cel-shading. A part le visuel, rien de mémorable ou de sympa, donc
Ex Machina n'est pas transcendental et on voit venir toutes les ficelles du scénario sans le moindre effort. La réalisation, d'un certain John Woo, déchire question action et dynamisme et les personnages font pas trop désincarnés mais au niveau scénario, bof...
Ex Machina vaut le coup visuellement, vaut le coup au niveau action, est un peu moins basique que son prédécesseur de 2004 mais question scénaristique, c'est du réchauffé prévisible à 25 km.
Après, il y a un ou deux trucs qui me défrisent à bloc dans le genre mauvais trip. C'est spoiler à partir de maintenant :
Bon, déjà, si vous avez pas compris à la 5ème minute du film que le nouveau gadget à la mode allait zombifier tout le monde et servirait de ressort essentiel au film, ben c'est que vous dormiez je pense.
Si vous aviez pas compris que le toubib de Briareos était un mec chelou avant qu'on vous le dise, c'est que vous dormiez encore, je crois
Bon, on s'épargnera le coup ultra-resucé du techie de service qui rapplique pile au bon moment avec le matos qui fait bien juste à la minute ou il est nécessaire en traversant la moitié de la ville. C'est ce qu'on appelle un ressort scénaristique convenu je crois, rien de bien méchant mais rien d'intelligent non plus. Disons que ça peut être un clin d'œil dans un truc plus relevé mais que là, ça reste dans le ton du minimum syndical de l'ensemble….
Par ailleurs,
lorsque l'on apprend qui est responsable en vérité du gros problème, nos gentils héros se précipitent au labo censément abandonné par les "méchants" des années plus tôt.
Faudra qu'on m'explique comment des gars qui faisaient dans la nanotechnologie cérébrale pouvaient avoir un labo volant dont la taille dépasse le kilomètre cube. Vous savez, ces empilements de structures géométriques titanesques qui pourraient accueillir une petite ville entière mais qui servaient à 4 savants fous et une douzaine de cobaye…
Faudra qu'on m'explique aussi comment les sponsors de la dite équipe, après avoir sabordé le projet et démantelé l'équipe, ont pu laisser un gros machin pareil qui a du couter bonbon dans un coin pendant des années sans jamais tenter d'en récupérer un morceau. Même au poids de la ferraille, ça aurait permis de combler une petite partie des pertes… pis, les sponsors, c'est le premier groupe industriel mondial, ils auraient certainement pu réutiliser ça à autre chose…
Faudra qu'on m'explique de même pourquoi ce gros machin reste le centre opérationnel du méchant alors qu'il aurait aussi bien pu tout planquer dans une camionnette ou un satellite pour beaucoup moins cher et beaucoup plus discret. Vu qu'une fois qu'on sait qui est responsable, comme par hasard, on décide d'aller jeter un œil là…
Je vous épargne le méchant passage pompé de Matrix III ou nos héros défouraillent du drone qui leur tombe dessus en essaim ou visuellement on dirait un flot de globules blancs à la poursuite d'une bactérie sans papiers... vous vous rappelez l'attaque de Sion ? c'est un peu le genre…
Enfin bon, en résumé, je trouve les choix scénaristiques et certains ressorts dramatiques complètement nullissimes.
Ex Machina, bof, malgré John Woo.