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Publié : 27 avr. 2005, 13:33
par Hida Kekkai
Seppun Kurohito a écrit :Là encore, il doit y avoir plusieurs versions contradictoires au gré des suppléments d'AEG.
et ça t'étonne ? :roll:

Publié : 27 avr. 2005, 15:52
par Seppun Kurohito
HIDA Kekkai a écrit :
Seppun Kurohito a écrit :Là encore, il doit y avoir plusieurs versions contradictoires au gré des suppléments d'AEG.
et ça t'étonne ? :roll:
non, pas du tout... :biere:
tiens, ça me fait me demander : au Japon - période Edo, quid des mariages ? Religieux ou pas ?

Publié : 27 avr. 2005, 17:20
par Hida Kekkai
Seppun Kurohito a écrit :non, pas du tout... :biere:
tiens, ça me fait me demander : au Japon - période Edo, quid des mariages ? Religieux ou pas ?
au Japon les mariages n'ont pas vraiment un sens religieux, je crois même qu'ils se font par simple déclaration à la mairie (comme un divorce)

le prêtre n'est là que pour bénir le couple

Publié : 11 mai 2005, 03:05
par Seppun Kurohito
Iuchi Mushu a écrit :J'ai quelque part dans mes archives la description du mariage du maître de théâtre Nô du shogun Yoshimitsu Ashikaga (14ème siècle si je ne me plante pas) et malgré ce que l'on pourrait penser ce n'est pas fastueux de sorte que ça pourrait servir à la description d'un mariage "commun".

Si ça vous intéresse, je fais des fouilles ce soir.
J'aimerai assez lire ça Mushu-chan, si tu le retrouves, à l'occasion :) :jap:

Publié : 11 mai 2005, 11:43
par Iuchi Mushu
Seppun Kurohito a écrit :
Iuchi Mushu a écrit :J'ai quelque part dans mes archives la description du mariage du maître de théâtre Nô du shogun Yoshimitsu Ashikaga (14ème siècle si je ne me plante pas) et malgré ce que l'on pourrait penser ce n'est pas fastueux de sorte que ça pourrait servir à la description d'un mariage "commun".

Si ça vous intéresse, je fais des fouilles ce soir.
J'aimerai assez lire ça Mushu-chan, si tu le retrouves, à l'occasion :) :jap:
J'ai retrouvé le bouquin et ma petite fiche d'info, je posterai dans la semaine dès que j'ai un peu de temps

Publié : 11 mai 2005, 21:50
par Seppun Kurohito
:clap: Merci Mushu !

Publié : 13 mai 2005, 14:31
par Iuchi Mushu
Extrait du livre "Le démon du Nô de Nobuko albery aux éditions Gallimard)

Une dame d'honneur au costume et à la coiffure élaborés,..guida la jeune femme, par sa main poudrée de blanc, jusque dans une petite pièce, séparée par des paravents du lieu du banquet, où le marié attendait tout seul.

La mariée était vêtue, à la manière traditionnelle, d'un manteau à traîne, en soie d'un blanc éclatant, porté sur un kimono de crèpe blanc, et d'un voile blanc drapé sur sa tête et son visage : rien d'elle n'était visible, lorsqu'elle se mit à genoux et s'inclina profondément devant Motokiyo (son futur époux) et Tamana (sa future belle-mère), sinon ses doigts éffilés comme des glaçons.

La dame d'honneur enleva soigneusement le voile de la tête de la mariée afin que celle-ci pût boire le vin de riz parfumé dans un bol de laque rouge, à petites gorgées, trois-trois-et-trois, avec son époux, moment crucial d'engagement de la cérémonie du mariage.

... Tandis que le couple échangeait le bol rouge de saké avec une détermination cérémonieuse, les yeux de Motokiyo croisèrent uen fois ceux de Yukina...

Ayant quitté ses vêtements blancs rituels pour un ensemble de robes somptueusement colorées, la mariée fut conduite dans la salle de banquet...

Bon voilà, j'ai exclu du texte les détails ayant trait à l'histoire propre et qui ne vous auraient rien rapporté au niveau du détail du mariage. C'est pour l'instant avec extrait de "femmes et samouraï" tout ce que j'ai trouvé sur le mariage dans mes différentes lectures.

:jap:

Publié : 13 mai 2005, 14:34
par Moto Shikizu
Arigataki Shiawase, Mushu hime ! :jap:

Publié : 13 mai 2005, 15:04
par Iuchi Mushu
Pour en savoir un peu plus sur ce qui précède le mariage

Extrait de "Femmes et Samouraï" de Hidéko Fukumoto et Cathérine Pigeaire aux éditions "Des Femmes"

Chapitre "Le Japon et la douceur, à propos de poésie et de fiançailles :

"Ainsi, lorsque, selon la coutume, un père vient demander à un jeune homme de devenir son gendre, et que cette proposition est acceptée, le jeune homme doit se rendre chez sa future épouse, un soir, pour lui présenter sa demande officielle en mariage sous la forme d'un waka (court poème allusif est souvent utilisé dans la vie quotidienne pour transmettre des messages avec élégance) La jeune femme doit y répondre dans les mêmes règles : c'est ce que l'on appèle "la cérémonie d'échange des poèmes". De même le lendemain de la nuit de noces, le mari, rentré chez lui, envoie un messager chez sa jeune épouse, porteur d'un billet exprimant sa satisfaction, et lui faisant la promesse de revenir le soir même.

Voici un exemple d'un waka échangé entre un jeune époux de seize ans et sa jeune épouse de douze :

Rien n'est plus vite arrivé
que ce matin.
Il a fait jour trop tôt.
J'ai hâte que vienne le soir
et que tombe la nuit.

Les jours de printemps
si doux, avec le soleil vert
décroissent très lentement.


(D'interprétation, la jeune femme feint ici de résister à son époux).

Chapitre "Deux femmes de lettres"

"A cette époque, tout nouveau couple doit se conformer à un ensemble de rites destinés à intégrer les époux dans leurs belles-familles respectives. Ces démarches accomplies, la famille de la femme devient toute puissante, c'est elle qui veille au respect du rituel qui jalonnera la vie du couple, les premières années en particulier, tant que dure l'éducation des enfants.

La nuit de l'échange des waka, l'homme se rend chez sa fiancée accompagné d'un cortège conduit par un porteur de flambeau. A l'arrivée de l'escorte chez la jeune fille, un membre mâle de sa famille attend le fiancé, une bougie à la main. La fiancée paraît alors et elle enflamme la bougie au flambeau et en allume le four de la maison, qui brûlera pendant trois jours ininterrompus. Trois nuits de suite, l'un des parents de la mariée (sa mère en général) dort en serrant sur son sein les chuassures de son gendre, lui liant ainsi symboliquement les jambes pour l'empêcher de se rendre chez d'autres femmes.

Dans la chambre à coucher, lorsque le jeune époux à rejoint son épouse et qu'il est allongé à ses côtés, la mère vient les couvrir de l'édredon conjugal. Ce n'est que lorsque le mari s'est rendu, au vu et su de l'entourage, chez sa femme pendant trois nuits consécutives qu'il prend officiellement place dans sa belle-famille.
Il est alors présenté à tous les membres de la maisonnée. C'est d'ailleurs la famille de la femme qui subvient aux besoins du couple ce qui lui donne le droit d'exercer une influence constante et un pesant droit de regard.

En contrepartie, elle s'acquite des obligations financières et offre au jeun époux une garde-robe complète.
Le comportement du gendre fait alors l'obejet d'une étroite surveillance, son premier devoir étant "de rendre visite" à son épouse régulièrement. S'il manque à ce premier devoir, il peut être questionné, réprimandé, voire répudié.

Très sympathique et très romantique n'est-ce pas ? :fou:
:lol: je sais Rokkugan, ce n'est pas le Japon mais intégrez ça dans vos parties et vos joueurs vont faire des yeux ronds 8).

Je n'ai pas encore terminé la lecture de ce livre très intéressant qui a le seul inconvénient d'être disparate dans ses sujets malgré son chapitrage et donc peu pratique à réunir les informations rapidement sur un sujet précis. Il a néanmoins le mérite d'exister et d'être très bien écrit.


:jap:

Publié : 13 mai 2005, 17:40
par Seppun Kurohito
:lol:
(Et hop, un copier/coller ;))
Merci beaucoup Mushu-chan, très intéressant :jap:

Publié : 27 juin 2005, 23:12
par Doji Satori
En faisant un peu de rangement j'ai remis la main sur "la vie quotidienne au Japon à l'époque des samuraï" de Louis Frédéric et il y a un paragraphe sur le mariage. Je vous en livre un extrait.

La cérémonie du mariage se déroulait de façon relativement simple, son faste dépendant surtout des moyens financiers des parents.
Bien que cette cérémonie fût strictement familiale, il arrivait que l'on demanda à cette occasion à un prêtre Shintô d'invoquer les Kami et de demander leur protection pour le couple. Le rite essentiel du mariage consistait en l'échange entre les époux de trois coupes de sake bues en trois fois chacune.

L'échange rituel des trois coupes de sake ou sansankudô (lequel est encore de nos jours typique d'une cérémonie de mariage) a été codifié par le Sangi Ittô Ô-Sôshi ou "Règles d'étiquette des Samuraï" (1358-1408) dans sa forme définitive. Mais il est fort probable que cette règle entérinait une coutume ancienne surtout en usage chez les guerriers et les aristocrates. A leur tour les gens du peuple se mirent à suivre cette coutume. Auparavant, un simple échange d'aliment en tenait lieu ... Les tables garnies présentées tout d'abord aux mariés étaient alors apportés aux assistants et le banquet commençait.
...zip ...
La cérémonie avait généralement lieu dans la demeure du mari.

Publié : 28 juin 2005, 08:30
par Iuchi Mushu
Merci pour ces précisions Satori sama :jap:

Publié : 28 juin 2005, 09:58
par Hida Ichi
Iuchi Mushu a écrit :Dans la chambre à coucher, lorsque le jeune époux à rejoint son épouse et qu'il est allongé à ses côtés, la mère vient les couvrir de l'édredon conjugal. Ce n'est que lorsque le mari s'est rendu, au vu et su de l'entourage, chez sa femme pendant trois nuits consécutives qu'il prend officiellement place dans sa belle-famille.
Il est alors présenté à tous les membres de la maisonnée. C'est d'ailleurs la famille de la femme qui subvient aux besoins du couple ce qui lui donne le droit d'exercer une influence constante et un pesant droit de regard.

En contrepartie, elle s'acquite des obligations financières et offre au jeun époux une garde-robe complète.
Le comportement du gendre fait alors l'obejet d'une étroite surveillance, son premier devoir étant "de rendre visite" à son épouse régulièrement. S'il manque à ce premier devoir, il peut être questionné, réprimandé, voire répudié.
La question que je me pose, c'est de savoir si tous les mariages passent ainsi par une période où le couple de jeunes mariés vit chez la famille de la mariée ? Où, si c'est seulement dans le cas où l'homme entre dans la famille de sa femme.

Tandis qu'on aurait peut-être des cas plus classiques et plus fréquents, de femmes soumises à l'autorité de la famille de leur époux, et en particulier de la mère de son époux qui considère sa belle-fille comme une nouvelle servante.

Publié : 28 juin 2005, 11:31
par Kakita Inigin
Servante, une samourai ??? la femme du fils ben c'est la femme de l'héritier ... point !
Pour la vie dans la famille d'accueil ... pauvres joueurs ... :mal: Merci Mushu-san !

Publié : 28 juin 2005, 17:46
par Hida Ichi
Kakita Inigin a écrit :Servante, une samourai ??? la femme du fils ben c'est la femme de l'héritier ... point !
Le traitement abusif d'une belle fille par la mère de son époux est un thème assez classique de la littérature asiatique, voir des moeurs existant encore dans certains pays d'Asie (Inde-Bangladesh).

Je me souviens d'avoir lu que les jeunes femmes au Japon redoutaient en particulier d'être marier à des jeunes hommes dont la famille travaillait dans culture du ver à soie, car le travail particulièrement difficile de "déroulage" du cocon.

Il faut quand même penser quelques instants que la très grande majorité des familles samouraï ne sont pas des familles riches, et que la famille normale d'un samouraï qui a une fonction de yoriki de bas niveau ou de soldat de grade subalterne n'a pas l'argent nécessaire à se payer les services de domestiques. Ce sont les femmes de la famille qui font toutes les corvées domestiques, et la jeune femme mariée dernièrement au fils de la famille est souvent vue par la "matriarche" de la maison comme sa nouvelle "servante" gratuite.

"La femme de l'héritier", ce n'est même pas ainsi que cela est vu dans les familles de Kuge. Je vois mal l'épouse d'un Hatamoto qui a été LA Maîtresse de Maison pendant pendant 20 ans (ou depuis que sa propre belle-mère est morte ou s'est retirée), tout à coup céder volontiers la place et le rang qui est le sien à l'épouse nouvelle venue de son fils chérie.

Une épouse nouvellement entrée par mariage dans une famille n'est rien (pas toujours évidement) jusqu'au jour où elle donne naissance à un héritier en bonne santé, un ou peut-être deux bons et sains fils qui sauront assurer l'avenir de la famille.

Les conflits intra-générationnels existent aussi dans cette civilisation rokuganie qui semble prendre soin de ces aînés.

Miya Satoshi contre Miya Yoto par exemple. Quand le vieux veut pas faire son Inkyo, cela pose un problème à son fils ou sa fille "bien aîmée".