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Publié : 03 sept. 2007, 22:37
par JBeuh
Le tirage au sort est une solution qui dérange souvent beaucoup mais y'a rien de mieux de nos jours.

L'élection démocratique encourage une méritocratie, mais à partir du moment où il existe un système d'éducation qui favorise la reproduction des élites, cela donne une aristocratie de fait, voire une ploutocratie (cela dépend du système éducatif et du mode de financement des campagnes).

Le suffrage universel n'est pas le mode le plus démocratique. Parce qu'un suffrage universel, intégral, n'existe pas. Il y a toujours des barrières arbitraires. En Grèce, ce n'était que les citoyens indépendants (les femmes ne sont pas indépendantes car elles dépendent financièrement de leur mari ; les étrangers n'étant pas citoyens ; la citoyenneté étant transmise par le sang) ; En France actuellement, il ne s'agit que des citoyens (femmes comprises, mais pas des étrangers) ; dans certains pays, les étrangers peuvent voter aux élections locales (mais pas les mineurs de 18 ans ou 21 ans). Or pourquoi restreindre aux personnes de plus de 18 ou de 21 ans? Parce qu'ils sont plus raisonnables? Et les vieux qui ont plus toute leur tête? Faut une limite maximale aussi? Et les jeunes de 15-18 ans qui sont plus politisés et plus censés que leur parents? J'en passe et des meilleurs. Le suffrage universel, c'est "un être humain, une voix", or actuellement - et jamais à ce jour - ce n'est le cas.
De surcroît, pour que le suffrage universel soit efficace, il faut que les citoyens soient éduqués. C'était la base de la III° République et le fondement de l'éducation obligatoire. Sauf qu'aujourd'hui, l'esprit critique n'est pas assez défendu face à la propagande omniprésente. Bref...

Un gouvernement de sage à tendance à dériver. De même que celui d'un seul qui peut être le meilleur de tous les temps comme le pire.

Le scrutin majoritaire a tendance à exclure de la vie politique la moitié de la population.
Le scrutin proportionnel, au contraire tend à représenter toutes les variantes de la société. Après, cela dépend du mode de scrutin proportionnel (il en existe de multiple) et des modalités à coté (effet de seuil, notamment). Et je rappelle qu'un scrutin proportionnel n'est pas antinomique avec le scrutin uni-personnel (on vote pour une personne et non pour une liste).

Enfin, il existe des différences entre mandats représentatifs et mandats impératifs (et d'un point de vue théorique, savoir si la souveraineté revient au peuple ou à la nation). Un mandat représentatif fait que l'élu, une fois qu'on l'a nommé, n'a plus de compte à rendre à ses électeurs. Il les représente en tout point et est censé savoir ce qui est leur pensée.
Le mandat impératif pose le fait que les mandataires (électeurs) puissent contrôler leur élu et le relever de ses fonctions si besoin est. Pour les questions importantes, il est censé se retourner vers eux afin de savoir quoi voter à l'Assemblée nationale. Le deuxième cas de figure était défendu par Rousseau, notamment, et globalement par toutes les logiques auto-gestionnaires. Le mythe de la Nation a été créé pour la logique libérale (politiquement parlant) par l'abbé Sieyès.

Voilà pour quelques éléments qui me viennent à l'esprit, Kaeribe-san.

Et pour l'aspect dictature déguisée, même le suffrage universel peut l'être. En Irak avant 2003, suffrage universel. Un seul candidat à chaque élection... C'est plus sûr que c'est plus démocratique que les pays où le vote est lié à un cens minimaliste, c'est-à-dire au fait que tu reçoives une feuille d'impôt de cet État, et qu'il y ait un pluralisme politique.

Enfin, le système politique où il y a des candidats et qu'on vote pour eux correspond à l'adoption de la logique de marché pour la sphère politique (d'où le refus global des gauchistes extrêmes).

JBeuh, en passant...

Publié : 04 sept. 2007, 08:09
par Kakita Inigin
Je suis pas dans la tête des militants de LO mais le problème fondamental u système plitique actuel c'est pas qu'il relève d'une logique de maché : c'est que ses conséquences sont désastreuses.

Publié : 04 sept. 2007, 09:45
par Hida Ichi
Kakita Inigin a écrit :La dictature du prolétariat n'aura pas besoin de déguisement. :langue:
Une dictature a toujours des déguisements, des uniformes, des manteaux en cuir, des voitures noires qui roulent à toute vitesse et dans lesquelles tu es embarqué de force de nuit et par temps de brouillard.

Puis vient le cachot sombre, froid et humide, et les coups, la douleur, le manque de sommeil...

Puis, un jour, le jugement tombe, tu es déclaré "ennemi du peuple"...

On te sort dans une cour, des individus en uniforme gris, au visage de marbre te conduisent, ils te mettent à genoux près d'un cercueil ouvert, un homme sort un pistolet te le colle contre la nuque...

Bam...

Ta famille reçoit un courrier disant que tu es mort de crise cardiaque, et que le corps ne peut être récupéré pour des raisons sanitaires...

C'est cela, pour moi, la dictature du prolétariat...

Publié : 04 sept. 2007, 09:49
par Kyorou
Ce qu'on appelle couramment la démocratie ressemble souvent à ça aussi, malheureusement.

En général, seule la nature des "ennemis du peuple" est différente.

Publié : 04 sept. 2007, 10:50
par Kõjiro
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... ismes.html

Cet article est formidable...
Rachida Dati dit "bousculer quelques corporatismes"

NOUVELOBS.COM | 04.09.2007 | 10:30

La Garde des Sceaux avait provoqué un taulé chez les magistrats après avoir convoqué le vice-procureur de Nancy, qui avait déclaré qu'il n'était pas contraint d'appliquer une peine plancher.

La ministre de la Justice Rachida Dati a estimé lundi 3 septembre sur Canal Plus qu'elle était critiquée au sein du monde judiciaire car elle "bouscule quelques corporatismes".
"Je bouscule quelques corporatismes mais Nicolas Sarkozy a été élu pour restaurer l'autorité de l'Etat. Et la légitimité suprême, ce sont les Français, qui l'ont élu pour rétablir et restaurer cette autorité", a affirmé la Garde des Sceaux.
Après la convocation à la Chancellerie la semaine dernière du vice-procureur de Nancy, Philippe Nativel, sommé de s'expliquer sur des propos qu'il aurait tenus, selon la presse, sur les nouvelles peines plancher, la ministre a rappelé qu'elle avait "une autorité dans l'application de la loi et de la politique pénale".

"Les procureurs sont là pour appliquer la loi"

"Je suis chef du Parquet. Je suis chef des procureurs et les procureurs sont là pour appliquer la loi, pour appliquer une politique pénale", a-t-elle expliqué, rappelant qu'en revanche, "les juges rendent la justice en toute indépendance".
Quant aux critiques à son égard, elles sont "normales. Dès lors que vous êtes exposée, vous les acceptez, donc j'accepte les critiques et éventuellement les attaques", a-t-elle dit.
La Conférence nationale des procureurs avait exprimé "sa vive émotion" après la convocation à la Chancellerie de ce magistrat, tandis que les syndicats de magistrats avaient boycotté une visite de la ministre aux Pays-Bas vendredi.

Réforme de la carte judiciaire

En outre, Rachida Dati s'est expliquée sur la réforme en cours de la carte judiciaire. Elle a répété qu'elle ne serait pas "mécanique", avec des fermetures systématiques des trop petits tribunaux, mais visait plutôt à la "rationalisation" de la justice.
Quant à la proposition du président Sarkozy de traduire devant un tribunal les auteurs de crime déclarés irresponsables pénalement, la Garde des Sceaux a estimé qu'il ne fallait "rien s'interdire" ni "avoir de tabou sur ce sujet".
Interrogée sur son parcours si elle n'avait pas rencontré Nicolas Sarkozy, elle a admis qu'elle "aurait pu être de gauche".
D'une le coup du bousculer les corporatismes est bien, foutu en matière de manipulation. Belle formule pour parler d'intimidation et de pression. Mais c'est bien connu, Sarkozy est la lumière qui va dissiper les ténèbres d'un âge révolu, passéiste et sectaire. Et Dati est un des ses porteurs de flammes. On frise l'intégrisme ploitico-religieux quand même à force. Ou la dictature : ceux qui ne pensent pas comme moi c'est juste qu'ils n'ont pas encore vu la lumière mais on va les y aider. Y compris contre leur gré mais c'est pour leur bien. M'enfin, j'extrapole un peu (même si honnêtement il est clair pour moi que la fameuse pensée unique est passée chez les sarkozystes et que ce clan me fait penser de plus en plus à une secte qui viendrait de prendre le pouvoir, ça reste juste mon "sentiment").

De deux, d'une manière générale, on sent bien qu'on a pas élu un gars qui doit mener le pays en tenant compte des différents contrepouvoirs (yc ceux prévus par la constitution ou la loi) mais bien un "maître" qui doit faire preuve d'autorité et imposer sa vision (qui est bien entendue partagée par le peuple qui l'a porté à sa tête).

La dernière sortie est quand même la plus forte de toutes... Et, le pire, c'est que je suis sûr qu'elle en est intimement convaincue. D'où le fait que je la voie comme une fanatique. Sa bible c'est les publications du Manhattant Institute.

Publié : 04 sept. 2007, 11:58
par Asako Keitaro
Ca fera pas avancer le débat, mais un vrai système politique qui mette les comandes du pays aux mains du peuple impliquerait des lenteurs décisionnelles qui ne permettrait pas une bonne efficacité ou adaptation. On a juste chez nous le système le plus proche de la vision démocratique parfaite.
Quand aux peines plancher, on sait les peines encourues pour les mêmes faits sont radicalement differentes selon le parquet (En vendée par exemple 15 gr de résine de canabis, c'est une comparution ou une ordonnance pénale avec amende et peine adaptée, en region parisienne c'est un avertissement oral), et au sein d'un même parquet selon les magistrats, ce qui n'est pas normal. En police route on a ce genre des sanctions tarifées, du coup ou que tu sois dans le pays un stop c'est 3 points maxi et 90€ à payer dans les 3 jours, ce qui me semle un peu plus juste comme justice. Le fait que la justice pénale aille vers une uniformisation me semble plus que nécessaire.

:coucou: kojiro

Publié : 04 sept. 2007, 12:39
par Ding On
Ah, Eva Joly monte un peu au créneau. Elle tape dur et bien.

Publié : 04 sept. 2007, 12:54
par Tetsuo
Asako Keitaro, c'est la différence entre la Loi et la Justice.
Et ce débat n'est pas tout jeune, déjà Aristote en parle.

Publié : 04 sept. 2007, 13:04
par Kõjiro
Oui la justice ne peut pas se permettre de ne pas tenir compte du contexte.

Ca créé des problèmes c'est certain (y compris des effets pervers d'ailleurs) mais une justice "de guichet" ou "automatique" serait, ama, encore pire. Au moins dès lors qu'il est question de peines d'enfermement.

Publié : 04 sept. 2007, 13:13
par Kõjiro
Ding On a écrit :Ah, Eva Joly monte un peu au créneau. Elle tape dur et bien.
Elle a eu une jolie formule d'ailleurs :
Eva Joly a écrit :Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites et cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économique
M'enfin, elle va vite fait être clouée au pilori : elle est norvégienne, qu'elle s'occupe de la Norvège, elle n'a jamais rien fait dans sa carrière d'intéressant à part un ou deux coups médiatiques ce qui fait qu'elle s'engraisse de sa retraite à nos frais, elle est gaucho (!) donc pas crédible etc...

Sans compter l'imparable :
Un lecteur du nouvel obs. a écrit :Voila encore une ideologue qui parle pour se faire plaisir. Incryable mais il y en a qui n'ont toujours pas percute que 53% des francais ont vote contre cette France qu'elle dit "aimer," une France hors des realites, sur le declin, irresponsable, et assistee. Pourquoi Sarko a-t-il ecrase Segolene Royale si ce n'est parce que les francais n'aime plus cette France la ?

Publié : 04 sept. 2007, 13:49
par Hida Ichi
Kyorou a écrit :Ce qu'on appelle couramment la démocratie ressemble souvent à ça aussi, malheureusement.
Dans une démocratie "populaire" ou une république "démocratique", tu veux dire, j'espère...

Publié : 04 sept. 2007, 13:52
par Kakita Inigin
Encore un lecteur qui a décidé que son esprit critique faisait partie des 47% de son cerveau qu'il n'utilisait plus ...
D'une le coup du bousculer les corporatismes est bien, foutu en matière de manipulation. Belle formule pour parler d'intimidation et de pression. Mais c'est bien connu, Sarkozy est la lumière qui va dissiper les ténèbres d'un âge révolu, passéiste et sectaire. Et Dati est un des ses porteurs de flammes. On frise l'intégrisme ploitico-religieux quand même à force. Ou la dictature : ceux qui ne pensent pas comme moi c'est juste qu'ils n'ont pas encore vu la lumière mais on va les y aider. Y compris contre leur gré mais c'est pour leur bien. M'enfin, j'extrapole un peu (même si honnêtement il est clair pour moi que la fameuse pensée unique est passée chez les sarkozystes et que ce clan me fait penser de plus en plus à une secte qui viendrait de prendre le pouvoir, ça reste juste mon "sentiment").
c'est un avis éclairé, au contraire.
Inigin, qui a un peu d'expérience sur l'hystérie qui s'empare d'un groupe qui a le pouvoir mais continue de se comporter comme une fraction, ie un groupe qui se sait minoritaire.
C'est un gamin qui a tellement joué avec les (toutes petites) allumettes qu'il ne sait plus faire autrement et qui a avec lui une bande de fous furieux ennivrés de leur toute puissance.
C'est cela, pour moi, la dictature du prolétariat...
Ichi-san, non, ce que tu décris c'est la dictature d'une aristocratie d'origine bureaucratique qui sait pertinemment qu'entre ses discours et la réalité il y a un monde, qui sait pertinemment qu'entre ce qu'elle décrit comme le mal absolu et la société issue de ses actes il n'y a aucune différence et qui a décidé que le seul moyen de défendre ses privilèges c'était de faire taire tous ceux qui osent encore lire Marx et appliquer son analyse de la Russie des années 1850-1917 à l'analyse de l'URSS dans les années ... 1930-1989.
Entre le socialisme et le soviétisme réel il n'y a rien à voir. Ah si : des pourris ont utilisé les mêmes mots.

Entre l'objectif initial et la dérive il y a une différence : c'est qu'il s'agit d'une dérive. ca n'invalide pas l'objectif (qui est le bonheur des hommes), ni l'analyse (qu'il n'est pas possible dans une société de classes).

Publié : 04 sept. 2007, 13:53
par Hida Ichi
Asako Keitaro a écrit :En police route on a ce genre des sanctions tarifées, du coup ou que tu sois dans le pays un stop c'est 3 points maxi et 90€ à payer dans les 3 jours, ce qui me semle un peu plus juste comme justice. Le fait que la justice pénale aille vers une uniformisation me semble plus que nécessaire.
Enfin, j'ai toujours pas compris pourquoi :

en 1998, mon "grillage" de feu rouge m'a valu le tribunal de police, une amende de 500 F (cela aurait pu monté jusqu'à 1800 F, mais ils ont tenu compte du fait que j'étais étudiant) et 15 jours de suspension de permis,

en 2002, "grillage" de feu rouge, cela a été une amende (90 € à mon souvenir) et 4 points en moins, et surtout pas de tribunal de police...

Publié : 04 sept. 2007, 14:13
par Kõjiro
Toujours sur Dati...

Deux nouveaux conseillers quittent le cabinet de Rachida Dati

Donc 7 sur environ une vingtaine en 3 mois environ.

Z'imaginez vous, dans une boîte, un directeur de département arrive et plus d'un tiers de son staff se barre aussi sec "pour raisons personnelles" en trois mois...

Publié : 04 sept. 2007, 14:32
par Hida Ichi
Kõjiro a écrit :Toujours sur Dati...

Deux nouveaux conseillers quittent le cabinet de Rachida Dati

Donc 7 sur environ une vingtaine en 3 mois environ.

Z'imaginez vous, dans une boîte, un directeur de département arrive et plus d'un tiers de son staff se barre aussi sec "pour raisons personnelles" en trois mois...
Ils aiment peut-être pas avoir pour chef une femme et une beurette.