Kõjiro a écrit :Edit2 : dans le Figaro, ils indiquent qu'ainsi Sarkozy entend mettre fin à l'insécurité juridique dont souffrent bien évidemment les entrepreneurs en France. Joli. Il faut avouer qu'en matière de novlangue ça se pose là. Réussir à dire qu'une loi qui vise à exonérer de poursuites pénales les entrepreneurs qui volent, détournent etc... à leur profit c'est mettre un frein à l'insécurité des entrepreneurs en général, je trouve ça joli. Transposez ça à n'importe quelle autre forme de délinquance et appréciez. Par exemple je propose de dépénaliser les violences conjugales ce qui devrait mettre une frein à l'insécurité qui pèse sur les futurs mariés qui hésitent ainsi à s'engager. Je fais la même avec les gosses ? Non trop scabreux. Faisons de même avec le racisme : dépénaliser tout comportement discriminatoire, raciste ou xénophobe permettra de mettre une frein à l'insécurité juridique des entrepreneurs qui ainsi hésiteront moins à embaucher des noirs ou des polonais.
Bon allez j'arrête là. Je vais juste aller

Juste comme ça, l'insécurité juridique, ce n'est pas du tout ce dont tu parles là. Il s'agit d'un concept venant du droit allemand, intégré en droit communautaire et qui, avec difficulté, commence à apparaître en droit français. (J'ai rencontré cette année un type qui a fait sa thèse sur ce sujet au milieu des années 1990 lorsque personne n'en parlait. Maintenant, c'est un thème majeur du droit). Le Conseil d'Etat a consacré ce principe dans son dernier rapport et ses dernières jurisprudence (donc pour le droit public). La Cour de cassation est plus restrictive à ce propos, pour le moment (le droit privé, dont le droit applicable aux entreprises).
Le concept est double : d'une part de protéger les personnes soumises au droit contre la variation incertaine du droit (nombreuses normes, dispositions déclarées illégales alors que des contrats se fondent dessus, etc. - lié à l'imprévisibilité du droit) ; d'autre part de simplifier le droit (multiplications des lois peu claires et brouillonne - lié à l'incompréhensibilité du droit). Voilà pour faire simple.
En gros, c'est avoir moins de textes lois, mais de meilleurs qualités. Garantir les situations existantes et ne pas remettre en cause des floppés de contrats passés sous le joug d'une législation qui est annulée par un recours au bout d'un an ou deux.
Par exemple, un motif avancé pour que le contrôle de constitutionnalité soit effectué - comme en France - uniquement a priori, c'est-à-dire avant que la loi n'entre en vigueur, est que cela renforce la sécurité juridique - confiance en la loi qui ne peut plus être annulée.
A l'inverse, le contrôle a posteriori (par ex. Allemagne ou Espagne) tend à l'insécurité parce qu'une loi, n'importe quand (enfin, quelques limites pour le recours d'amparo en Espagne toutefois) peut être annulée.
Et qui dit loi annulée dit que les tous contrats passés en application de cette loi sont nuls et non avenus... Donc de gros problèmes en prévision pour les entreprises.
L'exemple type de la chose à proscrire est la loi rétroactive.
Après la sécurité juridique peut être développée et détaillée en plein de principes annexes, comme la confiance légitime [en la législation en vigueur] (typiquement allemand).
L'article
Wikipédia que je viens de trouver explique cela pas trop mal, d'ailleurs (le concept de sécurité juridique).
Donc rien à voir avec la pénalisation du droit des affaires.
Par ailleurs, l'aspect pénalisation du droit (en général) est un problème de nos sociétés du risque. On n'accepte plus qu'il y ait un problème. Il faut qu'il y ait un coupable et qu'il paye. D'où la pénalisation du droit public et du statut de l'élu, mais aussi du droit commercial. Une responsabilité civile est déjà bien suffisante en général sans avoir besoin de passer par une responsabilité pénal (qui nécessite de commettre un crime ou un délit, c'est-à-dire en général enfreindre l'ordre public). Il y a une dérive où l'on souhaite qu'une personne ayant fait un tord se retrouve en prison.
D'ailleurs, cette position (dépénalisation du droit des affaires) est à double éléments : pour un ancien ministre de l'Intérieur qui voulait faire du tout répressif, c'est étrange ; pour un libéral qui veut que l'Etat ne se mêle pas des affaires internes en entreprises, c'est totalement cohérent.
Après, chacun en tire les conclusions dans le sens qu'il souhaite. Chaque position ayant des conséquences plus ou moins claires sur ce qu'on désire avoir comme système juridique et comme société.
Mais l'impunité zéro est contraire à la fois à la sécurité juridique et à la dépénalisation du droit commercial.
JBeuh, qui passait par-là...