[6.1] Mère et fille

Les tribulations de la Promotion de l'Oni à Sunda Mizu Mura [Hida Bondage Only ^^ ]

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Kakita Inigin
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[6.1] Mère et fille

Message par Kakita Inigin » 04 sept. 2018, 20:09

" Raaaaaaahhhhhh !!! "

Un gros fracas résonna dans le salon.

" Putain de vase à la... "

Le shoji s'ouvrit. Un garde s'encadra dans l'ouverture, alerte. Kei retint son juron, le bushi l'entendit aussi clairement que s'il avait été prononcé. Nul doute que la karo n'allait pas finir sa phrase de la plus belle des manières.

" Ce n'est rien" commença-t-elle contrite. " Pas d'affolement, pas d'attaque. " Pas d'accouchement non plus, songea-t-elle morose. " Je suis maladroite c'est tout, ce n'est pas grave. "

" Pas grave ? Comment le fait de briser une jarre hexagonale peinte par Hantei XXIII lui-même pourrait ne pas être grave, comme tu dis ? "

Sa mère était là. Elle était tout le temps là d'ailleurs. De facto elle habitait quasiment là. Oui, elle habitait complètement là même. Kei avait espéré pendant un temps qu'elle reste avec son frère mais c'était peine perdue. Entre la forge et ici, Shairei avait vite fait son choix. Et Kei n'avait rien su dire. Après tout sa mère s'était occupé de faire réaliser la maison. Entièrement. C'est à peine si Retsu et elle avait eu leur mot à dire. Les derniers mois avaient été si chargés, sans compter les multiples voyages, combats et autres joyeusetés, que la maison s'était construite sans eux... sous la houlette de la tyrannique Hida Shairei, qui avait repris du poil de la bête. Et de cela au moins Kei était ravie (ravie pour la famille, pas pour elle-même).

La jeune femme soupçonnait certains de ses amis d'avoir tout de même tenté d'infléchir sa mère, car force avait été de constater que la maison était parfaitement à son goût. Et sa mère ne pourrait pas la connaître aussi bien n'est-ce pas ? Même ses propres quartiers étaient dans un pavillon en bordure de propriété, si bien que, théoriquement, ils pouvaient vivre ici sans voir Shairei. Enfin ça, c'était la théorie...

- Ce n'est pas si important maman, lui répondit sa fille quand le garde eut refermé le shoji. De toute façon, c'est fait c'est fait. Et puis rien ne garantit que ce fût un vase authentique.

- C'est un cadeau de mariage alors j'espère bien que si ! Et tu sais que Hantei XXIII était peintre et que...

Et voilà. C'était reparti. Ma mère et ses discours sans fin. Depuis son retour du clan de la Mante, Kei passait beaucoup de temps chez elle (contrainte et forcée). Si proche du terme de sa grossesse, malgré ses velléités pour mener la même vie qu'avant, le temps où elle pouvait se faire avaler par une créature et en ressortir en lui déchirant les entrailles lui paraissait bien lointain. En ce moment elle avait du mal à se déplacer dans un espace exigu sans casser quelque chose... Avec ce ventre énorme. Elle n'en pouvait plus en fait, elle avait l'impression de porter cet enfant depuis deux ans. C'est exagéré tu ne crois pas ? soufflait souvent sa conscience. Peut-être, mais c'est l'impression qu'elle avait. Elle n'avait jamais été si empotée. Physiquement s'entend. Et tout ce temps avec sa mère lui portait sur les nerfs. Mais enceinte jusqu'aux yeux, Shairei rechignait à la laisser "seule" (si tant est que la karo de Sunda puisse être seule).

- Je sors, la coupa-t-elle, au bout de plusieurs minutes.

- Certainement p....

- Je ne te demande pas ton avis. D'ailleurs... Je vais voir l'herboriste, dit-elle à la va-vite sans aucune intention d'y aller.

- Alors je viens...

- Et tu ne viens pas avec moi. A toute à l'heure.

Kei sortit sans plus de cérémonie, laissant la sa mère, les pieds dans les tessons de porcelaines. Les deux gardes de la porte lui emboîtèrent le pas, faisant fi de son soupir marqué. Il y avait maintenant belle lurette qu'elle avait abandonné les promenades en solitaire.
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