[RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

"Il y a des livres dangereux comme il y a des amis dangereux. Peut-être faut-il découvrir les uns comme les autres ?"

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Iuchi Mushu
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[RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Iuchi Mushu » 04 févr. 2011, 11:41

Temple d'Asukadera – province Seppun – 25ème jour du mois des feuilles tourbillonnantes (mois de Bayushi).

Le char tiré par le boeuf pénétra dans la cour du temple. Tous les novices étaient en effervescence, la visite du prince cadet Hantei Genjûro avait été annoncée depuis deux jours. Doji Yoshiro descendit et retint la lourde tenture de brocart pour laisser passer son maître. Des robes lourdes dans les tons de l'automne, ocre, brun, rouge grenat, un dégradé parfait, harmonieux, la dixième couche d'un or flamboyant bien qu'on n'en vit que la bordure, découpait la ligne fine du cou du jeune homme. Enroulé entre ses doigts, un chapelet aux perles de jade. Le jeune prince posa un regard sur la cour, goûta au silence que seuls perturbaient les chevaux de son escorte.
Son intendant attendit à son côté, silencieux et son yojimbo Seppun Kyuzo se plaça en léger retrait de sa personne comme à son habitude. Après l'accueil par le responsable du temple, sa visite, les échanges des nouvelles de la Cour, un novice conduisit le prince vers les sento pour sa purification. Un yukata blanc dans les mains, un tenugui impeccablement plié et des tabi propres, le tout emballé dans une large serviette. Le novice précédait cérémonieusement le prince à travers les longs couloirs cirés du temple.

L'encens se distillait dans l'air, les vibrations des sûtra parvenaient aux oreilles de Genjûro et atténuaient un peu la tourmente de son esprit. Un autre novice fit coulisser un lourd panneau de bois et s'inclina comme il se devait devant un prince impérial, le premier entra et posa cérémonieusement les effets du prince et devant le silence de celui-ci comprit qu'il devait se retirer. Il s'inclina puis à reculons sortit et se plaça auprès de son camarade. On leur avait bien signifié de n'obéir qu'aux ordres que le prince donnerait et il avait fait silence.
Genjûro se laissa envahir par l'atmosphère chaude de la pièce et dénoua son obi. Il se sentait sale, souillé, à n'en plus supporter l'idée. Alimentée par le foyer, la vapeur crut peu à peu, jusqu'à ce que la pièce soit tout entière devenue un univers cotonneux. Avec lenteur, le tenugui glissa sur sa peau, la purifia sous l'eau tirée à la source. La chaleur, le silence, c'était comme si l'univers avait disparu, estompé. La vapeur l'entourait, le protégeait de l'image de son propre corps ; il prit place sur le tabouret et ferma les yeux un instant, essayant de purifier son esprit sous l'eau ruisselante; l'angoisse ne le quittait plus, sa quête était vaine…

Après un long moment, l'eau fraîche inonda son visage, ses longs cheveux, elle emporta les sanies du monde. Il s'essuya avec soin puis enfila le yukata immaculé ; maintenant il pouvait le porter. Il fit glisser la paroi pour entrer sous le préau qui menait à la source chaude. Pieds nus sur le plancher, il posa les yeux sur les jardins, les collines environnantes ; tout était si calme. Le prince glissa dans le bassin et le yukata s'imprégna d'eau jusqu'à devenir translucide ; il inspira profondément, ses yeux se posèrent sur le paysage ; un instant il souhaita ne plus quitter cet endroit, s'y réfugier pour toujours.
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Message par Iuchi Mushu » 04 févr. 2011, 11:44

Sur le plateau d'argent, les doigts méticuleux de la servante disposaient de petits cônes d'encens et de petits paquets d'herbes étroitement liés en minuscules faisceaux. A côté, la flamme vive d'un brasero pétillait, agitée par les sautes de vent. La jeune femme à ses côtés hésita. Maintenant ? Plus tard ? Non, il valait mieux attendre qu'il soit passé par la chambre de vapeur.

Le prince resta longtemps dans l'eau brûlante. Il ôta le kimono et ceignit sa taille de la serviette en coton puis s'allongea sur un des bancs de bois. il ferma les yeux et laissa la vapeur s'insinuer lentement dans les pores de sa peau. Il devait bien y avoir une heure qu'il était dans le sento ; mais il avait perdu toute notion du temps ; il resta jusqu'à ce que la vapeur se dissipe. Enfin, il sortit de la chambre.

Deux silhouettes l'attendaient, deux femmes. La première se tenait devant un brasero, son visage était dissimulé sous un voile. Elle passa ses mains, à trois reprises, dans les flammes, et d'un geste l'invita à faire de même. Il s'approcha. Même si son visage était indistinct, quelque chose, dans les courbes, dans la grâce des gestes, lui était familier.
Soudain, il sut. Son coeur se figea, le temps pour une feuille arrachée à un arbre par le vent, de se poser.

- Après s'être purifié par l'eau, il faut se purifier par le feu, s'éleva la voix douce, musicale - un ruban de soie passant sur un biwa.

Il tenta de percer le voile, perdit ses certitudes, les dernières auxquelles il s'accrochait. A nouveau, la main fine traversa les flammes, sans signe d'inconfort apparent. Il avança sa main au dessus de la flamme. Si elle lui enjoignait de le faire, il ne pouvait qu'avoir confiance en elle. Son regard ne quitta pas le voile, son coeur battit plus fort. Les flammes crépitèrent alors que les dernières gouttes d'eau quittaient sa peau ; il ne ressentit pas la chaleur.

- Tendez votre main droite , Genjûro no kimi sama.

Bruissement de soie.

La servante s'avança et s'agenouilla, présentant un plateau de bois sombre où se trouvaient rassemblés des bâtonnets et des petits sachets. Il tendit la main droite docilement, confiant. La jeune femme allongea gracieusement deux doigts, la servante vint poser avec délicatesse deux petits paquets dans sa paume - l'un à la base du pouce, l'autre à la naissance du poignet. Les yeux du prince tentaient de percer le voile.
Les flammes palpitaient entre eux comme une chose vivante, projetant des étincelles et des ombres. Une étrange sensation l'envahit, un calme étrange qu'il n'avait jamais ressenti.
Un bâtonnet enflammé s'approcha de sa main, léger et aérien comme une luciole. Il ne broncha pas.
Le premier petit paquet - des herbes étroitement liées - s'enflamma, puis le deuxième. Un souffle, les flammes s'éteignirent, laissant deux points rougeoyants se consumer sur sa paume. Une bouffée parfumée et odorante monta à ses narines .
Il y eut un murmure, ou peut-être était-ce une prière ; il ferma les yeux, huma l'air.

Dans l'obscurité de son geste, en rêve, le voile s'envola emporté par le vent.

- Le feu purifie, reprit la voix douce. Tendez votre autre main, Genjûro no kimi sama.
 
Sa voix était comme une caresse. Il tendit l'autre main, les yeux toujours clos. La chaleur irradiait de ses paumes, mais c'était comme un feu lent qui envahissait peu à peu ses veines, courant le long de ses avants-bras, une marée ignée.

Etrangement, il faisait confiance à cette inconnue. Enfin inconnue, non. Elle occupait ses pensées depuis cette danse au crépuscule qu'il avait aperçue. Il n'avait pas écrit un mot, il n'avait pas cherché à la voir. Pourtant les Kami l'envoyaient à lui. Comment ne pas lui faire confiance ? Le feu monta le long de ses bras, envahit son dos, son torse, les senteurs s'épanouirent. Il laissa la chaleur le gagner. Jamais au temple, on ne lui avait proposé un tel traitement...avait-on à ce point ressenti son trouble profond qu'on l'ait envoyée vers lui ?

- A présent, il vous faut vous purifier par le vide.
- Le vide ? murmura-t-il.

La chaleur avait diminué, d'incandescente elle était devenue douce tiédeur. Il se sentait bien - mieux qu'il n'avait jamais été.

A nouveau, un bruissement de soie.
Comment pouvait-on se purifier par le vide ? Quelque chose le poussa à ne pas ouvrir les yeux, à ne pas bouger, quelque chose de puissant, d'intense. Il sentit l'odeur du feu, des herbes odorantes, il entendait les crépitements du bois, avec une netteté aigüe.

Il y eut un très léger bruissement de tissu, tout proche.

- Celui qui va vers le feu, le feu l’accueille. Celui qui va vers le vide, le vide l'accueille, murmura la voix, aussi claire que si elle avait chuchoté à son oreille.
Méditez ceci, Genjûro no kimi sama, et vous saurez comment trouver l'illumination dans les ténèbres...

Il fut troublé par ses mots puis comme si cette vérité était insoutenable, il ouvrit les yeux, la chercha du regard. Malgré lui, sous la légère brise, il frissonna. Il était seul. Comme si c’était un fantôme qui venait de parler, comme si elle n'avait jamais existé. Il se retourna, fronça les sourcils en parcourant des yeux les galeries.
Alors, il vit une silhouette claire sous les arcades. Il marcha sur elle - un papillon attiré par la lumière. Elle s'immobilisa, semblant l'attendre, puis tourna les talons, s'enfonçant dans un corridor obscur. Celui-ci débouchait sur une large porte à double battant, où elle se glissa.
Le Prince y parvint à son tour, ouvrit un des battants, puis s'arrêta sur le seuil, ébloui. Il était dans la partie du temple dédiée à Amaterasu. La lumière venant de la sphère d'or symbolisant la déesse le transperça comme un papillon sur une épingle. Il baissa les yeux.
Sur le sol, il y avait un voile de soie, brodé de fils d'or, en délicates arabesques. Il se baissa avec élégance et sa main fine le ramassa, le tissu était tiède. Il regarda autour de lui, en se relevant lentement, le voile dans la main. Il y avait plusieurs personnes agenouillées, priant dans la salle écrasée de lumière ; mais pas celle qu'il cherchait.
Le murmure monotone des sutra s'élevait dans les recoins ombreux du temple. Il n'osa pas troubler les pèlerins et malgré la déception, sortit comme si sa présence en ce lieu n'était pas souhaitée. Ce sentiment, c'était lui qui le ressentait, nul n'aurait osé lui interdire la prière. Dehors, il porta l'étoffe à ses sens. Le tissu était doux et soyeux, d'une incroyable souplesse, léger comme l'effleurement d'une aile de papillon, doux comme un baiser. Ses doigts la frôlèrent, sa main tenta de garder la chaleur de celle qui l'avait porté ; mais elle s'étiola très vite, il ne lui resta plus que le parfum subtil qu'elle portait et l'odeur de la fumée. Il s'évertua à séparer les deux, tentant de capturer l'essence du parfum comme s'il avait voulu percevoir l'essence de son âme.
Il y avait une note, fraîche et pure comme une source, ou les premières feuilles du printemps… Une note de sous-bois fleuri, de jonquilles auprès d'un étang ; et puis une note plus chaude et plus sourde, douce et enivrante comme un vin doux - peut-être, espéra-t-il, l'odeur de sa peau.
Il resta longtemps immobile, le tissu dans la main, le regard perdu sur le jardin zen. Qui était-elle ?
Ce parfum lui disait une chose, une chose certaine : ce n'était ni un esprit, ni un fantôme, ni une apparition. Ce voile avait touché sa peau, couvert ses cheveux, masqué ses traits. A cet instant, germa dans son esprit l'envie de savoir tout sur elle, une envie irrépressible. Il plia le tissu avec soin, le glissa dans le pli de son kimono blanc, contre son coeur. Il était désorienté, ne sachant plus que faire. Son apparition avait ouvert une brèche, une brèche qu'il était incapable de refermer.

"L'illumination au coeur des ténèbres"... c'est ce qu'elle avait dit. Il chercha la signification de ces mots dans sa vie, dans le tumulte de son coeur.
"La purification par le vide"...Qu'avait-elle attendu de lui ? Cette femme qu'il pressentait aussi belle qu'énigmatique...Devant ce qui devait être de la sagesse mais qu'il n'arrivait pas à saisir, il se sentit perdu. Sa vie n'était qu'un tumulte de contradictions, de sentiments brisés, il se rendit compte à quel point il s'était égaré.
Egaré au point de se retirer d'une salle de prière comme un pêcheur honteux, honteux de se présenter à la Déesse.
Il posa les yeux sur la double porte. Devait-il demeurer ici ? S'éloigner du monde ? Des femmes ? Etait-ce cela, la purification par le vide ? Le vide, l'absence ? Jusqu'à quel point devait-il aller ? Il ne le saurait qu'en priant, en s'isolant. Peut-être, aussi, avait-il besoin d'un guide.
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Iuchi Mushu » 19 févr. 2011, 10:26

Les jours suivants, il se retira dans ses appartements, évitant tout contact, les sollicitations des uns et des autres restèrent sans réponse face au dévouement de Kyuzo, aux approches amicales de Yoshiro, aux sages conseils des moines. Il savait qu'il aurait dû s'occuper d'amender les relations avec son épouse, mais c'était au-dessus de ses forces. Il n'avait goût à rien. Prier, oui, peut-être cela lui rendrait-il un peu de sérénité.

Aussi durant trois jours, de l'aube au coucher du soleil suivit-il tous les offices du temple. Pour ses adeptes, c'était un grand honneur que le prince se montre aussi présent, aussi fervent dans les prières, mais pour des hommes sages et âgés comme Irokûro, le père du ministre de gauche, il était clair que le jeune homme était tourmenté. Mais toutes les tentatives pour savoir le mal dont souffrait le prince échouèrent. Pour ceux qui le connaissaient bien, il n'était plus qu'une sorte de fantôme entre deux monde, celui de la Cour, des fastes, des conquêtes et celui de l'anonymat, de l'oubli. Le soir du troisième jour, Yoshiro fit encore une tentative pour l'inviter à une partie de go, mais il refusa, arguant être un bien piètre stratège en ce moment, il conseilla à Yoshiro d'affronter Kyuzo puis se retira dans les bains pour se purifier pour la seconde fois dans la journée
Ce n'était pas la dame de la sixième avenue qui était en cause, elle était trop fière pour aller quémander auprès de celui qui l'avait délaissée du jour au lendemain ; et on ne lui connaissait aucune nouvelle conquête qui aurait pu expliquer cet étrange état. Il semblait que le Prince avait perdu jusqu'au goût de vivre.

Seul, dans les vapeurs du bain, il lui sembla apercevoir une silhouette diaphane entrouvrir la cloison. Il se redressa d'un coup, le coeur battant. Mais la porte des bains était toujours fermée, et il n'y avait pas de signe d'une quelconque présence, féminine ou autre. Il se replongea dans l'eau brûlante, en proie à une immense déception.
Elle était venue à lui à deux reprises, comme un miracle, comme une messagère des dieux, sans qu'il sache au juste comment ; peut-être était-ce pour cela qu'il lui prêtait la capacité de venir à lui, indépendamment de tout obstacle, comme le ferait une apparition, ou un fantôme.
Ce n'était pas du domaine du rationnel, il le savait ; mais il ne pouvait se libérer de cette pensée, de cette attente.

Il ne put se départir de cette attente qui au fil des jours se faisait plus douloureuse. Les dieux se détournaient-il de lui ? Sa quête était-elle si condamnable qu'ils ne lui opposent que le silence et l'indifférence ? La prière ne lui amenait pas la sérénité, son coeur était sans cesse agité, ses échecs défilaient sans cesse dans son esprit, la nuit peuplant ses rêves d'angoisses et cela n'allait pas en s'améliorant pourtant il avait cru qu'ici il trouverait la paix de l'âme.
Il sentait, obscurément, que leurs destins étaient liés ; mais pourquoi, si cela était le cas, y avait-il en lui une telle angoisse, un tel tumulte ?

Il se promena dans les jardins ; mais les jardins ne lui apportèrent pas la paix.
Il partit faire de longues promenades dans les collines avoisinantes, chevauchant des jours entiers ; mais la nature ne lui prêta pas sa sérénité.
Il se plongea dans les ouvrages savants des bibliothèques, espérant en comprendre la sagesse ; mais les livres étaient muets.
Il joua des mélodies sur sa flûte, et tenta d'en composer de nouvelles ; mais l'inspiration l’avait déserté.
Enfin, il revint au temple, muet, pâle, et désespéré. La lumière le fuyait. Il s'agenouilla dans la partie sombre, posa son front sur le marbre froid. Un sentiment déchirant lui labourait la poitrine. Des larmes coulèrent, invisibles et brûlantes, sur la pierre glacée. Des larmes qu'il était incapable de réfrêner.

Trois semaines qu'il avait fui la Cour et déjà deux courriers s'étaient enquis de son retour. Deux lettres qu'il avait laissé sans réponse, incapable de trouver les mots à coucher sur le papier. Il sombrait au plus profond de l'obscurité, tentant de trouver la réponse en lui. Pourquoi était-il ainsi tourmenté ? Toutes les dames de la Cour recherchaient sa compagnie, il était marié à une très jolie femme, les hommes l'enviaient, l'adulant ou le détestant, mais il ne laissait personne indifférent alors quel était ce vide béant qui le dévorait ?
Sa mère si elle avait été là, elle aurait su, mais il n'y avait autour d'elle que le silence, un silence résigné et malgré ses prières, elle ne lui était jamais apparu. Regrettait-elle sa naissance ? Pourquoi avait-elle disparu si soudainement ? Il avait eu tant besoin d'elle.
Un sanglot le secoua malgré lui dans le silence du temple.

Une voix douce et musicale murmura :

- "Celui qui va vers le vide, le vide l'accueille"...mais cela ne se peut qu'en abandonnant ce qui le lie à ce monde. On vous appelle le Prince Radieux, mais votre lumière n'est en ce moment pas plus forte que la lueur de cette chandelle.

A ces mots il releva la tête. Une silhouette féminine, habillée de voiles clairs, la figure dissimulée par l'un d'eux, se tenait devant lui, portant entre ses mains jointes une petite bougie.

- Vous avez abandonné beaucoup, mais il vous reste l'espoir, Prince. C'est lui qui vous lie, c'est lui qui vous aveugle et lui qui vous tourmente. Alors qu'il suffit de faire ceci.

Il entendit le sourire dans sa voix alors qu'elle soulevait légèrement son voile pour souffler la bougie. L'obscurité se fit à nouveau.
Il y eut un bruissement de soie, une bouffée de parfum, se mêlant à l'odeur de la cire chaude. Instinctivement, il devina qu'elle avait relevé son voile. Il fouilla les ténèbres, encore ébloui, tentant de deviner ses traits, mais ils étaient impossible à discerner. Il eut envie de tendre la main mais arrêta son geste parce qu'il signifiait enfin savoir ce qui se cachait derrière le voile, l'espoir qu'elle le sauve enfin. Alors il resta immobile les yeux baissés sur le sol. Etait-ce cela la sagesse ? La compréhension ? Tout ce qu'il avait tenté de discerner, de comprendre dans les écrits sacrés ?
Alors que ses yeux s'accoutumaient progressivement à l'obscurité, il discerna une figure pâle, aux traits encore indistincts, des joues à la courbe tendre ; des yeux en amande, aux longs cils de phalène ; une bouche exquise, qui lui souriait.

- Je peux vous guider dans les ténèbres, et par là-même vous aider à trouver la lumière, Prince. Mais la démarche n'est pas sans risques. On n'approche pas impunément de la source des dieux, et la lumière peut vous consumer, autant que vous donner la plénitude à laquelle vous aspirez. Aussi cette démarche ne peut être que la vôtre.
Est-ce là ce que vous désirez ?

Il eut un long moment de silence où il réfléchit longuement aux conséquences qu'auraient sa réponse sur sa vie, sur ce que l'on attendait de lui ; mais malgré cet instant de réflexion, il lui fit la réponse que spontanément son coeur lui avait indiqué car il ne pouvait continuer à vivre ainsi.

- Hai.

Un instant de silence à nouveau

- Une deuxième fois je vous le demande, Prince : voulez-vous entrer dans le coeur des ténèbres, afin d'y découvrir la lumière ? Et acceptez-vous les risques que cela comporte ?


La question une seconde fois posée fit vibrer son âme mais au fond de lui il savait comme déjà les ténèbres l'avaient depuis longtemps envahi, comme le doute, la peur, la haine l'avaient étreint. Que pouvait-il perdre de plus ? Certains l'auraient cru inconscient, Kyuzo aurait surement crié à la garde et des inquisiteurs seraient accourus mais il était tranquillement assis devant le goban. Alors le prince fit ce qu'il avait à faire, il lia son sort à celui de l'envoyée des dieux. Il scella leur pacte en prononçant d'une voix calme :

-Oui, soyez mon guide.
-Je serai donc votre guide, sur le chemin de l'initiation, pour vous amener là où le commun des hommes ne peut aller. Les règles habituelles de la société ne s'appliqueront plus à vous, et vous suivrez les consignes que je vous donnerai, si étranges soient-elles ; l'initiation est à ce prix.
Je vous obéirai en tout point.

Sa voix était douce, mélodieuse, il se sentait rassuré par sa présence, la sérénité qu'elle dégageait ; il ne pouvait plus se tromper cette fois.

- Mais vous ne serez pas seul, je serai avec vous, et je vous aiderai à fortifier votre âme pour surmonter les épreuves.


Une intense émotion s'empara de lui, ne plus être seul, être compris, serait-ce possible, enfin ?

- Réjouissez-vous, Prince ; à compter de ce jour votre existence va changer du tout au tout.
- Serait-ce possible... ? lui murmura-t-il. Etait-elle consciente de sa souffrance, de son immensité ?

Elle se rapprocha dans un bruissement de soie. Dans l'obscurité du temple, sa beauté lui apparut, éblouissante comme la pleine lune. Ses grands yeux noirs et tranquilles lui souriaient.

- Je vous le promets, murmura-t-elle.

Devant sa beauté que transcendait sa foi, il baissa les yeux, il n'était pas digne de la regarder, lui qui doutait de tout et qui s'était à ce point égaré.

- Maintenant levez-vous, Prince, que votre flamme brille à nouveau haute et claire, comme doit l'être celle d'un Fils du Ciel ; rentrez chez vous, mettez vos affaires en ordre, et annoncez à vos proches que vous serez moins disponible pendant un certain temps.
Nous commençons demain.

Elle rabaissa son voile, et s'inclina profondément.

Mais où nous reverrons nous ? Dois revenir ici ? osa-t-il demander.

D'un coup il était perdu. Mettre ses affaires en ordre ? Devait-il renvoyer Yoshiro, Kyuzo, sa garde ? Jamais ils n'accepteraient de le laisser seul ici. Rentrer chez lui ? Au palais ? Sa détresse transparut dans ses questions sans qu'il en soit conscient vraiment
Savoir qu'elle allait disparaître à nouveau même s'il avait sa promesse de la revoir était insupportable d'un coup

- Non, je vous ferai passer des messages par un de mes serviteurs. Il y a...certains préparatifs à effectuer, mais ils ne nécessitent pas que vous veniez au temple. Ne craigniez rien. Nous nous verrons dans un autre lieu.

Il resta au milieu de la salle, la regardant s'éloigner comme sa lumière ; mais il ne devait pas renoncer à la moindre difficulté, elle l’avait prévenu que le chemin ne serait pas facile.
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Akodo Kakita » 24 févr. 2011, 17:05

Seppun Toko gardait les abords du temple depuis une dizaine d'années, miharu issu d'une longue lignée de miharu il était pleinement conscient de l'importance de sa tâche. Protéger la parcelle de divinité incarnée en la personne du Prince. Les jours se ressemblait et souvent l'ennui et la monotonie menaçaient de rompre sa vigilance, mais jamais il ne relâchait son attention, aussi fut-il le premier à voir un panache de poussière venant de la route annonçant l'arrivée d'un groupe de cavaliers. Il focalisa son regard et put distinguer quatre cavaliers au galop, se dirigeant droit vers sa position.

Une douzaine de robustes lanciers Sepppun se placèrent en travers du chemin des inconnus pour les bloquer. Mais ils ne ralentirent pas, le plus avancé cria
"Place, place pour Seppun Shingen !" et il déploya une bannière ornée d'une fleur, le mon personnel du général de gauche.
Aussitôt les rangs s'ouvrirent devant le grand seigneur et au lieu de lances se furent des révérences qui l'accueillirent. Les quatre cavaliers entrèrent dans la cour et aussitôt leur chef démonta pour marcher d'un pas rapide vers le corps d'habitation principale, son héraut sur les talons. Les deux gardes veillèrent à confier les chevaux fourbus aux soins des palefreniers et à choisir de nouvelles montures pour effectuer le trajet retour vers la capitale.

Laissant parler son héraut, Shingen se mis à la recherche du Prince, voilà plus de trois semaines qu'il "tait là, quelque chose n'allait pas, il le sentait. Il connaissait parfaitement Genjuro et jamais il n'avait fait montre d'un tel attrait pour la vie monastique. Son instinct sentait un piège. Un moine s'approcha du général pour stopper cet orage qui perturbait la paix des lieux.
"Hai Shingen-sama, que nous vaut la joie de votre présence ?"
"Ma présence n'est pas due à la joie, je cherche le Prince."
"En ce cas un serviteur va l'avertir de votre venue et de votre souhait d'avoir une audience avec lui."
Le regard sévère de Shingen se braqua sur lui et une goutte de sueur commença à poindre sur le front du moine qui se repris.
"Je vais vous conduire en personne à lui général-sama."

Cinq minutes plus tard, laissant son héraut en dehors de la pièce Shingen découvrît le prince agenouillé devant un autel. Il s'assura que personne n'était présent, et il apostropha son ami. en mettant de côté la pompeuse étiquette.
"Genjuro ! Qu'est-ce qui se passe-t-il ici ?"
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Ashidaka Kenji » 24 févr. 2011, 18:54

personne sauf son garde du corps personnel Kyuzo, qui avait l'habitude du ton familier de Général de Gauche, même si en son fort intérieur il le réprouvait.
Kyuzo se promit de vérifier qui avait fait en sorte de passer outre l'intendant du Prince et pourquoi les gardes postés à l'entrée ne l'avaient pas avertis de l'arrivée impromptue de Seppun Shingen-sama.
Assurément, des têtes risquaient de tomber.

Kyuzo, salua profondément le général, sans le quitter des yeux une seconde.

K / K :grue:
qui a dit qu'un kakita n'était jamais un guerrier

La fuite n'est pas une option !

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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Akodo Kakita » 25 févr. 2011, 00:06

Le regard de Shingen bouillonnait de colère quand il se posa sur le fidèle garde du corps mais la voix restait calme, signe de son grand entraînement de diplomate et son contrôle de ses passions.
"A moins que Genjuro-sama ne s'y oppose, je te demande de quitter cette pièce."
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Message par Iuchi Mushu » 25 févr. 2011, 09:19

Le prince se tourna, son chapelet de perles de jade enroulé entre les doigts et d'une voix calme :

- Allons Shingen, pourquoi tant d'agitation ? Ne serait-ce pas à moi de te demander ce qui se passe ?

Il fit un signe de la tête à Kyuzo lui signifiant qu'il valait mieux qu'il se retire. Il sentait une énorme tension dans la voix de son ami, tout dans son attitude trahissait une grande nervosité. Il l'invita à s'installer et lui demanda s'il voulait du thé ou d'abord prendre un bain de vapeur avant qu'ils discutent pour se mettre à l'aise.
Il avait maigri un peu, ses traits étaient tirés au niveau de son regard pourtant Shingen dût bien admettre qu'à première vue il se dégageait de lui une sérénité particulière et qu'il semblait en bonne santé.
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Message par Ashidaka Kenji » 25 févr. 2011, 09:45

à la demande de son Seigneur Kyuzo s'inclina profondément, se retira de mauvais gré, non sans avoir fusillé l'importun du regard.
Seul le Prince Cadet avait prise sur son sens du devoir et Kyuzo n'appréciait que moyennement que le Général de Gauche se soit permis de lui donner un ordre, ni même qu'il lui ait suggérer une action contraire à son devoir.
Il faudrait que Kyuzo mette les choses au point avec lui et son Seigneur.
Rien, pas même l'amitié, ne devait s'interposer entre Kyuzo et son devoir.

K / K :grue:
Modifié en dernier par Ashidaka Kenji le 25 févr. 2011, 15:57, modifié 1 fois.
qui a dit qu'un kakita n'était jamais un guerrier

La fuite n'est pas une option !

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Akodo Kakita
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Akodo Kakita » 25 févr. 2011, 13:00

La colère de Shingen avait diminué, à la vue du visage du Prince, il avait compris que ce qui se passait ici était subtil et que le conflit n'apporterait aucun éclaircissement. La curiosité remplaça l'inquiétude, puis l'envie de toucher cette sagesse.
"Pourquoi cette agitation ? Tu es parti depuis longtemps, trop longtemps. Aucun messager n'apporte de réponses. Alors je suis venu en personne voir ce qu'il se passe ici."

Il fit une pause avant de continuer.
"Il émane de toi une aura de paix nouvelle. C'est étonnant. Peux-tu m'expliquer d'où elle vient ? Entre-nous pas de secrets s'il te plait."

Le général semblait chercher ses mots :
"J'ai grand besoin de cette aura en ce moment. Yugao est en ville, je l'ai revu... Je... Je suis perdu."
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Iuchi Mushu
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Iuchi Mushu » 25 févr. 2011, 13:13

La main fine du prince se posa sur celle de son ami, il connaissait son attachement à Bayushi Yugao, la douleur qu'il avait connu lorsqu'elle était partie sans un mot, il avait certes donné le change à tous mais Genjûro savait comme il avait souffert.

- Je comprend. Shingen, prends le temps de te relaxer et de laisser un instant tes soucis derrière les portes de ce temple.

La main du prince serra celle de son ami

- Les bains de vapeur sont salvateurs, tu sentiras bien mieux après.

Il sourit à son ami et distraitement avoua

- Il y a si longtemps que cela que je suis parti ? Je suis désolé si je t'ai causé de l'angoisse ou pire des soucis, pardonnes-moi
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Akodo Kakita » 25 févr. 2011, 16:38

Shingen se repris :
"Je n'ai pas le temps de rester ici, je dois surveiller nos rivaux à la capitale. Ils semblent toujours méditer des mauvais coups pourusurper le pouvoir et déséquilibrer l'Empire."

Et ajouta avec un brin d'humour :
"Et en plus ton yojimbo et ton intendant doivent bouillir de colère derrière ces portes et maudirent mon nom pour me placer en travers de leur devoirs. Dis-moi ce que tu as trouvé ici qui t'a fait tant de bien ?"

Puis :
"Ou alors promet moi de rentrer dans les trois jours."
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Iuchi Mushu » 25 févr. 2011, 17:09

Genjûro regarda un long moment Shingen, cette notion de devoir si aiguë, si prononcée chez lui, le prince la respectait profondément même si leurs vues s'étaient parfois opposées.
Maintenant il la comprenait parfaitement. Ce détachement, cette lutte perpétuelle entre devoir et désir, Shingen connaissait la valeur de ce perpétuel sacrifice. Il lui sourit et déclara :

- Je te promets de rentrer demain.

Pour l'heure il sentait que ce n'était nullement le moment de parler des choses plus douloureuses, il devait le laisser aller, le laisser rentrer dans une paix d'esprit qui lui permette de se concentrer sur la Cour et ses aléas.
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Akodo Kakita » 25 févr. 2011, 20:26

"Je suis soulagé de votre retour, votre sublime présence manquait à la cour. Nous discuterons plus en avant de certaines de mes pensées. Au calme dans mon refuge."
Allusion au jardin de Shingen où il aimait travailler les plantes et oublier ses problèmes. Le général regarda sa taille et caressa son daisho.

Rassuré sur le retour du Prince, le seigneur Seppun se mis à plaisanter :
"Tiens dans ma hâte j'ai gardé mes sabres. Je dois enfreindre l'étiquette."

Il se leva pour aller ouvrir la porte. Avant de remettre son masque blanc orné de sa fleur emblème il salua son ami.
"A demain Genji, puisse les fortunes veiller sur toi.

Une fois dehors, il n'accorda même pas un regard au yojimbo, plongé dans ses pensées il marcha vers la cour, suivi par son héraut rejoindre son escorte et repartir vers la ville.
aka Seppun "Shikumi" Shingen

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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Iuchi Mushu » 25 févr. 2011, 20:39

Temple d'Asukadera - 17ème jour du mois de Shinjo - Heure de Shiba

Oui demain il rentrait au palais, son absence avait dû faire grand bruit mais étrangement celà lui était totalement indifférent. Il appela Seppun Kyuzo et lui annonça :

- Nous rentrons au palais, Kyuzo, peux-tu faire préparer le convoi pour demain matin ? Aides-toi de Yoshiro.

Pensif, l'image du voile, du visage aux traits fins se posa devant ses yeux. Oui demain il rentrait, il allait mettre ses affaires en ordre, annoncer à ses proches qu'il serait moins disponible pendant un certain temps. Son père s'inquièterait, tout comme ses amis proches, son épouse lèverait les yeux au ciel devant ce qu'elle considèrerait comme un caprice de plus mais lui Genjûro savait maintenant pertinnement que c'était le bon choix.
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Re: [RP]Temple d'Asukadera - un des quatre pilliers

Message par Ashidaka Kenji » 27 févr. 2011, 18:56

- Bien mon Prince.

A vrai dire il avait déjà commencer les préparatifs de départ avec Yoshiro-san. Il se doutait bien que le Général de Gauche saurait infléchir la résolution de son Prince. Il en avait toujours été ainsi par le passé.
Toutefois, Kyuzo pensait que son devoir lui commandait de reprendre la parole.

- Si je puis me permettre, mon Prince... Kyuzo hésita et se prosterna front contre terre...
Je ne puis permettre à quiconque - fût-il votre meilleur ami - de vous approcher en possession de son daisho ou de toute arme pouvant vous causer du tort. Je vous en conjure, Monseigneur, ne me l'ordonnez plus, ou ne pouvant accomplir mon devoir envers vous, ni ne pouvant vous désobéir, je me verrai dans l'obligation de procéder au seppuku.
Pardonnez mon outrecuidance, Votre Auguste Majesté, mais mon honneur ne me commandera pas moins.

Kyuzo attendit la réaction de son Seigneur et Maître.

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