[Après-midi] La grâce des poètes

Master : Iuchi Mushu

Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri

Verrouillé
Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

[Après-midi] La grâce des poètes

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:37

Sous le manteau de l'hiver blanc,
Dans les jardins silencieux, sous les bancs
Chuchotent des voix, murmurent des noms
Auprès de courtisans sous la banière du Héron
Le verbe léger, la parole excercée telle une lame,
Le coeur des poètes, léger et si pur s'enflamme.


Posté le 20-03-2003 à 09:39:08 - Iuchi Mushu

Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:42

[Arashi Fuyimiki]

Krilin partit alors en direction du salon, suivit de près par Toruki, ce dernier se tenait un peu à l'ecart des autres salons, afin que les passages répétés ne gênent pas à la méditation.

Deux heimins se tenaient de chaque côté de la porte et servaient de portiers. En effet, les invités ne pouvaient rentrer qu'à certain moment, afin de ne pas perturber les poètes.

Après un court instant, Krilin et Toruki furent conviés à prendre place à l'intérieur de la pièce. Cette dernière était partagé en trois groupes distincts. Le premier sur la droite était composé d'un parterre de samourai apparemment en train d'écouter, ils formaient un demi cercle.
A la gauche de la pièce, d'autre samourai étaient assis, avec de quoi écrire, probablement les poètes, pensa Krilin.

Au centre une femme, jeune, d'une beaute éblouissante se tenait en seiza. Bizarrement le mon qu'elle portait n'était pas celui d'un membre du clan de la Grue. Non, il s'agissait d'une femme du clan de la licorne, en effet sa peau, sa tenue... Tout montrait clairement qu'il s'agissait d'un membre du clan de la Licorne. La chose était plutot intéressante, en effet, un membre de la Licorne, jeune de surcroit, en tant que "maitre de cérémonie".
Pour un exercice si codifié, l'originalité était intéressante.

Devant le silence des deux nouveaux arrivants, la samourai-ko indiqua le côté gauche, avec un large sourire:

"Konnichi-wa, veuillez prendre place dans notre cercle je vous prie. Je me présente, on me nomme Iuchi Shoorai."

Krilin et Toruki restèrent un instant muets devant tant de grâce...

Posté le 25-03-2003 à 11:00:00 - Hida Benkei

Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:43

[Iuchi Shooraï]

Une fois que tous furent installés, les serviteurs refermèrent les portes et servirent aux invités ce qu'ils désiraient. Le silence se fit et pendant quelques secondes Shooraï en entretint le mystère par son propre silence. Puis ses lèvres s'ouvrirent et la magie du conte se répendit sur les spectateurs, sa voix était un doux murmure, il ne fallait pas gêner les autres groupes.


"La brume s'étendait sur les quais alors que la nuit avait enveloppé les sentinelles dans son manteau froid et noir, une ombre se profila sur les flots et la silhouette d'un gallion gajin apparut pour la première fois sur les côtes de l'Empire. Un des gardes frissonna devant l'imposante masse du navire. On raconte tellement de chose sur ces hommes, sont-ils si différents ? "

La voix de Shooraï se tut et certains samouraï se regardèrent, étonnés par l'étrange conte que venait d'entamer la jeune femme, sa voix douce et mélodieuse contrastait avec ses gestes plus ferme et à la fois si mystérieux. Quelle étrange jeune femme se dit Krilin. Mais il n'eut pas le temps de se perdre dans ses pensées, elle reprit là où elle en était restée.

"Les amares furent solidement fixées et une passerelle de bois s'abattit sur le quai. Ce choc résonna dans le silence de la nuit et un des gardes tourna la tête, un élégant courtisan du clan de la Grue avança entouré de sa garde. Une forme encapuchonnée mis un pied sur la passerelle. Lentement, elle descendit silencieuse et sans escorte car tel était le pacte : seul et non armé . La garde mit la main à la tsuka prête à défendre la vie trop précieuse du courtisan. Les deux hommes se saluèrent du regard, ils n'avaient pas les mêmes coutumes, le courtisan invita l'étranger à le suivre, il s'inclina. Deux gardes l'entourèrent, la petite troupe s'éloigna dans la brume. Le quai fut calme et désert pendant plusieurs heures laissant les gardes dans leur immobilisme premier. Mais alors que la lassitude du silence et de l'inactivité menaçait de les faucher et de les entrainer vers une somnolence punissable le courtisan réapparut sur les quais. Un des gardes se frotta les yeux pour s'assurer de la réelle présence de l'homme. Il s'était changé et portait un autre kimono, plus aucun garde ne l'accompagnait. Il approcha du navire et s'appreta à monter à bord. Comme piqué au vif le garde s'avança vers lui " Doji sama, vous n'avez pas l'intention de vous aventurer seul sur cette chose ? Laissez-moi vous accompagner pour votre sécurité" . Pour toute réponse le courtisan fit un signe négatif et posa le pied sur la passerelle."

Volontairement, Iuchi Shooraï stoppa son récit à cet endroit, elle prit sa tasse de thé et en but une gorgée avant de poser délicatement sa tasse...

à suivre..

Posté le 26-03-2003 à 11:16:55 - Iuchi Mushu

Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:46

[Arashi Fuyimiki]

Krilin avait pris place et écoutait d'abord l'histoire, encore une histoire parmi tant d'autre pensa-t-il.

Mais devant le charisme dégagé par la jeune femme, Krilin fut rapidement subjugué par les paroles de cette dernière! Tout dans ses actions, gestes, paroles, regards... Tout frôlait la perfection!

L'Iuchi en était presque Hypnotisante, elle retenait l'attention de dizaine de personnes, elle le savait et surtout elle savait comment le faire. Le silence était tel qu'on aurait cru que ce dernier lançait une complainte:
"La suite! La suite!"
En fait plusieurs personne pensaient à voix basse, et avec le silence et la grâce de l'Iuchi, chaque mots était amplifié.

Evidemment Krilin ne faisait pas exception à la règle, à tel point que Toruki dut discrètement frapper le moine avec sa canne...
En effet, le moine risquait de tomber en avant tellement il se penchait en avant afin de percevoir le premier les paroles de la jeune femme.

Enfin le silence revint a nouveau, la tasse avait rejoint la table...

Posté le 27-03-2003 à 10:07:38 - Hida Benkei

Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:47

[Agasha Toruki]

Toruki, assis à côté de Krilin, écoutait avec attention les mots de la conteuse Iuchi Shoorai.

Par le simple pouvoir des mots, elle évoquait l'océan, le navire gaijin, le noble courtisan Doji, les étranges voyageurs des lointains rivages.
Etait-ce un enchantement ? Etait-ce l'effet de l'étrange magie de la famille Iuchi ? Etait-ce "la grâce des poètes" ? Il semblait à Toruki que les mots se transformaient en images, en objets bien réels, et qu'il pouvait presque voir de ses yeux ce qu'évoquait l'étrange Shoorai.

Il se gardait bien de proférer le moindre son, il avait l'impression d'assister à une sorte de cérémonie mystique, une communion de l'art et des sens. Du coin de l'oeil, il voyait que Krilin était, lui aussi, totalement sous le charme de la conteuse.

Posté le 27-03-2003 à 13:01:20 - Seagull

Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:49

[Iuchi Shooraï]

Shooraï promena son regard sur l'assemblée, elle sourit puis repris son récit après quelques secondes de réflexions. Connaissaient-ils la gratification qu'ils lui apportaient ? Loin de toute prétention, sans aucune frontière, sans retenue, au-delà de tout cela savaient-ils que l'attention et l'écoute sont sources de vie ? Méandres du cours d'une histoire quelconque qui s'accroche à leur coeur et pénètre leur âme alors qu'hier, elle leur était inconnue, indifférente. Est-ce là ce qui les rapprochaient si fort de son destin ? Qui pouvait percevoir ce que Shooraï ressentait en ce moment ? Qui pouvait savoir que curieusement et pour la première fois de sa vie, cette année était enfin la révélation de tant de choses enfouies au plus profond d'elle, latentes, puissantes, euphorisantes, des choses qui avaient stagné tentant de l'imprégner, de lui révéler sa véritable essence, celle de ces origines.

Ses lèvres s'ouvrirent et sa voix douce et chaude couvrit le petit groupe attentif qui l'écoutait :

" Son coeur ne battait pas plus fort que les autres jours, aucune peur n'enserrait ses pensées, il était incapable de tout trouble ou énervement, il ne s'était jamais senti aussi calme et aussi serein que ce soir, comme c'était étrange...
Sur le pont un homme s'inclina fortement vers lui et l'escorta vers le fond du navire, l'homme prit au passage une lanterne et ils empruntèrent un escalier sombre mais relativement large. Il descendit les marches à la suite de l'homme et une image le frappa, cet escalier, cette porte, il les avait déjà vus, déjà descendu pourtant jamais l'image du gallion ne lui était apparu avant. Lorsque les couriers avaient annoncé l'arrivée des étrangers, lorsque l'Empereur lui avait demandé de conduire les premiers entretiens, il n'avait eu aucune idée de ce qui l'attendait. Pendant de nombreux soirs, cela l'avait angoissé, il avait mal dormi et ...

Il s'arrêta net. Là voilà ! C'était durant ces nuits-là qu'il avait eu cette image devant les yeux mais qu'y avait-il derrière cette porte ? Il fouilla dans ses souvenirs mais aucune image ne vint le rassurer ou l'apeurer. Magie ou coïncidence ?
L'homme ouvrit le porte s'inclina à nouveau le laissant passer puis derrière lui il referma la porte.
La cabine était petite, éclairée par deux lanternes. Un étrange mobilier la composait. Puis il la vit quand elle se tourna vers lui, ses habits de couleur pourpre, un mon qu'il n'avait jamais vu ou plutôt si, il l'avait déjà vu, il y avait de cela bien longtemps dans les bibliothèques de la famille Ikoma.
Seul sa prestance et son éducation l'empêchèrent de rester interdit à la situation.
Elle vint à lui et avec douceur se présenta, il sut son nom et sa fonction mais ses oreilles restaient incrédules aux paroles qu'elles entendaient.
Elle pouvait comprendre mais elle n'avait pas assez de temps pour tout lui expliquer. Elle l'invita à s'asseoir et servit du thé.
Sur une table il remarqua des cartes, au dessus d'elles un étrange médaillon. Mais son regard se détourna capturé par ses yeux et sous l'esprit de lumière dansant, ils commencèrent leur conversation.

Nuls ne sait ce qu'ils se dirent, nul ne sait ce qu'ils comprirent, nul ne vint les déranger. Au petit matin il quitta le bateau, l'esprit emplit d'images et de beauté, il ne sut même pas s'ils avaient voyagé. Sur ses lèvres, il y avait un sourire et en son coeur à jamais il tut son nom. Il ne sut si devant tant de beauté il avait été envouté, il n'en chercha jamais la clef. Elle s'en retourna loin de lui, accomplissant son destin et garda au fond de son âme sa visite comme un présent sacré. Celui de la rencontre de deux mondes mêlés, rencontre au passé et au présent mélangé, porteuse d'espoirs et de dangers. Ils ne furent rien d'autres dans la tourmente que deux fétus de paille par le hasard poussé, hasard des hommes, volonté des dieux qui sourient. Eux, patiement attendirent de récolter ce qu'ils avaient semé."

La douce voix de Shooraï à nouveau s'éteignit et dans le silence qui suivit, elle les laissa être à nouveau maîtres de leurs pensées ...

Posté le 27-03-2003 à 13:59:03 - Iuchi Mushu

Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:52

[Arashi Fuyimiki]

Un tombeau!

Oui c'est bien ça, cette salle ressemblait à un tombeau!

Plus personne n'esquissait le moindre geste, les "scribes" s'étaient arrêtés d'écrire, le simple grattement de leur plume couvrant presque la voix de Shoorai.

En effet cette dernière parlait presque imperceptiblement, et pourtant ses paroles résonnaient dans la pièce.
Lorsque cette dernière parlait, les gens s'arrêtaient de respirer.
Lorsqu'elle reprenait son souffle, les personnes en profitaient pour reprendre leur souffle.

Elle arrivait à contrôler chacun de leur geste, jusqu'aux plus instinctifs. Une araignée se serait posée sur la main de Krilin que ce dernier n'aurait rien fait de peur que son geste ne perturbe la conteuse.

Le silence ressemblait à celui d'un tombeau... Un tombeau au coeur de Kyuden Doji, ou à quelques pas de là, les samourais s'amusaient, riaient... Mais ils semblaient tellement loins !

Dans la piece un silence de mort régnait, plus aucun geste, plus aucun son. L'immobilisme ambiant était tel, que l'on se serait cru devant des poupées de cire.

Enfin, les coeurs se remirent à battre, les poumons à respirer. Shoorai venait de bouger, d'un simple mouvement de lèvres, elle avait fait revenir la vie dans ces corps inertes.
Après cette contemplation, Shoorai reprit enfin la parole...

Posté le 28-03-2003 à 11:10:37 - Hida Benkei

Seppun Kurohito
Gokenin
Messages : 1923
Enregistré le : 23 févr. 2004, 14:53
Localisation : Ici et maintenant...
Contact :

Message par Seppun Kurohito » 02 août 2005, 08:53

[Iuchi Shooraï]

Iuchi Shooraï laissa planer le silence. Avec le temps, elle avait su l'apprivoiser, en faire son ami. Ce silence qui lorsqu'elle était enfant la faisait souffrir face aux autres enfants puis face aux autres élèves, il s'était peu à peu mué en une arme efficace, une arme qu'elle savait maintenant utiliser savement.
Elle regarda sa petite assemblée :

- Je laisse à votre imagination et à vos rêves la suite de cet étrange conte, chacun en fera l'interprétation qu'il veut . Pour ma part ce n'est qu'une histoire que j'ai eu grand plaisir à partager avec vous. Elle s'inclina respectueusement vers l'assemblée.

Certains samouraï furent déroutés par une telle conclusion et après être restés figés quelques secondes, ils se retirèrent après avoir salué la conteuse. D'autres allèrent lui parler et marquer leur admiration pour la manière captivante avec laquelle elle avait capturé leur intérêt. Il ne faisait aucun doute que Shooraï était à l'aise dans la position qui était la sienne. Pourtant cette sorte de force cohéxistait avec une fragilité que peu sans doute avaient remarquée tant ils avaient été sous le charme.
Mais derrière cette histoire certes belle, il y avait une interrogation qui tracassait Shooraï depuis des années, une question qu'elle avait tue alors qu'elle avait été aux bords de ses lèvres tant de fois quand sa mère penchée sur elle le soir la lui racontait. Etait-ce ainsi qu'elle espérait avoir une réponse ? En l'exposant à tout un chacun ?
Le cercle des admirateurs se rétrécit avec le temps et il resta à Shooraï le thé qu'un serviteur venait de lui servir à nouveau. Un thé et le silence ...

Posté le 31-03-2003 à 15:37:53 - Iuchi Mushu

Verrouillé