Kaze no ai

Master : Iuchi Mushu

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Seppun Kurohito
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Kaze no ai

Message par Seppun Kurohito » 19 avr. 2004, 16:10

La journée avait été chargée, depuis la réception des invités dès le matin, les premières doléances, le banquet de la mi-journée et les salons de l’après-midi. A présent que Dame Amaterasu avait cédé sa souveraineté à son ombrageux époux, dans la fraîcheur de cette première soirée, les représentants de tous les Clans s’étaient réunis pour admirer le spectacle tant attendu du maître artificier Agasha Toruki…
Installé non loin des dignitaires de la Cour d’Hiver, le jeune courtisan, caresse la fine cicatrice qui court sur le dos de sa main droite. Le visage fermé, il remonte en pensée le fleuve sinueux et imprévisible du Temps.

Les manières affectées de son père, Doji Yoshifusa, lointain cousin du seigneur Satsume, récite d’une voix déliée un tanka sur l’espoir et le printemps…
Le regard aussi gris que l’acier de sa mère, Koîchi, si froide avec son époux, si douce avec ses enfants, ancienne élève émérite de Kakita Toshimoko-sensei, observe avec application son fils effectuer un kata…

Asano cache soudain sous sa manche la fine balafre, signature de la lame familiale. Une hésitation, une simple hésitation a suffi à faire basculer sa vie. Une hésitation qui lui a permis néanmoins de trouver sa véritable place, sa voie. Sans cet échec, jamais il n’aurait appris les arts de la cour et de la politique, jamais il n’aurait cotoyé les plus hauts représentants de son Clan, et surtout… jamais il n’aurait eu l’honneur de la rencontrer, de la découvrir, de la connaître…
Son visage, mutin et angélique, semblait garder une trace de la fraîcheur de l’enfance, impression qui s’évanouissait dès qu’elle commencait un de ses légendaires contes. Le temps n’avait alors plus cour, les hauts faits du passé rejoignaient le présent et le monde chavirait au gré des milles récits de son imagination fertile. Sa petite taille, l’azur de son regard, la finesse de son visage, pâle reflet de celle de son esprit, jamais femme n’avait trouvé autant de grâce à ses yeux. Même sa démarche, unique, ne faisait que souligner l’équilibre et l”harmonie du joyau de la famille Doji.. Du jour où leurs chemins s’étaient croisés, alors qu’elle quittait l’école des artisans de la famille Kakita pour rejoindre Otosan Uchi, son parfum, sa voix, son sourire et sa grâce avaient envahi l’univers d’Asano et pris possession de son âme.
Mais avec l’enchantement de chaque nouvelle rencontre étaient apparus les tourments, les questions et les doutes. Doji Asano avait une foi inébranlable dans le juste agencement de l’Ordre Céleste, et il n’avait jamais compris pourquoi les Fortunes lui avaient insufflé de tels sentiments. Cela devait avoir un sens… une signification cachée qu’il lui appartenait de découvrir. Il avait cherché des réponses dans l’étude du Tao, des arts et des lettres, dans la conversation des moines et des shugenja, dans le recueillement et l’isolement, en vain. Toutes ces impasses avaient lentement conduit le jeune courtisan au bord du désespoir. Et le désespoir mène parfois à la tragédie…

Asano ne put empêcher un sourire doux-amer de naître au coin de ses lèvres, songeant aux circonstances qui l’avaient conduit, aujourd’hui, à être confortablement installé, tout proche de l’objet de sa passion. Les hommes n’étaient que des poussières dans les vents des puissances célestes.
A peine quelques mois plus tôt, son karma lui apparaissait bien plus sombre. Attendant le début du spectacle, l’esprit du jeune courtisan continua son voyage…

Les magnifiques jardins du palais de la famille Doji étaient drapés des chaudes teintes orangées de l’automne. La subtile beauté du monde était ici mise en évidence dans toute sa simplicité et sa quintessence par les meilleurs artisans de l’Empire. La brise fraîche charriait les senteurs florales et l’iode. L’océan, puissant, venait frapper sans relâche les falaises que dominait le Kyuden. L’écume de ces vagues incessantes retombaient comme un salut, un hommage à la création humaine. Dans l’étroite allée dallée d’un jardin sec, Asano marchait nonchalamment. Humant l’air parfumé, il ne parvenait guère, en dépit de la sérénité des lieux, à trouver la quiétude. Son kimono à manches amples était brodé des soies les plus fines, mélange harmonieux du bleu d’un lac clair sous un ciel azur avec celui des sombres fonds marins. Le long des manches et du col, les fils d’argent tissaient la danse d’une myriade de feuilles prises dans la folie de tempêtes imaginaires. De ses mains longues et fines, il jouait nerveusement avec son éventail favori, lames de bambou irisées qui, déployées, révélaient l’envol d’un couple de grue sur une nuit étoilée. Ses cheveux, lisses et soyeux, retombaient libres sur ses épaules, cascade de la neige la plus pure. Sur son austère haori de cérémonie, un oeil exercé pouvait deviner, dans les gris entrelacs de velour, les mon de son Clan et de sa famille.
Non, ce matin-là, même les jardins merveilleux ne suffisait à apaiser son émoi. Asano avait été reçu par son seigneur, Doji Hoturi, dans la salle d’audience du palais. Agenouillé devant son daimyo, il avait été complimenté pour sa maitrîse lors d’un entretien avec Ikoma Kanjiro, entretien qui avait permis à Asano de rendre le barde du Clan du Lion redevable de celui de la Grue. L’élégant prince des Doji observait son vassal avec circonspection. D’une voix calme et parfaitement maîtrisée, il avait repris la parole :
“Je me souviens du jeune étudiant peu assuré que j’ai rencontré à Shiro sano Kakita, Asano-san, et je me rends compte aujourd’hui du long chemin parcouru depuis…”
La remarque n’appelait aucune réponse, mais Asano avait néanmoins aquiescé en se redressant.
“-Il semble que tu ais aujourd’hui démontré que ton verbe sert le clan avec autant d’habileté que ton sabre naguère, et avec davantage d’assurance…
- Dômo arigatô, Hoturi-dono. Je ne fais que mon devoir, Monseigneur, et j’y mets à chaque instant toute l’inspiration que les Fortunes me prêtent.”
Quelque chose sonnait faux dans ses dernières paroles, mais Asano balaya cette pensée incongrue, gardant un visage composé. Le compliment de son seigneur lui redonnait force et vigueur, deux atouts dont il avait cruellement besoin.
- Oui, tu honores ton dojo et tes sensei et ta famille, Asano-san. Pour ces raisons, j’ai décidé de t’accorder ma confiance…”
Le jeune homme sentit son coeur s’emballer à ces mots, s’emplir d’espoir et de fierté.
“- Notre Clan est le coeur et l’âme de l’Empire, mon ami, et en montrant au monde le raffinnement et l’excellence dont nous sommes les héritiers, nous ne faisons que servir à la gloire de l’Empereur…”
Asano se demandait où son seigneur voulait en venir avec de si belles et impérieuses évidences.
“…et c’est pour ces raisons que la Cour d’Hiver de la Grue doit être la plus fastueuse, uniquement éclipsée par la Cour du Prince Céleste. C’est une lourde responsabilité que celle-là… Et je t’en délègue une partie, Doji Asano-san. Cet hiver, tu recevras nos invités, tu leur procureras délice et contentement, afin qu’ils n’oublient jamais où se trouve la vrai puissance de la Grue…
- Hai, Doji Hoturi-dono !” Asano avait répondu avec une ferveur martiale, abasourdi par l’honneur qui lui était fait. Une vaste tâche, mais des plus prestigieuses, qui, s’il l’a menait à bien, lui ouvrirait les portes d’une carrière qui couvrirait le nom de ses ancêtres de gloire.
Satisfait, Doji Hoturi l’avait congédié après les formules rituelles que l’étiquette exigeait.
Et ainsi, Doji Asano parcourait les jardins, en proie à un total désarroi. Sa raison, sa conscience, ses ancêtres, tout en lui le guidait sur le chemin du devoir. Il aurait dû se sentir heureux, fier, entier… Et ses sentiments ne lui étaient pas étrangers. Mais quelque chose, un souffle qui n’avait rien de commun avec la raison ramenait malgré sa discipline, derrière l’azur de ses yeux un visage de porcelaine, un bruit de tissu, un rire cristallin, une brise de printemps. Et Asano ne trouvait pas la paix.
Comment pourrait-il remplir ses devoirs avec rigueur si son esprit était ailleurs, comment pourrait-il honorer les si hautes exigences de son Clan sans trahir son coeur ?

Il hâta l’allure et quitta l’enceinte du Palais. Il existait un lieu où sa détresse connaissait un répit, un être seul capable de lui apporter un peu de réconfort…

La Maison des Harmonies Subtiles était réputée sur toutes les terres du Clan de la Grue, jusqu’à la Capitale. Les jeunes filles qui y vivaient étaient sélectionnées au sortir de l’enfance par la vieille Kashi, jadis grande courtisane très prisée de Ryoko Owari, et leur éducation faisait école pour nombre d’établissements de moindre qualité. Seuls les samurai de haut rang, dûment présentés à dame Kashi, pouvaient gagner le privilège d’y trouver repos ou félicité.
Asano y avait découvert les délices du monde flottant, et à défaut de certaines réponses, l’oubli temporaire des questions de son existence. Aki savait l’écouter d’une oreille attentive, sourire ou pleurer à ses humeurs. Elle le régalait de son biwa, lui servait les thés les plus raffinés et, plus rarement, détendait de ses massages experts ses muscles noués par l’angoisse.
Chaque fois, le jeune courtisan lui portait un présent et il prenait grand soin de le faire correspondre à son état d’esprit, afin que la jeune fille au visage de poupée sache quelles seraient ses attentes. Inlassablement, comme un rituel, Asano lui récitait des haiku, composés dans l’abandon, la souffrance ou le plaisir, mais toujours destinés à l’unique objet de ses pensées.
Ce jour-là, Asano était pour la première fois venu les mains vides. Loin de s’en offenser, Aki l’avait reçu sans attendre, ce qui était aussi inhabituel. Reconnaissant, le courtisan avait longuement parlé, et la douceur du thé sombre que la geisha lui avait préparé avait quelque peu apaisé son trouble. Parlant sans relâche, Asano racontait son entrevue avec le daimyo et les questions qu’elle avait engendrée. Il n’y avait ici aucun arrangement dans sa voix, aucune trace de sa formation sur son visage pâle et désespéré, aucune retenue dans les perles brillantes qui, naissantes de ses yeux clairs, coulaient, chaudes et amères, sur ses joues creusées.
Pour la première fois, Aki avait quitté sa place, face à lui, et lentement, par petits pas, était venue s’asseoir à ses côtés, tout contre lui. Sa main fine et diaphane glissa dans les cheveux du jeune homme, son regard brillant d’une triste compréhension alors qu’Asano se laissait bercer sur la frêle épaule.
Dans le silence qui suivit, il n’y eut plus ni samurai, ni geisha, rien qu’un homme pleurant d’un chagrin trop longtemps retenu dans les bras d’une femme qui connaissait les jeux cruels de l’amour.
Reprenant peu à peu contenance, Asano murmura, les yeux perdus dans le vague, d’une voix qui demeurait brisée.
“- Comprends-tu quelle confiance m’accorde le seigneur Hoturi ? Je mourrai sans hésiter plutôt que de le trahir, de jeter la honte sur mon Clan…”
Son regard se troubla davantage, tandis que sa voix redevenait dure et inflexible.
“- Mais je ne peux plus vivre loin d’elle… Je ne peux pas envisager mon existence sans elle, Aki-chan. Toute une saison sans elle, encore, et si j’y parvenais, peut-être bien plus ! Je n’y arriverai jamais… Que faire, Aki ? Que faire…”
La courtisane essuya avec douceur la joue du samurai du revers de la main, avant de lui saisir le menton et de redresser son visage. Ses yeux noirs plongèrent au plus profond du coeur du courtisan à peine conscient qu’il s’était mis entièrement à nu devant la hinin, faisant par là fi d’années entières d’entraînement et de discipline. La voix d’Aki, tendre et compatissante, vibrait de la sincérité d’une femme amoureuse.
“- Nourrir un tel amour n’est pas digne des hommes de ta caste, Asano, car cela ne te mènera qu’à la disgrâce et au déshonneur. Mais lorsque tu l’auras accepté, tu trouveras la paix, et la réponse à tes questions. Tu éprouveras alors une force si grande que rien ni personne ne saura t’atteindre, qu’il soit de ce monde ou d’un autre… Les hommes peuvent éprouver ce qui échappe même aux dieux, mon beau seigneur, la folie et l’amour…” Son regard semblaient plongé dans un monde invisible, son visage tel un fragment de rêve.
“- Il n’est aucun hasard, seulement les forces du karma faisant tourner la Roue Céleste…”
D'abord blessantes, ces paroles se frayèrent lentement un chemin dans le chaos de l'esprit d'Asano, l’inondant d’une lumière nouvelle, d’impensables idées… Encore interdit, il se laissa mener par la courtisane dans la salle des Sources Chaudes, où elle appliqua tout son savoir dans un savant massage.
Cette nuit-là, Asano garda les yeux grand ouverts sur un monde nouveau, qui lui offrait la délivrance, dans l’accomplissement ou la mort. Il n'y eut plus guère de paroles entre eux, seulement la musique du biwa, unique compagne des rêves passionnés d’un couple perdu dans les ténèbres.
Avec les premières lueurs de l’aube vint le moment du choix. Le visage d’Asano s’était refermé et lorsqu’Aki, agenouillée sur le seuil de la suite, observa le pas décidé du samurai, une fugace tristesse passa sur son visage…

Le monde doré du palais s’éveillait lentement alors que Doji Asano, brûlant d’une fièvre nouvelle, se dépêchait de rejoindre ses appartements. Il priait secrètement que personne ne croisat sa route, qu’aucun visage familier ne vienne mettre à l’épreuve sa résolution. A vrai dire, il ressentait même une joie confuse à l’idée d’embrasser son destin, d’accepter son karma. La délivrance était proche, où l'aveu de son ardente passion, mis aux pieds de sa bien-aimée, serait la promesse d’un bonheur possible, absolu, ou d’une mort rapide et salvatrice. Il devait rejoindre Otosan Uchi sans tarder, tant qu’il savait l’y trouver. Son coeur faillit cesser lorsque, devant le salon bleu, il croisa Doji Nanko.
Les Fortunes ne pouvaient évidemment qu’ignorer les suppliques d’un homme qui s’apprêtait à les braver…
La gorge soudainement sèche, Asano s’inclina avec une grâce naturelle, incapable de parler. Nanko lui répondit respectueusement, saluant davantage. Les deux samurai avaient appris à se connaître et s’apprécier ces derniers mois. En privé, ils s’embarrassaient peu de formalités.
“- Konnichi wa, Asano-san. Quelle belle journée, neh ?”
En appelant à toute sa formation, Asano lui répondit par un sourire sincère et un hochement de tête. Peu habitué à voir son congénére manquer de conversation, Nanko pensa qu’Asano devait être tout entier à ses nouvelles attributions. Courtoisement, il reprit.
“- J’ai appris que vous superviseriez la prochaine Cour d’Hiver aux côtés de notre maîtresse ! Je me permets de vous exprimer toutes mes félicitations pour votre nouvelle fonction et me réjouis de servir bientôt auprès de vous…Je ne veux pas vous retenir plus avant. Je ne sais que trop l’ampleur des préparatifs, et je dois moi-même préparer le départ de notre seigneur…”
Asano se figea, le regard brillant. Notre maîtresse ? Le départ de notre seigneur ? La confusion menaçait de le gagner et il ouvrit son éventail dans un claquement sec pour cacher son tremblement.
“- J’ignorais qu’Hoturi-sama nous quittait…” dit-il, comme pour lui-même, invitant Nanko à continuer. Ce dernier détourna le regard en tentant de garder un air naturel. Il n'avait pas souhaité humilier son ami en soulignant son ignorance... Mais Asano ne semblait guère en prendre ombrage. Pesant ses mots, il rajouta :
“- La nouvelle est arrivée ce matin. Doji Satsume-dono, voulant faire honneur à sa charge de Champion d’Emeraude, sans que cela puisse nuire à la qualité de notre représentation auprès de l’Empereur cet hiver, a décidé que le prince Hoturi dirigerait la délégation de notre Clan.”
S’éventant machinalement, l’esprit hagard sous un masque de sérénité, Asano en appela à toutes les forces qui lui restaient pour poser la question dont il devinait la réponse.
“- Sage décision de notre Champion… Je vous suis reconnaissant pour m’en avoir avisé, Nanko-san. Et qui le seigneur Satsume a-t-il choisi pour tenir la cour de Kyuden Doji ?
- Doji Shizue-sama sera l’hôtesse de l’hiver. Nous ne pouvons que nous réjouir d’une telle décision…
Nanko attendit un moment la réponse d’Asano, en vain. Celui-ci demeurait, telle la statue d’une Fortune souriante, les yeux brillant d’un lueur étrange. Totalement décontenancé, Doji Nanko prit un air soucieux, et, avant que la situation ne devienne embarrassante, ajouta :
“Si vous voulez bien me pardonner, Asano-san, mais les serviteurs attendent mes ordres…”
Sur ces mots, l’intendant continua sa route.
La tempête faisait rage dans l'esprit du courtisan, craquelant le vernis des convenances. Lentement, il rejoignit ses appartements, quasiment titubant. Le poids de son éducation, l’écheveau de ses enseignements reprenaient leurs places légitimes en lui. Le fracas de la raison, le hurlement de ses ancêtres, que ressentait-il ? Une vague le submergea alors qu’il refermait fébrilement le shoji de sa chambre. La honte, une honte vindicative et impitoyable, balayant sa folie passagère. Comment avait-il pu envisager une telle démence ? Comment pouvait-il continuer à vivre ?
Récitant des sûtras du Tao, il tenta de mettre de l’ordre dans ses pensées. Il se souvint des paroles d’Hoturi, et tenta d’y puiser quelques forces. Il assisterait, lui, Doji Asano, fils de Yoshifusa, la belle Shizue tout l’hiver. Cette idée le remplissait de bonheur et d’effroi.
Il tenta longuement de se ressaisir. Ses décisions insensées étaient restées dans le secret de son âme, et il fallait voir là un signe du destin. Ses sentiments ne causeraient pas sa perte, mais lui donneraient le courage nécessaire à l’accomplissement de son devoir. Par sa réussite, il servirait la gloire et la renommée de sa princesse. Avec une violence brutale, il condamna ses rêves inavouables à l’oubli.
Bien qu’étant à nouveau totalement maître de lui-même, une amertume qu’il ne s’expliquait pas demeurait. Il aurait sans hésiter couper la tête d’Aki à cet instant… Non, ce n’était pas cela.
Il avait envie de mourir.
S’agenouillant devant l’antique boîte à secret de jade qui renfermait l’héritage de sa lignée, il pria longuement.. Il sentit un vent léger, qui ne lui était pas étranger, sur son épaule. Pour la première fois, il était sec et glaçé…

Violente et glaçée, comme la rafale qui le ramena dans le présent... Son fidèle serviteur revenait déjà avec la réponse du maître artificier.

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Un grand merci à Mushu-sama pour le titre.
Seppun Kurohito
Modifié en dernier par Seppun Kurohito le 06 mars 2005, 21:51, modifié 3 fois.

Yamato

Message par Yamato » 29 avr. 2004, 13:40

Tout à fait agréable et léger.
Je suis heureux que mon peu de temps libre d'aujourd'hui ait été employé à lire ce texte, Kurohito-sama. Tres beau style.

Yamato

:toturi:

:spirit: Modérateurs, veuillez cliquer dans le rond pour effacer

Seppun Kurohito
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Message par Seppun Kurohito » 29 avr. 2004, 16:34

Domo arigato, Yamato-sama :jap: :jap:

Je dois reconnaitre que le personnage proposé par Mushu-sama est un vrai régal en matière d'inspiration...

Seppun Kurohito

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Re: Kaze no ai

Message par Mugen » 28 févr. 2005, 12:07

Seppun Kurohito a écrit :Un grand merci à Mushu-sama pour le titre.
Que je traduis en "Amour du vent".

Joli texte en effet. Mais évite de mettre des "ô" longs quand tu ne sais pas où il faut le faire (ou pas).

Mugen, membre de la police de vérification du japonais...

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Message par Seppun Kurohito » 28 févr. 2005, 12:44

Message reçu Mugen. aucun ô long dans -dono, c'est bien ça ?

Et à titre indicatif, comment traduirais-tu "Les Vents de la Passion" ?

Merci pour ton intérêt :jap:

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Message par Pénombre » 28 févr. 2005, 13:17

chijoo no kaze je pense mais il y a probablement une autre façon de le dire

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Message par Seppun Kurohito » 28 févr. 2005, 22:50

Merci Pénombre-kun...
Je corrigerai le texte dans la version déjà plus "aboutie" de la Bibliothèque Céleste... Et pour le titre, je pense garder Kaze no Ai pour l'instant :chepa:

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Message par Mugen » 01 mars 2005, 14:11

Seppun Kurohito a écrit :Message reçu Mugen. aucun ô long dans -dono, c'est bien ça ?
Et c'est "dômo arigatô".

Et à titre indicatif, comment traduirais-tu "Les Vents de la Passion" ?

Merci pour ton intérêt :jap:
Pour "passion" j'ai trouvé plusieurs mots sur http://www.csse.monash.edu.au/~jwb/wwwjdic.html

Sans en connaitre bien les nuances :

Koi : love; tender passion
Jôka : passion (of love)
Shinen : passion(s)
Yokujô: passion(s); (sexual) desire; craving
Inshin : sexual passion
Shunjyô : scenery of spring; lust; sexual passion
Shikidô : sexual passion
Yokunen : desire; wish; passion

Koi est notamment +/- synonyme de "ai" mais en plus fort.
Pour "Chijô" j'ai "amour aveugle" (ou surface, dans le sens opposé de chika, souterrain).

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Message par Seppun Kurohito » 06 mars 2005, 21:54

Ok, j'ai corrigé les accents, et je ferai de même dans la version finalisée de la Bibliothèque Céleste.
Pour le titre, ce serait donc quelque chose comme Koi no Kaze, Jôka no Kaze ou Shinen no Kaze (je préfère sans connotation sexuelle).
Je le corrigerai aussi dans la version définitive.
Encore merci...

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Un très beau texte

Message par Rhetorik » 14 avr. 2005, 14:18

En tant que lecteur "extérieur", il est agréable de retrouver un tel texte totalement dans l'ambiance de L5R et surtout avec un réel souci de description, clarté et style.

Un véritable délice pour un MJ sur ce jeu depuis plusieurs années.

Cela donne envie de rejoindre un telle partie.

Est-ce une question d'actualité envusageable?
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Iuchi Mushu
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Message par Iuchi Mushu » 15 avr. 2005, 08:26

C'est tout à fait envisageable, samouraï san.
La partie est cependant commencée depuis plus de 2 ans, cependant 1 seule journée réelle s'est déroulée dans le scénario ( :fou: ca fait peur quand on y pense! ), il y aura donc un certain investissement temps pour comprendre et s'intégrer néanmoins c'est tout à fait possible.

Seppun Kurohito san a fait cet effort et je vous rejoins dans vos compliments car il a donné à Doji Asano une perspective et une profondeur de jeu qu'en temps que MJ de cette partie virtuelle j'apprécie particulièrement. Je me répète mais je suis toujours comblée quand j'ai un joueur comme cela à ma table fut ce t-elle virtuelle.

Si vous voulez rejoindre la partie, j'ai un shugenja Iuchi à vous proposer comme personnage ou alors j'attend une proposition de votre part pour un personnage singulier si vous avez une idée.

Le but est de s'intégrer à la Cour d'Hiver dans les terres du Palais Doji, trois ans avant le coup d'état. Doji Hoturi ayant été convié à la capitale c'est Doji Shizue qui en est l'hôte.

N'hésitez pas à me contacter par mail ou mp.

:jap:
"Ceux qui n'oublient pas le passé, sont maîtres de l'avenir" (Sima Qian)

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