Le Vent des Hauts Plateaux - Episode 7
Ci-après votre extrait hebdomadaire du Vent des Hauts Plateaux, par Matsu Aiko.

 

Episode 7 : Exotique rencontre...

Je m’attendais à voir arriver quelqu’un dans le style de mes professeurs d’école, une femme âgée, à la mise impeccable et aux manières policées, qui me ferait répéter des centaines de fois d’ennuyeux exercices, au terme desquels j‘espérais enfin avoir l’opportunité de sortir de cette cage dorée.

Le surlendemain arriva à cheval un jeune homme svelte d’une vingtaine d’années qui se présenta aux portes de la résidence comme « le professeur de mademoiselle Niko ».
En le voyant arriver, les fins sourcils de Mère se haussèrent et son visage se ferma.
Il y eut immédiatement des conciliabules entre mes parents dont il était aisé de deviner la teneur. Le mot « convenable » devait y revenir tous les trois mots.

Mais bien que légèrement embarrassé Père tint bon.
- Non, mon épouse, je suis désolé mais il va falloir s’en accommoder. Refuser ses services serait une grave insulte, il a été personnellement choisi par le gouverneur. »
S’ensuivit une réplique inaudible de Mère.
- Non, je m’étais enquis de cette option, mais c’est malheureusement impossible. Apparemment il s’agit de troupes d’élite, et tant leur statut que leurs serments leur interdisent de servir une autre personne que leur seigneur. Ne t’en fais pas, je suis sûr que cela va très bien se passer. »
Il sourit d’un air rassurant face au visage figé de Mère et se dirigea vers mon nouveau professeur, qui avait poliment attendu à l’écart.
« Bienvenue, Norio-san. Le gouverneur vous a chaleureusement recommandé. Permettez-moi de vous présenter ma fille Niko, à laquelle je vous sais gré de bien vouloir prodiguer votre enseignement. »
Le jeune homme s’inclina respectueusement.
- Niko-sama »
- Norio-sensei » le saluais-je en retour.
- Bien, je vais vous laisser à présent faire connaissance. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, Norio-san, n’hésitez pas à me le faire savoir. »
Puis mon père s’en fut. Je devinais la profonde réprobation de Mère, avant qu’elle ne parte à son tour.

Je détaillais avec curiosité mon interlocuteur.
Il était jeune, vingt-deux ou vingt trois ans peut-être, un peu moins grand que Père, mince et athlétique, avec des cheveux noirs attachés sur la nuque dont s’échappaient quelques mèches rebelles. Il avait les traits fins, des yeux allongés, un nez grêlé de taches de rousseurs, et une bouche qu’on devinait prompte à sourire et à rire. Entre lui et les duègnes revêches dont j’avais l’habitude, je ne perdais pas au change.

J’étais aussi intriguée par son exotique prénom. Reflétait-il simplement sa dévotion à l’équitation, ou sa naissance avait-elle été particulière ?
Un instant, j’eus la vision fantasmagorique d’un énorme palanquin rouge dans lequel entraient et sortaient une nuée de sages-femmes, posé en équilibre instable sur un attelage. Je fus tirée de mes réflexions par la voix de mon interlocuteur.

- Ne m’appelez pas sensei, Niko-sama, c’est trop cérémonieux, j’ai l’impression de faire partie des anciens du clan. Norio-san suffira amplement » sourit-il.

J’étais intriguée. Pourquoi renonçait-il à cet avantage ? En cela il agissait à l’opposé de toutes les personnes que j’avais pu fréquenter à la Cour.
Ce ne devait être que la première des questions que je me poserais à son sujet.

- Comme vous le souhaitez, Norio-san. »
- Bien. Allons donc voir les écuries. » Son sourire était ouvert et franc.

C’est ainsi que je fis la connaissance de Né-à-Cheval.
 
 
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