[101.*] Déjeuner kaiseki (Seppen/Haruki)

Les enquêtes d'une meute de Grues dans Mamoru Kyotei Toshi (Otokodate Complots Shugenja ^^)

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[101.*] Déjeuner kaiseki (Seppen/Haruki)

Message par Hida Koan » 09 avr. 2020, 19:25

La nuit a été très courte. Trop.

Je me suis réveillée avant midi et pourtant je m’étais assoupie après l'aube. J’ai prévenu Panko en rentrant alors j’espère qu’elle a fait ce qu’il fallait.
Je fais glisser le shoji de ma chambre et l’air frisquet s’engouffre dans la pièce depuis le jardin.

Qu’ai-je fait ?

Je soupire, laissant échapper de mon corps et mon esprit toute tension inutile.

C’est une situation qu’il va falloir arranger à n’en point douter. Je crains sinon de ne causer du tort à mon frère… J'ai pris ma décision de toute façon.
Je prends une grande inspiration et souffle à nouveau. Lentement. Du sommet de mon crâne, effleurant mes tempes, dans le creux de ma nuque, sur mes épaules, le long de mes bras… Je laisse la pression couler doucement, les yeux fermés. Lorsque le petit rituel s’achève les mots de sensei Katashi me reviennent Le sage est calme et serein. L’homme de peu est toujours accablé de soucis. Les rayons de Dame Amaterasu frappent mes paupières closes et je sais que je dois me dépêcher. Je suis sûre que Seppen dort peu, je dois être prête.

[…]

J’ai passé un kimono assez léger, peu ostentatoire, presque formel. Elle sera ma belle-sœur, mais pour le moment je suis sous son autorité. J’aimerais tellement que nos relations soient au beau fixe. Je sais qu’il y a des antécédents pourrait-on dire, mais après tout pourquoi m’en voudrait-elle de marier l’homme qu’elle a rejeté. Peut-être est-elle simplement un peu distante, voire timide, plutôt que froide ? Je vois bien les regards qu’elle jette à Ueno et je dois dire que cela m’agace. Je connais pourtant tout le mal qu’à mon frère à se faire bien voir. Lui si gentil…

Je laisse mes yeux flâner sur la table. Panko s’est surpassée. Sachant que nous recevions une shugenja, future épouse de Ueno et chargé d’une enquête officielle, elle a mis les petits plats dans les grands. Le thé choisi embaume déjà alors même qu’il n’est pas infusé, c’est un thé fumé à l’odeur salée. Il faut bien dire ce qui est, me dis-je en regardant la multitude de petites boites sur la table, c’est un petit-déjeuner kaiseki. Je souris. Panko est parfaite. Je la connais depuis l’enfance, je sais qu’elle ne nous abandonnerait jamais. Encore moins dans les moments difficiles.

A côté de cet étalage presque indécent de nourriture, si près de moi que je pourrais y poser mon bras, il y a un gros coffre d’acajou. C’est un bel objet, énorme, tout décoré de peintures florales sombres. Je sais pertinemment ce qu’il y a dedans. Je pourrais être angoissée, mais je ne le suis pas. Aime la vérité et pardonne l’erreur a dit Shinsei.
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Re: [101.*] Petit-déjeuner kaiseki (Seppen/Haruki)

Message par Hida Koan » 09 avr. 2020, 19:33

Image
Ecrit pour Seppen à la base a écrit :La demeure de Daidoji Gurima, Taisa de la garde du légat Grue et beau-père des jumeaux, est très belle. L’architecture est classique mais réalisée avec brio. Elle est parfaitement intégrée au district Karasu. Le jardin, quant à lui, est magnifique. Au loin tu aperçois un jardin zen, un pavillon de thé, et des plantes somptueuses. Plus près de toi, nombre de bambous, ainsi qu’un bassin, au milieu de la cour, des carpes koi de toutes les couleurs s’y ébattent. Ce ne sont ni les bambous, ni le bassin, ni même les carpes qui t’étonne : ce sont les animaux. Il y a des chats, évidemment, comme dans tout le district, mais il n’y a pas que ça. Les arbres regorgent d’oiseaux en tous genres, tu peux entendre leurs chants distinctement. Il y a des lapins, des poules (très étranges, on croirait des volailles d’apparat), quelques cochons et une foule d’autres animaux moins classiques. Ils semblent vivre ici, dans les extérieurs, et en bonne harmonie avec les habitants de la maisonnée. Et chose plus étonnante encore la propriété est propre comme un koku neuf. Cela doit demander un travail considérable aux domestiques vu la quantité de bestioles.

Le grand portail de bois a été ouvert par un bel homme, d’âge mûr, assez costaud. Il t’a emmenée avec politesse dans un grand vestibule à la décoration sobre avant de s’éclipser en faisant glisser deux shojis ouvragés, peint aux éclatantes couleurs azurées du clan de la Grue. Après quelques secondes tu l’as vu ressortir et te faire signe d’entrer, non sans t’avoir fait comprendre qu’il serait de bon ton que Shinobu reste là. « Nous ferons apporter du thé à Matsu-sama » et quand tu passeras le seuil de la pièce tu remarqueras le serviteur (Menma) laisse le shoji entrouvert.

Quand tu entres tu peux apprécier un grand salon extrêmement agréable. Le clan de la Grue n’usurpe pas la réputation de ses talents. Au centre de la pièce Haruki, s’incline et sourit. « Bienvenue Seppen-sama. » Elle t’invite à t’asseoir devant une table de petit déjeuner qui semble garnie pour quatre convives, alors que vous n’êtes que deux. Une fois que tu as pris place elle s’assoit également, en face de toi. A son côté un énorme coffre d’acajou que la jeune femme ouvre sans rien expliquer.

Une vieille femme, qu’Haruki appelle Panko en la remerciant, vous sert le thé après qu’il ait infusé quelques secondes. Haruki te fait la conversation, sans laisser de temps mort. Elle parle de la pluie, du beau temps, de son frère (qu’elle te présente sous un jour exceptionnel), de la joie qu’elle a à te savoir fiancée avec lui, de tout le respect qu’elle éprouve pour son beau-père et sa famille en général, les animaux de la maisonnée (sa mère et son frère les adorent). Tu ne peux pas en placer une, ou presque, mais gentiment, courtoisement, elle essaie de te faire comprendre qu’il te faut profiter de ce petit déjeuner avant d’aborder des sujets difficiles. Et elle mange. Beaucoup. Plus que ce qu’on aurait pu croire. C’est une bushi après tout.

Chaque fois qu’une coupelle, qu’un bol, qu’une assiette est vidé, Panko s’en saisi pour débarrasser et dans le même mouvement ou presque Haruki pose un objet sur la table. Un objet qui ne t’évoque strictement rien. Elle fait comme si de rien n’était mais le temps passant il y a de moins en moins de nourriture et de plus en plus d’objets. Haruki n’est pourtant pas à court de sujets de conversation.

« Voilà ! » finit-elle par dire alors que la dernière coupelle de kimchi disparait, emportée par la vieille servante, qui s’éclipse pour de bon cette fois. Sur la table, entre vous deux une quantité astronomique d’objets très hétéroclite. Il y a une barrette, un peigne, un foulard, un sifflet, un carnet, une flute, une bague, un mouchoir, une poupée, des perles de duel, une lettre, des noix vernies, un pic à cheveux, un tsuba, une pochette, une pipe, une tasse, des netsuke, un dé à coudre… etc. Il n’y a rien qui va avec rien. Les qualités des objets sont diverses et variées, certains ont l’air d’être assez vieux, d’autres non.

« Seppen-sama. Depuis l’enfance, je peine à garder les mains dans mes poches. » La déclaration arrive comme un cheveu sur la soupe. Après d’interminables minutes de piaillement courtois et agréable cependant, la phrase tombe comme une enclume, là où toutes ses paroles précédentes ont volé comme des plumes.

« Je me fais violence chaque jour afin de venir à bout de cet affreux travers et les kamis savent que j’y mets tout mon cœur. Mais, malgré l’éducation parfaite que j’ai reçue, je ne peux que constater que je ne suis pas à la hauteur de ce défi. Pas encore en tous cas. Je sais le choc que cela peut vous faire, vous qui peut-être espériez trouver une belle-sœur de qualité, à défaut d’être parfaite. Je vous présente mes plus plates excuses. Je ne veux pas que mon comportement puisse rejaillir sur l’image que vous avez de notre famille. Je préfère vous faire confiance aujourd’hui, car je sais que je le ferais par la suite toute ma vie. » Elle s’incline poliment, mais les joues rouges.

« Je suis navrée pour hier… Je ne suis pas opiomane, ni membre d’un quelconque réseau… »

Sur ce elle s’arrête, certainement pour s’éviter de dire Je suis juste une petite voleuse.
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