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[Commun][RP]1.3 Quelques recommandations

Posté : 08 août 2005, 14:56
par Kakita Inigin
Kuni Ushita est en train de finir son oraison quand un discret toussotement le fait se retourner vers la source : l'austère kimono gris sombre de Hida Tabetsu-sensei. Le vieux guerrier remonte alors la chapelle dédiée aux kami or se rapprocher de lui.
_ Ushita-sama, me permettez-vous de vous donner un conseil ?

Sur un geste d'acquiescement du jeune shugenja, le général poursuit :
_ A la cour, il est possible que de jeunes esprits turbulents trouvent malin de vous prendre à partie. je vous invite à ne pas répondre, quel que soit votre colère.

Le chapelain regardait attentivement le général, attendant la suite de ses admonitions.
_ Entendons-nous bien : je ne vous demande pas de ne pas répondre à des offenses à l'honneur, mais d'être conscient des pièges qui vous seront tendus. Si de semblables désagréments se produisent, soyez certain que le but est de ridiculiser le Clan, et que vos chances de vous en sortir autrement que selon leur voeu sont minces. Laissez vos gardes régler les attaques trop grossières.

_Hai, Tabetsu sama! Comme vous me le suggérez, je trouverai encore plus malin de ne pas réagir à ces possibles enfantillages. Mon honneur n'est rien en comparaison de ma famille. Si vous jugez bon que je m'abstienne de m'insurger contre toutes insultes, je le ferai, soyez en assuré. Je m'appliquerai donc uniquement à tenter de déceler les attaques plus "subtiles".

_ Parfait, nous nous comprenons. Ne vous abaissez pas à leur répondre. Un samurai ne craint pas les aboiements des chiens.

Ushita se releva et enroula son parchemin de sutra. Il courba la tête devant le rikugunshokan.

_Loin de moi l'idée de porter préjudice à notre clan, Tabetsu sama.

Le général salua, un sourire aux lèvres, puis sortit, laissant le shugenja à ses pensées, et prit le couloir des appartements des autres enfants du daimyo.

Posté : 08 août 2005, 22:30
par Akaihana
Ushita regarda disparaitre Hida Tabetsu. Voilà un homme qui illustrait à merveille la définition d'un samurai digne de ce nom. Il était semblable à toutes ces statues qui entouraient le shugenja. Sous le poids de leur regard de pierre, ce dernier se sentit soudainement bien seul. Hida, le puissant Kami le surplombait de toute sa grandeur. Qui pouvait ne pas se sentir écrasé face à une telle présence ? Peut-être le fils du fondateur lui-même, Osano-Wo, ou encore n'importe lequel de tous ces héros qui siègeaient fièrement au sein du hall. Tous étaient les dépositaires de quatres siècles d'héroisme, de devoir, de sacrifice... Quatres siècles d'accomplissement! Le doute submergea alors Ushita.

Qu'en est-il de ma personne? Suis-je digne de charrier votre sang à tous? Le chapelain leva la tête, croisant le regard de tous ces monuments. Alors qu'il s'enfonçait dans une certaine mélancolie, Ushita distingua un nom parmis les nombreuses plaques funéraires. Hida Tadaka, mort depuis quelques années seulement. Mon oncle... Le frère ainé de Hida Ederi, et précédent Champion. Un seigneur mort pour épargner à son clan d'être victime de la bêtise et de l'ignorance.

La main du jeune homme se crispa sur le rouleau de prière. Deika guzo! Cesse donc de te comporter comme une geisha, Ushita! Tadaka-dono ne s'est jamais inquiété de l'opinion d'autrui! Fais en autant! Seul mon devoir compte! Tout son corps tremblait sous l'effet de la colère. Puis après un léger soupir, le chapelain retrouva un semblant d'apaisement. Il s'agenouilla et s'inclina alors ardemment devant tous les ihai ici présent. Sa main posée à même le sol, son front touchait le dos de celle ci lorsqu'il adressa une requête à ses ancêtres.

"Vénérables aînés, mettez à l'épreuve l'humble Ushita. Faites qu'il devienne un digne membre du clan du crabe, sinon... Qu'il meure!"

Alors que le shugenja se redressait, l'un des nombreux courant d'air qui parcourait les couloirs de Kyuden Hida s'engouffra dans la salle sacrée, soufflant les flammes de tous les lampions et l'abandonnant ainsi à l'obscurité.

Entouré des imposantes silhouettes de marbre qui se dessinaient dans les ténèbres, Ushita demeura immobile.

Dorénavant, je ne douterai plus.

Posté : 09 août 2005, 23:37
par Akaihana
Maintenant dans le noir, s'asseyant de nouveau, Kuni Ushita était gagné par la sérénité. Qu'il était imbécile de tergiverser. Avait-il donc fini par comprendre que les temps à venir allaient le mettre à l'épreuve? Je vais enfin pouvoir prouver ma valeur, à moi-même si ce n'est aux autres. C'est là le principal. Hida Tabetsu en personne était venu l'avertir de ce qui les attendait à la Cour d'hiver de Kyuden Seppun. Des ennemis d'un nouveau genre, auxquels Ushita ne s'était encore jamais confronté.

Il avait par le passé déjà affronté plusieurs gobelins, combattu des ogres et autres démons. Tout cela avant qu'il n'ait le confort de sa fonction de chapelain et qu'il soit mutilé. Aujourd'hui encore, la douleur de son moignon lui rappellait bien souvent les sombres créatures que pouvait engendrer l'Outremonde. Quoi qu'il en soit, s'il avait survécu aux séides de Celui-que-l'on-ne-peut-nommer, ce n'étaient pas quelques courtisans qui viendraient à bout de lui. Il en allait de même pour son clan. Le crabe côtoie la mort au quotidien, nous ne saurions pâtir de la compagnie de quelconques flagorneurs. Nous ne pouvons pas nous le permettre.

Les divers batons d'encens se consumaient lentement dans le grand mémorial. Le jeune shugenja humait l'air, cette odeur lui était familière. C'était celle qu'utilisait Kuni Visten pour masquer la puanteur des créatures qu'il "étudiait" dans son laboratoire. Il se remémorra alors l'une des nombreuses leçons de son respecté senseï : pour vaincre le bakemono, connais le bakemono! Il doit en être de même pour toutes les menaces, une fois que j'aurai compris la bêtise des hommes peut-être pourrai-je en venir à bout ? Ushita accusa un rictus assurément sinistre. J'ose espérer que je n'aurai pas à utiliser mes méthodes habituelles pour "observer" la véritable nature des courtisans ...

Retrouvant son expression traditionnelle, le chapelain fit une dernière révérence à ses ancêtres. Trêve de plaisanterie. Son visage impénétrable n'avait à présent plus rien à envier à ceux de toutes les idoles qui parsemaient le hall. Honorables ancêtres, je ne trônerai peut-être pas parmi vous mais je trouverai ma véritable place au sein du clan.

Ushita se leva et d'un pas claudiquant il se mit à descendre les marches de la chapelle, n'ayant pas l'air de se préoccuper de l'obscurité outre mesure. Il était grand temps qu'il prépare ses affaires pour le voyage. Il ne faut surtout pas que j'oublie ma malle à outils, et tout particulièrement mes bistouris ...

Posté : 11 août 2005, 12:46
par Akaihana
...

Dehors Dame Soleil avait fini par s'excuser, cédant sa place à Seigneur Lune. La noirceur qui régnait désormais à l'intérieur de la forteresse mettait en avant l'austérité des lieux. Nulle fioriture n'était présente sur les murs que longeait l'ombre. Les pas étaient légers, seul le gémissement d'une latte du parquet vint troubler le silence qui régnait jusqu'alors. A intervalle régulier, la lumière émanant des torches qui ornaient les parois laissait apparaître un visage balafré. Ushita arpentait les couloirs de Kyuden Hida.

Après un court moment le shugenja rencontra quelques serviteurs qui erraient dans l'un des corridors. Les préparatifs du départ semblaient enfin s'achever, d'après leur conversation. Lorsqu'ils remarquèrent le jeune infirme, il était déja tout près d'eux. L'un des hommes laissa d'ailleurs échapper un cri d'effroi mêlé de stupeur lorsqu'il vit le faciès blafard du chapelain s'extirper des ténèbres. De concert, ils s'empressèrent de s'incliner. "Gomen nasai Kuni sama!" Ushita les regarda pendant un instant, ils demeuraient immobiles, courbés, attendant une directive de sa part. Il avait à maintes reprises noté que les domestiques du palais se courbaient bien plus que ne l'exigeait son rang. Ce n'était certainement pas dû au respect qu'il leur inspirait mais plutôt à la crainte. Ils faisaient toujours tout pour éviter son regard. Par le passé, un tel comportement aurait agacé le shugenja. Maintenant cela l'amusait, tout au plus. Il finit par les congédier. "Disposez." leur lanca-t-il d'un ton monocorde. Trop heureux d'être libérés, ils ne tardèrent pas à retourner vaquer à leurs tâches. "Hai! Sumimasen Kuni sama!" lui adressèrent-ils avant de s'éclipser.

Les regardant disparaître dans les dédales du Kyuden, Ushita réfléchissait à l'agitation qui avait gagné l'endroit ces derniers temps. S'il n'y avait que ça. Tout s'accélére. Depuis quelques décennies l'Outremonde n'a cesse de grapiller toujours un peu plus de nos terres. La menace est plus présente que jamais. Et Ranoma qui arbore à présent Chikara. Puisse-t-il succéder à Père aussi sûrement que celui-ci à succédà à Oji-sama. A partir de cet hiver, tous les regards se porteront sur lui, le futur champion du clan du crabe.

S'approchant d'une meurtrière, Ushita porta son attention sur le ciel étoilé. Il me faudra l'aider à s'imposer si besoin est... Et besoin il y aura.

Posté : 11 août 2005, 15:12
par Kakita Inigin
_ Je te vois songeur, mon fils. Quels soucis te rongent ?
Hida Ederi venait d'arriver silencieusement derrière Ushita, vêtu d'un confortable kimono gris brun - un cadeau de la Famille Matsu. Le farouche daimyo avait échangé sa crête de guerre pour une coiffure en prune allongée, et portait le katana des Orages Violents
_ Ne me dis pas que c'est le Palais d'Hiver qui t'angoisse. Quelle sourde craiçnte peut inquiéter un fils de Hida ?

Posté : 11 août 2005, 15:30
par Akaihana
Avec sérénité, Ushita se retourna et s'inclina.

"Ederi sama... Je pensais aux épreuves que nous avons surmonté dans le passé et à celles qui nous attendent dans un futur proche. La cour de Kyuden Seppun en faisant effectivement partie."

Se remettant d'aplomb, Ushita chercha le regard de son père. "J'aimerais avoir ne serait-ce qu'une once de la quiétude qui vous habite, mon seigneur."

Le jeune chapelain afficha un sourire qui pour une fois lui seyait.

Posté : 11 août 2005, 16:06
par Kakita Inigin
_ Vraiment ? C'est donc que tu es inquiet. Tu sais que tu peux m'en parler ...
ederi s'interrompit quelques instants, puis reprit, d'une voix grave de sensei :
_ Dans notre clan,la solitude est le plus sûr moyen de mourrir. si tu n'as pas un Ancêtre qui te soutiens, ni une famille capable de soulager ton fardeau, il te faut de bons amis et compagnons d'armes afin de partager tes doutes ... le désespoir gagne vite sur le Mur, et un garde qui n'a plus d'espoir n'a plus de raison de vivre. Il faut que tu apprennes à t'appuyer sur ceux qui peuvent te soutenir. Mais j'entends que le repas va bientôt commencer. Veux-tu que nous parlions de cela à table ? Ou demain, sur la route ?

Posté : 11 août 2005, 17:26
par Akaihana
S'assurant qu'il n'y avait personne, Ushita scruta les environs. "Mes sentiments sont-ils donc si limpides, mon seigneur ?"
_ Pas limpides, torturés. Mais néanmoins transparents pour qui sait regarder.
"Mais n'ayez crainte. J'ai quelqu'un qui me soutient au quotidien, qui saura j'en suis sûr me soulager d'un éventuel fardeau, ne serait-ce que par l'exemple qu'il me donne. C'est vous Ederi-dono!" Le champion, le surplombant de toute sa taille, avait levé un sourcil interrogateur et fixait maintennt son fils avec attention, lorsque celui-ci reprit. "Mon seul réel souci est de vous rendre la pareille... Père!" Le dernier mot avait une force particulière dans la bouche du jeune homme. Il ne l'avait prononcé qu'en de très rares occasions et lorsqu'il était encore enfant de surcroît. A ce mot, les joues d'Ederi se colorèrent brièvement, et un sourire commença à pi=oindre, mais il le laissa finir.

Alors qu'au loin des serviteurs venaient vers eux, Ushita baissa la tête avant de continuer. "Faites moi une faveur mon seigneur, ne vous préoccupez pas de mon sort. Quant à ce bien-être que je vous enviais, vous venez de m'en faire don. Domo arigato Hida sama!"

Les domestiques enfin arrivés devant eux s'inclinèrent. "Mon seigneur, le diner vous attends." S'excusant en se courbant de façon encore plus prononcée, ils firent demi-tour. ederi les regarda quelques secones, imobiles,le ragard indistinct, puis répondit lentement, puis un peu plus vite.
_ Si on m'avait dit, lorsque j'étais jeune, que je me soucierais d'un bâtard, je ne l'aurais pas cru. Mais le coeur d'un père s'agrandit avec le nombre de ses enfants ... Enfin, je ferai comme tu voudras. Allons manger.
Il partit alors vers la salle principale et Ushita le suivit avec un peu nde retard, qu'il combla rapidement pour se retrouver à trois pas d'écart.