Ghost in the shell, le film live

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Katana
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Ghost in the shell, le film live

Message par Katana » 04 avr. 2017, 12:23

Il y a deux semaines lors de la Geek convention, le conférencier sur Mamoru Oshii (le réalisateur de Ghost in the shell en 1995) avait dit que le film live reprendrait les mêmes plans que celui de 1995. Ne voulant pas regarder les bandes-annonces pour découvrir le film, cette annonce m'a un peu refroidi.
J'ai vu le film. Je suis devenu glacial.

Ce film n'apporte rien. Ca n'est ni plus, ni moins qu'un copier-coller de celui de 1995 avec des vrais acteurs et de l'ordinateur. Le conférencier avait raison. Ce sont les mêmes plans mais sans la même histoire qu'à toute la réflexion de la condition humaine a été supprimée. En effet, la richesse des réflexions sur "qu'est-ce que l'être humain, d'où vient-il, que va-t-il devenir avec l'apport de la technologie et du transhumanisme ?" est balayée et reléguée à une simple histoire de vengeance avec un gentil robot pensant et un méchant capitaliste dans la recherche technologique.

Là où en 1997, on voyait les contradictions et le processus de recherche intellectuelle sur les questions existentielles, les américains édulcorent toutes les questions avec une pseudo réflexion de gentil/méchant, sans même penser un seul instant que l'être humain est lui-même responsable de son devenir. Bref, au secours ! C'est de l'appauvrissement intellectuel !

Le film ne se résume qu'à des scènes d'actions et une débauche d'effets visuels. Il y a même le chien basset qui se promène partout. C'est d'un ridicule ! Autant avec Oshii ça a du sens car c'est le sien, autant pour le réalisateur de "Blanche Neige et le Chasseur", ça ne sert à rien. La scène finale avec le tank reste toujours ma préférée. Dans le live,la scène avec l'arbre généalogique de Mamoru sur sa vision de l'évolution de l'homme (des poissons-chats à l'être humain) a été coupée. Bah oui, vous comprenez, c'aurait été trop compliqué à comprendre. Faut faire simpliste pour se créer une fausse grandeur.

Les nouveaux morceaux musique électro sortent du lot, le visuel de la ville aussi... mais il fallait laisser la musique originelle en 1997. Pas remettre cette dernière dans toutes les scènes pour, encore une fois, essayer de se trouver une grandeur que le film n'a pas. La variation du générique de fin est sympathique.

Ce film est un pillage, un massacre de l'oeuvre d'origine. Je comprends mieux pourquoi Hollywood a fait des pieds et des mains pour faire venir Mamoru Oshii et l'a obligé à dire du bien de cet immonde plagiat. Or, Mamoru Oshii l'a fait la mine basse, les yeux par terre et à demi-voix. Le pire est pour la génération actuelle, qui s'arrêtera à ce film ignoble.

Du coup, j'ai revu le vrai Ghost in the shell juste après. Aaaah ça fait du bien de regarder un vrai film, qui posent de vraies questions. Même, s'il n'en répond à aucune (vu que Mamoru Oshii est toujours en recherche lui-même), au moins il fait réfléchir sur la manière dont on veut que la société évolue.
Modifié en dernier par Katana le 02 mai 2017, 20:13, modifié 2 fois.

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Kakita Inigin
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Re: Ghost in the shell, le film live

Message par Kakita Inigin » 05 avr. 2017, 23:16

Mouais, ça se discute. J'ai trouvé une sensibilitée apporté par les deux actrices principales, assez intéressante. De ce point de vue, et du fait peut-être de l'incarnation de Binoche, j'ai trouvé un vrai supplément d'âme (même si son style peut surprendre, comme son vocabulaire). Après, je viens de voir Sils Maria et je suis assez sensible à ce type de jeu d'acteur.

On est plus dans la quête des origines (un peu ce qu'on peut trouver dans Angel Heart, qui a le même schéma organe/réimplanté/souvenirs rémanents) que dans la prospective sur le transhumanisme (présent, bien sûr, mais pas ultra-dominant).

Je suis allé le voir avec mes joueuses et même si on n'a pas trouvé le film fabuleux (faut pas déconner), l'histoire fait sens et on a passé un bon moment.
les américains édulcorent toutes les questions avec une pseudo réflexion de gentil/méchant
Je dirais plutôt que le film, hollywoodien par l'introduction de Johansson, incorpore les questionnements américains "normaux" sur la légitimité de l'Etat, au demeurant phagocyté par les intérêts privés. Il me semble que la validité des choix de la puissance publique et l'arbitraire dans l'exécution marque toutes les productions américaines récentes.
En effet, la richesse des réflexions sur "qu'est-ce que l'être humain, d'où vient-il, que va-t-il devenir avec l'apport de la technologie et du transhumanisme ?"
Je trouve au contraire que le film expose avec clarté les enjeux moraux et de sécurité du transhumanisme : les risques sont clairement exposés, la pression sociale pour l'optimisation est contrebalancée par le hack... Le film ne répond pas, il donne des éléments pour alimenter la réflexion.
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