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Le tournoi céleste (The celestial tournament)

Colline Seppun.

Pendant près d’un millénaire, ce fut l’un des lieux les plus vénérés de tout l’Empire. L’ensemble des Clans Majeurs reconnaissait que c’était là que les Kami, fils et filles d’Amaterasu et d’Onnotangu, avaient pris place et s’étaient affrontés l’un contre l’autre afin de déterminer qui règnerait sur l’Empire. C’était un lieu sacré. Une terre sainte. Dans des circonstances normales, ils l’auraient évité, sentant qu’en foulant ce sol, ils auraient troublé sa gloire par leur présence indigne.

Plus aujourd’hui.

Une foule de samouraï attendait avec agitation autour de la Colline Seppun. Ils étaient des centaines, peut-être même des milliers. Les bannières de tous les Clans Majeurs flottaient fièrement, et même s’ils ne faisaient pas état de leur présence pour ne pas être accusés d’être présomptueux, de nombreux samouraï de Clans mineurs étaient là pour voir l’Histoire s’écrire sous leurs yeux. Etonnamment, incroyablement, l’endroit était presque silencieux. Les toux occasionnelles et les frottements permanents des vêtements des gens qui avançaient étaient tout ce qui brisait ce pur silence.

La Lune descendit rapidement vers l’horizon, laissant derrière elle une trainée argentée sur les lointaines montagnes de l’Ouest. Alors qu’elle allait plonger, de plus en plus proche de disparaître, les premiers rayons du Soleil apparurent par delà l’océan de l’Est, projetant sa lumière sur la Colline Seppun. Pendant un moment, la lumière des deux illumina le ciel.
Et à ce moment précis, ils arrivèrent.

La Voix du Soleil de Jade et Celle de la Lune d’Obsidienne prirent place sur une grande estrade qui, quelques instants auparavant, ne se trouvait pas là. Ils étudièrent la foule un instant, puis s’exprimèrent en un parfait unisson. « L’Empire s’est trouvé bien trop longtemps sans Empereur. Il est temps. »

Le Tournoi des Cieux avait commencé.


L’une après l’autre, les délégations des Clans Majeurs firent un pas en avant afin d’être reconnus par les Voix des Cieux. Ceux venus simplement pour observer ne furent pas déçu, car de nombreux Champions de Clans étaient présents, ainsi que beaucoup de grand daimyo, de généraux ou de guerriers. C’était un moment extraordinaire, peut-être l’évènement de toute une vie, que tant d’hommes se retrouvent en un tel endroit, et plus encore que les Tournois d’Emeraude et Jade qui s’étaient tenus l’année précédente.

Lorsque tous furent reconnus, il sembla que les Voix se préparèrent à débuter le tournoi à proprement parler. « Mon Seigneur, ma Dame, » une voix s’éleva de manière inattendue. « Pardonnez ma témérité, mais il est un autre parti à reconnaître. » Une vague de murmures monta dans la foule, tandis que le Champion du Clan de la Licorne faisait un pas en avant, mais le silence revint presque immédiatement.

Le regard étrangement inhumain des deux Voix se posa sur le Khan. « Que voulez vous dire ? » demanda la Voix du Soleil.

Moto Chen s’agenouilla et plaça sa tête contre le sol. « Depuis des mois, la Licorne s’est alliée à un groupe d’honorables samouraï, ronin par naissance ou par les circonstances, qui ont travaillé sans repos pour le bien de l’Empire sans qu’il n’y ait d’Empereur qui puisse reconnaître ce qu’ils ont accompli. Ces vaillants guerriers ont voyagé jusqu’ici aujourd’hui, se tenant avec fierté parmi ceux qui n’hésiteraient pas à les blâmer simplement pour leur posture. Pour le Clan de la Licorne dans son intégralité, ces hommes et femmes ont gagné le droit d’êtres jugés sur le mérite de leurs actions. »

La Voix de la Lune fixa du regard le Khan. « Que voilà une déclaration hardie. »

« C’est vrai, » reconnut-il. « Et aujourd’hui la Mante se tient à nos côtés, alors qu’à une époque ils n’étaient que des samouraï de Clans mineurs, ou des ronin. L’Empereur Splendide Toturi Ier fut un ronin durant de longues années. Nous ne pouvons juste les juger là-dessus. Ils doivent être jugés pour leurs actions, non pour les circonstances de leur naissance.

Les Voix se turent quelques instants, comme s’ils dissertaient silencieusement entre eux. « Où sont ces hommes ? » demanda enfin l’un des deux.

Chen se releva et fit un geste vers la foule. Cinq hommes s’avancèrent, chacun vêtu d’étranges vêtements. « Nous sommes le Clan de l’Araignée, » dit le meneur d’une voix assurée.

« Peut-être, » dit la Voix de la Lune. « Et peut-être pas. »

« Montez, » dit la Voix du Soleil faisant signe aux hommes de grimper sur la colline. Les cinq hommes s’inclinèrent bas et firent ainsi qu’il leur avait demandé. Ils ne parlèrent pas, et une fois arrivés au sommet, ils s’inclinèrent sans pourtant poser genoux à terre. « Qui êtes vous ? »

« Je suis Daigotsu Usharo, » dit le leader, « anciennement Otomo Usharo. »

« Vous ne faites pas d’effort pour cacher votre véritable nature, » dit la Voix de la Lune. « Je trouve cela plaisant. »

« Nous assumons que notre véritable nature ne puisse vous être cachée, » dit Usharo catégoriquement. « La tromperie n’aurait que peu accompli. » « La franchise compense bien peu votre audace, » dit la Voix du Soleil. « De quel droit osez-vous montrer votre visage ici ? Et votre Seigneur ? Craint-il de montrer lui aussi son visage ? »

« Mon Seigneur pense que se présenter lui-même devant vous provoquerait l’ire des Clans. Ils ne peuvent tous être considérés comme respectant avec rigueur les principes de votre loi. Certain d’entre eux feraient peu de cas de leur piété et tenteraient de le détruire, malgré tout le bien qu’il pourrait faire. Votre tournoi serait perturbé. Ce n’est pas le souhait de Daigotsu-sama. »

La Voix de la Lune eut un léger sourire. « Et quel est le souhait de Daigotsu ? »

« Il est du désir de Daigotsu-sama que ce tournoi puisse être mené à bien, alors que le Tournoi des Kami ne l’avait pas été du fait de l’exclusion de Fu Leng. »

“Fu Leng n’a pas sa place dans les affaires Célestes,” dit la Voix du Soleil.

« Fu Leng est l’enfant du Soleil et de la Lune, » insista Usharo. « Des véritables Soleil et Lune. Nous sommes les seuls, l’Araignée, à le vénérer comme tous les mortels devraient le faire. Leur foi est incomplète, quand la nôtre est inébranlable. Notre droit à participer ne peut être remis en question. »

« Votre présomption est stupéfiante, » dit le Voix du Soleil. « Croyez-vous que vous pouvez dicter les termes de ce tournoi ? Le pensez-vous vraiment ? »

« Aucun d’eux ne porte la marque de Jigoku », dit soudain la Voix de la Lune. « Ils sont purs de toute influence extérieure. Leur loyauté, leur piété, est donnée librement, et non pas contrainte. »
La Voix du Soleil fronça les sourcils et regarda chacun d’entre eux. « C’est ce qu’il semble. »

« Si ce qu’ils prétendent est vrai, » poursuivit la Voix de la Lune, « alors il serait correct de leur permettre de participer. Ils sont les champions mortels d’une entité divine, quels que puissent être les désaccords de leur patron avec les Dragons Célestes. » Elle s’arrêta un moment. « Nous devons leur accorder le droit de concourir. »

La Voix du Soleil semblait bouillonner sur place. « Ainsi soit-il, » dit-il, d’une voix dont seule la providence de sa nature divine permit de ne pas montrer la rancœur qui s’y trouvait. « Sachez que si vous échouez aujourd’hui, votre secret sera exposé. Le jugement des hommes s’abattra sur vous aussi certainement que celui des Cieux tomberait sur eux. »

« Cela est juste, » répondit Usharo en s’inclinant. « Mes compagnons, Keigo, Sahara, Michio et Katsu combattront avec plaisir pour la gloire et l’honneur de Fu Leng et du Clan de l’Araignée.

« Où se trouve votre Seigneur ? » demanda la Voix de la Lune.

“Il est proche d’ici,” lui assure Usharo. « Il souhaite surveiller tout ce qu’il se passe, sans manquer de respect à votre tournoi en le perturbant. Daigotsu-sama verra et vivra tout à travers nos yeux. Il est un homme pieux et honorable, bien que cela ne soit peut-être pas à la manière de tous ceux assemblés ici.

« Clairement, » dit la Voix du Soleil.

« Prenez place, » dit la Voix de la Lune, dont la voix résonna à travers la colline et les alentours, en reprenant son ampleur précédente. « Ces ‘Araignées’ sont autorisés à prendre place dans le tournoi en raison de leur conduite de samouraï. »

Les murmures revinrent, plus bruyants cette fois-ci, et il était clair que beaucoup avaient des objections à une telle déclaration. Mais la volonté des Cieux ne saurait être remise en question, et personne n’intervint contre l’Araignée de peur de mettre en colère les Voix du Soleil et de la Lune.


Daidoji Yaichiro s’inclina profondément avant son adversaire. Le jeune officier n’avait que peu d’idées sur la raison qui lui avait permis d’assister à ce tournoi, et il n’avait certainement pas anticipé d’être parmi les premiers duels du jour. Il souhaitait seulement être à la hauteur des attentes de son Champion et assurer que la Grue ne perde pas la face.

Son adversaire n’apparaissait pas concerné, et manipulait une arme plutôt non-conventionnelle : le sasumata. C’était une arme fort peu utilisée sur les champs de bataille, et cela inquiétait Yaichiro. « Je suis Yoritomo Daishiro, » dit l’homme, « premier magistrat de Houritsu Mura. » Il n’était pas du genre à se défiler lors d’un défi. « Je suis Daidoji Yaichiro, Taisa de la Quatrième Légion de l’armée Daidoji et petit-fils du grand héros Daidoji Sembi. » Il s’inclina « Je n’ai aucunement le désir de croiser le fer avec un honorable magistrat. Je vous propose de concéder. ». Daishiro eut un léger sourire. « Je ne crois pas, mais je vous laisse libre de le faire si vous le souhaitez. »

Yaichiro sourit de même, bien que cela tienne plus de la grimace. « Je ne le peux. »

« Fort bien. »

« Commencez, » ordonna la Voix de la Lune d’Obsidienne.


Akodo Shigetoshi appréciait le rituel simple qu’était devenu le nettoyage de son armure. C’était un acte si familier qu’il en était devenu automatique, et cela l’aidait toujours à focaliser son esprit sur les questions en cours. C’était une chose simple, mais il y prenait un grand plaisir. C’était peut-être là le secret de l’illumination.

« Mon Seigneur, le représentant de la Légion des Deux Mille, » annonça doucement le garde derrière lui, manifestement mécontent de l’interrompre, mais agissant sur ordre afin de permettre l’entrée du ronin.

Shigetoshi ne se tourna pas immédiatement, poursuivant son rituel. « Je dois reconnaître, » dit-il au ronin placé derrière lui, « que j’ai grandement apprécié les services de votre légion. Vous êtes un exemple pour tous ceux qui ont porté le titre de ronin depuis des siècles. Il serait bon que plus de personnes de votre genre soient aussi honorables que vous. »

« Merci, mon seigneur. »

La voix perturba la tranquillité de Shigetoshi. Sa main, toute à sa tâche, s’était tellement serrée que la jointure de ses doigts devint blanche comme la mort. Sa respiration se bloqua un instant, puis il se força à reprendre son souffle et à se tourner doucement. Il s’était rendu ridicule. Il ne pouvait y avoir d’autre explication.

Le ronin demeura impassible près de l’entrée de la tente, laissant seulement ses yeux visibles derrière un masque. « Êtes-vous troublé, mon seigneur ? »

Shigetoshi n’eut pas besoin de voir plus que le regard de l’homme. « Mettez vous en garde, » dit-il dans un murmure.

« Mon seigneur ? »

« En garde, » répéta Shigetoshi d’une voix plus ferme. Lentement, le grand ronin secoua la tête. « Je ne le peux. »

« Vous le ferez» insista le Champion du Lion. « Ou dois-je vous couper en deux sur place ? »

« Pourquoi ? »

« Vous savez pourquoi ! » cracha Shigetoshi. « Vous savez très bien pourquoi ! »

« Je ne le ferai pas. »

Le choc qui avait secoué Shigetoshi avait laissé la colère monter en lui. « Le Lion ne peut avoir qu’un seul Champion ! » insista-t-il. « En avoir un second, en avoir deux vivants, divisera leur loyauté. Cela sera source de conflit, de confusion, et cela ne peut être permis. Je ne verrai pas le Clan se scinder en deux. Ainsi un de nous deux doit mourir. Je répète, en garde ! »

Le ronin leva les mains, paumes vers le haut. « Vous avez fait une erreur, mon Seigneur. Je suis un simple homme, rien de plus. Je ne serai jamais autre chose. » Il se pencha un peu plus près, tenant Shigetoshi de sa voix puissante. « Jamais, » répéta-t-il. « J’espère que vous comprenez. »

Le Champion du Clan du Lion demeura immobile pendant un long moment, puis écarta doucement sa main de son arme. « Bien entendu, » dit-il d’une voix tremblante. « J’ai… dû me tromper. »

« Sans doute, » dit le ronin d’une voix parfaitement calme.

« Où se trouve Utagawa ? J’attendais un rapport d’elle en personne. »

« Elle est au dojo des Mille Feuilles, elle a été temporairement déchargé de ses obligations , » répondit le ronin. « Je suis son commandant en second. Mon nom est Tamago, mon seigneur. »

« Certes, » dit Shigetoshi. « Utagawa a-t-elle été blessée ? »

« Non, » répondit Tamago. « Elle attend mon enfant. »

L’expression de surprise de Shigetoshi ne pouvait être cachée. « Oh, » dit-il simplement. Tamago jeta un coup d’œil par-dessus son épaule vers l’entrée de la tente. « Vos fils vont-ils bien ? » demanda-t-il tranquillement.

« Ils vont bien, merci, » dit Shigetoshi. Il hésita quelques instants tandis qu’il tenait en main le rouleau contenant les ordres de la légion. « Si je… » il s’arrêta et s’éclaircit la voix. « Si j’avais pu mourir à sa place, je l’aurai fait. » reprit-il avec calme.

« Je sais que vous l’auriez fait, » dit le ronin, sa voix trahissant finalement une certaine émotion. « Il est mort en ayant vaincu un ennemi supérieur durant une glorieuse bataille pour son Clan. Je n’aurais pu demander autre chose. Je suis très fier de lui. »

Shigetoshi approuva de la tête. « Vous ne devez jamais retourner sur les terres du Lion, » dit-il. « C’est trop dangereux. »

« J’enverrai un intermédiaire, » dit Tamago. « Ne vous inquiétez pas. Nous ne nous reverrons plus. » Alors qu’il s’apprêtait à partir il s’arrêta. « Bonne chance pour votre duel. Vous en aurez besoin ! »

Shigetoshi regarda le ronin disparaître. Il avait prévu un duel amical avec le Champion du Clan de la Licorne qui ne saurait tarder. C’était afin de maintenir l’esprit de rivalité entre les deux clans sans passer par des hostilités sur le terrain, mais Shigetoshi n’avait plus du tout l’envie de participer à cet évènement. Mais il ne pouvait prendre le risque d’insulter son adversaire. Il prit ses sabres et se prépara à partir, mais il attendit un petit moment, juste au cas où. Il ne voulait pas être vu en compagnie du ronin s’il pouvait l’éviter. C’était, comme il l’avait dit, trop dangereux.


Mirumoto Kei sauta vers le haut, sentant une sorte de brûlure dans ses jambes tandis qu’elle se propulsait vers l’avant d’un saut qui permit au coup de son adversaire de passer largement sous son corps sans faire aucun dégât. Elle se débrouilla sans peine pour ramener ses pieds en arrière sous elle, afin d’atterrir avec souplesse, notant mentalement d’accroître autant que possible son temps hebdomadaire d’entraînement au dojo du Rossignol. Bayushi Kosugi sembla à peine ralentir son attaque, se tournant pour enchaîner instantanément une nouvelle série d’attaques contre son adversaire. Kei était bien obligé de reconnaître que l’homme était un guerrier extraordinaire, et peut-être un qu’elle ne pourrait vaincre. Elle poussa ces pensées hors de son esprit à peine furent-elles apparues ; elle n’entendait pas aider son adversaire d’une telle manière.

Kei repris ses marques et para une série de coups rapides, dont certaines feintes parmi les plus rapides qu’elle avait jamais vu. Elle réalisa pourquoi certains clans semblaient craindre les confrontations avec le Scorpion, même si elle n’avait connu que de simples entraînements avec de tels partenaires. Si c’était cela le style Bayushi, alors ses précédents adversaires avaient dû se retenir quelque peu. Elle nota cette information pour une utilisation future, et essaye de se concentrer sur son problème actuel.

La daimyo Mirumoto restait sur la défensive, appâtant le Scorpion avec des ouvertures rapides dans sa garde haute. Elle persista pendant ce qui sembla être une éternité, alors que ce n’étaient en fait que quelques secondes, jusqu’à ce que Kosugi tente d’exploiter son apparente faiblesse avec une frappe haute en direction de ses épaules. Kei remonta ses sabres, mais c’était évidemment ce que Kosugi avait anticipé, et il ralentit sa feinte pour frapper bas. Malheureusement pour lui, c’était ce qu’avait attendu Kei du style de combat Scorpion, et elle ne remonta pas ses sabres pour se défendre, mais pour frapper. Elle se jeta violemment en arrière dans le même temps, coupant son adversaire très légèrement au menton tout en évitant de peu sa frappe, du fait de son corps gracile.

« Le Dragon est victorieux, » dit la Voix du Soleil.


Les plaines autour de la colline étaient emplies de spectateurs, d’innombrables légions de samouraï et de leurs vassaux, attendant tous dans un silence sans faille. En haut de la colline se tenaient les deux entités restées là toute la journée, si résolus et inamovibles qu’ils semblaient faire partie de la terre elle-même. A l’unisson, ils levèrent la main et firent un signe à quelqu’un.

Sur le versant Ouest, Moto Jin-sahn montait, l’étendue des ruines d’Otosan Uchi visible derrière lui. Sur le versant Est, le Champion du Clan de la Licorne, Moto Chen, marchait à grand pas vers le haut, la mer brillante luisant dans le lointain.

« De tous ceux qui ont avancé jusqu’ici aujourd’hui », gronda la Voix du Soleil, « vous deux êtes les plus méritants. Vous seul devez combattre pour la faveur des Cieux. »

« Et en faisant cela » ajouta la Voix de la Lune, « vous renforcerez la considération portée à votre Clan par la Volonté Céleste. »

« Le Trône ne doit pas rester vide plus longtemps, » dit la Voix du Soleil. « Demain, la lumière bénie du Soleil de Jade brillera sur une nouvelle ère à Rokugan. »

« Commencez, » commanda la Voix de la Lune.

Jin-sahn et Chen s’inclinèrent profondément l’un devant l’autre, et se mirent en garde.

Les deux samouraï se tinrent immobiles, s’évaluant avec prudence pendant plusieurs minutes. Finalement il y eut un mouvement flou et un flash d’acier, et soudain les deux hommes se retrouvèrent l’un derrière l’autre, leur sabre au repos comme après un coup.

Jin-sahn se tenait parfaitement tandis qu’un pan de son kimono orné de fourrure chutait vers le sol.

Chen se tenait de même absolument immobile tandis qu’une partie de sa manche s’envolait, exposant son bras et la fine ligne de sang qui le traversait.

Chen gloussa. « Le Iaijutsu n’a jamais été mon point fort au dojo, » admit-il. « C’est malheureux. C’était un nouveau kimono. Akasha pourrait être contrariée. »

Jin-sahn s’inclina fort bas. « Pardonnez moi, mon seigneur. Ce sont sans doute les bénédictions des Seigneurs de la Mort qui ont permis… »

Le Khan leva une main. « Pas d’excuses, ni de justifications. Peut-être étaient-ce les Seigneurs de la Mort, ou peut-être était-ce que j’ai usé toute ma chance dans le duel contre Shigetoshi auparavant, mais le situation reste la même. Aujourd’hui, tu es le meilleur homme, mon ami. » Sa main retomba.

Jin-Sahn s’approcha et attrapa le bras de Chen à la manière des hommes des tribus Moto.

« Moto Jin-sahn, pieux au dessus de tout soupçon, loyal au-delà de tout doute, a montré sa vertu en ce jour, » dit la Voix du Soleil. « Il est béni des Cieux, et pour sa valeur, la Licorne sera bien considérée par la volonté de Tengoku. »

« Lorsque les Cieux jugeront les Clans, et que l’Empereur Choisi s’avancera, » continua la Voix de la Lune, « Jin-sahn se tiendra sans nul doute parmi la Cour du nouvel Empereur. Retourne maintenant aux temples et autels qui entourent ce site sacré, et prépare-toi. Ton jugement est proche. »


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