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Coup de théâtre au tournoi d’émeraude

Résumé : Nous sommes le 1er jour du printemps 1127. L’Empereur est Hantei 39 Sotorii, sa femme est Bayushi Kachiko. Le clan du Scorpion a été rétabli. Le Tournoi d’Emeraude, qui va désigner le nouveau champion de l’Empereur, a déjà commencé.

Le samurai Shinjo Kohei a donné rendez-vous au rônin Riobe pour ce jour, car le Licorne, comme six autres samurai, a été nommé assistant de son ami Kakita Hiruya, qui va devenir magistrat d’Emeraude.

Et Shinjo Kohei a proposé au rônin de faire aussi partie du groupe.

Parce que c’est quand même plus facile pour garder la cohérence du jeu de réunir tous les PJ sous la bannière de la magistrature d’Emeraude.

Par ce beau jour d’été, Dame Soleil avait revêtu sa robe la plus étincelante, et moins que jamais, le moindre mortel n’aurait osé la contempler directement, de peur d’avoir les yeux brûlés par son insurpassable beauté. Les pieuses shugenja du clan du Mille-Pattes, parmi lesquels Moshi Wakiza, devaient dans ces jours-là entrer dans une sorte de transe amoureuse, qui les transportait, les ravissait, les emplissait d’un indicible sentiment de grâce.

Les tribunes du grand tournoi d’Emeraude étaient pleines. Autour du trône où allait prendre place le divin fils du ciel, des dizaines de samurai Otomo et de shugenja formaient un cercle infranchissable de protection. :bodyguard: Toutes les couleurs de tous les clans de l’Empire d’Emeraude éclataient sous la lumière parfaite, sans aucune ombre à l’heure la plus chaude de la journée, et les étendards, les armures étincelantes rivalisaient d’éblouissement, pendant que les délégations, avec la lenteur que permettaient leur rang, prenaient place. Les Matsu avaient été placés loin des Grues, avec les Phénix et les Dragons entre eux. Les Grues avaient accepté les Scorpions près d’eux, et leurs alliés Licornes de l’autre. Les Crabes finissaient de remplir les gradins, formant une zone tampon entre les Scorpions et les Lions.

Crabe – Lion – Dragon – Phénix – Grue – Licorne – Scorpion

Cette dernière journée du tournoi promettait d’être chaudement disputée.

Déjà, les honorables Seppun Larke et Miya Rolan, présentateurs officiels impériaux, pour meubler le temps, résumaient les journées précédentes :

– Ce tounoi d’Emeraude restera dans toutes les mémoires comme particulièrement disputé, Larke-san.
– Oui tout à fait, Rolan-san. En effet, c’est le tournoi qui élira le successeur du noble Doji Satsume, le père de Doji Hoturi, l’actuel daimyo de sa famille, et on sait quelles traces laissera le seigneur Satsume dans l’imaginaire collectif. Il laisse le souvenir d’un homme puissant, dévoué, qui s’est battu jusqu’à la mort pour le vieil Empereur Hantei XXVIII. Donc le moins qu’on puisse dire, c’est que son successeur aura fort à faire pour se montrer à la hauteur.

– Jusqu’ici, on a eu un niveau exceptionnel de compétition, avec des huitièmes de final, et même des éliminatoires qui valaient bien certaines demi-finales des tournois précédents. On a vu en effet le puissant Doji Kuwanan, éduqué aux dojo des familles Matsu, Hida et Daidoji (excusez du peu) s’incliner face au terrible duelliste Bayushi Aramoro, garde du corps et beau-frère de l’Impératrice. Et le lendemain, coup de tonnerre : c’est ce même Aramoro-sama qui doit s’incliner face à Mirumoto Hitomi, qui est maintenant l’une des favorites de ce tournoi.

– Oui, tout à fait, Rolan-san. Alors les mauvaises ont dit que c’était en fait un arrangement entre Hitomi et notre Impératrice, que, comme on dit vulgairement, Bayushi Aramoro s’est « couché » au bout de la 3e reprise -mais on sait ce qu’il faut penser de ce genre de rumeurs, hein…

– Et puis, nous avons eu aussi un quart de final de toute beauté entre le champion de la Licorne, Shinjo Yokatsu, Maître des Quatre Vents, et Shiba Tsukune, dite la Petite Tortue, la talentueuse duelliste de nos amis Phénix -duel qui s’est conclu par une courte victoire du champion Licorne.

– Oui, et d’ailleurs à cette occasion, on a pu voir l’honorable sensei Akodo Kage faire une apparition remarquée, pour saluer les deux combattants, l’un, Yokatsu, étant un ami de longue date, et l’autre, Tsukune, son ancienne élève à l’académie impériale.

– Et c’est d’ailleurs ce même jour, Larke-san, qu’un incident a émaillé la cérémonie, quand l’honorable Isawa Tsuke, Maître du Feu, a menacé de faire démonstration de ses pouvoirs si on lui refusait encore de participer à ce tournoi. Il a fallu l’intervention des très diplomates Kakita Yoshi et Ide Tadaji pour calmer le bouillant Phénix.

– On me signale qu’il a accepté un compromis, en retirant sa plainte en échange de la promesse de la tenue d’un tournoi de Jade très bientôt, rien que pour lui.

– Signalons également le forfait de Hida Yakamo, fils du Grand Ours, et grand rival devant l’éternel de Mirumoto Hitomi, toujours favorite de ce tournoi, donc.

– Hé oui, tout à fait, Rolan-san. Hitomi qui va affronter donc aujourd’hui en finale son dernier adversaire, Matsu Agetoki, le puissant général en chef de la cavalerie du clan du Lion.

– Oui, Agetoki-sama, dont on peut dire, sans vouloir le moins du monde froisser la fierté de nos amis du Lion, qu’il est arrivé en final un peu par le hasard des circonstances, puisqu’il n’est pas vraiment un duelliste reconnu, c’est vrai.

– Là encore, des rumeurs ont couru que plusieurs adversaires d’Agetoki-sama auraient été « approchés » pendant le tournoi par des hommes de l’Impéatrice, afin d’assurer à Mirumoto Hitomi un adversaire « facile » en final, mais là encore, ce sont de vilaines accusations que nous nions en bloc.

– Oui, parfaitement, tout comme les accusations d’homosexualité refoulée de la divine Impératrice, et de certaines soirées très privées avec Mirumoto Hitomi et Matsu Tsuko…

– Mais l’éthique sportive nous interdit d’en parler, et de toute façon, cela… ne nous regarde pas !

– Ah !… On me dit par un sort d »Air de communication à distance que nous allons rendre l’antenne, le temps de la réclame. Donc on vous retrouve juste après pour l’arrivée des deux grands finalistes de ce tournoi d’Emeraude. A vous Otosan Uchi !

C’était dans une de ces dans les faubourgs de la capitale, là où on ne sait pas trop si on est dans la campagne ou déjà dans la ville, que les roturiers devaient, pour entrer se mettre à l’ombre, demander poliment à un puissant destrier, aux couloirs de la famille Shinjo, de bien vouloir se pousser de devant l’entrée.

C’était une de ces auberges qui aurait dû être bondée, mais qui ne l’était pas.

Le seul client était un samurai bien connu de nos lecteurs…

Kohei-san avait le nez dans son bol de poisson et de riz, et la main toujours à portée de la bouteille de sake. Le patron de l’auberge et sa femme étaient agenouillés devant lui, et se prosternaient bien bas, gémissant et pleurant à qui mieux mieux :

– Shinjo-sama ! ordonnez seulement à votre monture de faire quelques pas de côté ! Vous savez que mes clients n’oseront jamais froisser cet animal, ni passer derrière, de peur de recevoir sa noble ruade !
Mais notre héros ne l’entendait pas de cette oreille, ni d’aucune d’ailleurs, et continuait à manger, agacé par le roturier.

Le patron promettait tout ce qu’il pouvait à Kohei, des repas gratuits à vie, une nuit avec sa femme et ses trois filles, du saké à volonté, mais rien n’y faisait : Kohei-san était aussi têtu qu’intègre.

– Par les quatre vents, heimin ! si mon cheval a choisi de se poster là, dis-toi que c’est peut-être par la volonté de Shinjo elle-même ! Veux-tu donc que la Déesse vienne te rosser pour avoir contrarié ma monture !

Et c’était les pleurs, les cris d’agonie qui recommençaient, pendant que le patron voyait la clientèle déserter l’établissement, et aller manger chez le concurrent, établi de l’autre côté de la rue, et qui accueillait complaisamment tous les affamés, en ricanant, et en ordonnant à son fils de repasser un coup de peinture sur le panneau : « Ici, meilleur qu’en face. »

Enfin, Kohei baîlla, s’étira, et décidément qu’après ce bon saké, un petit somme, bercé par la musique de la joueuse de biwa locale, et les hennissements du fougueux Teyandee, était le bienvenu. Il n’écoutait déjà plus le patron se lamenter, et le chassa d’un geste agacé de la main, alors qu’il s’endormait rapidement.

Il se passa un certain temps, où Kohei partit au pays des rêves heureux, et se vit en train de galoper dans des plaines féériques, avec de l’herbe et un ciel multicolores, sur une monture extraordinaire, et il se sentait léger, léger, et il galopait à travers des rivières de sake, puis abattait d’une flèche, tirée avec détachement, une dizaine de sangliers et recevait tous les honneurs, et on le fêtait pendant des jours et des jours. Toutefois, le banquet était soudain interrompu par les cris aigres de sa femme, la douce Iuchi Shizuka, qui lui sommait de se réveiller, en tapant sur des casseroles, et d’accueillir son ami Riobe.
Kohei sortit de son lourd sommeil. C’était la femme du patron qui tapait sur sa batterie de cuisine :

– Seigneur ! un certain rônin appelé Riobe vous fait demander.

La bouche pâteuse, Kohei se remit sur son séant. Effectivement, Riobe se tenait derrière Teyandee, et essayait de se faire voir du Licorne.

– Par Otaku, gémit notre héros, en se tenant le crâne.

Il avala une bonne rasade d’eau, et cria à son cheval de s’écarter. Sa voix de stentor manqua faire s’écrouler l’établissement.

– Ohla ! oh ! Teyandee ! ohla ! pousse-toi donc de là !… ouste !

Le cheval rua fièrement d’obéir.

– Tu te pousses, ou je viens te traîner moi-même !!

Le cheval soupira, et partit au petit trot dédaigneux.

Riobe entra d’un pas décidé et salua son ami. Il n’avait pas fait quelques pas à l’intérieur que la foule des affamés, massée devant le restaurant, n’en put plus tenir, et se déversa brusquement à l’intérieur, trépignant, au coude à coude, et se rua sur les tables. Bientôt, il fallut refuser du monde.
Kohei fit s’asseoir Riobe, et redemanda du sake.

– Ca me fait plaisir que tu sois venu, Riobe. Je suis content que tu te joignes à nous.
– Je suis honoré de répondre à votre invitation, Kohei-san. Je suis content également de servir à nouveau des samurai honorables. Après tout, Kakita Hiruya est un noble samurai.

Kohei rit, et fit servir des fruits.

– Alors, tu as passé le printemps chez les Dragons ? c’est hors du commun !
Riobe commanda à manger à son tour, et raconta ses péripéties dans les montagnes, puis son séjour au château de la Libellule.

Kohei approuva, puis, quand le repas fut fini, les deux hommes se levèrent, le ventre bien plein :

– Allons, partons pour les abords de la Cité Interdite ! C’est aoujourd’hui que nous connaîtrons le nouveau champion de l’Empereur, et que Hiruya-sama sera nommé magistrat d’Emeraude, et nous, ses assistants ! Teyandee ! Toutes nos familles sont déjà là !…

– Les deux finalistes entrent maintenant sur la piste, sous les ovations de leurs clans respectifs. Les tempêtueux Matsu -vous les entendez derrière nous- rugissent tous en choeur pour accueillir Matsu Agetoki, et menace de faire crouler toute leur tribune, tandis que les Dragons, d’ordinaires absolument silencieux en toutes circonstances, laissent entendre de petits applaudissements, et quelqu’uns se laissent même aller à siffler leur championne. Les Crabes soutiennent évidemment Matsu Agetoki, de même que les Licornes. Les Phénix et les Grues, à l’inverse, désirent voir Hitomi l’emporter contre le Lion. On devine les commentaires acides que les Scorpions réservent aux deux finalistes, et ce, malgré des rumeurs d’accord entre notre Impératrice et Mirumoto Hitomi -mais nous n’y reviendrons pas.

– Voilà donc, Rolan-san, une finale qui divise les opinions, et qui promet d’être très disputé. L’ambiance est lourde ici, à Otosan Uchi, et Dame Soleil ne se couvre pas d’un seul nuage au-dessus des participants.

– Voilà maintenant les deux adversaires qui vont s’agenouiller au pied de la tribune de l’Empereur, pendant que les hérauts des familles Miya, Otomo et Seppun se sont levés pour jeter trois poignées de riz béni. On a vu le héraut Miya demander le silence aux délégations supportant Matsu Agetoki, et les sourires entendus des Grues, se déclarant que cela est juste et que les Lions offensent le divin fils du Ciel par leurs éclats de voix.

– On a remarqué la présence, non loin de notre Empereur, de l’unique délégué du clan de la Mante, signe manifeste que Hantei XXXIX serait prêt à entendre les revendications du seigneur Yoritomo.

– Voilà, les deux finalistes ont prêté serment sur leur honneur, et rejoignent maintenant chacun leur place. C’est le grand silence maintenant. On entend plus que le cliquetis des armures des combattants. Les shugenja Kitsu et Agasha, après avoir béni leur champion respectifs, se sont retirés, ainsi que les moines, qui ont béni la piste. Ils ne sont maintenant plus que deux. Deux, et, comme on dit, il ne doit en rester qu’un.

– L’Empereur a baissé la main… Ça y’est ! le combat peut commencer !!…

– Oui, et il sera féroce parions-le !!…

– Tout de suite, Hitomi s’est mis en garde, katana pointé en haut, wakisashi en retrait, pointé vers le sol. La garde est parfaite, impénétrable. Face à elle, Agetoki a tiré son sabre, et avance posément vers elle.

– Quel suspens, ici à Otosan Uchi !… Hitomi exécute quelques gestes aux sabres, sans doute pour impressionner l’adversaire. Agetoki s’est arrêté à quelques pas, et trépigne à son tour, exécutant le célèbre cri de guerre, le haka du dojo Holblak. Impressionnant !

– Oui, et pourtant, Hitomi ne montre aucun signe d’émotion. Elle semble parfaitement en paix avec elle-même. Sa concentration est parfaitement réussie.

– Mais attention ! attaque soudain de Hitomi !

– Ohlala ! Agetoki, trop pressé de faire le foudre de guerre, ne l’a pas vue venir !

– Si ! parée ! de justesse… Contre-attaque violente du Lion ! Oh, il charge !

– Mais Hitomi est prête à le recevoir !……. Quel choc ! elle a refermé sa défense ! L’art du Nitten !…

– Agetoki revient à la charge, et rugit de plus belle ! quelle violence !

– Paré encore une fois ! Hitomi est impassible !… elle va-

– Ca y’est !… elle a frappé ! Agetoki saigne !

– C’est fini !

– C’est fini !… elle a gagné !

– Elle a gagné ! Agetoki est à genoux !

– Ohlala ! frappé au flanc ! il ne peut plus se relever !

– Ca y’est ! le juge lui fait signe ! Hitomi enlève son casque ! elle lève les bras, elle a gagné !

– Les Lions protestent déjà ! Les Dragons applaudissement même des deux mains !

– Les shugenja nous envoient le ralenti… Oui, regardez : elle a paré le coup d’Agetoki du wakisahi, et tout de suite, elle a contre-attaqué ! Le Lion n’avait aucune chance !

– Non, aucune !… Elle a gagné ! Fantastique ! En un éclair ! C’est parti très vite !…

– Du très beau Nitten ! ses Ancêtres là-haut peuvent être fiers d’elle ! et Togashi Yokuni, son champion, également !…

– En effet, en effet… Agetoki se retire vaincu… Ayayaye ! cruelle défaite pour les Lions, qui, on le sait, n’aiment pas perdre !…

– Tsuko, pour le coup, pourrait exiger son seppuku.

– Elle le pourrait, c’est certain. Nous en saurons plus d’ici peu mais avant ça-

– Attendez !… attendez ! que fait Hitomi ?… le juge relève la main. Il suspend sa décision ! Hitomi s’est arrêté au milieu de la piste… Elle reste interdite… que se passe t-il ?…

– Quoi ? ça alors ! Non, attendez, c’est très confus… Il ne conteste pas la victoire… Il dit…

– Ohlalalala ! Sensationnel !…

– Un nouveau participant entre en lice au dernier moment !

– Sensationnel ! inouï !

– Par Benten, un vrai coup de tonnerre !

– Regardez la tête que fait l’Impératrice ! Elle broie du noir ! elle voyait déjà Hitomi championne d’Emeraude, et là, c’est le drame pour elle.

– Et ce nouveau participant n’est autre que Kakita Toshimoko ! le senseï de l’école Kakita en personne !

– Et la délégation Grue !… elle va tout casser ! c’est le délire dans leurs rangs !

– Ils sont fous de joie ! on les comprend !

– C’est Toshimoko en personne qui va venir contester au dernier moment son titre à Hitomi !…

– Alors là, pour un coup de théâtre, c’est un sacré coup de théâtre !…

– Ohohoh ! vous parlez d’une histoire ! Imaginez un peu la tête que vont faire les Dragons si jamais Hitomi perd maintenant ! Ils vont l’avoir mauvaise, comme disait mon grand-père.

– Oui, mais votre grand-père n’a pas connu pareil événement, et ce n’est pas sûr que vos petits enfants en connaissent un pareil !

– Extraordinaire en tous cas !…

– Voilà Toshimoko ! Tonnerre d’applaudissements de la Grue !… Les Phénix sont consternés de ce subterfuge de dernière minute, les Scorpions meurent de rire en voyant la tête de la malheureuse Hitomo, qui s’y voyait déjà. Les Crabes et les Licornes, pas mécontents que le combat continuent, applaudissent très sportivement l’arrivée du sensei.

– Et voyez un peu la TÊTE que font les Lions !

– Pour le coup, ils seraient prêts à descendre sur le terrain pour tout faire annuler !

– Apparemment, le juge n’émet pas d’objection. Le combat aura bien lieu !

– Nous allons marquer une courte pause, et on se retrouve juste après, pour assister à ce combat qui promet d’être aussi exceptionnel qu’inattendu ! A tout de suite !

La foule innombrable des heimin massée aux abords de la Cité impriale avait attendu plusieurs jours de savoir le nom du nouveau champion d’Emeraude. Sévèrement encadrés par des samurai des légions impériales, ils formaient une mer compacte et bariolée.

Shinjo Kohei, monté sur son destrier, suivi de Riobe qui profitait de ce chemin ouvert devant lui, s’arrêta en arrivant en vue des hauts murs de la Cité où se déroulait le tournoi. Il sortit de sa besace un artefact venu des Sables Brûlants : une longue-vue. Il colla son oeil dessus, et fixa l’horizon.

– Vous voyez quelque chose, Kohei-san ?

– Haha ! dit Kohei, je vois de la fumée blanche sortir de la cheminée ! Ca y’est ! nous avons un champion !

Et déjà, comme un tremblement terre, la nouvelle se répandait de proche en proche, à l’allure du vent. Le peuple acclamait déjà le nouveau champion d’Emeraude, sans même encore connaître son nom.
Kohei-san et Riobe, malgré les autorisations du premier, eurent bien du mal à approcher. Ce n’est qu’au crépuscule qu’ils purent atteindre la grande maison du magistrat Miya Katsu, où les attendaient déjà nos autres héros et toute leur famille. On savait maintenant que Hitomi avait été battue, et que le successeur de Doji Satsume était bel et bien le sensei Kakita Toshimoko.

On disait que l’Impératrice était furieuse, de même que les Lions. En ce premier jour de l’été, il faisait déjà très chaud, et plus chaud encore dans les têtes des samurai de tout l’Empire !


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