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A l’Aune du monde

Asako Noburo tenta d’esquiver au dernier moment la flèche mais celle-ci lui perfora l’abdomen et il sentit sa pointe gratter la colonne vertébrale avant de s’immobiliser. Ça ne devait pas se passer comme ça, pensa dans un éclair l’Inquisiteur. La douleur était moins forte qu’il ne l’aurait cru, mais il sentit ses jambes se dérober sous lui et, alors que le vertige causé probablement par du poison sur l’arme le faisait s’affaisser sur lui-même, une partie curieusement détachée de son esprit ne put s’empêcher de considérer tout cela comme absurde. Il se retrouva à genoux et, malgré ses efforts, il ne put redresser la tête. Il devait se contenter des bruits du combat autour de lui tandis que ses yeux ne parvenaient pas à quitter le flot de sang qui jaillissait de la blessure et se répandait sur ses genoux tremblants. Il songea un instant à retirer la flèche qui le narguait mais cette part de son esprit qui semblait observer les évènements avec une imperturbable sérénité lui souffla que cela serait une mauvaise idée. Il était fichu et, à tout prendre, autant se dispenser d’une flambée de douleur crucifiante qui n’abrégerait même pas des souffrances somme toute relatives. A moins que l’envie de vivre ne le fasse à ce point déraisonner ? Des cris qui devenaient de plus en plus étranges autour de lui, le flot de sang qui parfois semblait rentrer dans son corps au lieu d’en sortir. Des lumières, des odeurs étranges…

Je suis en train d’halluciner, et une partie de lui-même lui sourit d’un air complice. Il tenta une fois encore de se raccrocher à la réalité, de se concentrer sur la flèche et sur sa blessure, mais il n’y parvenait pas. Le présent, le passé, le futur et l’inexistant se mélangeaient sans cesse, ricochaient et se relançaient l’un l’autre dans son crâne.

Une brève douleur aiguë le rappela un moment à lui-même et il entendit à nouveau clairement le bruit du combat entre son groupe allié aux tsukai-sagasu et la caravane de maho-tsukai. Mais sa tête demeurait obstinément baissée, comme pour que ses yeux ne quittent pas du regard la flèche qui marquait la fin de sa route. Et sa mémoire se libéra. En un éclair il parcourut les avenues de son existence passée avant que le flot de souvenirs ne ralentisse et ne le ramène aux causes de sa perte.

Ces mois d’enquête patiente à la recherche du groupe de sorciers corrompus qui distribuaient discrètement de l’obsidienne souillée dans tout le sud de l’Empire. Plaçant discrètement des fragments de corruption parmi les ballots de riz, les tonneaux de poisson ou les chargements d’acier acheminés vers le Mur des Bâtisseurs. Ils avaient déjà subi des pertes à Sunda Mizu Mura la nuit dernière, lorsque les Inquisiteurs avaient mené leur assaut sur l’entrepôt des maho-tsukai pour y faire deux découvertes inattendues. En premier lieu, les traîtres étaient en train de vider l’entrepôt. Comme si quelqu’un d’autre était à leur poursuite et qu’ils voulaient effacer leurs traces. En second lieu, le quelqu’un en question qui lançait lui aussi ce soir là son attaque s’avéra être un groupe de tsukai-sagasu du clan du Crabe. Face à ces deux forces, le maho-tsukai et ses sbires n’avaient eu aucune chance, malgré le fait qu’ils avaient disposé de plusieurs zombies à leur service.

Noburo et le chef des Kuni n’avaient guère apprécié d’apprendre que leurs deux groupes s’occupaient en fait d’une même affaire abordée par deux bouts opposés. Mais il fallait cependant faire cause commune le temps de trouver les derniers maho-tsukai en fuite. Le réseau était vaste, implanté à Jukami Mura, Sunda Mizu Mura, sur les terres de l’Alliance Tripartite et sans doute même celles du Scorpion. Avec des agents bien placés chez les Asahina et les Yasuki. Certainement la plus grosse affaire de la carrière d’Asako Noburo qui avait passé près de vingt ans à traquer sans relâche les pratiquants des arts interdits.

Son groupe comptait deux autres Inquisiteurs et trois bushi de la famille Shiba lorsqu’ils étaient arrivés à Jukami Mura. Et lorsque quelques instants plus tôt ils avaient lancé l’attaque contre la caravane qu’ils avaient poursuivie vers Kyuden Hida à bride abattue avec les tsukai-sagasu, il ne restait plus que lui, son apprenti et un des bushi. Trois samurai du Phénix et quatre Chasseurs de Sorciers contre une caravane comptant deux fois plus de mercenaires et au moins un maho-tsukai.

Rétrospectivement, Noburo se demanda comment il avait pu se montrer assez stupide pour accepter d’attaquer un groupe supérieur en nombre qui se savait poursuivi. Ils auraient du se contenter de les suivre à distance, pour s’assurer qu’ils ne disparaissaient pas dans la nature, et d’obtenir des renforts de Kyuden Hida afin de neutraliser la caravane sans coup férir. Mais les tsukai-sagasu, maudits soient-ils, ne l’entendaient pas ainsi. Et après ces semaines d’investigation, après la mort courageuse de plusieurs samurai du Phénix bien loin de leurs terres natales, Noburo n’avait plus guère de patience non plus.
Le désir de vengeance m’a consumé. Et je vais mourir… comme un idiot.

Douleur. Un coup sur son visage.

Dans un sursaut, il parvint à relever la tête alors qu’une agonie déchirante naissait dans son abdomen transpercé. Il sentit la blessure s’ouvrir encore davantage et le flot de sang qui le vidait de sa vie grandir.
Il ne reconnut pas l’homme devant lui, sa vue était si trouble… mais il vit la lame se dresser vers le ciel pour s’abattre et il comprit que sa vie allait se terminer encore plus vite qu’il ne le croyait.

Il cligna des paupières, tentant de chasser la sueur glacée. Pourquoi était-il encore vivant ?

L’homme était toujours là mais sa main ne brandissait plus l’épée qui devait le mettre à mort. Il plissa les paupières et se demanda comment l’autre comptait le tuer sans le voir, puisqu’il n’avait pas de tête.
Il comprit alors que le corps s’effondrait devant lui, révélant une autre silhouette qui, dans son agonie, lui semblait faite de flammes et de sang.

« Noburo-sama. »

La voix de celui qui se penchait vers lui fut comme un baume frais, un recoin d’ombre accueillant après une longue marche sous le soleil caniculaire. Il ferma les yeux un instant avant de les rouvrir.

La silhouette de sang et de feu se révéla porter les couleurs de son propre clan. Et s’il avait eu un doute sur l’identité de l’homme qui était maintenant agenouillé près de lui et le soutenait, l’œil gauche décoloré au regard étrange était inimitable.

« Sh… Shingen.
– Hai », répondit le bushi de la famille Shiba, de sa voix dont Noburo s’était souvent demandé comment elle pouvait être à la fois si calme et si concentrée.

Un peu tard pour s’occuper d’un homme qui a été comme un élément du paysage pendant… pendant…

« Combien ?
– Noburo-sama ?
– Combien d’années ? »

Le regard étrange de Shingen trahit un instant sa perplexité puis, par cette harmonie mystérieuse qui unit souvent ceux qui vont mourir aux autres vivants, il comprit.

« Seize ans, seigneur. Je vous suis depuis seize ans. »

Seize ans… Etait-ce possible ? Seize ans sur les routes avec cet homme qu’il n’avait jamais vraiment regardé. Auquel il n’avait jamais vraiment parlé. Cet homme qu’il avait côtoyé plus longtemps et plus souvent que ses propres parents, son épouse, ses enfants eux-mêmes, et sur lequel il ignorerait à jamais tant de choses… Cet homme qui était le seul auprès de lui alors qu’il était en train de mourir.

Asako Noburo aurait secoué la tête de consternation s’il en avait eu la force. Comment avait-il pu s’éloigner à ce point de ce que son propre père lui avait dit quand il n’était qu’un garçonnet dont les affinités envers les kami étaient encore ignorées ?

La Voie de l’Homme… Mais quand on est un samurai bouffi d’orgueil, quand on est un Inquisiteur qui redoute même la trahison de son ombre… était-on encore vraiment un homme ?

« Comme je regrette… »

Shiba Shingen ouvrit la bouche mais préféra se taire. L’Inquisiteur qu’il avait servi fidèlement durant presque toute sa vie adulte allait mourir d’un instant à l’autre et à défaut de pouvoir le sauver, il était au moins possible de lui laisser disposer de ses derniers instants à sa guise.

« Shingen…
– Hai.
– Shingen… étais-je… un… un homme ? »

Le silence. Etait-il mort ? Non, cela serait trop injuste. Il devait savoir…

« Shingen !
– Vous étiez un homme, Noburo-sama. Un homme que j’ai été fier de suivre. Et vous allez bientôt être tel le monde lui-même. »

Mais Asako Noburo n’écoutait plus. Doucement, la voix du fidèle bushi se faisait indistincte mais ses harmoniques semblaient porter l’âme bien fatiguée de l’Inquisiteur. Le porter vers… vers… Il se demandait encore vers quoi au juste lorsque la mort lui ferma doucement les yeux de sa fraîche caresse.

Shiba Shingen se releva à grand-peine, serrant les dents et plissant les yeux pour ne pas gémir. Il recula de quelques pas douloureux et inclina la tête en une prière silencieuse. Une prière qu’il n’eut pas le temps de commencer avant qu’un raclement de gorge ne l’interrompe. Kuni Saeko aurait pu avoir une certaine beauté discrète en d’autres circonstances, mais pas dans son armure lardée de coups et de marques sanglantes. Pas avec ce regard glacé et méprisant qu’elle posa un instant sur le cadavre d’Asako Noburo avant de le fixer sur le seul survivant des Phénix qui avaient combattu aux côtés de son groupe.
La jeune femme prit appui sur sa lance et se campa bien droit face au bushi blessé.

« Nous n’avons pas le temps pour ça, Shiba. Il nous faut retourner à Sunda Mizu Mura. Un shugenja de ma famille doit examiner nos blessures. Plusieurs de leurs armes étaient recouvertes de quelque chose qui était peut-être du poison… ou peut-être pas. »

Il ne répondit rien mais inclina brièvement la tête pour signifier son assentiment avant de s’avancer vers elle. Saeko fronça les sourcils, ce qui fit s’arrêter l’homme à l’œil blanc.

« Quoi ?
– Rien… »

Tous deux rejoignirent Kuni Tenken et Kuni Kobo, les deux autres tsukai-sagasu survivants en train d’inspecter la caravane. Shingen promena son regard sur les environs, notant la douzaine de cadavres encore chauds qui comptaient le dernier chasseur de sorciers ainsi que l’apprenti de Noburo. Aux alentours immédiats de la scène de carnage, personne sur la route normalement très fréquentée. Les gens s’étaient enfuis à toutes jambes dès le début de l’affrontement, mais il ne faisait aucun doute que des guerriers Hida n’allaient pas tarder à arriver. Si nous avions pris le temps de nous arrêter au dernier poste de garde, certains d’entres eux seraient déjà ici et auraient attaqué les sorciers avec nous, songea Saeko mais elle se garda bien de dire à haute voix ce qu’elle pensait des décisions de Tenken. Celui-ci interrompit sa fouille un instant et dévisagea la jeune femme ainsi que le samurai du Phénix. Le mépris dans son regard aurait fait passer celui de Saeko pour compatissant en comparaison et, comme à l’accoutumée, elle se sentit vulnérable et sans force devant l’homme qui l’avait recrutée, entraînée, guidée.

« Saeko-chan. Nous allons rester ici et tu accompagneras le samurai Shiba jusqu’à Sunda Mizu Mura. Si tu rencontres une patrouille, dis-leur ce qui a eu lieu et demande leur d’envoyer un cavalier rapide chercher un shugenja digne de ce nom. J’ai déjà trouvé trois morceaux d’obsidienne qui puent la corruption sans faire d’efforts. »

Elle inclina la tête avec respect et se retourna vers le bushi du Phénix, faisant mine d’ignorer le regard moqueur dont la gratifia Kobo qui ne ratait jamais une occasion de la déprécier devant leur maître.

« Vous pouvez marcher, Shiba-san ? »
Il eut un pâle sourire.
« Si nécessaire, je peux même courir… Mais seulement si nous n’avons pas le choix. »

Une réponse honnête. Elle haussa les épaules et lui fit signe de la main de la suivre. Ils n’eurent pas à marcher très loin puisque plusieurs chevaux étaient encore vivants et, une fois calmées, les bêtes qui n’étaient pas habituées à des déchaînements de magie noire acceptèrent volontiers de les porter loin du carnage. Ils chevauchèrent pendant un moment avant de croiser à nouveau des voyageurs, mais les gens avaient pour la plupart décidé de s’arrêter en attendant des nouvelles et ils ne prirent pas la peine de répondre à leurs questions. Saeko ne s’arrêta que lorsqu’ils croisèrent une patrouille et, après avoir relaté ce qui s’était passé d’une manière concise, ils reprirent la route. Lorsqu’ils arrivèrent au village qu’ils avaient dépassé en début d’après-midi durant la poursuite, elle se résolut à lui poser une question qui la travaillait depuis leur départ.

« Shingen-san. Que regrettait-il ?
– Mmm… »

Il avait l’air absent et elle comprit que sa blessure était plus douloureuse qu’il ne voulait l’admettre. Phénix ou Crabe, peut-être que tous les samurai avaient quelque chose en commun après tout ?

« Votre Inquisiteur, que regrettait-il ?
– Il regrettait de ne pas savoir s’il avait quelque chose à regretter avant de partir. »

Elle réfléchit un instant. Evidemment, ces planqués dans leurs montagnes n’avaient rien de mieux à foutre que de se payer la tête des autres avec leur sagesse factice.

« Et pour les idiotes illettrées dans mon genre, vous pourriez faire une version plus compréhensible ? »

Il la dévisagea avec surprise avant de sourire.

« Pardonnez-moi, Saeko-san. Je ne voulais pas être pédant. »

Elle ne répondit rien mais s’en voulut un peu lorsqu’elle vit que la douleur s’était réveillée alors qu’il descendait du cheval.

« Vous allez bien, Shiba-san ?
– Aussi bien que possible. Pour répondre à votre question…
– Plus tard. »

Il haussa les épaules.

« Maintenant, plus tard… ça ne change rien. Asako Noburo-sama avait besoin de quelqu’un qui le soutienne dans ses derniers instants. J’étais là et il y a tellement de samurai qui meurent sans avoir personne pour les accompagner durant leurs derniers instants… »

Elle grogna de mépris.

« Une compassion déplacée, Phénix. »

Curieusement, il faillit éclater de rire.

« Vraiment ? Donc vous, contrairement à vos cousins Hida qui surmontent leurs propres faiblesses et combattent sans faillir, vous êtes à l’abri du doute. Vous ne connaissez pas le regret, vous n’avez besoin de personne. »

Elle ouvrit la bouche mais jugea plus judicieux de se taire car la colère macérait en elle.
Quel idiot !

« Vous n’avez jamais besoin que quelqu’un vous rappelle que vos sacrifices servent à quelque chose. Vous êtes certaine de la valeur de chacun de vos actes, vous n’avez pas de questions, pas d’hésitations… et personne n’aura jamais à tirer leçon de votre vie si parfaite puisqu’elle sera comme un joyau impossible.
– Mais… Espèce de…
– Allez-y. Tuez-moi, Saeko-san. Montrez-moi que la colère et la soif de sang au moins vous sont familières. »

Elle comprit qu’elle se laissait entraîner sur un terrain dangereux. Mais que cherchait-il ?

« Comme dirait la dame Asako, une vertu qui n’est pas mise à l’épreuve n’en est pas une, n’est-ce pas Saeko-san ? »

Elle ne sut quoi répondre. Il se tenait blessé et sanguinolent auprès d’elle, devant cette petite auberge, et les gens passaient en les regardant du coin de l’œil d’un air perplexe. La scène était vraiment surréaliste.

« Vous ne comprenez pas, Kuni Saeko-san. Si nous n’avions jamais la moindre faiblesse, alors nous n’aurions aucun mérite. C’est en dépassant nos limites que nous découvrons vraiment qui nous sommes. Ce que nous sommes.
– Ce que nous sommes ?
– Nous sommes comme le monde. Savez-vous comment est le monde ? »

Elle réfléchit et devina une partie des implications de leur conversation.

« Vous vouliez me tester. Pas me provoquer. »

Il approuva en silence. Elle ne comprenait pas cet homme qui perdait ainsi son temps alors que sa blessure continuait à le faire souffrir.

« Pourquoi ? »

Et il sut apparemment saisir toutes les nuances de sa question.

« Pour que la mort de mon maître nous serve à quelque chose. Peut-être saura-t-il tirer les enseignements de cette vie dans la prochaine… Ou peut-être pas. Mais cela, c’est son affaire. La nôtre est de donner un sens à cette mort. De donner un sens à sa vie. Et donc de donner un sens au monde.
– Au monde ?
– Je vous l’ai dit, nous sommes comme le monde. »

Il détourna les yeux et d’un simple geste de la main, il évoqua pour elle tout ce qui les entourait. Ramenant ensuite l’univers à eux deux, devant cette auberge près de la route. Alors elle comprit.

« Si nous perdons le sens de ce que nous faisons, nous échouons. C’est bien cela ? C’est nous qui donnons leur sens aux choses. C’est ce qui fait la différence entre le lâche et le valeureux, entre celui qui cède à la corruption et celui qui refuse de se laisser séduire… entre nous et ceux qui vivent de l’autre côté du mur…
– Oui. »

Étonnant… Mais alors…

« Alors, vous me dites que le bushido, que le courage, que l’honneur ne servent à rien ?
– Non. Je vous dis que si nous ne leur donnons pas un sens, ils n’en ont aucun. Les animaux, les plantes, les nuages se passent tout à fait de courage, d’honneur et de bushido n’est ce pas ? Et bien des hommes font de même…
– Mais nous sommes samurai.
– Hai. Asako Noburo aussi était samurai.
– Vous pensez qu’il avait besoin de votre présence ? Vous avez regardé son agonie et dans cet instant de faiblesse il a dit ce qu’il n’aurait jamais du dire. Vous l’avez poussé au déshonneur et maintenant, vous dites que sa mort était inutile.
– Vraiment ?
– Oui.
– Vous préféreriez mourir seule ou aux côtés d’un ami, Saeko-san ? »

Elle n’avait pas de réponse.

« Sa mort n’était pas inutile. Mais il lui fallait en être certain pour pouvoir renoncer à ses rêves, à ses illusions. Et partir sereinement. Commencer la route vers sa prochaine vie en ressentant la nature réelle des choses.
– La nature réelle des choses ?
– Oui. Nos vies sont comme le monde. Elles ne sont pas qu’honneur et courage, bushido et vertu. Elles sont aussi sacrifices, doutes, renoncements, échecs. Mais nous devons cependant aller de l’avant et pour aller de l’avant, quand le courage vous fait défaut, quand la vie elle-même vous abandonne… »

Alors elle comprit. Elle aussi avait lu le Tao après tout.

« Il faut aller en paix. Laisser les doutes et les illusions derrière soi. Accepter de mourir pour mieux revivre.
– Exactement. Nous sommes à l’image de ce qui nous entoure. Nos vies sont comme le monde. Même si nous nous efforçons de l’oublier, à la fin, il est indéniable qu’il en a toujours été ainsi. »

Elle hocha la tête et elle devina ses prochains mots alors qu’il les prononçait.

« Le monde est vide », énonça Shiba Shingen.


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