Chargement...

La vie d’un samurai

Naissance

Naître samurai implique d’avoir des parents de cette caste qui vous reconnaissent comme leur enfant. De même, il est tout à fait possible si l’on a pour mère une concubine heimin de se voir reconnaître comme l’héritier de son père par celui-ci. La filiation par le sang est importante mais celle par le nom l’est tout autant. Il y a des centaines de milliers de samurai qui portent le nom de héros célèbres mais une infime minorité leur est liée par le sang. Les autres considèrent cependant que ce nom qui leur est offert doit être respecté et « rendu avec honneur » aux ancêtres qui vous l’ont confié.

Evidemment, lorsque l’on est un enfant adopté, la filiation a beau être légale, elle est plus aisément contestable par les gens suffisamment puissants que lorsqu’on est bien l’enfant de ses parents par le sang. Et il y a toujours un infime stigmate à se voir désigner comme héritier d’un homme avec lequel on n’a pas de lien direct plutôt que lorsque l’on a dans ses veines le sang même de ses ancêtres. Cependant, ces questions sont surtout affaire de préjugés et n’entrent que rarement en ligne de compte. Le cas le plus simple et le plus commun prime : vous êtes samurai parce que vos parents l’étaient, qu’ils soient vos véritables parents ou vous aient adoptés. Leurs ancêtres deviennent les vôtres. Par extension, un ronin qui se voit autorisé à entrer dans un clan devient légalement un samurai au même titre que son voisin dont la famille a servi le même seigneur depuis huit générations. Le reste n’a rien à voir avec la loi…

Les enfants qui naissent avec une chevelure blanche sont rares et considérés comme ayant des aptitudes innées remarquables envers la magie. Ce type de naissance peu fréquente l’est encore davantage en dehors des clans du Phénix ou de la Grue. D’autres stigmates sont plus douteux aux yeux des rokugani. Naitre avec un pied bot est synonyme de malchance puisque l’enfant a vu son pied « tordu dans la gueule de Fu Leng ». De même , les albinos sensibles à la lumière du soleil et à la peau pâle sont considérés comme « bénis » par le Seigneur Lune Onnotangu, ce qui est une attention dont la plupart des gens se passeraient bien. Les yeux vairons ou les tâches de naissance sont souvent perçus comme des signes de malchance mineurs mais certains clans ont également d’autres superstitions concernant des couleurs d’yeux plus exotiques comme le bleu, le gris ou le vert. De tels yeux sont plutôt rares mais l’on sait que Dame Doji avait des yeux bleus et l’on pense que ses frères Bayushi et Shiba avaient peut-être les yeux verts.

Enfance

A Rokugan, il n’y a pas de notion d’adolescence au sens occidental du terme. On est soit un enfant, soit un adulte. Sur le plan légal, un enfant porte le nom que lui ont choisi ses parents jusqu’à devenir un adulte, moment ou il se choisit un patronyme. Le choix du nom d’adulte relève d’une multitude de facteurs, selon que l’on veut annoncer ainsi quel genre d’homme on sera, quel genre de défunts on souhaite honorer ou sur quel exemple dans l’histoire on s’appuie pour aller de l’avant.

L’enfance typique d’un samurai est relativement oisive jusqu’aux environ de 7 ans. C’est à cet âge que l’on commence vraiment à l’éduquer en vue de sa vie future. C’est également durant cette période que l’on envoie l’enfant auprès d’un sensei si on le destine à une carrière de bushi, de shugenja ou de courtisan par exemple. La formation initiale dure de six à huit années durant lesquelles l’enfant aura plus ou moins d’occasions de rentrer chez lui selon l’éloignement de sa famille et la nature de son éducation. Bien évidemment, les samurai les plus aisés et influents peuvent conserver leurs enfants chez eux et les faire éduquer à domicile…

Non seulement les choix éducatifs d’un enfant sont faits par ses parents mais il en va de même pour son avenir matrimonial comme nous allons le voir plus loin.

Lorsque ses parents et/ou ses maîtres estiment l’enfant assez mûr (entre 13 et 16 ans généralement), il se voit autoriser à participer au gempukku, la cérémonie de passage à l’âge adulte.

Gempukku

Chaque clan possède ses propres traditions en la matière et celles-ci sont encore modelées par chaque famille et dans une certaine mesure par l’école auprès de laquelle le nouvel adulte a reçu sa formation.

Toutes les cérémonies de gempukku, qu’elles soient privées ou publiques, grandes ou modestes, banales ou dangereuses, pompeuses ou informelles ont les mêmes conséquences sur le plan social.

L’enfant qui accomplit son gempukku est désormais un adulte. Il prend définitivement son nom de famille, choisit son prénom définitif et peut désormais vivre, servir et mourir comme n’importe quel autre samurai. Si certains samurai plus âgés se montrent parfois plus tolérants ou paternels envers leurs cadets, la coutume ne fait 1 aucune différence à cet égard entre le novice et le vétéran. Chaque samurai est pleinement responsable de son honneur et du nom qu’il porte.

Mariage

La plupart des mariages sont arrangés dés l’enfance des futurs conjoints, pour diverses raisons qui sont essentiellement politiques : montrer son soutien ou son estime envers la famille du futur conjoint, ouvrir des négociations, faire un geste symbolique, apaiser un litige, prendre une option pour une future alliance, etc…

De telles fiançailles peuvent être rompues mais la plupart du temps, ça n’est pas le cas. Les deux familles passent presque toujours par un intermédiaire neutre, un samurai réputé pour son talent dans ce domaine. C’est l’intermédiaire qui arrange la plupart des détails du mariage avec l’accord des familles, depuis les arrangements cérémonieux jusqu’aux engagements mutuels pris par les deux familles à l’occasion de ce mariage. Indépendamment des considérations politiques du moment, on considère les intermédiaires de la famille Doji du Clan de la Grue comme les plus talentueux.

Des « rencontres spontanées » sont souvent arrangées entre les deux fiancés, parfois à leur insu, afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’incompatibilité majeure à leur union, ce qui est plutôt rare car chaque enfant est éduqué dans la perspective de ne pas faire honte à sa famille.

L’amour a peu de place dans la caste samurai. On exalte ce sentiment pour des raisons artistiques ou lorsqu’il entre en conflit avec l’honneur d’un samurai qui doit choisir son devoir en dépit de ses sentiments. Ce genre de choix douloureux est glorifié à Rokugan alors que l’individu trop attaché à ses sentiments égoïstes sera souvent méprisé, décrié ou cité en exemple tragique de ce qu’il ne faut pas faire. Les histoires d’amour malheureuses (surtout si elles ont une dimension épique) sont un puissant outil de conditionnement social…

Il existe diverses « tolérances » et soupapes de sécurité dans ce domaine mais nous en reparlerons ultérieurement. Un garçon est mariable dés l’âge de 15 ans et une fille à partir de 13 ans. Il arrive assez fréquemment que le mariage soit célébré juste après le gempukku des deux époux.

Demeurer célibataire est assez mal vu bien que l’on tolère qu’un samurai demeure seul s’il fait vœu de chasteté ou déclare publiquement se vouer exclusivement à un aspect particulier de son devoir envers son suzerain. Il existe donc un certain nombre de guerriers réputés qui n’ont pas pris épouse et n’ont comme enfants que les élèves de leurs anciens camarades ou d’artistes remarquables qui honorent leur suzerain et protecteur en se vouant uniquement à leur activité créatrice par exemple…

Du point de vue rôliste, votre mj définira avec vous dans quelle mesure être marié dés la création du personnage est un aspect obligatoire, recommandé ou facultatif dans sa campagne.

Les jeunes gens que l’on laisse libres d’engagement le sont généralement soit parce que leur famille n’offre guère d’intérêt politique, soit parce que l’on souhaite une union particulièrement importante et qu’aucune occasion ne s’est présentée jusque là. Même adulte, un samurai reste soumis aux désirs de ses parents ou de son seigneur dans le domaine du mariage et peut tout à fait se voir ordonner d’épouser un conjoint qu’il n’avait jamais rencontré.

Vie Familiale

Dans le schéma marital classique, les deux époux ont chacun une sphère d’activités et d’obligations distincte de l’autre. En dehors des accouplements permettant de produire des héritiers et des occasions sociales ou le couple doit apparaître uni, il n’est même pas nécessaire que les deux époux partagent la même chambre ou s’adressent la parole autrement que de manière formelle. Les signes d’affection trop ostentatoires (se prendre la main en public par exemple) sont poliment ignorés par les autres et souvent assez mal vus. Il existe une curieuse ambiguïté qui fait que les sujets d’un seigneur peuvent être à la fois discrètement fiers du fait qu’il semble heureux avec son épouse alors que dans le même temps on le plaindra pour cet attachement qui pourrait se dresser entre lui et son devoir.

Les enfants sont souvent confiés à des domestiques ou des précepteurs sous la direction de leur mère. La tutelle paternelle est souvent plus distante, surtout si le père exerce des responsabilités. C’est également l’épouse qui reçoit le salaire du samurai et règle toutes les dépenses. Dans les milieux modestes de la caste samurai, elle peut également devoir coudre, cuisiner ou faire la lessive assistée d’un serviteur alors que les familles plus aisées préfèrent laisser cela aux domestiques et accordent à leurs femmes une vie faite de lectures distrayantes et de pratique des « arts domestiques » (la poésie, la musique, l’arrangement floral, le thé…) qui pourront embellir la demeure du samurai et amuser ses hôtes. L’épouse y est alors bien plus une gestionnaire.

L’époux quant à lui est accaparé par ses devoirs (administratifs, militaires, politiques…) et ne se détend généralement que dans l’intimité de sa demeure ou dans les établissements des Quartiers Réservés ou l’on trouve théâtres kabuki, baraques foraines et surtout tavernes et maisons de geisha.

Guerre

Même si certaines familles extrêmement pacifistes la voient comme un devoir pénible, la guerre est en majorité perçue comme source de gloire et d’honneur indépendamment des avantages plus prosaïques qu’elle peut permettre d’obtenir. Il n’y a pas une année depuis l’aube de l’Empire ou deux groupes de guerriers ne se soient 2 affrontés sur le champ de bataille, même si les conflits qui ont embrasé des clans entiers sont rares et qu’aucune guerre ne fut aussi totale que celle qui impliqua les fondateurs de l’Empire contre le Sombre Seigneur il y a plus de mille années.

La guerre s’accompagne d’opportunités pour nombre de samurai de voir leur renommée personnelle s’accroitre. Notamment en affrontant un adversaire prestigieux et en ramenant sa tête ou son mon personnel. C’est le clan du Lion qui inventa cette coutume qui veut que l’on se rende à la bataille avec un sac spécial rendu imperméable dans lequel on pourra mettre la tête d’un ennemi vaincu à la loyale. Celle-ci sera alors peignée et exposée quelques temps avant d’être incinérée ou rendue à la famille du défunt. L’honneur commande que l’on soit fier de ses prouesses guerrières. Dans la plupart des batailles rangées, on assiste à une phase préléminaire au combat des eux armées. Durant cette phase, un certain nombre de samurai des deux camps s’avancent et se présentent en criant à pleins poumons leurs exploits afin d’intimider l’ennemi ou d’amener ses meilleurs guerriers à s’avancer à leur tour. Une fois cette phase terminée ou si aucun guerrier ne désire s’avancer pour défier ceux du campa adverse, la bataille proprement dite peut commencer. Dans la mélée générale, les défis et duels sont moins fréquents en raison du bruit et du chaos ambiants mais les occasions de s’illustrer ne manquent pas.

Il est à noter que les rokugani n’aiment pas le contact de la chair morte et que si le sang et la mort sont honorables au combat, les guerriers veillent à se faire purifier et se lavent à grande eau après l’affrontement dés qu’ils en ont l’occasion. Manipuler un cadavre ou désosser un animal mort pour la table sont des actes impurs à peine moins indignes que de vider une fosse d’aisance. De telles besognes sont laissées aux eta. Les samurai prennent grand soin de leurs sabres et font entretenir leurs armures afin que la souillure du sang ne les marque pas. Il est également courant que l’on porte avec soi une feuille de papier ou un carré de tissu pour essuyer le sang de son katana avant de le ranger ou que l’on procède avec la lame au mouvement tournant du shiburi qui permet de projeter au sol la majeure partie du sang « récolté » tout en rengainant l’épée.

Vengeance

L’aîné d’une famille hérite souvent du daisho de son grand-père alors que ses frères plus jeunes doivent se contenter de sabre moins prestigieux forgés pour eux (ou offerts par la veuve d’un oncle sans enfant) et qu’il leur appartiendra de transmettre à leur descendance. Toute offense faite à l’épée d’un samurai est une offense faite au samurai lui-même ainsi qu’à ses ancêtres dont les mânes sont censées habiter l’épée ou se manifester à travers elle. D’une manière plus générale, traiter avec mépris la dépouille d’un ennemi tombé au combat ou le tuer de manière humiliante est un excellent moyen de s’attirer la haine de sa famille. Certaines haines sont séculaires ou ont provoqué la disparition totale de nombreuses familles. Selon le statut des personnes impliquées, la vengeance peut ne concerner que deux individus, leurs familles directes ou tout leur clan. Si nombre de conflits militaires ont pour objectif des questions d’ordre stratégique, des affrontements plus localisés pour des questions d’honneur et de vengeance sont bien plus fréquents. De tels affrontements sont même possibles au sein d’un même clan bien que rarement tolérés ou admis s’ils ne dépassent pas une bataille symbolique ou la mort d’un des deux seigneurs impliqués. Cependant le droit à la vengeance est inhérent à la vie du samurai puisqu’il relève de l’honneur, une des vertus du bushido au même titre que l’obéissance. Rares sont les seigneurs qui souhaitent que les familles de leurs vassaux s’impliquent dans des haines sur plusieurs générations mais cela est souvent inévitable et si la permission officielle de son suzerain est nécessaire pour tout duel d’honneur ou bataille justifiée par la vengeance, il y a parfois des gens qui n’hésitent pas à aller droit au billot d’exécution parce qu’ils savaient bien qu’on leur aurait interdit une vengeance qu’ils ont accompli d’eux-mêmes.

Retraite

Dés qu’il atteint quarante ans, un samurai peut se retirer du monde et rejoindre un monastère. C’est la retraite ou Inkyo. On peut aussi lui demander de bien vouloir attendre quelques années car son talent ou son esprit manqueraient trop cruellement à son seigneur s’il disparaissait sur le champ. Une telle demande est vue comme une marque de respect envers le quadragénaire. Par convention, un samurai peut demander sa mise à la retraite ou elle peut lui être proposée à n’importe quel moment après ses quarante ans. Il est très malséant d’insister pour obtenir le droit de se retirer du monde ou de refuser sans raison valable une « proposition » d’inkyo.

Rares sont les samurai qui demeurent encore dans leur clan passé soixante ans. La plupart ont à cet âge une santé nettement déclinante et leurs propres enfants qui devraient certainement leur succéder sont souvent eux-mêmes proches de la quarantaine… Bien que les rokugani vouent un grand respect à leurs aînés, on apprécie très peu les vieillards visiblement trop âgés pour continuer à exercer leurs responsabilités et qui renâclent à quitter leur caste pour laisser la place aux plus jeunes. Surtout s’ils ne peuvent arguer d’impératifs qui justifieraient leur maintien à leur poste. On peut alors leur ordonner d’entrer dans les ordres à leur corps défendant.

S’attacher à sa position de samurai passé la cinquantaine est presque toujours perçu comme une marque d’égoïsme ou d’orgueil. Certains clans comme celui du Crabe ou des clans de petite taille manquent cruellement de ressources humaines et retardent souvent autant que possible la retraite de leurs samurai, quitte à les faire demeurer indéfiniment dans une situation de « conseillers spéciaux » ou de sensei. Il y a toujours des exceptions mais à moins d’être un seigneur particulièrement influent ou d’avoir une réputation incroyable, c’est plutôt rare. A 3 l’époque actuelle, des guerriers comme Hida Kisada (le « grand ours », champion du Crabe et dont l’âge dépasse la cinquantaine) ou Kakita Toshimoko (maitre de l’Académie d’Escrime et considéré comme le plus grand duelliste vivant malgré le fait qu’il ait dépassé les soixante ans) sont véritablement des cas à part. Si théoriquement on peut prétendre à l’inkyo dés quarante ans, il est peu fréquent qu’on soit encore samurai passé la cinquantaine et très rare qu’on atteigne soixante ans sans devoir se retirer du monde. Les véritables vieillards qui sont encore samurai sont souvent perçus comme des légendes vivantes tant leurs compétences doivent être exceptionnelles pour qu’ils demeurent aussi longtemps au service de leur seigneur.

Le veuvage, quel que soit l’âge de la veuve, est aussi pour les femmes une occasion de quitter la vie de samurai pour embrasser celle de nonne. Ce genre de sortie est souvent proposée dans le cas de veuves qui ont déjà donné un ou plusieurs héritiers à la famille et dont la présence pose de délicats problèmes politiques… mais certaines entrent également dans les ordres alors qu’elles sont encore jeunes car elles ne souhaitent pas se remarier et savent pouvoir se retirer avec honneur puisqu’elles ont accompli leur devoir d’épouse et de mère.

La retraite et l’entrée dans les ordres sont considérés comme la libération du samurai : il rompt tout lien avec sa vie antérieure, change de nom, change de vie et peut désormais se consacrer à sa propre quête spirituelle sans plus avoir à brider son âme avec le pénible fardeau du devoir.

Cela ne veut pas dire qu’il parte en vacances puisque les monastères ont des programmes d’activités intellectuelles, physiques et spirituelles très denses. Mais la discipline et le dénuement monastiques sont là pour guider le samurai et lui donner l’opportunité avant la mort de progresser sur la route de son karma, de ses vies à venir. Chose qu’il ne pouvait pas faire quand le bushido était sa seule lumière et son suzerain son seul maitre. Même l’Empereur doit se retirer du monde une fois que son héritier est en âge de monter sur le trône bien que certains soient restés un temps à la cour pour conseiller leur successeur. A l’inverse, la retraite monastique est quasiment inconnue dans les castes heimin et hinin. La plupart travaillent tant que leur santé le leur permet et sont ensuite à la charge de leur famille jusqu’à leur dernier jour. Seuls les plus aisés peuvent se retirer dans une vie d’oisiveté ou entrer dans les ordres en faisant un don conséquent à un monastère proche. Bien que les portes des monastères soient théoriquement ouvertes à tous et qu’aucune question ne soit posée aux nouveaux arrivants quel que soit leur âge, rares sont les congrégations de moines qui ne disposent pas de programmes bien rôdés permettant de tester les candidats. Surtout quand ils sont sensiblement plus jeunes que la moyenne, que la région voisine connaît la famine où qu’ils n’ont visiblement pas eu l’autorisation d’un seigneur pour se présenter au monastère …

Mort

Le fatalisme rokugani s’applique à la manière dont ils envisagent leur propre mort. Dans l’absolu, certains n’hésitent pas à la voir comme une autre illusion, au même titre que la vie. S’attacher à sa mort revient à lui donner une importance excessive… de même que s’attacher à son existence. C’est un des postulats inhérents à toute la philosophie shinseiste : la vie présente n’est importante que dans la mesure ou elle détermine la vie future et surtout le fait que l’on se réincarne à nouveau ou que l’on finisse par quitter ce cycle pour entrer dans le Yomi, le Royaume des Ancêtres Bénis.

Cependant, la majorité des samurai voit les choses un peu différemment : mener une vie honorable et l’achever avec dignité sont des objectifs louables. La mort au combat est bien évidemment particulièrement digne puisqu’elle témoigne du fait que le samurai n’a pas hésité à périr pour servir son seigneur, le fondement même de sa loyauté étant que sa vie ne lui appartient pas mais appartient à son suzerain.

Une mort paisible dans un monastère est également digne de respect, surtout dans les clans comme le Phénix ou le Dragon.

Seppuku

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un samurai ne s’ouvre pas le ventre parce qu’il se sent déshonoré. En premier lieu, il ne peut le faire que si son seigneur l’y autorise. Ensuite et surtout, il ne rachète pas son honneur mais efface par sa mort le déshonneur qui pourrait rejaillir sur son nom, sa famille, son clan, sa caste. Le samurai qui se donne la mort sans permission pour soulager son orgueil malmené ne mérite pas qu’on se souvienne de lui comme d’un samurai. Sa vie mais aussi sa mort appartiennent à son seigneur. Son honneur passe après l’honneur du seigneur, du nom et du clan qu’il sert.

Le seppuku est réalisé avec un wakizashi. Dans les circonstances formelles, le samurai s’habille de blanc (la couleur de la mort) et est assisté d’un autre homme. Il peut s’il le désire lire un poème qui résumera ce qu’il pense de sa vie ou de sa mort avant de procéder aux trois entailles rituelles d’éventration. L’homme qui l’assiste se tient derrière lui et a pour tàche de lui trancher la tête, soit lorsqu’il voit que le samurai est sur le point de céder à la douleur avant la fin de la cérémonie, soit une fois les trois entailles réalisées. Un seppuku est particulièrement honorable si le samurai parvient à reposer sa lame après les trois entailles et avant qu’on le décapite. A l’inverse, les cris de douleur sont très mal considérés.

Quand un seigneur estime les fautes d’un samurai trop honteuses pour être pardonnées dans une mort honorable, il peut laver le nom de son clan au détriment de celui de son vassal. Il peut alors lui ordonner de procéder au seppuku avec une arme de bois (pour montrer qu’il doute de la sincérité de son samurai), ou refuser cette mort honorable et faire executer ignominieusement son vassal. Ou il peut le condamner à l’exil, le priver de son nom pour faire de lui un ronin. Si le samurai est un tant soit peu honorable malgré ses fautes, ce sort est pour lui pire que la mort car jusqu’à son dernier jour il devra vivre avec le fait qu’on n’a même pas jugé nécessaire de lui accorder une mort honorable pour qu’il efface son offense.

Enfin, certains clans peuvent utiliser d’autres méthodes tout aussi radicales parmi lesquelles :

  • la retraite forcée dans un monastère, si possible isolé, réputé pour sa discipline rigide et dont les moines accomplissent des tâches peu reluisantes (s’occuper d’une communauté eta par exemple…).
  • l’obligation de rejoindre une unité suicide comme les Quêteurs de Mort du clan du Lion, afin que le samurai aille se faire étriper de manière anonyme et sans honneur au service des siens.
  • l’exil en dehors des terres de l’Empire, comme le clan de la Licorne le fait parfois, obligeant certains samurai à demeurer au service de leur clan au milieu de tribus barbares jusqu’à leur dernier jour.
  • Se rendre dans l’Outremonde sans espoir de retour et tenter de mourir de manière utile. Le clan du Crabe oblige parfois ses samurai à « aller chercher Hida » de cette manière mais recourt assez peu à cette mesure. Après tout, ceux qui se rendent dans l’Outremonde sans espoir de retour reviennent parfois… avec une nouvelle allégeance.

Connectez-vous pour laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :